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Anatole Bosio : Maître de Sashidananda, conquérant du 9a+


Anatole Bosio, grimpeur de niveau 9a+ en falaise et ancien membre de l’équipe de France, a réalisé une nouvelle performance en enchainent Sashidananda. Une voie libérée en 2009 par Gérome Pouvreau et initialement proposée à 9a, elle a vu sa cotation réévaluée à la hausse (9a+) lors de l'ascension de Loïc Zehani.


"Sashidananda", est une voie connue pour son dévers imposants et ses mouvements puissants, elle offre un terrain de jeu exigeant, où seuls les grimpeurs les plus déterminés osent s'aventurer. Anatole Bosio, armé de courage et de compétence, relate son ascension avec une clarté qui capturent son enchainement .


"Sashidananda est une voie typée rési, avec des mouvements puissants dans du gros dévers. La première moitié, jusqu'à un mauvais repos, fait le gros de la cotation, avec une quasi-impossibilité de pofer sur 12 mètres. Il y a une approche physique puis deux crux s'enchaînent sans repos : un premier dans la partie la plus déversante avec un talon complexe à sentir et très à gainage. Le deuxième, le plus difficile, consiste à mettre une grosse lolotte pour tenir une petite réglette avant de jeter en latéral vers la droite sur une fente. Pour moi, la difficulté de la voie a consisté à gérer les sections qui précèdent le crux en vitesse pour m'économiser mais sans aucune erreur, puis de jeter de façon explosive et d'y croire malgré l'altération de mes capacités à sentir le mouvement à cause de la fatigue physique et nerveuse."


Neuf séances cette année, neuf chapitres dans l'histoire de sa détermination. Il évoque les défis rencontrés lors de ses tentatives précédentes, mais aussi la détermination qui l'a poussé à revenir, pour affronter à nouveau "Sashidananda".


"Je n’ai pas l’habitude de compter les séances dans les projets quand ça s'éternise, mais je sais que j’ai passé 9 séances cette années, peut-être pareil l’an dernier et j’avais déjà été dans la voie les années précédentes, c’est beaucoup par rapport à Supercrackinette qui m’avait demandé que 8 séances, mais pour moi elles sont du même niveau, l’entrée de gamme du 9a+"



Après avoir passé de nombreuses séances à chuter au deuxième crux de la voie, Anatole réalise l'importance d'un repos crucial. Bien que parvenu à surmonter la première moitié de la voie, il rencontre des difficultés dans la section suivante, moins ardue mais tout aussi exigeante sur le plan physique.


"J'ai passé pas mal de séances à tomber au deuxième crux. Une fois le bas passé, à la séance précédente seulement (sauf une fois l'an dernier), je suis tout de même tombé quatre fois dans la section suivante, moins dure mais physique, de grosses fermetures de bras à effectuer sur des prises moyennes qui ne posent pas de problème intrinsèquement, mais ce sont les mêmes muscles qui ont été épuisés dans le bas de la voie !


Une chose qui a été déterminante pour l'enchaînement, et j'avais fait la même chose dans Aubade, Aubade Direct et Supercraquinette : je suis resté très longtemps au repos pourtant mauvais ! Il y a donc quelque chose à creuser, j'en parlerai dans ma future newsletter ;) À la base, je comptais juste pofer chaque main et repartir, là je suis resté 1min30 !


Après un vrai repos, la fin est moins dure mais reste "tombable". J'étais content de l'avoir déjà faite complètement explosé pendant mes séances de training dans la voie. Ça m'a aidé mentalement car je perdais en lucidité : comme je m'étais entraîné pas mal de fois à faire la fin plusieurs fois d'affilée, dans l'enchaînement, quand j'ai eu les meilleures prises de la voie, à la toute fin, là où il est quasiment impossible de tomber, j'ai pris quelques secondes pour me dire, "attends, je suis parti du bas ou pas ?!" J'étais complètement oxygéné du cerveau et aussi chargé en adrénaline !"


Et puis vient le jour tant attendu, un jour imprégné de tension et de promesse. Avec la pluie menaçante comme un rappel de l'urgence, Anatole sait que l'heure de la vérité est venue.


"Le jour J, j'avais la pression parce que je savais que je pouvais enchaîner : j'étais de mieux en mieux, de séance en séance, et la pluie arrivait le lendemain. Vu le climat actuel, après une semaine de pluie ce serait peut-être "l'été", donc j'ai senti que c'était un jour de compétition : il fallait le faire aujourd'hui ! J'ai mis un premier essai — je ne sais pas ce qui m'a pris — j'ai tenté une nouvelle méthode dans le crux 2. Erwan Legrand m'avait trouvé une "bêta rando". C'était vrai, mais ça rajoute quand même 5 mouvements physiques pour se retrouver bonne main ensuite... Je me suis dit que je ne pouvais plus tomber avec cette méthode ! J'ai tenté et ça a failli me coûter la croix : comme je n'étais pas bien calé dans cette méthode, avec 5 mouvements de plus, je suis arrivé en haut complètement explosé, plus que jamais et j'ai mis 2h pour m'en remettre ! Mais aucun regret, c'était rock ! Cette méthode, on l'avait essayée avec Maho Normand mais on l'avait vite abandonnée pour les mêmes raisons : on arrive mauvaise main en haut du crux. ! "


Et finalement, après des heures d'effort et de sacrifice, Anatole Bosio atteint le sommet de "Sashidananda". C'est un moment de triomphe, de joie pure et d'accomplissement. Mais même dans la gloire de la réussite, il pense déjà à la suite.


"Mon prochain projet pour 2024 est Biographie. Je veux aussi aller torcher Porno en mode éclair, parce que je l’avais essayée à un moment où je n’étais pas entraîné et cet échec m'était resté en travers. Et le big project qui me fait rêver, c’est Ratstaman Vibration, le tout à Céüse, la magnifique !"



💬 : Anatole Bosio

🗞 : GrimpActu.

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