top of page

Manon Hily à la conquête de la Bongada : Entre Défi et Plaisir, une Ascension en Méditation


Au cœur du secteur La Mainadera à Margalef, en Espagne, se dresse la Bongada, une voie envoûtante et redoutable, mêlant la difficulté brute à des moments de repos salvateurs. Ce défi de taille, coté 8c+ à 9a, s'étend sur environ 30 mètres, formant une ligne déversante que seuls les intrépides osent affronter.


Ouverte par Renaud Moulin et Magi, la Bongada se décompose en deux parties, offrant un effort bloc et résistant. Cette voie, décrite comme une parenthèse athlétique, a récemment captivé l'attention d'une grimpeuse, Manon Hily qui a su enchaîner ses mouvements complexes.


En 2020, notre intrépide grimpeuse a découvert cette ligne par hasard, attirée par l'énigme qui l'entourait. À l'époque, elle confesse :


"En 2020, Je l’ai choisi un peu par hasard parcequ’elle était à coté d’une voie dans une grotte qui traversait tout en diagonale. Cette première ligne c’est Rocaina Dura un 8b/+. J’avais fait mon autre projet Pal Este en 8c en 2 jours du coup il me restait 4 jours pour aller voir plus dur. Je ne savais meme pas si elle etait dure facile si elle avait ete repétée ou pas. Il y avait les degaines et j’y suis allée. En quelques montées j’avais tous les mouvements et le dernier jour du trip je suis tombée tout en haut. Je me suis dit qu’un jour à l’occasion j’y retournerai."



Le destin l'a ramenée à Margalef, cette fois sans grande attente. Les vacances, le soleil et la compagnie des amis étaient les principaux objectifs, mais la Bongada a réclamé son attention dès le premier jour.


"En arrivant le premier jour dedans je n’ai pas fait 3 mouvements differents dans le bas de voie . J’ai même pensé qu’une prise avait cassée tellement j’étais loin …

Mais au final ce n’était rien d’autre que la fatigue du voyage et le temps de s’acclimater."


Le récit prend une tournure inattendue lorsque, dès le lendemain, notre grimpeuse, sans avoir répété les mouvements, se lance dans un essai.


"Le lendemain c’etait repos puis le jour suivant je mettais deja un essai alors que j’avais pas fait les mouvements 2 jours avant. Je tombe tout en haut. Je me suis dit que ca allait le faire."


Les jours suivants, une petite pression s'installe. La possibilité de réussir crée un défi psychologique, mais Manon Hily reste concentrée, écartant toute pression inutile.


"Le jour d’apres c’était plié . J’avoue avoir eu une petite pression quand j’ai vu qu’au final je pouvais la faire. Quand j’enchainais je me suis concentrée la dessus, sur ne pas prendre de pression inutile. J'ai envie de me dépasser et de faire la voie la plus dure que je n'ai jamais faite quand je m'approche de cette cotation", confie-t-elle.


À la descente, une fierté indescriptible l'envahit. Au-delà de la cotation, c'est le plaisir de grimper, de se concentrer, de fusionner avec son corps qui la comble. Cette conquête, bien que brève dans son projet olympique, devient essentielle. Une semaine en falaise qui révèle l'indispensabilité de grimper en extérieur, même au cœur d'un défi olympique. C'est presque vital, un pilier de motivation qui transcende les compétitions. La Bongada, plus qu'une voie, une expérience spirituelle, un rappel que la grimpe en plein air reste l'essence même de la passion.



💬 Manon Hily

📷 José Morán

🗞 GrimpActu!

Kommentarer


bottom of page