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  • Sac à dos Moonlight 55 de Blue Ice : Le compagnon idéal pour les longues marches d’approche

    Lorsque vous grimpez régulièrement en extérieur, il devient vite évident qu'un sac performant, capable de contenir tout le matériel nécessaire sans devenir un fardeau, est indispensable. Après avoir testé le Moonlight 55  de Blue Ice, il est clair que ce sac a été conçu pour ceux qui recherchent un compagnon fiable pour les longues marches d'approche, tout en assurant un confort optimal. Look & conception générale : robuste et fonctionnel Dès la première prise en main, le Moonlight 55 impose sa solidité. Son tissu en nylon 800d avec un revêtement TPU est à la fois rigide et résistant, prêt à encaisser le frottement contre la roche ou un sol poussiéreux après une session de grimpe. Le fond renforcé et la forme rectangulaire permettent au sac de tenir debout tout seul, ce qui est un vrai plus quand il s'agit de s'organiser rapidement entre deux voies. Ce sac ne fait pas dans la dentelle et cela se ressent dans sa conception, pensée pour durer. Confort & portage : un véritable sac de marche Côté confort, le Moonlight 55 se distingue par son système de portage bien pensé. Son dos rembourré, ses bretelles ergonomiques larges, et sa sangle de poitrine ajustable permettent un portage agréable, même lorsque le sac est bien chargé. Qu’il contienne une corde de 80 m, des dégaines, un casque, un baudrier, de l’eau et quelques encas, il reste stable et confortable, sans provoquer de points de pression. On apprécie particulièrement la possibilité de choisir entre deux tailles de dos (S/M et M/L), une option idéale pour éviter les sacs mal ajustés. Petit bémol : l’absence d’un système de ventilation de type filet sur le dos. Accès & organisation : pratique et bien pensé La véritable force du Moonlight 55 réside dans son système d'ouverture. Grâce à son cordon de serrage et à la fermeture éclair qui descend sur toute la hauteur du sac, on peut l'ouvrir comme une valise. Cela permet de jeter un coup d'œil sur l’ensemble de son matériel sans avoir à fouiller à l'aveuglette, un atout précieux en falaise lorsqu’il faut réagir rapidement entre deux voies. À l’intérieur, l’organisation est sobre mais efficace : deux sangles de sécurité pour maintenir le matériel en place, un espace dédié à une poche d’hydratation et c’est tout. Pas de poches inutiles ni de compartiments superflus. C’est minimaliste mais intelligent. Rangement externe : ingénieux et polyvalent Le Moonlight 55 ne se contente pas d’être pratique à l’intérieur. À l’extérieur, deux grandes poches latérales zippées peuvent accueillir un topo, des chaussons, ou même des gourdes. Pour les grimpeurs les plus organisés, il y a aussi un porte-corde, des sangles Daisy Chain pour attacher une veste ou d’autres accessoires, ainsi que des poignées frontales pour soulever le sac lorsqu’on doit le déplacer à l’horizontale. Une fois sur le terrain, on apprécie particulièrement la possibilité de replier et de ranger tout son équipement sans compromettre l’organisation. Volume & usage : pourquoi un 55 L ? Le volume de 55 L du Moonlight 55 est impressionnant, et permet d’emporter une quantité suffisante de matériel pour une journée de grimpe, voire un week-end d’escalade et bivouac léger. Si vous grimpez principalement en couenne et que vous n’avez pas besoin de trimballer autant de matériel, le modèle 35 L pourrait suffire. Mais pour les longues approches ou les grimpeurs qui préfèrent avoir tout leur nécessaire à portée de main, le 55 L devient un allié précieux. L’accessoire parfait : le Koala de Blue Ice Pour une organisation parfaite, le Koala de Blue Ice est l’accessoire complémentaire idéal. Ce sac à corde de 26 L permet de ranger jusqu’à 80 m de corde en quelques secondes, tout en la protégeant du sol pour éviter l’emmêlement ou les abîmes. Pratique, compact et astucieux, il se glisse facilement dans le Moonlight 55, créant un duo sans compromis pour les grimpeurs organisés.

  • Montagne en Scène 2025 : Le festival d'aventure et de films de montagne à ne pas manquer

    Depuis plus de dix ans, Montagne en Scène, le festival qui célèbre l'aventure et la beauté de la nature à travers des films, s'impose comme un événement incontournable pour les passionnés de montagne. Du 7 avril au 23 mai 2025, le Grand Rex à Paris et de nombreuses villes à travers le monde accueilleront la 23e édition de ce festival unique, qui vous plonge au cœur des expéditions les plus impressionnantes et des aventures humaines hors du commun. Un programme riche et audacieux L'édition Summer 2025 de Montagne en Scène propose une sélection éclectique de films qui mêlent aventure, exploration de la nature et défis personnels. Du kayak de haute volée aux ascensions vertigineuses, chaque film dévoile des images à couper le souffle et des histoires de persévérance qui captivent l'âme. "La Rubia" – Une quête de renouveau Dans ce film de 30 minutes réalisé par Bronwyn Hodgins et Julia Cassou, la grimpeuse canadienne Bronwyn Hodgins se confronte à son propre burn-out. Après plusieurs expéditions éprouvantes, elle part en Andalousie pour escalader "La Rubia", une voie difficile cotée 8c+. Ce défi, bien plus ambitieux que tout ce qu'elle a entrepris jusque-là, va la forcer à puiser au plus profond de ses ressources physiques et mentales. Un film bouleversant sur la résilience et le dépassement de soi. "Big Water Theory" – À l'assaut des eaux sauvages Dans ce documentaire de 60 minutes réalisé par Émile Dominé, la kayakiste Nouria Newman, accompagnée de ses amis Jules Dominé et Maël Nguyen, descend la Gorge Rondu de l'Indus, l'une des rivières les plus difficiles au monde, au Pakistan. " Big Water Theory " nous plonge dans l'univers intense du kayak de gros volume, une discipline où la lecture des eaux, l'amitié et l'harmonie avec la nature sont primordiaux. Une aventure palpitante et pleine de risques. "Burden of Dreams" – L'ascension du rêve impossible Ce court-métrage de 30 minutes réalisé par Gilles Charlier, Léopold Renié et Cyril Salomon nous raconte l'histoire de Simon Lorenzi, un grimpeur belge qui, après avoir enchaîné un bloc de Fontainebleau coté 9a, décide de se confronter à l'impossible : "Burden of Dreams", un bloc réputé comme le plus dur au monde. Ce film est un voyage dans l'obsession, la persévérance et la quête du mouvement parfait. Un récit intime et fascinant sur la passion de l'escalade. "Crystal Ship" – Une ascension historique au Pakistan Les alpinistes français Jérôme Sullivan, Christophe Ogier et Victor Saucède nous emmènent dans une ascension mythique au Pakistan, au sommet du Pumari Chhish Est (6850m), un exploit récompensé par le Piolet d’Or. "Crystal Ship" est plus qu'un simple film d'alpinisme : c'est une déclaration d'amour à l'aventure entre amis et un hommage à la beauté brute de l’Himalaya. Un film de 40 minutes réalisé par Oliviero Gobbi, qui nous rappelle les raisons profondes qui poussent les alpinistes à se dépasser. Une plateforme de rencontre entre aventuriers et passionnés Montagne en Scène, c'est aussi un lieu de rencontre pour les amoureux de la nature et de l'aventure. Les festivaliers auront l'occasion de dialoguer avec des athlètes, des réalisateurs et des aventuriers venus partager leurs expériences et leurs expéditions. Ces échanges enrichiront l'expérience cinématographique, offrant un éclairage unique sur les défis, les sacrifices et les moments inoubliables vécus au cœur des environnements les plus extrêmes. Informations pratiques Dates  : Du 7 avril au 23 mai 2025 Lieu  : Partout en France et à l'international Billetterie  : Les billets sont disponibles en ligne sur le site officiel du festival depuis le 1er mars 2025. Séances parisiennes  : 7 avril, 16 avril et 13 mai au Grand Rex. Montagne en Scène en chiffres 12 ans de festival 23e édition estivale 23 pays dans le monde 250 villes 230 000 spectateurs par an

  • S'entraîner sans se blesser en escalade : l'adaptation tissulaire

    Cet article, est rédigé par Marie AKRICH, Kinésithérapeute D.E . Introduction : L’objectif de cet article est d’aborder sous un autre angle les vastes sujets que sont la performance et la prévention des blessures en escalade. L’adaptation tissulaire est le fondement de tous les programmes de coaching et de tous les protocoles de kinésithérapie. C’est le fonctionnement de celle-ci qui nous permet de mieux comprendre pourquoi nous nous blessons dans le cadre du sport. C’est un phénomène très complexe qui peut néanmoins être simplifié dans un but pédagogique et devenir le support d’une réflexion autour de notre corps et de ses besoins. Ce modèle théorique permet de comprendre le raisonnement et la logique inhérente à tous les programmes que vous avez pu lire jusqu’à présent afin de vous les approprier. Comprendre et simplifier un mécanisme complexe peut vous permettre, sans avoir de connaissances approfondies sur le sujet, d’avoir un regard critique sur les conditions dans lesquelles vous espérez progresser et si elles y sont favorables. Mécanotransduction : définition et importance La " mécanotransduction" est un mécanisme biologique à l’échelle de la cellule qui aura des répercussions sur l’adaptation structurelle d’un tissu, notamment s’il est soumis à une contrainte mécanique. C’est un processus physiologique qui est à même de convertir une stimulation mécanique en réponse cellulaire de nature chimique, ce qui peut aboutir à un changement de composants ou de répartition des composants d’un tissu qui deviendra alors mieux adapté à la charge externe à laquelle il est soumis. Par exemple, un tissu dont la composition le rend rigide peut être amené, si soumis à des contraintes en étirements répétés, à modifier sa composition de manière à mieux interagir avec son environnement et développer de nouvelles capacités. Et le point de départ de cette transformation, c’est la charge et le type de contrainte à laquelle il va être exposé. Vous l’avez compris, ce qu’il faut retenir ici c’est la notion de charge et d’adaptation. Il y a deux types de charge, la charge interne et la charge externe Différences entre charge interne et charge externe La charge externe est une quantité de contrainte extérieure qui peut être dans certaines situations objectivable et quantifiable. Elle représente par exemple le contenu de l’entraînement d’un sportif et de ses paramètres en termes d’intensité et de volume (nombre de répétitions, poids, résistance, vitesse etc.) mais aussi les activités dans le cadre de sa vie courante. Quand il s'agit de la pratique d’un sport tel que l'escalade, il est parfois difficile de la quantifier précisément. Nous pouvons tout de même estimer et hiérarchiser les contraintes en fonction de paramètres tels que l’intensité, la spécificité et le volume de l’activité. Il est également utile de prendre en compte le type de mouvements, prises, préhensions, inclinaisons du mur et discipline (voie, bloc) pour planifier par exemple une remise en charge progressive post-blessure. La charge interne est le reflet de l’adaptation du corps face à cette charge externe, c'est une réponse individuelle influencée par des facteurs personnels, biologiques et environnementaux. Elle est estimée via la mesure des éléments biologiques ainsi que par des indicateurs subjectifs (par exemple une échelle de fatigue perçue). Temps et conditions d’adaptation tissulaire Une autre notion essentielle est le délai d’adaptation et ce qu’il implique. Car si le corps s’adapte, il ne s’adapte pas dans n’importe quelle condition. Les mécanismes d’adaptation commencent à se mettre en place lors de l’activité nouvelle à laquelle est confrontée le tissu en question (cela peut être le tendon, le corps musculaire, le tissu articulaire...). Mais cette transformation se poursuit et prend toute sa dimension sur les temps de récupération, c’est-à-dire après l’exposition à la contrainte. Cela induit qu’il faut des temps dédiés à la récupération de cet effort et que cela est tout aussi important que l’effort en lui-même si l’on espère aboutir à une véritable progression. Il y a également une notion d’intensité sur le moment et de régularité dans la durée pour que les changements soient stabilisés et nettement perceptibles. On parle de sous-charge, de charge optimale et de surcharge. S’ouvre alors le grand chapitre de la mise en contrainte progressive et apporte des éléments de réponse sur les raisons pour lesquelles nous nous blessons à vouloir aller trop vite. Schéma de l’adaptation tissulaire en fonction de la charge externe Cette modélisation permet de visualiser de manière simplifiée le comportement d’un tissu face à une charge à laquelle il est soumis. Pourquoi entendez-vous régulièrement qu’il faut augmenter progressivement l’intensité de l’activité sans quoi vous risquez la blessure ? Parce que les tissus vont avoir une capacité d’adaptation sur un temps donné, au-delà duquel ils seront en incapacité de répondre à la demande et de faire aboutir les processus physiologiques nécessaires à une modification structurelle. Et si la modification structurelle n’a pas lieu à la hauteur de la demande en terme de tolérance à la charge, le tissu ne va plus tolérer l’exposition à la contrainte. A partir du moment où la capacité est en inadéquation avec l’exposition à la charge, des lésions apparaîtront proportionnellement à cette incohérence. Elles peuvent être réversibles et sans conséquence si l’on dépasse de peu cette limite, bien qu’elles doivent élever votre niveau de vigilance. Elles peuvent aussi s’avérer sévères et source de véritables blessures qui nécessiteront une phase de cicatrisation plus importante. Il est à noter que si la charge d’entrainement est cohérente et progressive, alors la raison d’une inadaptation peut être en lien cette fois avec la charge interne. Pour simplifier, votre corps n’est pas dans des conditions de fonctionnement qui lui permettent d’assurer cette adaptation comme il le fait habituellement (déficit de quantité ou qualité de sommeil, mauvaise hygiène de vie, stress...). L’incohérence se crée pour d’autres raisons mais le résultat est le même : la surcharge. Tous les tissus ont-ils le même délai et capacité d’adaptation ? C’est bien là l’origine de beaucoup de problématiques d’entraînement, les différents tissus ont leur capacités et leurs délais d’adaptation propres. Pour citer un exemple qui parlera aux grimpeurs, une des problématiques des lésions de poulies est que les muscles fléchisseurs des doigts s’adaptent bien plus vite que celles-ci et sont dans certaines situations capables de développer une quantité de force qu’elles ne sont pas encore prêtes à recevoir. Par ailleurs, certaines structures auront moins de capacités d’adaptation et seront bien plus lentes dans leur processus biologique. Que retenir et intégrer dans sa manière de pratiquer et/ou de s’entraîner ? ► Le corps s’adapte à la contrainte sous réserve qu’elle soit appliquée de manière cohérente et progressive : on ne peut espérer progresser aussi vite que l’on pourrait le souhaiter et il faut accepter que certains processus prennent du temps. ► Une bonne adaptation ne peut se faire sans de bonnes capacités de récupération : on pourrait penser que plus l’on s’entraîne plus on progresse, c’est à nuancer. Une charge optimale est un équilibre entre travail et récupération. Plutôt que de chercher ses limites en permanence il est important de pratiquer intelligemment. Par exemple, ne pas demander à son corps une adaptation sans lui laisser le temps dédié et nécessaire pour qu’il puisse le faire. ► Les temps de récupération sont aussi importants à planifier que les temps de travail: risquer le surentraînement c’est s’exposer à une baisse des performances alors même que l’on s’entraîne plus qu’habituellement. ► S’entraîner intensément avec de mauvaises capacités de récupération (sommeil ,hygiène de vie) amoindrit également les performances tout en augmentant le risque de blessure : le sommeil est un élément déterminant, au-delà du temps de sommeil c’est la qualité du sommeil qui est essentielle. ► La majorité des blessures proviennent d’un mécanisme de surcharge aigue ou chronique : c’est demander trop, trop souvent, trop rapidement qui est central dans le processus d’apparition des blessures. Plus la surcharge est importante, plus le risque d’avoir des lésions tissulaires augmente. ► Les tissus n’ont pas le même temps d’adaptation : en règle générale, le tissu musculaire contractile s’adapte plus rapidement que le tissu conjonctif par exemple. ► Il est intéressant d’optimiser sa technique et de trouver des moyens de s’économiser pour ne pas atteindre la tolérance maximale d’une zone ou d’un tissu trop rapidement : par exemple optimiser l’activation et la gestuelle de l’épaule lors des mouvements d’escalade pour éviter une sur sollicitation articulaire en lien avec un manque de stabilisation musculaire. ► Certains signes et symptômes mis en lien avec le contexte permettent d’alerter sur une possible surcharge : c’est l’accumulation de ceux-ci qui doivent alerter sur une possible pathologie ou sur un risque accru d’en développer une. Qu’est-ce qui peut vous alerter et élever votre niveau de vigilance quant à la surcharge ? Certaines douleurs ponctuelles peuvent faire partie de la pratique sportive sans qu’elles ne soient représentatives d’une blessure (bien qu’elles nécessitent d’élever votre niveau de vigilance afin d’évaluer si oui ou non elles impliquent un changement de comportement de votre part). Les signes et symptômes classiquement décrits comme étant problématiques sont les suivants : ► Douleur vive ► Douleur qui augmente au fur et à mesure de l’activité ► Douleur qui persiste dans le temps et ne disparaît pas immédiatement au repos ► Douleur qui persiste le lendemain ou sur les jours qui suivent ► Récurrence et aggravation progressive des symptômes dans la durée ► Localisation (une localisation articulaire par exemple est une alerte à prendre en considération, notamment par rapport aux ligaments présents, ou bien sur une poulie par exemple, car structures soumises à des charges élevées et sujettes à rupture) ► Symptômes évocateurs d’une réaction inflammatoire (rougeur, chaleur, gonflement, perte d’amplitude) ► Incapacité fonctionnelle associée ► Niveau d'intensité pour lequel apparaît le(s) symptôme(s) ► Intensité du traumatisme initial ou de la sollicitation à l’origine des premières douleurs L’accumulation des symptômes doit être évocatrice d’une surcharge plus ou moins importante et induire un changement de comportement. Cela peut aller de la mise en place d’un repos partiel/complet (puis reprise progressive) à la décision de consulter un professionnel de santé. Ces éléments doivent être en lien avec le contexte d’apparition de la douleur (par exemple sur une séance intense ou sur un traumatisme, ce qui élève d’autant plus le niveau de vigilance). Par ailleurs un symptôme qui se manifeste lors de sollicitations de faible intensité témoigne d’une possible sévérité ou irritabilité. Trois exemples concrets : réflexion sur les doigts. Cas n°1 : Dans cet exemple, on peut noter les critères suivants : Intensité : moyenne, la douleur n’est pas intense (mais non négligeable, 10/10 représentant la douleur maximale imaginable). Évolution : favorable, la douleur s’atténue rapidement mais persiste tout de même plusieurs heures après la séance. Ce n’est pas anodin, mais pas non plus sévère. Localisation qui élève le niveau de vigilance : si l’on suspecte une poulie (ce n’est bien sûr pas la seule origine possible pour une douleur sur le doigt), nous savons que c’est une des blessures les plus fréquentes car c’est une structure soumise à des contraintes très élevées. Cela doit amener un questionnement par rapport à sa pratique lors de la séance voir sur sa pratique en général. De plus, s’il y a une lésion qui nécessite une phase de cicatrisation et que l’on continue l’exposition à la contrainte, on risque de passer à un stade plus sévère et un traitement dont les délais seront bien plus longs. Signes associés : gonflement et douleur le lendemain matin, ce sont des signes qu’il y a eu une réaction et une surcharge suffisamment importante pour générer une inflammation (voir un processus cicatriciel). Ce signe n’est pas anodin, il y a potentiellement une atteinte structurelle bien que cela ne semble pas sévère. Niveau d’intensité : la douleur apparaît pour une intensité élevée, pas pour une intensité faible. Cela veut implique que la zone ne réagit que pour des intensités proches du niveau maximal (par exemple l’arqué), ce n’est donc pas en faveur d’un problème sévère ou d’une lésion importante car le tendu n’est pas douloureux. Persistance au repos : dans cet exemple les doigts sont douloureux le matin lors des premiers mouvements mais ils ne le sont pas en l’absence de sollicitations. Une zone douloureuse au repos, c’est-à-dire sans rien faire, doit élever le niveau de vigilance car c’est un signe de sévérité. Récurrence : ce n’est pas la première fois. Cela veut dire qu’il y a quelque chose à remettre en question dans sa manière de pratiquer et que les doigts ne sont pas adaptés à l’effort demandé. Si le problème revient c’est qu’il faut intervenir, une consultation chez un professionnel de santé est recommandée. Critères contextuels : ce n’est pas traumatique, mais nous sommes dans un contexte d’intensité. Nous pouvons être dans un contexte de surcharge. CONCLUSION : 🟨L’intensité de la douleur est relativement faible, elle ne persiste pas longtemps mais tout de même au-delà de la séance. Elle n’est pas présente au repos et apparaît seulement pour des charges élevées. Sa présence doit alerter car elle n’est pas anodine (il n’est pas normal ni souhaitable d’avoir des douleurs persistantes sur des localisations articulaires/tendineuses/ligamentaires après une séance). Mais ces caractéristiques sont plutôt en faveur d’une sévérité faible à modérée. 🟧 Il s’agit d’une récurrence. La localisation doit poser la question de si c’est en lien avec la poulie ou non. C’est une blessure fréquente et une douleur en regard de la zone élève la probabilité d’avoir une surcharge voire une lésion future si pas de modification de ses pratiques. Il y a des signes inflammatoires associés donc la surcharge n’était pas négligeable. ► Niveau de vigilance 3 : je diminue un peu l’intensité sur les doigts en évitant les situations qui déclenchent les symptômes pendant et après, je prévois de consulter pour faire de la prévention et que cela ne devienne pas un problème sérieux. Cas n°2 : Dans cet exemple, on peut noter les critères suivants : Intensité : moyenne, la douleur n’est pas intense mais non négligeable, elle doit être prise au sérieux. Évolution : la douleur passe rapidement sur les niveaux d’intensité faibles mais persiste sur les niveaux d’intensité moyenne. Elle n’est pas spontanément résolutive. Localisation qui élève le niveau de vigilance : si l’on suspecte une poulie. Signes associés : gonflement et douleur le lendemain matin, ce sont des signes d’inflammation. Ce signe n’est pas anodin. Niveau d’intensité : la douleur apparaît pour une intensité moyenne, ce n’est donc pas seulement les charges élevées. La prise de règle est douloureuse que ce soit en tendu ou en arqué. On peut suspecter donc un tissu plus irritable et plus réactif, la surcharge a été plus importante. Si c’est une poulie on peut suspecter une atteinte structurelle. Persistance au repos : tel que cela est décrit, le symptôme n’est pas ressenti au repos. Récurrence : ce n’est pas la première fois. Il faut intervenir. Critères contextuels : pas mentionnés. CONCLUSION : 🟨 L’intensité de la douleur est moyenne, elle ne persiste pas longtemps après l’effort, n’est pas présente au repos. 🟧 La douleur apparaît pour des charges d’intensité moyenne, systématiquement. C’est donc un tissu réactif et ce dans la durée, sans résolution spontanée des symptômes. Il s’agit d’une récurrence, donc c’est plus inquiétant. La localisation doit poser la question d’un lien avec la poulie. Il y a des signes inflammatoires associés donc la surcharge n’était pas négligeable. ► Niveau de vigilance 4 : Si c’est un tissu (l’hypothèse initiale étant la poulie pour cet exemple) qui a été lésé et qui nécessite une période de décharge totale ou partielle pour cicatriser, je ne prends pas le risque d’interférer et je sollicite un avis spécialisé. En attendant je ne grimpe pas, ou bien je fais de la dalle sans les mains par exemple. Ce n’est pas forcément une lésion , mais il y a un risque de potentiel lésion qu’un professionnel de santé doit investiguer. Dans tous les cas une petite période de décharge de quelques jours pour diminuer l’inflammation et la réactivité de la zone est bénéfique. Le professionnel de santé va poser un diagnostic et évaluer si le traitement optimal est : ► un repos complet (voire protection) pour cicatrisation, puis remise en charge progressive ► une décharge partielle sans arrêt de l’activité sportive avec remise en charge progressive Les symptômes ici établissent clairement qu’il y a une inadéquation entre la charge à laquelle est exposé le tissu et sa capacité à la recevoir. Le professionnel de santé doit vous aider à comprendre pourquoi et vous donner des solutions tout en faisant de la prévention. Cas n°3 : Dans cet exemple on peut noter les critères suivants : Intensité : faible. Évolution : favorable, spontanément résolutive. Localisation qui élève le niveau de vigilance : si l’on suspecte une poulie. Signes associés : aucun Niveau d’intensité : la douleur apparaît pour une intensité élevée inhabituelle, n’apparaît plus ensuite. Persistance au repos : aucune Récurrence : aucune Critères contextuels : situation inhabituelle avec niveau d’intensité élevé. CONCLUSION : 🟨Douleur présente mais faible, contexte d’intensité ponctuel mais non traumatique. 🟩 Évolution favorable spontanément résolutive, pas de signes associés, pas de persistance au repos, pas de récurrence. Ce sont des éléments rassurants. ► Niveau de vigilance 1 : La douleur est une information à prendre en compte, en l’occurrence il y a eu inadéquation entre la charge à laquelle a été soumis le tissu et celle qu’il tolère habituellement. La situation est donc à analyser mais la surcharge était ponctuelle, non sévère. Il faut donc ajuster sa séance et éventuellement travailler spécifiquement la mise en charge des doigts de manière progressive pour qu’ils soient adaptés à l’effort demandé. Si échauffement insuffisant, se poser la question d’adapter celui-ci à l’objectif de séance. Une consultation avec un professionnel de santé est possible pour se faire accompagner dans ce processus et faire de la prévention mais ce n’est pas impératif comme dans la situation précédente. 📷 :   Marie AKRICH ✍️ :   Marie AKRICH - Institut de la main / Atelier Physio-sport / ESM Escalade 📰 : GrimpActu

  • Matisse Almira-Colcombet : L'escalade comme langage de vie

    « Tant qu’elle sera là, tout ira bien. »  Ces quelques mots, jetés presque en l’air, résument à eux seuls l’intensité avec laquelle Matisse Almira-Colcombet vit l’escalade. Pour lui, grimper, ce n’est pas simplement cocher des blocs ou collectionner les cotations. C’est une manière d’exister pleinement, de ressentir, de vibrer, d’explorer tout ce que son corps et son esprit ont à lui offrir. Et pourtant, il y a encore deux ans, ce nom était totalement inconnu du monde de l’escalade. Aujourd’hui, il vient de frapper un grand coup en réalisant Juneru , un 8C bloc, en seulement deux séances. Une ascension fulgurante qui bouscule les codes habituels du haut niveau, où l’on s’attend à voir de longues batailles contre la roche avant la victoire. Lui, il enchaîne vite. Très vite. Et ce n’est pas un hasard. Derrière la performance brute, il y a un processus bien plus profond : celui d’un grimpeur qui a appris à apprivoiser ses doutes, à appréhender l’échec différemment, à ne plus grimper pour une validation extérieure mais pour une quête intérieure. Dans ses propres mots, Matisse parle de l’escalade comme d’un carrefour entre tout ce qui compte : le corps, les idées, la nature, les relations humaines. Il évoque avec poésie les nuits passées à attendre les secours sur une paroi, l’exaltation d’un free solo, l’émotion d’un projet commun entre amis. Chez lui, la grimpe n’est pas une finalité, mais un langage, une manière de comprendre et d’aimer un peu plus chaque jour le monde qui l’entoure. Mais qui est vraiment Matisse ? D’où lui vient cette approche si instinctive et philosophique de l’escalade ? Comment a-t-il réussi à exploser les barrières de la performance en si peu de temps ? Nous avons voulu en savoir plus sur ce jeune grimpeur à l’énergie débordante, qui semble bien décidé à laisser son empreinte sur le rocher… et peut-être, sur l’escalade elle-même. Hello Matisse, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? Alors, qui je suis ? C'est une question qui fait réfléchir ! En résumé, je dirais que je suis quelqu'un qui aime profondément la vie, sous toutes ses formes. J'aime ressentir l’intensité des relations, la richesse de mon corps et de mon esprit, et l'escalade est un moyen incroyable pour ça. Elle me permet d'explorer mes sens, de vivre des moments forts, qu’il s’agisse d’un projet en commun, d’une nuit passée sur la paroi, d’un free solo, ou d'un trip aux Grands Sablats. J'ai commencé à grimper il y a deux ans, d'abord avec mon club Verticoise en falaise, puis en bloc avec des amis à Lyon. L’escalade m’a apporté beaucoup d'espoir : tant qu’elle sera là, tout ira bien. Même dans les moments difficiles, l’escalade m’aide à trouver la beauté du monde. Je suis profondément reconnaissant envers ceux et celles qui m’ont permis d’accéder à cette pratique, bien que ma condition sociale d’homme blanc européen de classe moyenne joue un rôle important dans cet accès. L’escalade, pour moi, c’est un carrefour où se croisent les corps, les idées, les cultures et les paysages. Je pense que si on se fracasse tous un peu sur des rochers dans des lieux magnifiques, on finit par devenir, nous aussi, des lieux magiques. La communauté, bien qu’imparfaite, nous unit autour de cette passion commune, et c’est là que naissent ces sourires idiotement heureux, en disant qu’on aime la vie. Avant tes premières sorties en extérieur, quelle était ta pratique de l’escalade ? Avant, je grimpouillais sur les petites voies de mon club de campagne ! J’avais réussi à toper un 7a+ avec tout l'investissement dont j'étais capable à l'époque. Mais ce n'était pas mon sport principal du tout (je faisais beaucoup de trottinette freestyle). J'appréciais les moments passés au club de Verticoise, mais ma pratique se limitait à un hobbie. Quels ont été tes premiers projets marquants, ceux qui t'ont fait basculer dans une approche plus engagée de la grimpe ? Chaque grimpeur a des voies ou des blocs qui marquent un tournant, et pour moi, il y en a plusieurs. J’ai eu, et j’ai encore, quelques projets dans lesquels j’ai investi plus de trois séances : L'Insoutenable Légèreté de l'Être , Sleepless  (mon premier 8b à Rioupéroux en trois séances), et Le Braille , un projet long terme sur lequel j'ai passé quatre à cinq séances cette année. C’est super dur. Mais au-delà de la difficulté physique, j'avais beaucoup de lacunes mentales : peur de l'échec, peur de la réussite, attentes imprévisibles... Grâce à l'escalade en milieu naturel (et à ma relation avec ma copine), j'ai appris tellement de choses sur moi ! Maintenant, je peux consacrer plus de trois séances à un projet en savourant chaque moment et en profitant de la plupart des instants de ma vie. Peut-être parce que ma vie, c'est l'escalade maintenant ?! En quoi l’escalade en milieu naturel a-t-elle changé ta manière de grimper, mais aussi ta façon de voir la vie ? En beaucoup de choses ! Quand on vit des expériences intenses, comme souvent en extérieur, je trouve que la relation avec soi-même s’améliore grandement. Le sport et les défis que l’on se donne créent un espèce de processus introspectif inestimable. Aussi, outre le rapport avec soi-même, c’est intrinsèquement le rapport avec son environnement qui évolue. Pour moi, de nombreuses mises en perspective se sont faites, une identification de ce qui compte vraiment, de mes valeurs. Quand on met en jeu son intégrité physique et psychique, quand on subit les éléments ou la majesté des grands espaces, il y a des liens qui se créent. Tu te rends compte de la valeur de beaucoup de choses. Pour résumer, je dirais que l’escalade en milieu naturel apporte une connaissance profonde de soi, qui nous fait acquérir en maturité. Et en même temps que cette maturité, il y a des valeurs qui se forgent sous les coups de nos expériences, souvent humaines, souvent fortes et engagées, au-dessus du vide que peut parfois être notre façon d'exister. Revenons à ta dernière performance, Juneru , un 8C bloc en seulement deux séances… Alors là, je ne l’ai vraiment pas vue venir, mais en même temps, si. Avant de toper, j’avais super envie de tenter un essai depuis le bas, mais je ne savais pas pourquoi, je n’avais aucun lien correct, je n’avais toujours pas essayé le reta et je venais de péter légèrement la prise du crux. Je me suis dit que c'était prétentieux au vu de la cotation, et du coup, j’ai demandé une poussette pour le crux si j’arrivais à faire le lien des mouvements de départ. Bon, au final, je n’ai pas eu de poussette de la part de Malik, mon ami, et j’ai toper le bloc inopinément. Peux-tu nous parler plus en détail de ce bloc mythique ? Il est mythique, oui. Au centre du secteur le plus connu d'Albarracín, Arrastradero, juste à côté du célèbre Varano et encadré par deux 8a classiques, il se compose d’une gestuelle intense, la dernière œuvre du site, Juneru (je suis encore mystifiée). Pour le breakdown détaillé : tu démarres avec un mouvement morpho pour aller chercher la main droite clé depuis une assez bonne main gauche qui te force à engager l'épaule fortement, pied sur une marche. Ensuite, tu poses un talon gauche en no foot, qui est bon si, comme moi, tu triches avec les drones de Madrock (oupsi), sinon c’est moyen. Tu mets une spatule droite en même temps pour coller ton bassin et ainsi valoriser à la fois la règle plate de la main droite et le talon (tu te mets le plus en dessous de la main). De là, tu lâches la bonne main gauche et tu pars pour aller fourrer la pocket en statique avec trois doigts si possible. Ensuite, ça prend un cran au niveau des doigts, car il faut enlever la spatule (il faut aussi être bien ouvert au bassin sur le talon et stable dans les épaules). La règle plate devient nulle quand tu montes, il faut la déboîter. Là, tu fais un "walk the feet" sous grosse tension, 1-2 (très satisfaisant), et tu te positionnes pour mon crux : bassin bien sur la gauche, bien bas, défouraillage de la pocket, et en vitesse, TAC ! Dans l'épaule, ce n'était pas top, car je l'avais un peu cassée. Maintenant, tu montes le pied droit en petite lolotte, et toujours en éclatant la pocket gauche, tu relances la main droite assez loin dans une très bonne règle de ~20 mm un peu penchée. À partir de là, bon blocage et gainage grand dorsal, tu te pends dans la règle pour monter les pieds droits. Tu vas chercher une bonne prise sous le reta, et là tu attaques le fichu reta. Avec le pied droit sur la main droite de départ, tu relances la main gauche sur un plat ok (d’en dessous). De là, tu croises le pied droit très haut sur l'épaule du crux (en no foot si tu n’es pas assez souple comme moi), tu relances sur un mauvais plat main droite un peu plus haut que l’autre, tu sors le pied gauche sur un truc plat et sableux au bord, tu vides, tu déconsidères les arbres pareurs derrière toi, tu ouvres le bassin et tu te bases sur tes sensations (c’est dur avec tout ce qui peut se passer dans ta tête quand tu te retrouves ici par surprise). Voilà, n’oublions pas, même si c’est la plus classique, c’est la bêta pour mon corps et ses préférences. Les sensations peuvent aussi beaucoup varier au sein de la même bêta. Tu sembles progresser très rapidement en escalade. Comment expliques-tu cette progression fulgurante ? Mon coach Bastien de Aportéededoigts me vend des super stéroïdes. Non, je rigole, mais il a bien un rôle depuis 14 mois. Toutes les directions mentales et techniques qu’il m’a indiquées, je les ai suivies avec ma curiosité et ma passion. Définitivement, le mental, c'était le facteur où j’étais le plus à la traîne, on en parle un peu plus bas. La stratégie aussi, j'apprends tout juste les bonnes façons de travailler un bloc pour moi ! Physiquement, c’est sûr que j’ai progressé, mais il y a 14 mois, j’avais déjà la traction un bras et la planche, merci la gymnastique que j’ai pratiquée pendant de nombreuses années ! Par contre, mis à part peut-être la barre fixe et la barre de la trottinette freestyle, je ne vois pas de facteurs environnementaux expliquant les 215% de force à doigts que j’avais déjà sur les 20mm, c’est très certainement une grande chance génétique pour laquelle je n’ai pas de mérite. En gros, beaucoup d'expériences caillouteuses, de la démystification de la cotation, de gros progrès mentaux, et une traduction physique énorme ! Apprendre à utiliser mes forces pour l’escalade spécifiquement. Tu dis avoir eu des « lacunes mentales » au début : peur de l’échec, peur de la réussite… Comment ces blocages t’affectaient ils et comment les as-tu surmontés? Oui ! Ça, c’est le plus intéressant pour moi et là où je suis le plus fier du chemin que j’ai parcouru ! C’est difficile à croire quand on peut me voir maintenant, mais il y a un an et demi, lors de mes premières sorties dehors, je pétais les plombs de manière extrême. Tout était nouveau et je ne savais pas où me placer. Je n’avais pas d'objectifs à part le fameux “progresser”, j'étais victime d’un imaginaire compétitif de la performance qui me faisait beaucoup souffrir, et les gens autour de moi aussi… Des enjeux très élevés dans ma tête, des attentes imprévisibles que je ne savais pas gérer, peur de l’échec, peur de la réussite, un bon cancer pour moi que ma sensibilité a bien métastasé un temps. (Il y a toujours des traces, évidemment.) Au bout d’un moment, je me suis dit : tant pis pour moi, mais vas-y les copains, c'était trop. Si c’était que moi, encore, mais je veux vraiment pouvoir être un bon camarade de grimpe et passer de meilleurs moments autour de ce que j’aime, l’escalade. Donc, j’ai beaucoup réfléchi, lu des articles sur le mental sur le site Aportédedoigts, vraiment super. J’ai réorganisé mon imaginaire en essayant d’y mettre autant d’intention que possible. Par exemple, Aidan Roberts, c’est mon modèle sur sa façon de projeter un bloc dur sur le long terme. Eh bien, j’essaie de m'approprier ses états d'esprit pour avancer vers quelque chose de plus sain pour moi et pour mes amis avec qui je grimpe. (Tellement de progrès encore !) Tu parles beaucoup de communauté, de partage. Que représente pour toi la dimension sociale de l’escalade ? Je me souviendrai toujours, un été, de mon premier trip au camping d’Ailefroide… Ceux qui savent, savent ! La folie, les alpinistes, les randonneurs, les diffeux, les grands diffeux, les bloqueurs, tout le monde au même endroit dans un cadre magnifique, pouf ! Tous ensemble, on aime la même chose par différents prismes : l’évolution de notre corps dans les différents environnements que nous propose la nature. Et partager ces évolutions, ces hauts et ces bas, ses expériences, avoir un objet commun sur lequel on projette nos désirs (d’une façon plus ou moins responsable), ça, c’est super. Je me suis vite senti à ma place, entouré de gens ouverts à de nouvelles expériences (pour la plupart), avec une belle flamme de passion (pour la plupart), et bienveillants (pour la plupart). Tu évoques que ton accès à l’escalade a été facilité par ta condition sociale. Quel regard portes-tu sur la diversité dans ce sport et son accessibilité ? Alors, je ne suis vraiment pas la personne la plus légitime pour parler des enjeux sociaux et économiques de l’escalade… Je ne me sens pas légitime de parler de sociologie et d’économie dans ce contexte. Ce sont des sujets avec de forts enjeux, et je n’ai pas assez de connaissances pour les aborder de manière approfondie. J’aurais besoin de plus de temps pour poser mes idées de façon claire. Mais si vous me posez cette question, c’est peut-être que vous pensez que je peux répondre de manière cohérente, alors je vais essayer. Je peux dire tout d’abord que, pour moi, l'accessibilité détermine la diversité. Et pour accéder à l’escalade, il y a énormément d'obstacles. Pour en citer quelques-uns : si tu n’as pas d’argent, si tu viens d’un milieu social défavorisé, si tu es une minorité en général, une femme, une personne à la peau noire (perso, je connais moins d’une dizaine de grimpeurs à la peau noire, c’est quand même lunaire, et seulement une femme à la peau noire), ça va être beaucoup plus compliqué d'accéder à la communauté. (Le film Resistance Climbing , qui exprime les difficultés d’accès pour des minorités palestiniennes, me vient à l’esprit, ainsi que le film Still Alive , qui aborde la question des minorités physiques.) Également, il faut pouvoir avoir l’espace physique et mental pour aller grimper. Et si tu es une minorité, ou que tu cumules des caractéristiques de minorité, il y a déjà de grandes chances pour que la pression infernale des déterminismes ne te laisse jamais t’envoler librement sur les parois de Céüse. Tu sembles très lucide sur les contradictions et imperfections de la communauté. Qu’est-ce qui pourrait être amélioré selon toi ? Tout comme pour la question d’au-dessus, je pense qu’il est intéressant d’adopter une position plus humble, et selon moi, cela n’enlève rien à mon engagement. Je ne suis pas réellement une minorité, et à partir de là, ce que je pourrais dire sur ce qui pourrait être amélioré dans la communauté, comme par exemple sur la question du genre, n’aura que peu de valeur. Tout ce que je pourrais dire sur les violences sexistes et sexuelles serait nécessairement nuancé par ma position complice avec la masculinité hégémonique, et donc moins crédible. Mais bon, si ce n’est pas parfait, Seb Berthe l’a fait et ça m’a aidé, donc oui, je m'autorise à vous exprimer rapidement l’idée selon laquelle les boys bands sont omniprésents, tout comme les violences sexistes et sexuelles. Il y a beaucoup d’hommes et de personnes en position de pouvoir qui n’ont pas pris leurs responsabilités sur les imaginaires patriarcaux (et capitalistes) qui les influencent. Peut-être que certains en sont tout simplement cognitivement incapables, mais je pense surtout que beaucoup se complaisent dans leurs positions confortables, parce que c’est quand même cool de grimper torse nu et de crier en prenant tout l’espace visuel et auditif. Enfin, les inégalités entre sexes et la lutte des classes sont transversales à toutes les communautés. Mais parfois, dans mes rêves, j’aimerais croire qu’avec assez de passion pour l’escalade et ses environnements, sociaux et spatiaux, certains pourraient finir par créer — même si elles ne sont que des illusions absurdes — les valeurs humbles qui révéleraient en nous les plus belles spécificités de l'être humain. L’escalade semble être devenue une part essentielle de ta vie. Te vois-tu continuer à 100 % dans cette voie, ou bien as-tu d’autres aspirations parallèles ? J’aime bien la photographie d’art, ça me permet de me souvenir de ma chance. J'aimerais beaucoup enseigner l’escalade aussi, partager ma passion. Actuellement, je pensais me former en ouverture, c’est un super métier (mais j'hésite encore à cause de la concession physique). Mais pour l’instant, je dois avouer que si je pense à ma vie, l’escalade en semble l’essence. Les sensations brûlent en moi quand je la pratique, j’aime ça. C’est un gros mot, avec tellement de choses à l'intérieur, tellement de choses. Quand je pense au futur avec l’escalade, je vois des paysages, de l’amour et de l’amitié. Je me vois au Grand Sablat, seul à essayer des projets, ou entouré des cris de mes amis en haut d’une voie à Céüse. Je vois la nature, la montagne, des sourires, l’eau qui coule et mon cœur qui bat. Oui, je me vois dans cette voie. Ça semble difficile de finir ce projet, j’en changerai peut-être, mais pour l’instant, les mouvements sont infinis. Alors je grimpe. Un dernier mot ? Merci beaucoup à GrimpActu de m’avoir posé ces questions. J’ai pris énormément de plaisir à y répondre, j’ai encore appris plein de choses sur moi et j’ai pris conscience de la richesse de l’escalade, mais aussi de ses pauvretés auxquelles on ne pense jamais assez. Si je peux vous dire un truc, à part de vous trouver un projet que vous aimez, c’est de vous poser les mêmes questions, là, sur un papier ou dans vos notes, et de vous donner le temps d’y répondre. 💭 : Matisse Almira-Colcombe 🗞️ : @GrimpActu

  • Laura Pineau et Kate Kelleghan réalisent un exploit historique sur The Naked Edge

    L’escalade de vitesse en paroi a une nouvelle référence féminine ! La Française Laura Pineau et l’Américaine Kate Kelleghan viennent de s’illustrer sur The Naked Edge, une voie emblématique du Colorado, en établissant un nouveau record en 37 minutes et 08 secondes . Cette voie de trad, cotée 6c+ max , est déjà réputée pour ses ascensions éclairs, attirant les grimpeurs les plus audacieux en quête de vitesse. Avant l’exploit du duo, le record féminin était fixé à 37 minutes et 40 secondes . Réalisée pour la première fois par Rick Horn et Layton Kor  en 1964, puis par Jim Erickson et Duncan Ferguson  en 1971, cette voie de 150 mètres est devenue un terrain de jeu pour les grimpeurs en quête de performance. Mais aujourd’hui, elle est surtout le terrain d’une compétition de vitesse de plus en plus féroce. Découvrez le récit de Laura Pineau , qui revient sur cette ascension et ce nouveau record. @James Lucas Quand l’escalade devient une course contre la montre Par Laura Pineau En matière d’escalade, j’ai toujours été du genre à prendre mon temps. Admirer le paysage, caler mes pieds comme si je jouais aux échecs avec la gravité, et surtout, éviter toute situation où mon cœur battrait plus vite qu’un DJ en soirée techno. Mais voilà, en avril 2023, j’ai mis les pieds au Yosemite. Et là, j’ai découvert que certains grimpeurs considèrent une ascension réussie uniquement si elle est chronométrée. Très vite, un mot est revenu dans toutes les conversations : NIAD . — « T’as déjà fait un NIAD ? » — « Ah ouais, ce matin, j’ai fait un NIAD avant le p’tit dej. » — « On pourrait p’t’être se faire un NIAD après la sieste ? » Après enquête (et un léger traumatisme), j’ai compris : le Nose In A Day , c’est grimper The Nose  en moins de 24 heures. Sauf qu’en vrai, les extraterrestres du Yosemite le font en 8 heures. Et le pire ? Le record absolu est de 1h58 . Mille mètres d’escalade. En moins de deux heures. Moi, en deux heures, j’ai à peine le temps de me battre avec mon baudrier et d’hésiter sur quelle collation prendre. Comment Laura Pineau et Kate Kelleghan ont préparé leur ascension Si on m’avait dit un jour que je ferais de l’escalade de vitesse, j’aurais ri. Fort. Mais ça, c’était avant que Kate Kelleghan ne cherche une partenaire pour foncer tête baissée sur les big walls du Yosemite. Évidemment, mon cerveau a réagi de la pire façon possible : Partie rationnelle  : Mauvaise idée. Danger. Risques inutiles. Partie impulsive  : WOOHOO, SIGN ME UP ! Résultat : quelques mois plus tard, je me retrouve sur El Capitan avec Kate, à tester combien de secondes on peut gratter sur chaque longueur sans trop risquer de finir en anecdote tragique dans un magazine d’escalade. Un jour, en plein effort, Kate me dit : — " Tu as un vrai potentiel pour la vitesse. " Moi, haletante, les bras en feu, coincée dans une fissure : — " Ou alors, un vrai potentiel pour la stupidité. " Mais bon, j’aime les défis. Alors j’ai embarqué Kate à Toulon pour une session d’entraînement express (beaucoup de sueur, quelques insultes murmurées à nos chaussons trop serrés), avant de filer au Colorado, où elle m’a vendu l’idée que le Naked Edge  était un échauffement idéal. C’est ainsi que je me suis retrouvée coincée dans une cheminée, en pleine introspection sur mes choix de vie. @James Lucas Le secret derrière leur exploit sur The Naked Edge Pour battre un record, il fallait un plan. Notre technique ? Montée d’échauffement :  Mode touriste activé. On grimpe, on révise les mouvements, on descend dignement. Montée de vitesse :  Mode Fast & Furious . Sprint sur l’approche, ascension non-stop, fréquence cardiaque d’un hamster sous caféine. Le jour J, tout se passe bien… jusqu’au drame : un lacet défait et une boucle de corde rebelle nous font perdre 10 secondes . On rate le record. Dévastées, on envisage de noyer notre chagrin dans un paquet de barres énergétiques. Puis, voyant le mauvais temps arriver sur la météo, on tente le tout pour le tout dans une dernière tentative en fin de journée. Sprint. Effort maximal. Dernière longueur en apnée. 37 minutes et 08 secondes.  BOUM. Record battu de 32 secondes . Le secret du record ? Pour Kate : 80 ascensions de la voie . Pour moi : la décision de dernière minute de descendre en courant dans mes TC Pros . L’escalade de vitesse n’est pas faite pour les âmes sensibles. Mais avec la bonne partenaire, une communauté qui vous encourage, et juste une pointe d’insouciance, on peut battre un record. Ou du moins, dépasser ses propres peurs. @James Lucas ✍️ : Laura Pineau & Théo de GrimpActu 📸 : James Lucas 📰 : grimpactu.com

  • Pietro Bassotto : quand la performance n’a pas d’âge, 8c+ à 61ans

    Peut-on encore grimper dans le 8c+ à plus de 60 ans ? Pietro Bassotto nous prouve que oui ! Imaginez que vous commencez l’escalade à 24 ans, que vous réussissez votre premier 8b à 40 ans, puis un 8c à 56 ans et qu’à l’approche de la soixantaine, vous repoussez encore vos limites avec un 8c+. Quelques jours seulement après notre article sur l'âge et l'escalade – Construire sa vie de grimpeur : une approche durable et épanouissante   – Pietro Bassotto nous offre une nouvelle démonstration de longévité et de détermination en réalisant la première ascension de Mata Leão  (8c+) à 61 ans. Un exploit qui illustre parfaitement son parcours exceptionnel : une vie d’escalade marquée par la progression, l’adaptation et une passion inébranlable. Pietro défie les lois du temps et redéfinit ce que signifie vieillir dans un sport exigeant, prouvant que l’âge n’est parfois qu’un chiffre lorsque la motivation et l’intelligence d’entraînement sont au rendez-vous. Une passion dévorante depuis plus de trois décennies Pietro découvre l’escalade en 1987, à 24 ans. Dès les premières ascensions, il comprend qu’il vient de trouver bien plus qu’un simple loisir : une véritable vocation. Ce qui n’était au départ qu’un hobby se transforme rapidement en une obsession saine, une quête de dépassement personnel qui le pousse à s’entraîner et à grimper avec une régularité impressionnante. "À mes débuts, et pendant une dizaine d’années, je grimpais surtout en falaise et en montagne en style "on-sight" (à vue). Pour moi, l’escalade était avant tout une aventure et une découverte, plus qu’un plaisir purement athlétique. Même si certaines des voies les plus difficiles que j’ai réalisées l’ont été en "redpoint" (après travail), comme mon premier 7c en 1989 (après quatre essais) et mon premier 8a en 1993 (également en quatre essais), je préférais l’escalade à vue." Une progression constante et des réalisations inspirantes En 1993, Pietro atteint un premier palier important : son premier 8a, en seulement quatre essais. Puis, à 40 ans, il franchit la barre mythique du 8b avec La Creatura  au Cubo. Mais ce n’est que le début d’une ascension vers l’excellence. "Le tournant a eu lieu lorsque j’ai arrêté de grimper en "on-sight". Je ne trouvais plus, dans ma région, de nouvelles voies correspondant à mon niveau maximal. J’ai alors commencé à me concentrer sur le "redpoint" et j’ai réalisé que j’avais encore une marge de progression. Cela m’a motivé à explorer de nouvelles méthodes d’entraînement. J’ai aussi commencé à pratiquer le bloc, ce qui m’a beaucoup aidé à améliorer ma force, ma technique et ma capacité mentale pour aborder des mouvements qui semblaient impossibles au premier abord." En 2019, après dix ans de travail intermittent sur la voie Extrema Cura , il enchaîne enfin son premier 8c. Un moment d’émotion intense "L’une des ascensions dont je garde le meilleur souvenir est Extrema Cura, mon premier 8c, en 2019. C’est la voie sur laquelle j’ai le plus travaillé. J’ai commencé à l’essayer en 2009. Pendant une décennie, j’ai souvent fréquenté la falaise de Gravere. Je me souviens que la première fois que je l’ai essayée, j’étais avec mon fils Davide, qui avait alors 10 ans et jouait au pied de la falaise. J’ai vécu des moments de satisfaction et de frustration, car pendant des années, j’ai failli réussir, mais il y avait toujours quelque chose qui clochait. Le jour où j’ai enfin enchaîné la voie, c’était mon fils Davide qui m’assurait. Cela a rendu cette réussite encore plus spéciale. Parmi mes autres ascensions marquantes, il y a : Chinatown (8a) à Campambiardo en 1993 La Creatura (8b) au Cubo en 2003 Extrema Cura Plus (8c+) à Gravere en 2022" L’Ascension de Mata Leão  Mata Leão  se trouve sur la falaise La Terrazza di Novalesa  en Val Cenischia, juste au-dessus de la célèbre zone de blocs de Novalesa. Cette voie est une connexion entre Mistification  (8a+ hard), que Pietro avait enchaînée en 2019, et Karate Kid  (8c soft), qu'il avait gravi en 2020. "La connexion démarre sur Mistification et, après avoir passé le mouvement le plus dur, elle dévie vers la droite ; là se trouve une traversée très aléatoire, la plus difficile de la voie qui mène à la partie initiale de Karate Kid. Sans aucun repos, il faut ensuite poursuivre jusqu’au relais. Mata Leão est une idée de mon ami Paolo. Au début, j’étais un peu sceptique, car je pensais que la traversée était impossible. Mais une fois la méthode trouvée, j’ai commencé à l’essayer régulièrement. Il m’a fallu deux saisons pour réussir à l’enchaîner. Quelques jours avant la réalisation, en regardant la météo, j’ai vu que les conditions étaient bonnes à Novalesa, et je me sentais en grande forme physiquement. Alors, même si c’était un peu tôt par rapport à la période idéale, j’ai décidé d’aller tenter le projet, mis en suspens en novembre 2024. Dès les premiers essais, j’ai eu de bonnes sensations, et au quatrième essai de la journée, j’ai réussi la première ascension de Mata Leão." Lorsqu'on demande à Pietro comment il a réussi à continuer à progresser à un âge avancé dans un sport où les performances maximales sont souvent associées aux jeunes grimpeurs, voici ce qu'il nous répond… "J’ai pu consacrer plus de temps à l’escalade et à l’entraînement.  Plus jeune, je devais jongler entre le travail, la famille et d’autres loisirs, ce qui réduisait mon temps d’entraînement. Passer du "on-sight" au "redpoint" a joué un rôle clé.  Cela m’a permis d’exploiter pleinement mon potentiel et d’améliorer mon niveau, même sur des voies à vue. Me concentrer sur des projets précis a renforcé ma motivation.  Avoir un objectif clair, comme réussir une voie ou un bloc, me pousse à me préparer au mieux. Mon approche mentale a évolué.  Je suis devenu plus patient et stratégique, alors qu’avant, j’étais plus impulsif. Je fais beaucoup plus attention aux détails.  Avant, je sous-estimais l’importance des petits ajustements techniques et tactiques, ce qui me coûtait des réussites. J’ai eu la chance d’être en bonne santé et d’éviter les blessures graves." Un entraînement et une approche réfléchie L’un des secrets de la longévité de Pietro Bassotto réside dans son approche réfléchie de l’entraînement. Contrairement à de nombreux grimpeurs de sa génération, il a su évoluer avec les méthodes modernes tout en restant fidèle aux fondamentaux. "Avec du recul, je me rends compte qu’un entraîneur m’aurait probablement aidé à progresser plus vite, mais à l’époque, je ne comprenais pas encore l’importance de l’entraînement structuré. Je pensais que grimper beaucoup sur le rocher suffisait à progresser. Ce n’est vrai qu’en partie : sans entraînement ciblé, on finit par stagner. J’ai donc cherché à m’informer sur différentes méthodes et j’ai testé sur moi-même divers types d’entraînements, anciens et modernes. Aujourd’hui, j’élabore toujours mes propres plans d’entraînement en fonction de mes objectifs. Je m’entraîne principalement avec : Des outils classiques comme la poutre et le Pan Güllich Des équipements plus récents comme le Moonboard et le Kilter Board Beaucoup de travail de force, mais peu de résistance, que je préfère développer directement sur le rocher Mon mur d’entraînement à domicile est particulièrement efficace. Contrairement aux murs des salles modernes, qui privilégient des mouvements proches du parkour, mon mur est plus réaliste pour l’escalade en extérieur." Un modèle de persévérance et d’inspiration Dans un sport où les performances de haut niveau sont souvent associées à la jeunesse, Pietro Bassotto prouve que la progression est un chemin sans limite d’âge. Grâce à une approche rigoureuse, une discipline exemplaire et une passion inébranlable, il continue de repousser ses propres frontières, prouvant que l’escalade n’est pas seulement un sport de jeunes, mais une aventure qui peut durer toute une vie... ou presque. "Mon plaisir à grimper n’a pas changé. Il est resté exactement le même qu’à mes débuts. Ce qui me motive, c’est le plaisir du mouvement, que ce soit en falaise, en bloc ou en salle. Quand on a une passion véritable, on ne ressent ni la fatigue ni le sacrifice. Le plus difficile a toujours été de concilier l’escalade avec mes responsabilités professionnelles et familiales. Aujourd’hui, mes obligations professionnelles se sont réduites, mais j’ai toujours mis ma famille en priorité quand c’était nécessaire, et je ne le regrette pas." D'autres articles recommandés : Construire sa vie de grimpeur : une approche durable et épanouissante Delphine Chenevier : Première ascension de “Ultime err’ANX” (8c) à 49 ans Escalade et fatigue : Retrouver confiance, envie et plaisir de grimper ✍️ : Théo de GrimpActu 💬 : Pietro Bassotto 🗞️ : GrimpActu.

  • Delphine Chenevier : Première ascension de “Ultime err’ANX” (8c) à 49 ans

    En escalade, il est rare de rencontrer des grimpeurs qui réussissent à améliorer leurs performances après des décennies de pratique. Delphine Chenevier, une grimpeuse grenobloise, en est une remarquable exception. À 48 ans, elle a réussi à enchaîner son premier 8c puis elle renouvelle l'exploit avec "Ultime err’ANX" à Crossey. Ancienne compétitrice de l'Équipe de France d'escalade dans les années 90, Delphine a su allier ses responsabilités professionnelles et familiales à sa passion pour l'escalade. En tant que directrice de la communication au Synchrotron de Grenoble, elle gère un emploi du temps chargé tout en étant maman d'un garçon. Malgré ces engagements, elle trouve le temps de s'entraîner régulièrement et de continuer à se fixer des objectifs ambitieux. Dans cet entretien, Delphine partage ses secrets pour rester motivée, ses stratégies d'entraînement adaptées , et ses conseils pour les grimpeurs qui souhaitent continuer à performer. Son parcours, jalonné de challenge et de réussites, est une véritable source d'inspiration pour tous ceux qui croient que la passion et la détermination peuvent transcender les limites imposées par l'âge. Comment as-tu découvert l'escalade et qu'est-ce qui t'a attirée vers ce sport ? "J’ai toujours baigné dans un milieu grimpe. Je viens d’une famille de grimpeurs. Mon père grimpait avec la bande des Parisiens Paragot, Lesueur. Parisien, il est venu s’installer au Saussois pour l’escalade. J’ai grandi au pied des falaises et avec des histoires d’escalade à la maison… Du coup, vers 15 ans, après de nombreuses années de gym, je me suis naturellement mise à la grimpe." Peux-tu nous parler de ton expérience avec l'Équipe de France d'escalade dans les années 90 ? Quels étaient les moments forts de cette période ? "C’était une autre époque par rapport aux compétiteurs de maintenant. Tu pouvais rentrer en Équipe de France sans être professionnelle, en ayant des bonnes qualités physiques. On n’était pas du tout à la pointe de l’entraînement comme maintenant. Mais, même si j’ai d’excellents souvenirs de ces années en Équipe de France, je pense que je n’étais pas faite pour ça. Je me mettais trop la pression. J’étais trop tournée sur la compétition et pas assez sur le plaisir." Comment s'est passée la transition de la compétition vers l'escalade en falaise ? Quels défis as-tu rencontrés ? En fait, j’ai toujours fait de la falaise, même quand j’étais compétitrice. C’est mon truc, ma passion. Je passais plus de temps sur le rocher que sur un mur. Et puis, encore une fois, c’était une autre époque en termes d’entraînement… La compétition, c’était une super expérience quand j’étais étudiante, mais pas un aboutissement. Du coup, naturellement, quand je me suis mise à bosser, j’ai arrêté la compétition et j’ai fait 100% de falaise." Félicitations pour ta première ascension de “Ultime err’ANX”, Crossey, 8c ! Peux-tu nous décrire cette voie et ce que cela représente pour toi ? "Alors “Ultime err’ANX”, c’est une vraie king line ouverte par un copain Christophe Bellin (alias tatalacuvette), dans les Gorges de Crossey juste à côté de Grenoble. C’est un long voyage de 40 mètres, une connexion qui remonte un grand mur gris très léger dévers, qui prend toutes les sections dures d’un gros 8a+/8b ‘Ultime dem’ANX’ et de ‘Vagabond d’occid’ANX’ 8b+. C’est de la pure escalade grenobloise : exigeante, technique, bien à doigts avec deux bons crux dans la partie 8a+/8b et une fin rési de 10-15 mètres sur croûtes dans le 8b+ jusqu’au relais. Au total, j’ai dû passer dix séances dans la voie (mais je connaissais la partie en 8b+ que j’avais enchaîné en mai) et je pense que j’ai passé au moins trois séances à essayer de trouver les méthodes dans les cruxs du 8a+/8b. J’étais super contente d’enchaîner cette voie, parce qu’elle a été ouverte par un copain et parce que c’est une superbe ligne à grimper, avec des mouvements déments, pas faciles à trouver, où il faut être bien calé pour passer. Peux-tu nous parler rapidement de tes performances de ces dernières années ? Alors, j’ai toujours grimpé dans le 8, mais c’est vrai que ces deux dernières années, il y a eu un déclic. J’ai fait mes plus grosses performances avec Viande de Crison, 8b+ à Satan à l’automne 2022, mon premier 8c Little King à Saint-Ange au printemps 2023, et depuis, 4 autres 8b+ et ce week-end mon 2ème 8c. En fait, je n’avais jamais osé aller voir des voies plus dures que 8b. Je pensais que c’était impossible en grimpant juste le week-end ou en afterwork. Qu'est-ce que cela fait de réaliser encore des performances incroyables à ton âge ? Quel message aimerais-tu transmettre à ceux qui pensent que l'âge est un frein à la performance ? En fait, je ne me sens pas vieille :-) Hihihi. Moi, dans ma tête je suis toujours motivée comme quand j’avais 20 ans. J’ai toujours la même passion pour l’escalade, le même plaisir de grimper, voire plus. Alors certes, je n’ai pas le même physique qu’à 20 ans et à 49 ans, en étant une fille, je dois faire avec un corps qui évolue, avec d’autres challenges à gérer. Mais c’est la beauté de l’escalade, tu n’es pas obligé de miser que sur les gros muscles. Moi, j’ai complètement changé mon style d’escalade. Moi qui étais bourrin et adepte des gros dévers à bras, je suis devenue experte des légers dévers à croûtes… et j’ai même travaillé la technique et la pose de pieds en grimpant dans les voies de la cuvette, mais aussi l’efficacité en escalade, les sensations. Certes, on n’est pas tous égaux face à l’âge, mais je pense qu’on a la chance en grimpe de pouvoir continuer à être performant malgré l’âge, en jouant sur plein de facteurs différents, en acceptant de sortir de sa zone de confort, de se remettre en question, de faire évoluer son escalade pour éviter de se blesser, pour s’adapter à l’évolution de son corps, en travaillant la force des doigts plus que les gros muscles, la qualité de grimpe, le ressenti. C’est la beauté de l’escalade ! Comment parviens-tu à intégrer l'entraînement dans un emploi du temps aussi chargé ? Peux-tu décrire une semaine typique d'entraînement pour toi ? Avec mon boulot et ma vie de famille, je n’ai effectivement pas énormément de temps pour m’entraîner, mais j’optimise chaque moment. Je privilégie les séances courtes, intenses, efficaces. J’avoue avoir une certaine discipline de vie et être aussi motivée pour m’entraîner que pour grimper. Je fais tous les jours, 10-15 minutes de Pilates, yoga, mobilité, essentielles pour moi pour éviter les blessures et gagner en efficacité dans ma grimpe. Côté grimpe, une semaine type (mais ça dépend du boulot, de la fatigue, des révisions avec mon fils qui est en terminale), c’est 1 à 2 sessions courtes de poutre ou moonboard en afterwork à la maison et grimpe le week-end en ½ journées, qu’il pleuve ou qu’il neige avec les copains :-). Et quand les jours sont plus longs, ou dès que c’est possible, je remplace une session de poutre/moonboard par une session grimpe afterwork en falaise. Même si je ne fais que deux voies, j’ai le plaisir d’être dehors et je gagne en qualité de grimpe. Tu as mentionné le soutien de Laurence et Olivier de FVCoach. En quoi leur coaching a-t-il été déterminant pour tes progrès ? La collaboration avec Olivier et Laurence de la FVCoach s’est terminée l’année dernière après avoir réussi l’objectif 8c, mais je leur suis très reconnaissante. L’entraînement avec eux a été un vrai déclic. Ils ont une approche très globale de l’escalade. Et surtout, ils m’ont appris à optimiser mes temps de grimpe, même courts, pour vraiment m’entraîner, pour cibler des points forts comme la force des doigts, pour organiser mes semaines et surtout pour sortir de ma zone de confort à enchaîner des 8a, 8a+ ou 8b et essayer des voies plus dures. Tu es directrice de la communication à l’Institut de recherche Synchrotron de Grenoble et as travaillé dans des cabinets ministériels. Comment parviens-tu à concilier cette carrière intense avec ta passion pour l'escalade ? Je pense que j’ai besoin de cet équilibre entre vie professionnelle bien remplie, vie de famille et grimpe. J’aime mon travail et je m’y investis pleinement. En fait, je n’adapte pas ma vie à l’escalade mais plutôt l’escalade à ma vie. J’avoue, comme tout le monde, qu’après une grosse journée, des fois il faut que je me booste un peu pour aller grimper. Mais du moment que je suis sur le caillou, je suis motivée à 300%. Ça me rebooste. Qu'est-ce qui te motive à continuer à grimper et à progresser malgré un emploi du temps chargé et les défis de la vie quotidienne ? La passion de la grimpe, le plaisir de grimper des belles lignes, la recherche du beau mouvement, des sensations en grimpe mais aussi, je reste compétitrice dans l’âme, le challenge de repousser ses limites. Et puis le partage, le plaisir des sorties avec les copains. Je ne suis pas obsédée par la performance, je préfère vraiment passer une bonne journée en falaise en bonne compagnie. Quels conseils donnerais-tu aux grimpeurs amateurs qui cherchent à améliorer leur performance tout en jonglant avec les responsabilités professionnelles et familiales ? La régularité et la qualité dans l’entraînement, en misant sur des séances courtes, de qualité, à la poutre par exemple ou du renfort musculaire avec élastique. Et surtout garder le plaisir de la grimpe. 💬 : Delphine Chenevier 📷 : Jocelyn Chavy / Mathieu Mazuel / Stef Candé 🖍 : GrimpActu.

  • Posture d’enroulement : causes, conséquences et solutions pour un meilleur équilibre

    La posture d’enroulement – épaules projetées vers l’avant, dos arrondi, cage thoracique refermée – est fréquente, en particulier chez les grimpeurs. Ce déséquilibre musculaire résulte d’une sollicitation excessive de certains muscles, comme le grand dorsal et le petit pectoral, au détriment de leurs antagonistes. Plutôt que de simplement essayer de « se redresser », il est essentiel de rétablir un équilibre entre ouverture et renforcement musculaire. Un travail ciblé permet non seulement d’éviter les douleurs et restrictions de mobilité, mais aussi d’optimiser la performance et de prévenir les blessures à long terme. Cet article a été écrit par Anne-Sophie Ring (The Climbing Yogini) , experte en yoga et mobilité, afin de vous aider à mieux comprendre cette posture et à adopter des solutions adaptées. Pourquoi cette posture est-elle fréquente en escalade ? En grimpe, la force de traction domine : Les grands dorsaux  sont constamment sollicités pour tracter le corps vers le haut. Les petits pectoraux  sont souvent raccourcis par des mouvements de fermeture (ex : compression du buste lors des blocages). En parallèle, les muscles d'ouverture du thorax (trapèze moyen et rhomboïde) et les muscles posturaux du dos ne compensent pas l'activité importante du grand dorsal et des petits pectoraux. Ce déséquilibre favorise une posture enroulée , ce qui peut avoir des conséquences sur la mobilité des épaules et la stabilité articulaire. Causes de la posture d’enroulement Perte de mobilité de l’épaule et restriction scapulo-humérale Lorsque le dos est enroulé en permanence, les épaules perdent en mobilité fonctionnelle. La rotation externe et l’ouverture de l’épaule sont limitées , ce qui restreint la capacité à atteindre certains mouvements en escalade (ex : en dièdre, les paumes, les mains à chercher très haut ou verrouillages dans les toits). La scapula (omoplate) a du mal à bouger librement , ce qui empêche une bonne synchronisation entre l’omoplate et l’humérus, élément essentiel pour une épaule saine. En escalade, une mobilité réduite de l’épaule peut forcer le grimpeur à compenser avec des tensions excessives dans d’autres groupes musculaires , augmentant ainsi le risque de surcharge et de blessure. L’effet "corde d’arc" du grand dorsal Le grand dorsal , muscle clé dans la traction, joue un rôle paradoxal. S’il est trop tendu ou raccourci, il accentue la posture d’enroulement. Pourquoi ?   Car il s’insère sur l’humérus et descend jusqu’au bassin (crête iliaque). Lorsqu’il est hypertonique, il rapproche ces deux extrémités , ce qui tire la colonne vertébrale en flexion. Un grand dorsal trop contracté limite également l’élévation complète des bras au-dessus de la tête , ce qui devient problématique pour les mouvements nécessitant une grande amplitude scapulo-humérale  en escalade. Risque de blessures et conflits d’épaule Une posture d’enroulement associée à une perte de mobilité scapulaire augmente la contrainte sur l’articulation de l’épaule , et notamment le risque de conflits sous-acromiaux. 👉 Ce qui peut se produire : Un manque de mobilité scapulaire  entraîne un mouvement de l’humérus qui n’est plus optimal. Le tendon du supra-épineux et la bourse sous-acromiale peuvent être comprimés , augmentant le risque d’inflammation ou de conflit sous-acromial. Une faiblesse des rotateurs externes de l’épaule   accentue encore cette instabilité. 💡 Ce déséquilibre peut entraîner des douleurs chroniques, des tendinopathies ou même des lésions des structures de l’épaule si rien n’est fait pour restaurer une mobilité équilibrée. Rééquilibrer plutôt que corriger Plutôt que de "forcer" à garder les épaules en arrière,  l’objectif est de retrouver un équilibre musculaire  entre : ✔ Ouverture  → Étirer les muscles raccourcis (petit pectoral, grand dorsal). ✔ Renforcement postural  → Activer les muscles sous-utilisés (trapèzes moyens et inférieurs, rhomboïdes). ✔ Mobilité active  → Restaurer la capacité des épaules et de la cage thoracique à bouger librement. Exercices pour rééquilibrer votre posture Tous les exercices ci-dessous ne sont pas forcément adaptés à ton corps. Chaque corps est différent et en cas de doutes, de douleurs, de gênes, consulte un professionnel de santé. Étirements ciblés : De nombreuses postures de yoga en extension vers l'arrière étirent les petits pectoraux. Celle que je préfère recommander est la posture du poisson,  Salamba Matsyasana que tu peux faire en passif avec une brique en soutien sous les omoplates ou en actif. Laisse les bras sur les côtés et tourne les paumes de main vers le haut.   ⚠ En fonction de ton dos il te sera peut-être plus confortable de garder les jambes pliées: cela évitera une trop grand cambrure dans le bas du dos (et ciblera plus le haut du dos). Découvre la posture et ses variantes pour assouplir les hanches en même temps dans cette vidéo: Pour étirer le grand dorsal, l' enfant étiré  (ou le héros la tête en bas de son nom plus courant, Adho Mukha Virasana) est efficace si tu envoies bien les fesses vers les talons et tire les mains vers l'avant: Tu peux aussi l'étirer en posture debout comme ci-dessous en orientant légèrement la tête vers le sol pour accentuer l'étirement du grand dorsal. Renforcement postural :  Le yoga est une pratique plus "en poussée" qui active des muscles antagonistes à ceux de l'escalade qui est plus "en traction". Une pratique régulière est donc un bon moyen de ramener de l'équilibre. Tu peux aussi faire du renforcement spécifique pour les trapèzes moyens et les rho # mboïdes, ainsi que les rotateurs externes de l'épaule. Un travail régulier sur la mobilité et le renforcement permet non seulement d’éviter les douleurs associées à la posture d’enroulement, mais aussi d’optimiser ses performances en escalade. Prendre conscience de ses déséquilibres, c’est se donner les moyens d’évoluer vers un mouvement plus fluide et plus efficace et de limiter les facteurs de blessure. ➡️Avez-vous déjà constaté des effets de la posture d'enroulement sur votre pratique de l'escalade ? Partagez vos expériences et vos astuces pour améliorer votre posture dans l'espace commentaire en bas de l'article ! D'autres articles recommandés : Mobilisation vs. Assouplissement : Pourquoi choisir la mobilité active ? Les antagonistes : Réévaluons notre approche de l'entraînement complémentaire 5 Conseils Incontournables d'un Kinésithérapeute pour une Pratique Durable et Performante 📚 Sources Relecteur: Julien Remillieux @climbexercises_kinechambery Neumann, D.A. (2016). Kinesiology of the Musculoskeletal System: Foundations for Rehabilitation. Cools, A.M. et al. (2014). Rehabilitation of scapular dyskinesis: from the office worker to the elite overhead athlete . British Journal of Sports Medicine. Kibler, W. Ben & Sciascia, A. (2010). Current concepts: scapular dyskinesis . British Journal of Sports Medicine. Ludewig, P. M., & Braman, J. P. (2011). Shoulder impingement: biomechanical considerations in rehabilitation . Manual Therapy. Haute Autorité de Santé (2021). Conduite diagnostique devant une épaule douloureuse non traumatique de l’adulte et prise en charge des tendinopathies de la coiffe des rotateurs . Physiostudent (2023). Muscle grand dorsal - Myologie et posture .

  • Sexisme et violences en escalade : l’engagement de Sophie Berthe

    En escalade, certains sujets demeurent souvent sous-explorés, malgré leur importance cruciale. De l'égalité des genres à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), les actions et les prises de parole sont essentielles pour faire avancer les mentalités et construire un environnement plus inclusif et respectueux. Sophie Berthe , figure engagée de la scène de l'escalade, nous livre son point de vue sur ces enjeux à travers une série de réflexions et d'initiatives qu'elle mène avec passion. De l'initiative #BalanceTonGrimpeur à l’action "Vos mains sur nos corps", découvrez les actions concrètes pour un avenir plus égalitaire dans le milieu de l’escalade. Sophie Berthe, une grimpeuse engagée Salut Sophie, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? Qui es-tu, d’où viens-tu et comment es-tu arrivée dans le monde de l’escalade ? Je suis Sophie Berthe, j’ai 26 ans et j’habite à Fontainebleau avec ma chienne Suki et mon copain Loïc Derby ! Je suis belge et j’évolue dans le milieu de l’escalade depuis l’enfance. Mon père possède une salle d’escalade en Belgique, et ça a clairement eu un grand impact sur mon identité, même si j’ai arrêté l’escalade pendant de longues périodes de ma vie. Aujourd’hui, je grimpe surtout pour le plaisir, en forêt avec mes ami·e·s. L’escalade est souvent perçue comme un sport de liberté et de dépassement de soi. Mais toi, tu en as aussi fait un espace de lutte et d’engagement. À quel moment as-tu pris conscience que ce sport avait besoin d’évoluer sur certaines questions de société ? J’ai repris sérieusement l’escalade à la fac, avec de nouvelles personnes (hors cadre familial). Même si je les connaissais déjà, j’ai eu à ce moment-là un rappel de toutes les valeurs positives que l’on attribue souvent à l’escalade. Pourtant, celles-ci ne correspondaient pas forcément à ce que j’avais observé tout au long de ma vie de grimpeuse. Alors qu’on me rabâche une pseudo-égalité des genres, je ne peux pas vivre pleinement ma pratique : je n’ai pas accès à l’espace comme les hommes cis, on ne me fait pas toujours confiance sur les manips de cordes alors que je les connais bien, on me donne sans cesse des conseils non sollicités, et dans une salle d’escalade ou en trip de grimpe, l’expert de choix est toujours l’homme du groupe (peu importe son niveau). Alors qu’on me rabâche que les grimpeur·euse·s sont des gens proches de la nature et écolos, nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui prennent l’avion plusieurs fois par an pour “vivre leur passion à fond”. Alors qu’on me rabâche une grande ouverture d’esprit, l’escalade reste un sport accessible qu’aux plus privilégiés d’entre nous. Peut-on également parler de l’entre-soi blanc qui existe dans ce milieu ? Oui, l’escalade est un mode de vie, mais à quel prix ? C’est en partant de ce constat, qui me déprimait un peu, que j’ai voulu me battre pour de nouveaux narratifs. En devenant activiste dans ce milieu, j’ai réussi à élever ma voix et celles des autres, et c’est ce qui me permet aujourd’hui de vivre ma pratique sereinement. "Ceci est un torse" et l’égalité de genre en escalade L’escalade a longtemps été perçue comme un domaine masculin, où les femmes étaient souvent reléguées à une position de spectatrice. Cependant, de plus en plus de femmes s’impliquent, prennent la parole, et revendiquent une égalité réelle sur les murs d’escalade. Sophie Berthe, par son engagement, a cherché à bousculer cette vision en mettant en place des initiatives comme "Ceci est un torse" , une action symbolique qui invite à déconstruire les stéréotypes de genre et à rétablir un équilibre dans la pratique de l’escalade. À travers ses mots, elle nous pousse à repenser la place de chacun, qu'importe son genre, dans ce sport exigeant. Peux-tu revenir sur l’action “Ceci est un torse” ? Comment est née cette idée et quel message voulais-tu faire passer ? Le torse nu fait partie de la culture escalade. Par exemple, les grimpeurs posent régulièrement sur leur compte Instagram sans t-shirt, et cela est tout à fait accepté. Quand on leur demande « pourquoi ? », ils répondent : « parce que c’est plus confortable ». Mais si c’était vraiment le cas, pourquoi cette pratique semble-t-elle réservée aux hommes cis ? Quand on pose vraiment la question de la performance, les personnes sexisées ne devraient-elles pas avoir, elles aussi, le droit de se mettre torse nu ? En réalité, le torse nu chez les grimpeurs n’est pas qu’une question de confort. C’est aussi un moyen d’asseoir sa virilité et de s'affirmer dans la masculinité hégémonique. Les personnes sexisées, quant à elles, ne peuvent pas se mettre torse nu sous peine d’être hypersexualisées, voire agressées. Même quand elles grimpent en brassière – souvent inconfortable –, elles sont parfois traitées “d’allumeuse” ou de “salope”. En bref, il y a un double standard clair qui s’inscrit dans un système d’oppression patriarcale, contre lequel il est urgent de lutter. C’est pour ça que j’ai lancé l’action “Ceci est un torse” : pour questionner et, pourquoi pas, remettre en cause ce double standard. Ceci est un torse a mené à des discussions sur la réglementation dans les salles d’escalade. Quelles seraient, selon toi, les mesures idéales pour garantir une vraie égalité sans imposer de restrictions injustes ? Si l’on veut changer les règlements intérieurs par rapport au torse nu dans les salles d’escalade, la première question à se poser est : “qu’est-ce qui est vraiment injuste ?”. L’injustice ne réside-t-elle pas plutôt dans les violences sexistes et sexuelles que les personnes sexisées risquent de vivre si elles se mettent torse nu ? Si une salle d’escalade décide d’autoriser le torse nu pour toustes, elle doit être capable de créer un espace sécuritaire et d’offrir des formations sur la question du genre à ses équipes afin que chacun·e puisse réagir de façon appropriée en cas d’agression ou de comportement sexiste. Dans ce cadre, une responsabilité individuelle se pose aussi. Si un homme cis veut se mettre torse nu, il est important qu’il se pose quelques questions : “Est-ce que je le fais réellement par confort (chaleur), ou est-ce que je le fais pour m’intégrer au groupe social des hommes ?” “Y a-t-il autour de moi une personne qui pourrait percevoir mon comportement comme oppressant ?” “Est-ce que j’ai vraiment besoin de me mettre torse nu dans cet espace ?” “Est-ce que j’ai demandé à mes partenaires de grimpe / aux personnes sexisées qui m’entourent si cela ne les dérangeait pas ?” Si, au final, le cadre offre la possibilité de laisser tomber le t-shirt, n’hésitez pas à le remettre dès que vous n’en avez, a priori, plus besoin, c'est-à-dire quand vous ne grimpez plus. J’aimerais rappeler également que dans notre système patriarcal, les hommes cis profitent de nombreux privilèges. Se mettre torse nu en est un. Si l’on veut une vraie inclusivité dans nos espaces, il est évident qu’il faille laisser tomber certains de ces privilèges pour que les autres puissent en avoir. Dans cette optique, arrêter de se mettre torse nu ne serait-il pas un petit pas, facile à mettre en place, pour améliorer les rapports sociaux dans la communauté ? En conclusion, je ne suis pas forcément contre le torse nu en salle (et en extérieur). Pour autant, si la pratique est autorisée, elle doit s’accompagner de nombreuses conditions. S’il n’est pas possible de réunir ces conditions, l’interdiction est peut-être la meilleure solution. Que cette interdiction soit temporaire ou définitive dépend seulement des grimpeur·euse·s et de leur motivation à se battre pour un milieu sportif plus inclusif ! #BalanceTonGrimpeur et la lutte contre les VSS en escalade #BalanceTonGrimpeur a fait naître une vague de témoignages et de prises de conscience. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le milieu de l’escalade est un enjeu fondamental. Ce mouvement a permis de donner une voix aux victimes, mais aussi de responsabiliser l’ensemble de la communauté grimpeuse. À travers ce hashtag, Sophie Berthe nous explique comment il est crucial de créer des espaces sécurisés, non seulement pour les femmes, mais aussi pour toutes les personnes vulnérables face aux agressions. Ce combat nécessite un changement de mentalité, de pratique, et d’éducation, et il est nécessaire de continuer à mener cette lutte, tant sur les murs que dans la société en général. Il y a un an, tu as lancé #BalanceTonGrimpeur, un appel à témoignages de VSS dans le milieu de l’escalade. Tu en as reçu plus de 50. Comment as-tu vécu ce déferlement de récits ? L’idée de #BalanceTonGrimpeur est née d’une intuition, mais aussi de ce que je voyais et entendais dans le milieu. Le but de cet appel à témoignages était de faire un état des lieux de ces violences et d’en parler : comment peut-on travailler efficacement contre les violences si on n’en parle même pas ? Il y avait une vraie omerta dans le milieu, qui venait notamment des valeurs positives que l’on attribue à l’escalade : parler de ces violences alors qu’on se croit être de bonnes personnes, ça fait tache. Je savais (je me doutais) que je recevrais de nombreux témoignages. Je m’y étais préparée et j’étais, à ce moment-là, armée pour les recevoir. Pour autant, c’était assez dur de lire tous ces témoignages, mais heureusement, je voyais un résultat positif direct, ce qui me permettait de garder la tête hors de l’eau. Quels types de violences et de comportements problématiques reviennent le plus souvent dans les témoignages que tu reçois ? J’ai reçu tous types de témoignages, et j’ai pu observer un véritable continuum dans les violences, que ce soit par leur spécificité (ex. mansplaining, harcèlement verbal/psychologique, agression sexuelle, viol) ou par leurs conséquences sur les victimes et leur ressenti (ex. impact psychologique et/ou physique, retrait de l’espace social, solitude due à l’omerta dans le milieu). Ces violences s’adaptent au cadre de l’escalade, un sport où le contact physique peut être présent. Ces observations étaient attendues dans le cadre de l’appel à témoignages. De nombreuses violences semblent naître d’une relation de domination, où l’auteur de la violence profite de son statut social pour asseoir son ascendance sur la victime (ex. relation entraîneur/entraîné, position sociale élevée dans la salle ou le cadre sportif, comme les ouvreurs ou moniteurs, relation avec une grande différence d’âge, etc.). Un dernier point important à relever est le genre des personnes qui m’ont envoyé leur témoignage. Parmi tous ceux reçus et analysés, seulement trois provenaient d’hommes cis. En revanche, la totalité des auteurs de violences décrits étaient des hommes. Quelles mesures immédiates les structures d’escalade devraient-elles mettre en place pour protéger les victimes et prévenir ces violences ? De nombreux témoignages ont montré que les systèmes institutionnels avaient effectivement leur part de responsabilité dans les VSS (ex. violences dans le cadre compétitif, non-inclusivité des espaces). Comme dit auparavant, il est tout d’abord essentiel que les équipes des salles d’escalade, et plus largement les équipes au sein des fédérations, soient formées à la gestion des VSS et aux questions de genre. Ensuite, il est crucial que les structures abordent ouvertement la question des violences. On ne peut décemment plus accepter de vivre dans l’omerta. Cela peut passer par des campagnes de communication, l’organisation de groupes de parole, de conférences ou de tables rondes. Pour que tout cela fonctionne, il faut évidemment que les structures d’escalade acceptent d'investir financièrement dans la prévention des violences. Comment les grimpeurs et grimpeuses peuvent-ils/elles agir à leur échelle pour lutter contre ces violences dans les salles et en extérieur ? Voici quelques actions concrètes à mettre en place : Écouter les personnes concernées  : attention, elles ne doivent pas non plus vous éduquer. Il existe de nombreuses ressources, comme des podcasts, vidéos, livres ou bandes dessinées, qui présentent de manière très intelligente le problème du système patriarcal. Agir lorsque nous sommes témoins de violences sexistes ou sexuelles , en fonction des ressources que nous avons à notre disposition. (Ex. : si l’on est une personne sexisée, il peut sembler difficile d’agir directement lorsqu’on est témoin d’une violence dans l’espace public. Cependant, dans une salle d’escalade, si les équipes sont formées, nous pouvons leur signaler le problème.) Ouvrir le débat et la discussion sur les questions de genre. Se remettre en question  : il n’y a pas les méchant·e·s d’un côté et les gentil·le·s de l’autre. Les violences sont systémiques et, de ce fait, nous sommes toustes concerné·e·s par le sujet. La remise en question va au-delà de la simple constatation. Il est important de faire un travail sur soi (ex. travail thérapeutique) pour mieux vivre en société. L’action ”Vos mains sur nos corps” au salon de l’escalade L’initiative “Vos mains sur nos corps” est un exemple frappant de l’engagement de Sophie pour la protection des personnes contre les violences. Lors du salon de l’escalade, cette action a permis de sensibiliser les pratiquants à l'importance du consentement et du respect des limites de chacun. Ce type d’action est essentiel pour démystifier les tabous autour de ces problématiques et engager des discussions constructives dans l’univers de l’escalade. Peux-tu nous expliquer en détail l’action que tu as menée au Salon de l’Escalade ? Comment s’est-elle déroulée et quel message voulais-tu faire passer ? Cette action est née suite à Balance ton grimpeur . Je voulais mener une action forte et symbolique, hors des réseaux sociaux, pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles dans le milieu de l’escalade. J’ai été invitée au Salon de l’Escalade pour participer à une conférence sur le féminisme dans ce milieu, aux côtés de Caroline Ciavaldini et Aurélia Mardon. Peu de temps après avoir accepté cette invitation, je me suis rappelé ce qu’un salon représentait vraiment. Un salon, c’est un lieu où l’on se vend, où l’on vend, où l’on achète. Autrement dit, c’est le temple du capitalisme. Je savais déjà que l’escalade était un milieu capitaliste, mais quand cette réalité s’est pleinement matérialisée dans mon esprit, j’ai paniqué : “Est-ce que je vais vraiment y aller ?” Finalement, je me suis dit que c’était l’occasion de secouer un peu ce salon. C’est là que l’idée de l’action a germé. Je savais qu’il y aurait du passage et que j’avais l’opportunité de mener une action percutante. Alors, je me suis habillée en noir, avec des mains blanches peintes sur mon corps, représentant celles des mains pleines de magnésies. L’idée principale était bien évidemment de rappeler que ce milieu n’était pas épargné et qu’il n’est pas aussi “safe” et bienveillant que beaucoup veulent le croire. Je suis restée une heure, immobile au milieu d’une allée. Cette action, je l’ai incarnée de tout mon corps. Comme je l’ai écrit sur mon post Instagram : “Pour moi, l’immobilisme n’a duré qu’une heure. Je n’ai perdu ma voix qu’une heure. Je n’ai été vulnérable qu’une heure. Pour les victimes de VSS, tout cela ne dure pas qu’une heure : la douleur reste pour la vie.” J’avais très envie d’apporter des éléments symboliques (les mains, l’immobilisme) pour porter le message de l’affiche, qui constituait un résumé global de Balance Ton Grimpeur . Je voulais aussi que l’action s’adresse aux hommes cis, potentiels auteurs de VSS. Comme je l’ai mentionné plus haut, les VSS s’inscrivent dans un continuum. Cela signifie que nous sommes toustes concerné·e·s par ces questions et qu’il est urgent de repenser nos comportements et d’agir ensemble. Les réactions ont été multiples : de nombreuses personnes m’ont totalement ignorée (m’ont-elles seulement vue ?), d’autres affirmaient ne pas se sentir concernées (des ami·e·s distribuaient des flyers explicatifs pour soutenir l’action et engager la discussion avec elles/eux). J’ai croisé le regard de nombreux·ses visiteur·euse·s. Et heureusement, j’y ai vu beaucoup de “merci” et de reconnaissance. Quel message voudrais-tu faire passer à celles et ceux qui hésitent encore à parler ou à s’engager ? Je crois vraiment au pouvoir de l’action et de l’engagement pour porter des messages forts, comme le féminisme, l’écologie, la lutte antiraciste, et plus largement, la lutte contre le fascisme. Lecteur, lectrice, si vous croyez fermement aux valeurs positives que l’on peut octroyer à l’escalade, je vous invite à rejoindre la lutte pour écrire de nouvelles histoires ! D'autres articles recommandés : Nina Caprez : L'équilibre entre maternité et passion pour l'escalade Flore Beaudelin : l'artiste qui donne du relief à la grimpe Climbing Bitches : Redéfinir l'Escalade Féminine

  • Girls in bleau : l’escalade féminine à Fontainebleau

    Fontainebleau, une forêt enchanteresse où grimper rime avec bonheur Qui n’a jamais été ébloui devant les 25 000 ha qu’a à offrir la belle Fontainebleau ? Logée en-dessous de la capitale parisienne, elle abrite quelques merveilles ancestrales et une biodiversité extraordinaire. Certains ont déjà emprunté ses sentiers d’une foulée certaine quand d’autres parcourent encore ce paysage parfois déroutant au travers de pages de livres qui retracent la vie de la forêt. Oui, « Bleau » ne laisse pas indifférente et possède une renommée mondiale dans le monde de l’escalade. Temple du grés, elle est parfois surnommée «  la capitale mondiale du bloc  » et à juste titre. L’histoire de l’escalade libre s’est entre-autres façonnée ici. Une histoire pourtant bien marquée de succès… masculins. Le premier groupe d’escalade en non-mixité de la forêt Depuis plus de trois ans maintenant, l’association Girls In Bleau est victime de son succès. De plus en plus nombreuses, les grimpeuses séduites par le projet GIB se joignent aux rangs. Caroline Sinno , grimpeuse professionnelle, n’y est pas pour rien. Cette association, c’est bien elle qui en est à l’origine. Elle naît d’une volonté simple : redorer le blason de la grimpe féminine à Bleau dans un cadre qui reste très masculin encore aujourd’hui. C’est en s’adonnant elle aussi à la lecture que l’idée lui vient. En feuillant les pages de Fontainebleau, 100 ans d’escalade aux Éditions Mont Blanc qui retrace l’histoire des pionniers de l’alpinisme, elle constate que le monde féminin y est très peu (voire pas) représenté. Un équilibre qu’elle veut changer. Oui, un équilibre fragile où les femmes, comme elle le dit si bien, ont encore du mal à tirer leur épingle du jeu dans un sport assez masculinisé. Comportements sexistes observés en forêt ou encore tension ou drague en salle… Ici, pas de cela ! On vient d’abord pour grimper sans risque de sexualisation du corps parce qu’on grimpe en brassière par temps chaud ou de jeu de muscles pour accéder à un bloc. On vient pour se faire plaisir avant tout dans un cadre bienveillant. Girls in Bleau : une invitation à la grimpe en autonomie Prenez un groupe de femmes sympas, de la bonne humeur à foison, une belle cargaison de crashpads et de la motivation à revendre. Voilà à quoi ressemble une sortie GIB ! Caroline organise chaque mois une journée de grimpe dans des secteurs de la forêt accessibles en train et surtout accessibles à tous les niveaux. Novices, débutantes ou confirmées sont les bienvenues pour donner le meilleure d’elles-mêmes sur la roche. L’idée ? Grimper en extérieur, se ressourcer, se dépenser entre filles. S’immerger dans le monde du grés, sans jugement, avec pour objectif l’autonomie. On s’échange des conseils qui aident à une progression rapide et on y partage de belles valeurs. Les encouragements fusent et s’accompagnent de parades solides et de rires. De quoi faire envie à plus d’une. Ou plus d’un…? 💬 Caroline Sinno 📷 Xavier Raynal 🗞 GrimpActu!

  • Simon Favrot : L'art du shaping de prises d'escalade

    L'histoire de chaque passionné commence par une étincelle. Pour Simon Favrot, cette étincelle a allumé un feu qui a embrasé son amour pour le shape des prises d'escalade. Dès le début, ce n'était pas seulement une question de créer des prises, mais de sculpter des expériences d'escalade uniques. Dans une interview, Simon partage son voyage depuis les premières formes brutes jusqu'à l'évolution de son art, transformant des blocs de mousse en objets de désir pour les grimpeurs. Qu'est-ce qui t'a inspiré à devenir un shaper de prises d'escalade ?   "J’ai toujours été attiré par les arts graphiques et la sculpture. Je pratiquais un peu la sculpture sur bois et métal. J’ai trouvé de la mousse en PU spéciale pour le shape quand je travaillais chez @EPclimbing. J’ai commencé à shaper pour m’amuser. Mes premiers shapes étaient plus des sculptures que des prises d’escalades… Je me concentrais essentiellement sur la forme plus que sur la préhension. Peu a peu j’ai appris et j’ai finis par réussir à adapter la forme à la préhension et non l’inverse. J’ai pris gout à travailler cette matière, c’est devenu une passion, je suis devenu shaper." Le processus créatif : Entre inspiration et réalisation Le processus créatif de Simon est un mélange d'inspiration et d'expérimentation. Cela commence par une étincelle, une image dans son esprit qu'il capture à travers des croquis rudimentaires. Ces croquis, bien que simples, sont des témoins précieux de ses idées, préservant l'essence de chaque concept. Il laisse ensuite libre cours à son imagination tout en façonnant la mousse, explorant de nouvelles voies et découvrant des formes qui émergent souvent au-delà de ses premières intentions. C'est dans cette exploration que réside la magie du processus de création de Simon. Comment décrirais-tu ton processus de création de nouvelles prises ?   "Il faut déjà une idée, une inspiration, une envie. Je visualise pas mal dans ma tête. Ensuite je dessine un peu. Pas des dessins de qualités, juste des croquis qui expriment aux mieux et au plus simple mon idée ou mon concept. Le dessin me sert beaucoup à ne pas oublier. On peut avoir une super idée et si on ne la shape pas tout de suite on l’oublie rapidement. Le dessin permet de garder une trace. Aussi quand je suis en manque d’inspiration, c’est pratique de pouvoir feuilleter les carnets de dessins pour retrouver des concepts intéressants. Après je commence à shaper, je fais pas mal de test, je me laisse beaucoup de liberté. Je commence souvent avec une idée précise et au fur et à mesure je laisse aussi parler l’instinct. Je trouve qu’il y a une grande part de découverte quand je shape. Finalement je suis souvent plus satisfait du résultat quand le shape évolue et se libère de mon idée de base. Après il y a pleins d’approche différente suivant si c’est moi qui propose une ligne ou si c’est une marque qui me fait une demande particulière…" Quelle est la partie la plus gratifiante de ton travail en tant que shaper ?   "C’est de pouvoir tester les produits après la production et voir des gens grimper dessus. C’est toujours dur de se rendre compte du résultat final d’une prise par rapport à son prototype en mousse. La mousse reste fragile, on ne peut pas tirer dessus ou se pendre après. C’est toujours un moment existant de pouvoir tester en vrai et de voir la réaction des ouvreurs et des grimpeurs." Quels sont les matériaux que tu préfères utiliser lors de la création de prises ? "Je ne travaille qu’avec de la mousse PU. J’ai déjà utilisé le bois mais je n’ai pas le temps de développer mon travail sur ce médium. Le matériau pour réaliser mon dual-texture, ça c’est un secret !" Peux-tu nous décrire une journée dans ta vie en tant que shaper de prises ?   "Pas se lever trop tôt, une pinte de café et un kiwi, la JBL basses à fond, le téléphone en mode avion, le masque bien ajusté, et GO jusque tard le soir." L'Inspiration sans frontières : Entre art et nature L'univers de Simon est vaste. Il puise son inspiration dans les recoins les plus inattendus, que ce soit les détails d'une peinture dans un musée, les angles des bâtiments urbains ou les formes organiques de la nature. Chaque expérience, chaque émotion est une source potentielle d'inspiration, alimentant son processus de création. De plus, le dialogue constant avec d'autres passionnés, qu'ils soient grimpeurs, ouvreurs ou shapers, enrichit continuellement son approche et élargit ses horizons créatifs. Quelles sont tes principales sources d'inspiration lors de la conception de nouvelles prises ?   "J’essai de m’inspirer des choses qui me plaisent, des choses que j’ai étudié, des endroits que j’ai visité, des émotions que j’ai ressenties. Si je vais au musée ça peut être une forme dans une peinture, une sculpture. En ville les angles des bâtiments sont souvent travaillés et dévoilent parfois des préhensions intéressantes. Dans les églises il y a pleins de formes super détaillés très inspirantes. Après il y a aussi bien sûr la nature. On est souvent inspiré par le rocher et les préhensions sur lesquels on grimpe. Et puis les prises existantes. Je regarde beaucoup les coupes du monde pour voir un maximum de nouvelles prises et comprendre comment elles sont utilisées par les ouvreurs. Les échanges avec les amis grimpeurs, ouvreurs ou autres shapers sont aussi super important. Le mix de tout ces éléments me guide pour trouver de nouvelles lignes." Le défi de l'innovation : Entre tradition et expérimentation Innovation et réinvention sont les mots d'ordre pour Simon. En tant que shaper, il doit constamment repousser les limites, explorer de nouveaux territoires et défier les conventions. C'est un défi exaltant et exigeant, mais c'est aussi là que réside la clé de son évolution constante. Chaque jour est une opportunité de découvrir quelque chose de nouveau, d'expérimenter avec des formes, des textures et des matériaux, et de trouver des moyens de surprendre et de ravir les grimpeurs. Quels défis rencontres tu lors de la conception de prises d'escalade ?   "Le principal défi est de se réinventer. Ne pas rester dans ses habitudes. Tant dans la manière de travailler que dans ses outils ou sa gestuelle. Une technique qui va bien, c’est bien, mais comment savoir si il n’y a pas mieux sans expérimenter de nouvelles choses. Ça prend du temps mais c’est essentiel pour se renouveler et progresser." Quel impact penses-tu que les prises d'escalade peuvent avoir sur l'expérience globale des grimpeurs ? "J’espère qu’elles les inspirent, qu’elles leur donnent envie, qu’elles leur procurent des sensations, des émotions bonnes ou mauvaises. Le tout pour leur donner envie de continuer à grimper, de s’exprimer, de s’amuser, de s’améliorer et de se renouveler." L'Avenir : entre tradition et durabilité L'avenir de l'industrie des prises d'escalade est prometteur mais aussi chargé de défis. Simon voit une évolution vers des matériaux plus respectueux de l'environnement, une tendance vers des solutions durables tout en continuant à explorer de nouveaux horizons créatifs. Il espère également que l'industrie continuera à inspirer les grimpeurs, à les pousser à repousser leurs limites et à vivre des expériences mémorables sur les parois. Y a-t-il des tendances émergentes dans le design des prises d'escalade dont tu es particulièrement enthousiaste ?   Chaque année dans les Salons ou sur les coupes du monde il y a pleins de nouveauté, formes matières, textures, matériaux, on a l’impression que c’est inépuisable. Les dernières innovations qui m’ont marqué sont la nouvelle matière de prise recyclable de @Ghold qu’on a pu tester avec la gamme « Mini Mercy » de @artlineholds et les prises transparentes @flatholds dévoilées pour la première fois lors de la coupe du monde de Bern 2023. Comment vois-tu l'avenir de l'industrie des prises d'escalade ?   "Il est au beau fixe et même en pleine croissance. Je pense ça va durer un moment mais peut être pas indéterminément. Le coté environnemental devrait nous rattraper. Pour le moment la majorité des marques suivent les mêmes tendances. Prises PU, toujours plus gros, toujours plus grand. Il y a une réflexion à avoir la dessus mais en même temps ça accompagne les nouveaux styles d’escalades et le coté visuels qui est aujourd’hui très important. Il y a enfin des alternatives concrètes et intéressantes sur les matériaux, Prises bois, Prises recyclables, Retexturassions de prises."  Quels conseils donnerais-tu à ceux qui aspirent à devenir des shapers de prises d'escalade ?   "Je leur conseil de s’acheter un bon couteau à pain bien aiguisé, un bon masque et d’avoir un local qui n’a pas peur de la poussière pour commencer. La mousse c’est dur à trouver mais en cherchant bien on peut y arriver. Si ils sont motivés il n’y a aucune raison de ne pas y arriver. Personnellement j’y ai passé beaucoup de temps pour commencer, des jours et des nuits entières, dans des conditions pas toujours faciles ( dehors en hiver sur un balcon ou dans un atelier sans fenêtre…) mais l’envie ne m’a jamais lâché et le plaisir est toujours là." 💬 : Simon Favrot : www.simonshaperarchitecte.fr 📷 : Cam Savary / Clarisse Delauriston 🗞 : GrimpActu.

  • Marine Thevenet et "Juneru" : Au cœur de l’exigence d’un 8C mythique

    Marine Thevenet a marqué un tournant majeur dans sa carrière de grimpeuse en enchaînant son premier 8C bloc, « Juneru ». Après un an de travail acharné, d’entraînements ciblés et d’introspection, elle rejoint le cercle très restreint des femmes ayant atteint ce niveau d'excellence dans le monde de l’escalade. Mais au-delà des chiffres et des cotations, Marine incarne un modèle de persévérance, d’engagement et d’amour inconditionnel pour la grimpe. GrimpActu a eu la chance de discuter avec elle pour comprendre ce que représente cette réalisation et comment elle aborde l'escalade avec une philosophie bien à elle. La consécration d’un projet Pour Marine, atteindre le sommet de « Juneru » a été une expérience surréaliste, mais profondément gratifiante. « J'ai grimpé la fin en mode automatique » , confie-t-elle, encore Pourtant, c'est seulement lorsqu'elle s’est retrouvée debout au sommet qu’elle a pu savourer l’ampleur de son succès : « Beaucoup de joie, un peu d’irréel... et surtout, beaucoup de fierté. Quand on s'investit autant dans un projet qui nous tient à cœur, c'est une véritable consécration. » Cet accomplissement n’est pas qu’une simple victoire technique, mais le fruit d’une année de travail minutieux. L'échec de sa première tentative l’an dernier a servi de boussole pour ajuster son entraînement. Marine savait exactement sur quels points travailler : « J'avais du mal à rester statique longtemps entre les mouvements, alors j'ai renforcé cet aspect avec des exercices de blocages et des séries sur des blocs où il fallait tenir trois secondes. » Et même face à des blessures récurrentes aux doigts, Marine a trouvé la force de se relever, grâce à un entourage bienveillant et des méthodes adaptées. "Juneru" : un 8C aux mouvements précis "Juneru" est un bloc redoutable, exigeant à la fois sur le plan technique et physique, notamment pour les doigts. Marine nous parle des difficultés qu’elle a rencontrées : « Le mouvement clé, c’est de serrer une petite réglette plate avec la main droite, poser un talon et une contrepointe pour atteindre une prise verticale avec la main gauche. Ensuite, il faut réussir à ‘libérer’ les jambes pour envoyer sur une arquée correcte. » Mais pour Marine, un autre obstacle inattendu s'est présenté dès le premier mouvement, pourtant jugé "simple" par d’autres grimpeurs. En raison de sa taille, elle a dû adopter une approche plus dynamique : « Normalement, ce premier mouvement n'est pas très dur, mais comme je suis petite, je devais dynamiser pour attraper une réglette fuyante avec la main droite. » "Juneru" ne pardonne rien, chaque position compte, chaque mouvement est millimétré. Mais pour Marine, c’est cette recherche d’équilibre et de précision qui a rendu l’expérience encore plus enrichissante. Une évolution inspirante dans le monde de l'escalade féminine L'ascension de Marine n’est pas seulement personnelle, elle fait écho à un mouvement plus large dans l’escalade féminine. Cette année, elle s’est sentie particulièrement inspirée par les autres grimpeuses : «  Cette année, en particulier, j'ai été très admirative et très inspirée par les autres grimpeuses. Je ne suis pas particulièrement inspirée par les cotations, mais plutot par ce que les filles mettent en place pour arriver au niveau ou elles veulent être. J'ai grimpé avec beaucoup de filles qui vont grimper seules, qui s'entrainent pour un projet spécifique, qui assument leurs envies de réaliser des blocs durs et qui prennent le risque de ne pas y arriver. Je ne sais pas si c'est que je ne le voyais pas avant, ou si c'est un phénomène qui émerge, mais j'aime beaucoup ce que la grimpe outdoor féminine propose ces dernières années ! » Elle cite ces femmes qui grimpent seules, qui s'entraînent avec acharnement, et qui, malgré les doutes et les risques d’échec, se lancent dans des projets ambitieux. Marine ne perçoit pas de véritables barrières empêchant les femmes d’accéder aux plus hauts niveaux : « J'avais très peur d'aller grimper seule avant l'année dernière, c'est quelque chose que je n'avais jamais fait. Du coup, ça me limitait car j'étais toujours dépendante des autres. Alors je suis allée chercher de l'aide, auprès d'autres filles qui y arrivaient, en me disant que la plupart des grimpeurs mecs que je connais le font, j'ai mis des choses en place, et aujourd'hui, si un bloc me plait, je ne me pose pas trop de questions, j'y vais. Seule ou avec des amis, s'ils sont aussi motivé(e)s. Je pense que ce ne sont pas des barrières purement féminines ; c'est plutot une approche de la grimpe. Aujourd'hui, j'ai le sentiment que les filles assument plus d'avoir des projets et d'être motivées à 100%. La performance n'est pas réservée aux mecs. Et quand on est motivée, on fait tomber toutes les barrières." L’échec comme moteur de progression L’échec est omniprésent en escalade, et Marine en parle avec une honnêteté désarmante. « Quand on part d’un trip sans avoir réussi son projet, ça brise le cœur ! » Mais loin de se laisser abattre, elle utilise ces moments de déception comme des leviers pour progresser. Chaque échec est une leçon, un tremplin pour de futurs succès. « L’échec, c’est 99 % du temps en escalade, si on considère l’échec comme le fait de ne pas sortir un bloc. Mais chaque progrès, chaque mouvement réussi, est une victoire en soi. En parallèle de projets, je pense que c'est important de "grimper", que ça soit dans d'autres blocs, faciles ou non. De ne pas se focaliser uniquement sur un projet, mais de faire des blocs d'échauff, pour se raccorcher aux mouvements et à la grimpe » Cette vision positive et nuancée de l'échec est une philosophie qui s’applique bien au-delà de l'escalade. Dans la vie professionnelle et personnelle de Marine, cet état d’esprit lui a permis de trouver un équilibre, de savoir s’adapter, et de toujours garder le cap malgré les obstacles. Conciliation entre passion et vie personnelle : le chemin vers l'équilibre L'escalade de haut niveau exige un investissement total, et il n'est pas toujours simple de trouver un équilibre avec les impératifs de la vie professionnelle et personnelle. Marine Thévenet, qui a elle-même navigué entre ces différents aspects, partage une vision pragmatique et réfléchie sur le sujet : « C'est avant tout une question de choix et de priorités. J'ai toujours voulu garder l'escalade au cœur de ma vie, tout en ayant une carrière dans laquelle je m’épanouis. J'aime progresser dans différents domaines. » Mais cet équilibre n'est pas toujours facile à maintenir. Elle se souvient de périodes où sa vie professionnelle prenait le pas, avec des conséquences sur sa pratique : « Il y a des moments où j'ai beaucoup travaillé, et ça a affecté ma grimpe. J'étais souvent fatiguée, sujette aux blessures, et parfois en manque de motivation. » Voir ses amis partir pour de longs trips d'escalade, alors qu'elle était contrainte de les rejoindre plus tard, n'a pas toujours été facile. Mais pour elle, ces sacrifices n'ont pas été vains. « Ces périodes m'ont permis de construire la liberté dont je dispose aujourd'hui. Elles m'ont aidée à trouver un équilibre qui me convient. » Quand il s'agit de conseils pour les jeunes grimpeurs et grimpeuses, Marine insiste sur l'importance de savoir écouter son corps et de s’adapter aux circonstances. « Il faut être capable de se remettre en question, surtout quand on enchaîne les blessures ou qu'on se sent épuisé. Dans ces moments-là, il faut accepter de grimper moins, mais plus intelligemment. » À l’inverse, quand la frustration s’installe dans la pratique, elle recommande de trouver des sources de fierté en dehors de l’escalade : « Ça aide vraiment à garder la motivation. » Une passion sans compromis L'escalade de haut niveau implique souvent une pression énorme pour repousser ses limites, mais Marine conserve une relation pure et passionnée avec ce sport. « Quand je suis bloquée dans un mouvement et que j’ai envie de le réussir, je ne pense plus à la performance. La motivation prend le dessus. » C’est cette passion intacte, ce plaisir de grimper, qui continue de la guider dans son parcours. Elle s’est également détachée des pressions liées aux cotations, notamment en raison de sa taille : « Les cotations ne veulent rien dire. Si un mouvement est morpho, ça peut rendre le bloc inaccessible pour moi. Ça m’a permis de relativiser et d’enlever beaucoup de pression. » Une leçon précieuse pour tous ceux qui cherchent à atteindre des sommets : la performance ne se mesure pas qu'en chiffres, elle est aussi une question de plaisir et de motivation. 💬 : Marine Thevenet 📷 : Joseph Hallepee 📝 : GrimpActu.

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GrimpActu est le média dédié à l’univers de l’escalade sous toutes ses facettes. Plus qu’un simple relais d’actualités de performance, il propose des articles pour progresser,  s’inspirer d’histoires marquantes et explorer les dernières innovations en matière de matériel. GrimpActu, c’est aussi des conseils bien-être et santé pour grimper durablement et sans blessure. Un média fait par et pour les passionné·es, au service d’une communauté qui partage le goût de la verticalité et de l’aventure.

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