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  • Sponsoring en escalade : la communauté mondiale dit stop aux énergies fossiles

    L’escalade, symbole de liberté et de nature, pourrait-elle bientôt devenir le terrain de jeu des majors pétrolières ? Les Championnats du monde d’escalade de Séoul ont marqué un tournant, et pas seulement pour les performances sur le mur. En marge des compétitions, un débat brûlant a animé la communauté : faut-il bannir les sponsors issus des énergies fossiles et des industries à forte intensité carbone ? La question n’est pas anodine. Alors que l’escalade connaît une croissance fulgurante depuis son entrée aux Jeux olympiques en 2020, elle attire de plus en plus l’attention d’entreprises prêtes à investir massivement dans le sport. Mais ces investissements viennent parfois d’acteurs économiques dont les pratiques vont à l’encontre des valeurs de la grimpe : respect de l’environnement, lien profond avec la nature, quête de durabilité. C’est dans ce contexte qu’a émergé la Déclaration sans énergie fossile , une initiative portée par le Cool Down Network , signée par de nombreux athlètes, entraîneurs, organisations et collectifs influents. Leur objectif est clair : couper le lien entre l’escalade et les industries polluantes, avant qu’il ne soit trop tard. Le sportswashing , une menace pour l’esprit de l’escalade Le terme sportswashing  est désormais bien connu. Il désigne la stratégie d’entreprises ou d’États cherchant à redorer leur image grâce au sport, tout en continuant à alimenter la crise climatique ou à bafouer les droits humains. Le football, la Formule 1 ou encore le cyclisme ont déjà largement ouvert la porte à ces partenariats controversés. Jusqu’à présent, l’escalade avait échappé à ce phénomène. Mais la discipline attire désormais l’œil : son image dynamique, jeune et proche de la nature constitue un support idéal pour des entreprises cherchant à “verdir” leur communication. La polémique autour du partenariat entre l’IFSC et l’Arabie saoudite pour les NEOM Masters  en est l’exemple le plus frappant. Derrière l’apparence d’un événement prestigieux, de nombreux grimpeurs ont vu dans cet accord une tentative flagrante de sportswashing  par un État pétrolier dont le modèle économique repose encore massivement sur les énergies fossiles. ➡️ Pour lire notre article sur Neom, rendez-vous ici : NEOM Beach Games 2024 : Pourquoi la communauté d’escalade dit non, encore une fois Une lettre ouverte, un signal fort Face à ces dérives potentielles, un collectif de grimpeurs de renom a décidé de prendre la plume. Dans une lettre ouverte publiée en septembre, ils appellent la Fédération internationale d’escalade sportive (IFSC), les fédérations nationales et la communauté élargie de la grimpe à prendre position. Leur message est limpide : refuser tout sponsoring provenant d’industries à forte intensité carbone , qu’il s’agisse des compagnies pétrolières, des constructeurs automobiles basés sur le moteur thermique ou encore des compagnies aériennes. Parmi les signataires, on retrouve des athlètes de haut niveau comme Sébastien Berthe, Katherine Choong, Sean Villanueva O’Driscoll, Emma Twyford, Liv Sansoz, Caro Ciavaldini ou encore Arnaud Petit , mais aussi des collectifs tels que Lattice Training, Ecopoint Climbing  ou la Fondation Kilian Jornet . Leur engagement dépasse les frontières : la Déclaration a vocation à rassembler grimpeurs professionnels, amateurs, entraîneurs et passionnés autour d’une cause commune. Quand la crise climatique menace directement la pratique Ce combat n’est pas qu’une affaire d’éthique ou de cohérence. Il s’agit aussi de l’avenir même de l’escalade. Le dérèglement climatique transforme déjà nos terrains de jeu. Les glaciers reculent , rendant certains itinéraires impraticables. Les chutes de pierres se multiplient  dans les parois alpines, conséquence du dégel du permafrost. Les conditions météo extrêmes  perturbent les saisons d’escalade et augmentent les risques. Autrement dit : les mêmes industries qui menacent la stabilité de notre planète mettent en péril les falaises, montagnes et environnements où nous grimpons. Comme le souligne la Déclaration : “L’escalade fait face à une menace existentielle venant des forces mêmes qui cherchent à tirer profit de sa destruction.” Un moment charnière pour la communauté La croissance rapide du sport ouvre un choix historique. Suivre la voie de nombreux sports majeurs , en s’ouvrant aux financements massifs mais risqués de sponsors polluants. Ou tracer une route inédite , fidèle à l’esprit de l’escalade, en affirmant haut et fort que la passion de grimper ne peut pas être déconnectée de la préservation de la nature. De nombreuses villes européennes montrent déjà l’exemple : Göteborg, Édimbourg, Sheffield ou Stockholm ont interdit la publicité pour les énergies fossiles et les compagnies aériennes. Plus qu’un appel, une responsabilité Les signataires de la Déclaration ne se contentent pas de dénoncer. Ils s’engagent aussi à titre individuel : refuser tout partenariat avec des entreprises fossiles ou des secteurs à forte intensité carbone, et soutenir les grimpeurs qui choisissent d’utiliser leur voix pour défendre le climat. Cet engagement, parfois au détriment d’opportunités financières, reflète une conviction partagée : la crédibilité et l’avenir du sport valent plus qu’un sponsor à court terme . Et nous, grimpeurs “du quotidien” ? L’appel lancé par ces athlètes ne vise pas seulement les instances internationales. Il s’adresse aussi à chacun d’entre nous. En tant que pratiquants, nous pouvons choisir de soutenir les marques qui s’engagent réellement dans la transition écologique. En tant que spectateurs et passionnés, nous pouvons relayer ces initiatives, signer la Déclaration et participer à ce mouvement. En tant que communauté, nous pouvons exiger que les compétitions, salles et événements locaux soient alignés avec les valeurs de respect et de durabilité qui sont au cœur de l’escalade. L’avenir entre nos mains L’escalade a toujours été plus qu’un sport. Elle incarne une manière unique de se connecter au monde naturel, de se dépasser et de créer du lien. Mais cet héritage est fragile. Si nous laissons les logiques court-termistes guider son développement, nous risquons de perdre ce qui fait son essence. À l’inverse, si la communauté choisit la cohérence et l’engagement, elle peut devenir un modèle. Un sport qui démontre qu’il est possible de grandir sans sacrifier ses valeurs. Un sport qui met en avant la protection des falaises, des montagnes et des générations futures. Le choix est là, devant nous. La prise est solide, mais elle exige de la détermination .À nous de jouer. ➡️ Si tu veux faire entendre ta voix et signer la pétition, c’est par ici : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSd0u5APoBWciu_1XgnFZj0FU1R-_LnQCwUybZbeCNGnxyRpdg/viewform ✍️ : Théo de GrimpActu

  • Jules Marchaland, entre falaises et blocs extrêmes : interview exclusive

    Il est le grimpeur fort de cet été. Celui qu’on savait redoutable en falaise nous a prouvé qu’il pouvait aussi s’autoriser des flashs dans des blocs extrêmes, avec une aisance presque déconcertante. Il a accepté de répondre à nos questions pour une interview exclusive, où il partage son vécu, ses émotions et sa vision de l’escalade. De Power of Now Direct  (8C) flash à une moisson impressionnante de blocs mythiques à Magic Wood, et de voies toutes aussi difficiles qu’impressionnantes, Jules Marchaland a marqué les esprits par son efficacité et son enthousiasme contagieux. Avec une énergie débordante, une approche directe et une passion brute pour le caillou, il incarne parfaitement cette nouvelle génération de grimpeurs capables d’exceller partout. Dans cette interview, il revient sans filtre sur ses réussites, ses doutes, sa vision de l’escalade et ses rêves pour l’avenir. Salut Jules, comment ça va en ce moment ? «Écoute, ça va très bien ! Je suis super content de ne pas avoir de compétitions et de pouvoir grimper dehors comme je veux, c’est génial. Mon trip à Flatanger a été un peu mitigé parce que j’ai été malade et j’ai eu des soucis de dos et de jambes… donc pas top. Mais à part ça, tout va bien dans ma vie, je suis heureux et j’adore pouvoir faire ce que j’aime. » On avait échangé lors de ta performance à Claret avec Le Bruit de l’Acid’  (9b), puis pendant ton défi sur la Kilter Board avec les 100 blocs en 8A. Est-ce que tu sens que tu as progressé depuis cette période ? «Je ne sais pas si j’ai vraiment progressé, mais j’ai eu l’occasion de travailler sur des projets qui me correspondaient bien, et la chance m’a plutôt souri. Donc je ne sais pas si je suis plus fort qu’avant, mais en tout cas j’ai eu plus d’opportunités de faire des choses que je ne pouvais pas faire quand j’étais à fond dans les compètes et l’entraînement. » ➡️ Découvrez l’article de Jules dans Le Bruit de l’Acid'  juste ici : Article Cet été a été incroyable pour toi, notamment avec le flash de Power of Now Direct  (8C). Comment as-tu vécu ce moment ? «C’était génial ! J’ai vraiment adoré faire du bloc, c’était une nouvelle pratique pour moi, et je me suis régalé. En plus, réussir une perf comme ça, c’était la cerise sur le gâteau. J’étais ultra heureux et excité avant d’y aller, et tout s’est passé comme dans un rêve. Un pur bonheur. » Tu as aussi enchaîné d’autres grosses perfs à Magic Wood, avec plusieurs blocs en 8C et 8B+. Peux-tu nous raconter ? «En Suisse, j’ai fait plusieurs 8C et 8B+, c’était super. Souvent, je n’étais pas loin de réussir des flashs en 8B+, mais à chaque fois il me manquait un petit détail. Je suis quelqu’un de très impatient, et je l’accepte, mais du coup je n’arrivais pas toujours à rester assez concentré pour que le flash soit parfait. Ça m’a fait grandir, j’apprends de mes erreurs.Mais globalement, c’était incroyable : j’ai pu enchaîner plein de blocs classiques que j’avais vus des centaines de fois en vidéo. J’étais ultra excité d’y aller, et tout s’est bien passé. J’ai la force de doigts nécessaire pour les faire assez vite, et c’est hyper plaisant quand ça se déroule comme ça. Je ne vais pas détailler chaque bloc, mais dans l’ensemble, ça s’est toujours super bien passé. J’ai adoré le processus d’apprentissage et de découverte. Les séquences de bloc sont souvent plus dures et spécifiques que dans les voies, et c’est génial à explorer. » ➡️ Découvrez l’article de Jules dans Power of Now Direct : Article Lors de notre dernier échange, tu nous avais parlé de ton projet Rastaman Vibrations . Yannick Flohé vient de la réussir. Où en es-tu ? «J’ai beaucoup essayé Rastaman , une quinzaine de séances, ce qui est long pour moi car j’aime enchaîner vite. Au final, j’avais l’impression d’être “parfait” dedans, mais il me manquait ce petit surplus de rési, et je n’arrivais plus à progresser.J’étais à deux mouvements de l’enchaînement, mais ces deux moves représentaient une énorme différence. J’ai donc décidé de changer de projet pour ne pas me frustrer, et de me faire plaisir ailleurs. Je ne regrette pas, je reviendrai plus tard avec plus de rési. » Ton approche est très directe et rapide dans tes projets. Est-ce une force ou un défi à gérer ? «Je pense que ça vient d’une sorte de frustration liée à la compétition. Quand tu t’entraînes pour ça, tu ne peux pas trop forcer en falaise, car ce n’est pas spécifique, ça fatigue et ça use. J’ai l’impression de rattraper le temps perdu maintenant.Mon style d’escalade me permet d’être assez vite proche de mon max, et j’essaie d’en profiter pour enchaîner pas mal de voies rapidement. Ça me fait plaisir. Et petit à petit, je construis une maturité autour du caillou qui me permettra peut-être de me lancer dans des projets plus longs, ce que j’espère si je veux viser très dur. » Ta saison de compétition a été contrastée. Est-ce que ça t’a donné envie de te recentrer sur le rocher ? «Oui, clairement. En ce moment, j’ai les yeux rivés uniquement sur la falaise. La compète, c’est bien quand ça marche, mais moi ce qui me plaît, c’est de faire mieux que ce que j’ai déjà fait. Et là, j’ai vu que je n’étais pas au niveau pour atteindre les finales : mes problèmes de rési rendent ça très compliqué. Actuellement, je suis beaucoup plus fait pour la falaise, et surtout plus heureux là-bas. » Qu’est-ce qui te procure le plus de plaisir aujourd’hui : l’adrénaline des compétitions ou la liberté sur le caillou ? «Sans hésiter : le caillou, un million de fois plus. Que ce soit en falaise, en flash ou en bloc, je suis clairement plus épanoui. La compétition procure des émotions incroyables quand ça marche, mais pour moi c’est très dur de mettre en place des choses pour que cela marche. Cette année, ça n’a pas été le cas. Donc oui, caillou à fond, sans aucun doute. » Tu te définis avant tout comme un falaisiste, mais cet été tu as explosé en bloc. Ton identité de grimpeur évolue-t-elle ? «Je me définis comme falaisiste parce qu’à Nice, on a surtout grandi sur la falaise. Mais je ne me suis jamais enfermé là-dedans. Avant, je faisais beaucoup de falaise pour garder de la rési en vue des compètes de diff, donc je me privais un peu du bloc. Mon identité de grimpeur évolue sûrement. Mais j’adore toujours la falaise. En fait, j’ai juste envie d’être un grimpeur complet : parfois j’aurai des périodes falaise, parfois bloc. Cet été, j’ai fait un mois complet de bloc, cet hiver je pars deux mois en trip bloc, et là je refais de la falaise. Ce qui compte pour moi, c’est de suivre la motivation du moment. » Tout grimpeur atteint parfois un palier. Comment fais-tu pour le dépasser ? «En voie, ça m’arrive souvent. J’arrive assez vite à ce que je crois être mon maximum, et j’ai l’impression de stagner. C’est dur, car après 4-5 jours je suis “parfait” dans la voie, mais ça ne passe pas. C’est frustrant de refaire les mêmes essais sans progrès. Alors plutôt que de forcer à dépasser ce palier, je préfère aller découvrir d’autres projets. Ça m’apporte du plaisir, et je considère que c’est une autre manière d’avancer. » Qu’est-ce qui guide ton escalade : le plaisir, la performance, le dépassement de soi? «J’adore découvrir de nouveaux mouvements, toucher de nouvelles prises, varier. Le dépassement de soi est génial : réussir quelque chose qui te paraissait impossible au début, c’est magique. Mais j’adore aussi l’efficacité, et c’est pour ça que le flash m’attire beaucoup. Grimper quelque chose proche de ton max très rapidement, c’est hyper excitant.En réalité, j’aime tout dans l’escalade : la variété, le dépassement de soi, la créativité des mouvements. C’est juste ce que je préfère au monde. » Dans 5 à 10 ans, comment vois-tu l’évolution de l’escalade en extérieur et ton rôle dedans ? «Tout dépend si les meilleurs compétiteurs du monde s’investissent vraiment à 100 % dans la falaise. Si oui, on pourrait voir des progrès énormes. Sinon, je pense que l’escalade va un peu stagner un temps, avant de voir apparaître des performances hallucinantes. Mais je ne pense pas qu’on verra du 9C+ ou un 9B flash tout de suite. Quant à moi, pour l’instant j’ai encore des preuves à faire si je veux espérer vivre de ma passion. Selon comment ça évoluera, j’aimerais contribuer au sport par mes performances, mes nouveautés, ou autre. Mais avant tout, je fais ça pour moi, parce que j’aime ça, et ça me va très bien comme ça. » ✍️ : Théo de GrimpActu  💬: Jules Marchaland

  • Cairn, le nouveau jeu vidéo immersif dédié à l’escalade

    Et si un jeu vidéo vous faisait vraiment ressentir ce que c’est que grimper ? Avec Cairn , The Game Bakers (les créateurs de Furi  et Haven ) s’attaquent à un genre inédit : l’« escalade de survie ». Disponible le 5 novembre 2025 sur PC et PS5 , le titre vous place dans la peau d’Aava, une grimpeuse prête à tout pour atteindre un sommet encore vierge de toute ascension. Pas de raccourcis ni d’assistances : chaque prise, chaque respiration, chaque bivouac compte. Un sommet encore jamais conquis Dans Cairn , vous incarnez Aava, dont la mission est simple sur le papier : gravir le mont Kami, un sommet que personne n’a jamais atteint. Mais cette ascension est loin d’être automatique. Comme dans l'escalade, chaque mouvement doit être réfléchi : positionner ses mains et ses pieds, équilibrer le corps, anticiper la fatigue. Ici, chaque paroi se transforme en un véritable boss fight , où une erreur peut vous faire chuter et vous rappeler à quel point la montagne est exigeante. De la salle d’échauffement à l’inconnu La démo disponible sur Steam commence dans une salle d’escalade , pour apprendre les bases et s’échauffer. Mais rapidement, vous serez confronté à la vraie verticalité sur le mont Tenzen, où le terrain change, les ressources sont limitées et la moindre erreur se paie cash. Ce passage progressif prépare le joueur à l’ascension du mont Kami, où la liberté de mouvement et la planification sont cruciales. Escalader, survivre, respirer Survie  est un mot clé dans Cairn. Grimpez trop vite, et vous serez fatigué ; négligez votre nourriture ou votre hydratation, et la montagne vous mettra à l’épreuve. Il faut gérer vos pitons, votre corde, votre nourriture, l’eau et même la température corporelle. Quand la fatigue devient trop grande, bivouaquer  est indispensable : trouver un replat sûr, monter la tente, cuisiner et préparer le prochain jour. Chaque décision devient stratégique, et la réussite d’une ascension tient autant à votre planification qu’à votre technique. Une direction artistique qui respire la montagne L’univers visuel de Cairn  est signé Mathieu Bablet , auteur de Shangri-La  et Carbone & Silicium . Les montagnes ne sont pas de simples décors : elles ont une présence, un poids et racontent une histoire. Les ciels oscillent entre sérénité et menace, et chaque paroi semble vivante. Avec cette esthétique unique, grimper dans Cairn  devient autant un voyage émotionnel qu’une performance physique. Une immersion sonore totale Pour compléter l’expérience, la bande-son a été confiée à Martin Stig Andersen  ( Inside , Control ) et Lukas Julian Lentz  ( Cocoon ). Les sons de la montagne, les craquements de roche, le vent et le silence sont autant de repères pour le joueur, renforçant la tension et l’immersion. Chaque ascension se transforme en un ballet où l’oreille guide autant que les yeux et les mains. Un jeu qui parle aux passionnés The Game Bakers  n’ont pas cherché à plaire à tout le monde. Cairn  s’adresse aux passionnés d’escalade, aux joueurs qui aiment relever des défis exigeants, où la patience et la réflexion comptent autant que l’agilité. Chaque sommet atteint procure une satisfaction rare, exactement comme dans la vraie vie. En attendant le sommet Le 5 novembre 2025, les joueurs pourront se mesurer au mont Kami sur PC et PS5 . Avec sa démo déjà disponible , Cairn  promet une expérience où grimper devient un art, un combat et une histoire à vivre pleinement. Entre simulation réaliste et survie immersive, ce jeu vidéo pourrait bien redéfinir la manière dont l’escalade est représentée à l’écran. ✍️: Théo de GrimpActu

  • Rebolt Kalymnos : sécuriser et préserver les falaises de l’île grecque

    Kalymnos. Pour les grimpeurs, ce nom résonne comme un mythe : un bout de rocher au cœur de la mer Égée, où des milliers de lignes sculptées dans le calcaire blanc attirent chaque année des passionnés du monde entier. Mais derrière cette carte postale se cache une réalité fragile : des ancrages usés, des boulons vieillissants, des sentiers qui s’érodent. Autant de menaces silencieuses qui pèsent sur la sécurité et la pérennité des falaises. C’est face à ce constat qu’est né Rebolt Kalymnos , un collectif créé par et pour les grimpeurs. L’histoire commence un soir de printemps 2024, autour d’une bière partagée entre amis. Chacun, depuis des années, entretenait la falaise “à sa manière” : remplaçait une plaquette, resserrait un relais, bricolait ici et là. Mais avec près de 5 000 voies à surveiller et l’indifférence totale des autorités locales, cette approche atteignait ses limites. « Nous savions qu’il était temps. Nous devions assurer l’avenir de Kalymnos pour les générations futures. L’idée d’un collectif a émergé presque naturellement », racontent-ils aujourd’hui. En quelques mois, malgré les méandres administratifs, l’association à but non lucratif voyait le jour. Rebolt Kalymnos était né , avec une ambition simple mais immense : rendre l’île plus sûre et préserver son patrimoine vertical pour longtemps. Klara Steinwender Une équipe cosmopolite et soudée Derrière ce projet se trouvent d’abord cinq fondateurs : un Suisse, deux Grecs – dont une Kalymnienne revenue sur son île –, et un Français. Rapidement, l’équipe s’élargit : grimpeurs venus d’Ukraine, d’Autriche, de France, du Royaume-Uni, de Norvège… Guides de haute montagne, moniteurs, équipeurs expérimentés, chacun apporte ses compétences et son expérience. Ensemble, ils cumulent des décennies de pratique et une connaissance intime des falaises. Mais la force de Rebolt Kalymnos réside aussi dans ceux qui, sans jamais avoir grimpé, croient en leur mission. Le site internet est développé par un programmeur athénien, la communication visuelle assurée par une graphiste américaine. « Tout le monde apporte quelque chose. Même des non-grimpeurs nous écrivent pour proposer leur aide », racontent-ils. Kalymnos, bien plus qu’un spot de grimpe Pour les membres du collectif, Kalymnos n’est pas seulement une destination célèbre : c’est une maison. Maria, l’une des fondatrices, est née ici. Après des années passées ailleurs, elle a choisi de revenir s’installer sur son île. Elle fait partie des rares grimpeurs locaux et mesure mieux que quiconque l’importance de l’escalade pour l’économie et la culture de l’île. Les autres membres ont eux aussi fait le choix de s’ancrer sur place. « Kalymnos a changé nos vies. Nous avons travaillé dur pour en faire notre maison. Ce n’a pas toujours été facile, mais nous sommes déterminés à la laisser dans un meilleur état. » Leur quotidien oscille entre rééquipement, rédaction de topos, formation de nouveaux grimpeurs et sensibilisation auprès de la communauté. Une immersion totale, au service de l’île et de ses falaises. Klara Steinwender Un mouvement par et pour les grimpeurs Rebolt Kalymnos fonctionne sans sponsors, sans subventions, sans aide des autorités locales. Tout repose sur les dons des grimpeurs de passage, heureux de rendre un peu à l’île ce qu’elle leur offre. La communauté joue un rôle essentiel : elle signale les problèmes rencontrés sur les falaises – relais endommagés, mousquetons usés, plaquettes manquantes. Mais ce lien a ses limites : « Nous recevons beaucoup de signalements, mais il y a deux défis : la visibilité de notre formulaire en ligne, que beaucoup ignorent encore, et la précision. Quand on nous écrit bolts manquants !, il s’agit souvent simplement de plaquettes envolées. La solution est différente, mais l’urgence reste la même. » Un travail parfois ingrat, reconnu avec humour : « Nous aimerions parfois grimper plutôt que transporter perceuses et goujons jusqu’aux falaises… mais quelqu’un doit bien le faire. » La mission : sécurité, transmission et respect du rocher La philosophie du collectif se résume en trois axes : sécuriser les falaises, protéger Kalymnos, préparer l’avenir . Concrètement, cela veut dire : remplacer les points dangereux ou obsolètes, créer un système de suivi et de responsabilité, éduquer les grimpeurs aux bonnes pratiques (utiliser son matériel pour la moulinette, resserrer une plaquette, signaler les anomalies), sensibiliser la population locale, former la prochaine génération d’équipeurs. La sécurité passe avant tout. Cela peut impliquer de rajouter un point ou de modifier légèrement une ligne pour éviter une chute au sol. Exemple marquant : le secteur Je T’Aime, mal équipé à l’origine et presque abandonné. En 2024, un rééquipement complet, plus de points et un nettoyage rigoureux l’ont rendu à nouveau incontournable. À l’inverse, des lieux emblématiques comme la Grande Grotta sont traités avec une extrême précaution. Aucune nouvelle plaquette ne vient troubler l’équilibre fragile de ses stalactites spectaculaires. Klara Steinwender Un quotidien entre imprévus et grands chantiers Il n’existe pas de “ journée type ” pour les bénévoles de Rebolt Kalymnos. Souvent, ils portent dans leur sac quelques plaquettes, mousquetons et clés pour intervenir au détour d’une voie. Mais parfois, les projets prennent une tout autre dimension. Le plus marquant fut sans doute le rééquipement complet du secteur Secret Garden, réalisé avec des points en titane scellés à la résine. Des semaines de préparation, huit heures de travail quotidien suspendus dans le vide, et une logistique millimétrée. Seuls les bénévoles les plus expérimentés, formés à la technique des scellements, ont pu y participer. Chaque mission, petite ou grande, contribue pourtant à un même objectif : garantir la sécurité collective. Les défis cachés Derrière les perceuses et les spits se cachent d’autres difficultés, parfois plus redoutables. La bureaucratie, d’abord : créer une structure légale, gérer les comptes, naviguer dans l’administration. Mais aussi la communication, les réseaux sociaux, la recherche de financements, le suivi des signalements – autant de tâches chronophages assumées sur le temps libre des bénévoles. S’ajoute le défi d’éduquer les grimpeurs : utiliser leur propre matériel pour la moulinette, resserrer une plaquette, éviter les comportements qui accélèrent l’usure. Des gestes simples, mais qui prolongent énormément la durée de vie du matériel fixe. Heureusement, Kalymnos bénéficie d’un calcaire d’excellente qualité, peu sujet à la corrosion. Et lorsque celle-ci menace – comme au Secret Garden –, l’équipe choisit les solutions les plus durables grâce au soutien financier de la communauté. Et demain ? Officiellement active depuis 2025, l’association est encore jeune. Les anecdotes croustillantes manquent, mais le collectif se réjouit d’un premier grand succès : Secret Garden. Et surtout, d’une satisfaction plus profonde. « Le plus gratifiant, c’est de savoir que nous préparons l’avenir. Que les falaises de Kalymnos continueront d’accueillir les grimpeurs, longtemps après que nous ayons rangé nos perceuses . » Un appel à la communauté Pour tous ceux qui viennent grimper à Kalymnos, Rebolt Kalymnos adresse quatre messages simples : Apportez une clé plate pour resserrer les écrous. Utilisez votre matériel personnel pour la moulinette et la descente, afin de préserver les mousquetons fixes. Restez attentifs, vérifiez les points et signalez tout problème via leur site. Faites un don, même modeste. Chaque contribution finance directement la sécurité des falaises. Parce que l’avenir de Kalymnos dépend de chacun, grimpeurs de passage comme bénévoles de l’ombre. Klara Steinwender ✍️: Théo de GrimpActu 📸: Klara Steinwender

  • CARs : La méthode qui révolutionne la mobilité des grimpeurs

    Cet article est réalisé par :  Anne-Sophie Ring, grimpeuse passionnée, professeure de yoga et coach en mobilité Introduction : La Mobilité, ce superpouvoir négligé Tu peux faire 20 tractions mais tu galères à monter haut un pied ou à te coller à la paroi en grenouille ? Tu te sens rouillé au réveil ? Tu n'es pas seul(e). La majorité des grimpeurs développent leur force sans jamais vraiment travailler leur mobilité active  - cette capacité à contrôler ses amplitudes articulaires sous tension. C'est là qu'interviennent les CARs (Controlled Articular Rotations), une méthode issue du système FRC® (Functional Range Conditioning) qui transforme littéralement la façon dont nous entretenons nos articulations. Qu'est-ce que les CARs ? L'entretien de ta mobilité Les Controlled Articular Rotations sont des mouvements rotationnels actifs effectués aux limites externes de l'amplitude articulaire. Contrairement aux étirements passifs, les CARs demandent un contrôle musculaire constant. Le Principe Fondamental Imagine dessiner le plus grand cercle possible avec ton bras (mouvement de l’articulation gléno-humérale, communément appelée l’épaule), tout en créant une tension intentionnelle - comme si tu combattais contre une résistance invisible. Cette "guerre du mouvement" envoie un message clair à ton système nerveux : "Je contrôle cette zone, je peux l'utiliser." Les CARs utilisent des mouvements de rotation actifs aux limites externes de l'amplitude de chaque articulation pour stimuler des adaptations articulaires et indiquer un contrôle neurologique des amplitudes externes, améliorant ainsi la stabilité articulaire et la conscience kinesthésique. La différence entre flexibilité et mobilité Mobilité = Souplesse + Force + Contrôle.Les CARs travaillent sur l’amplitude, l’engagement musculaire et le contrôle neurologique. Que tu sois souple ou raide, cela te sera utile pour gagner en amplitude active. Pourquoi les grimpeurs ont besoin des CARs ? 1. Santé articulaire : L'entretien quotidien Les CARs créent un mécanisme hydraulique dans l'articulation, permettant la circulation du liquide synovial qui nourrit le cartilage et élimine les inflammations. Pour des articulations constamment sollicitées comme en escalade, c'est crucial. Impact concret :  Moins de craquements, moins de raideurs matinales, récupération plus rapide entre les sessions. 2. Contrôle neurologique : La connexion cerveau-corps Les CARs stimulent directement les mécanorécepteurs dans les capsules articulaires, améliorant le feedback proprioceptif. Plus de stimulus = plus de contrôle neurologique = meilleure stabilité articulaire.  En grimpe :  Meilleur placement intuitif, équilibre amélioré, mouvements plus fluides. 3. Prévention des blessures Les blessures surviennent souvent quand une force dépasse la capacité d'une articulation, particulièrement aux extrémités de l'amplitude où nous manquons de force et de contrôle.  La réalité en grimpe :  Chaque articulation est sollicitée à chaque session - des doigts aux orteils, en passant par les épaules, hanches, colonne et chevilles. Un seul maillon faible dans cette chaîne peut compromettre ta progression ou pire, te blesser. Les CARs renforcent TOUTE la chaîne articulaire, créant un corps résilient capable d'encaisser les demandes variées de notre sport. 4. Performance : débloquer de nouvelles positions Les CARs développent progressivement l'amplitude UTILISABLE. Ce n'est pas juste pouvoir lever la jambe haut - c'est pouvoir le faire sous tension, en contrôle, exactement comme en grimpe. La science derrière les CARs Le principe "Use It or Lose It" Les études montrent une perte d'amplitude de 0.5 à 0.7 degrés par an sur les principales articulations après 30-40 ans, avec une accélération après 70 ans.Sans entretien régulier, nos amplitudes se réduisent progressivement. L'Importance de la tension La tension créée pendant les CARs n'est pas qu'un détail - c'est LE facteur clé.Sans tension contrôlée, bouger rapidement dans une amplitude peut augmenter la flexibilité temporaire mais pas la mobilité utilisable.Chaque CAR doit ressembler à une "guerre contre soi-même". @Nicolas Vaillant Comment pratiquer les CARs : Guide Pratique Les 3 Niveaux de CARs Niveau 1 : Sans intensité Parfait au réveil ou en récupération Mouvement lent et contrôlé Focus sur l'isolation et l'amplitude maximale Niveau 2 : Avec blocage des compensations Utilise un support (poteau, cadre de porte, rack) Bloque physiquement les mouvements compensatoires Aide à mieux isoler l'articulation ciblée Niveau 3 : Avec tension musculaire À considérer comme un véritable entraînement Tension progressive de 30% à 70% Développe activement force et contrôle Les 5 Règles d'Or ISOLATION  : Une seule articulation bouge à la fois TENSION  : Adapte selon ton niveau LENTEUR  : Assez lent pour explorer ton amplitude maximale CERCLE COMPLET  : Explore toute l'amplitude disponible RÉGULARITÉ  : 10 minutes quotidiennes suffisent Programme CARs pour grimpeurs Pour découvrir tous les CARs expliqués en détail avec la technique correcte, regarde ma vidéo complète sur YouTube : ➡️ Guide Complet des CARs - Démonstration et Explications Dans cette vidéo, tu trouveras : La démonstration de chaque CAR Les points techniques importants Les erreurs courantes à éviter Une routine complète à suivre Erreurs courantes à éviter Aller trop vite : Les CARs ne sont PAS des cercles de bras d'échauffement. La lenteur est essentielle pour créer l'adaptation neurologique. Compenser avec d'autres articulations : Quand ton corps manque de mobilité, il compense automatiquement ailleurs. Exemple : si ton dos bouge pendant un CAR d'épaule, tu "empruntes" de l'amplitude ailleurs. Négliger la tension : Sans tension, tu fais juste du mouvement, parfois même avec un élan passif. La tension transforme la flexibilité en mobilité. Être irrégulier : "Pense aux CARs comme au brossage de dents pour tes articulations". La régularité prime sur l'intensité. Intégration dans l'Entraînement Grimpe Quand Pratiquer les CARs ? Routine Matinale CARs niveau 1 (sans intensité) 10 min au réveil Prépare le corps pour la journée Pré-Grimpe CARs niveau 1 ou 2 5 min sur les articulations clés En complément de ton échauffement habituel Jours d'Entraînement Spécifique CARs niveau 3 (avec tension) 15-20 min Considère-le comme une séance à part entière Conclusion : investir dans la longévité Les CARs ne sont pas une mode passagère mais une approche scientifique de la santé articulaire. Pour les grimpeurs, constamment à la recherche de performance, c'est un investissement dans la longévité de notre pratique. 10 minutes par jour, c'est le prix d'une carrière de grimpe sans douleur, avec des amplitudes qui s'améliorent au lieu de se dégrader. Dans un sport où chaque degré d'amplitude compte, négliger ses articulations n'est plus une option. Commence aujourd'hui. Tes articulations de dans 10 ans te remercieront. @Nicolas Vailant À propos de l'auteure Ann’So, alias The Climbing Yogini, est enseignante de yoga RYT200H et spécialiste en mobilité certifiée FRC/Kinstretch.Elle enseigne le yoga et la mobilité spécifiquement adaptés aux grimpeurs dans plusieurs salles d'escalade et propose des programmes en ligne sur www.theclimbingyogini.com .

  • Lara Neumeier enchaîne End of Silence : une nouvelle étape vers la Trilogie alpine

    Le 26 août 2025, la grimpeuse allemande Lara Neumeier a réussi l’ascension de End of Silence (11 longueurs, 360 m, 8b+), l’une des grandes voies les plus emblématiques des Alpes, située sur le Feuerhörndl dans la région de Berchtesgaden. Ouverte par Thomas Huber en 1994, elle est vite devenue une référence de l’escalade alpine moderne. Avec cette performance, Lara signe seulement la deuxième ascension féminine de la voie, après son amie Babsi Zangerl en 2012. 📷 Ray Demski End of Silence : un monument vertical Membre de la légendaire Alpine Trilogy – aux côtés de Silbergeier et Des Kaisers neue Kleider – End of Silence incarne une escalade exigeante : 360 mètres de grimpe continue, un style technique et délicat, des sections piégeuses sur petites prises, et un crux mythique autour de la neuvième longueur. Une ligne qui a marqué l’histoire et qui continue de faire rêver, mais que très peu osent affronter. Des débuts prometteurs, puis un long contretemps À peine une semaine après son succès dans Silbergeier, fin juin, Lara se lance dans l’aventure. Avec Romy Fuchs, elle atteint rapidement la 8e longueur après deux jours d’escalade entrecoupés d’un repos. Mais le chemin est semé d’embûches : une approche longue de 2h30, qui fatigue beaucoup, des prises glissantes et mouvs ultra-tricky nécessitant une précision millimétrée, puis un arrêt forcé : Arc’teryx Academy, pluie incessante, et enfin une infection qui la cloue au repos trois semaines. Retours, essais et ajustements Mi-août, Lara revient avec Tobi Ebner. Objectif : enchaîner du bas vers le haut en une seule journée, juste pour repérer toutes les longueurs. Mission réussie, mais la 9e longueur résiste. Le crux : une minuscule réglette à deux doigts qui réveille une vieille poulie. Lara ne lâche rien. Deux jours plus tard, elle retourne sur la paroi pour brosser et marquer les prises. Puis, avec l’aide de Manu Papert, elle affine sa méthode et trouve enfin un beta solide. L’étape décisive est franchie : elle se sent prête pour une tentative intégrale. 📷 Ray Demski Le jour J : tout s’aligne Le mardi 26 août, accompagnée de SteUen Hilger, Lara se lance depuis le bas avec l’ambition de tout enchaîner. Mais le départ n’est pas idéal : « La journée a commencé par une chute dès la première longueur, à la deuxième dégaine. Mon partenaire m’a redescendue, on a tiré la corde, et j’ai recommencé. Cette fois, c’est passé. Et ensuite, j’ai tout enchaîné, longueur après longueur. » De 9h30 à 18h, Lara grimpe avec fluidité et détermination, réussissant chaque pitch à vue en tête, jusqu’au sommet de la paroi. Une journée parfaite qui scelle sa deuxième étape dans la Trilogie. Vers la Trilogie alpine Après Silbergeier en juin et End of Silence en août, il ne reste plus à Lara qu’une seule pièce du puzzle : Des Kaisers neue Kleider, au Wilder Kaiser en Autriche. La Trilogie alpine réunit trois grandes voies ouvertes dans les années 1990 par des figures emblématiques – Beat Kammerlander, Thomas Huber et Stefan Glowacz – toutes cotées 8b+ et considérées comme des chefs-d’œuvre de l’escalade libre en grande voie. Peu de grimpeurs au monde ont réussi à les enchaîner. « Numéro deux de la Trilogie alpine – fait ! » s’enthousiasme-t-elle. Un défi fou, qui pourrait bien la placer parmi les rares grimpeurs et grimpeuses à avoir complété la mythique Alpine Trilogy. Pour (re)lire la première étape de ce projet incroyable, retrouvez notre article 👉 Lara Neumeier enchaîne Silbergeier : une ascension légendaire dans le Rätikon. ✍️ Théo de GrimpActu 💬 Lara Neumeier 📸 Ray Demski

  • 3 ans, 100 séances… la quête intérieure d’Ethan Salvo

    Chaque grimpeur a ses lignes de rêve... Certaines inspirent, d’autres hantent, et parfois les deux à la fois. Ce sont ces lignes qui nous poussent au-delà de ce que nous croyions possible et nous enseignent, souvent avec brutalité, qui nous sommes vraiment. Pour Ethan, le destin a réuni ces lignes la même semaine : Dreamcatcher (9A) de Chris Sharma et Event Horizon (8C+) d’Andy Lamb , toutes deux à Squamish, offrant un double défi aussi unique qu’inoubliable. Ces lignes ne sont pas juste des défis physiques, ce sont des voyages intimes où la seule issue possible est d’atteindre le sommet. Ethan a réorganisé sa vie entière autour de Dreamcatcher  et Event Horizon , deux projets qui l’ont aspiré dans un vide exigeant, ne laissant qu’une seule option : persévérer. Chaque séance, chaque chute, chaque essai était une leçon de patience, de présence et de résilience. Il ne s’agissait pas simplement d’enchaîner, mais de vivre chaque mouvement, chaque frottement de granite, comme un dialogue silencieux avec la pierre. Se tenir au pied de ces lignes, sentir le vent sur le granite, écouter le souffle du rocher et du corps, c’est là que la magie opère. Les semaines, les mois, les années passées à s’acharner sur ces projets ont transformé chaque instant de chute et de réussite en expérience profondément humaine, où l’escalade devient un miroir de la vie : pleine de défis, de moments de doute, et de joie pure quand l’effort trouve sa récompense. Des débuts modestes à l’appel du granite Originaire de Markham, Ontario, Ethan commence à grimper en salle à l’automne 2017. La roche locale se faisant rare, il passe ses premières années dans des salles et sur les compétitions. Mais dès qu’il obtient son permis de conduire, il prend la route vers les premières zones de bloc à deux heures de chez lui. C’est là qu’il découvre l’extérieur et tombe amoureux de l’escalade en milieu naturel. « L’escalade en extérieur a complètement changé ma vision du sport », raconte-t-il. En 2020, il décide d’arrêter les compétitions et de se consacrer pleinement à ses projets sur granite. Deux ans plus tard, il déménage à Squamish, où la quantité et la diversité du rocher deviennent une source inépuisable de motivation. En dehors de la grimpe, Ethan travaille à Climb On Equipment , partage son temps entre ses responsabilités et filmer ses amis dans leurs projets, et trouve du plaisir dans des activités comme le jardinage, la cuisine ou la musique. Mais c’est le rocher qui reste au centre de sa vie : « C’est difficile de ne pas être motivé quand on vit ici. Chaque journée offre du potentiel et du plaisir à explorer. » Dreamcatcher et Event Horizon : deux lignes, deux expériences Dreamcatcher (9A) est une ligne qui frappe autant par sa beauté que par sa complexité. Sa forme en L penché la rend immédiatement reconnaissable, démarrant par une dalle technique de niveau 7B+ avant de s’élever vers une rampe déversante ponctuée de plats et de fissures fines. Le crux final atteint un niveau 7C+, exigeant à la fois puissance, précision et lecture attentive du granite. Chaque mouvement semble pensé pour mettre en valeur le granite et la gestuelle du grimpeur, transformant l’ascension en un dialogue subtil entre force et finesse. Event Horizon (8C+) est un bloc qui propose un défi d’une nature différente mais tout aussi exigeant. La ligne commence accroupie, ajoutant plusieurs mouvements supplémentaires au départ de Room Service Low, avant de se connecter à Room Service V12. Le grimpeur doit naviguer entre puissance et précision dès les premières prises, enchaînant une séquence complexe qui sollicite intensément le corps tout en exigeant une parfaite coordination. Ces deux projets, si différents par le style et la gestuelle, reflètent l’essence de Squamish : des lignes spectaculaires qui capturent l’œil et défient le corps, chacune offrant un voyage unique à ceux qui osent les parcourir.«  Oh wow, il y a tellement de choses à dire que je ne sais même pas par où commencer  », confie Ethan. Pour lui, Dreamcatcher a été le projet le plus amusant qu’il ait jamais eu. Chaque section était unique, chaque mouvement demandait une lecture différente du granite, comme une dégustation de bières à Squamish où chaque verre surprend le palais. Le jour où il a enchaîné la voie, Ethan a senti un flux profond et ludique l’emporter : «  J’avais l’impression de ne pas pouvoir m’arrêter de grimper même si je le voulais. Une force m’a traversé, et je pouvais simplement profiter. Pure joie !  » Event Horizon, en revanche, lui a offert le meilleur moment de grimpe de sa vie, mais d’une manière plus subtile. L’enchaînement est survenu presque par surprise, à la fin d’une session, après des mois d’efforts et de répétitions. Ethan décrit la perfection de cette journée : chaque prise touchée exactement comme il le voulait, chaque mouvement exécuté avec précision, un rythme et un flux impeccables. Une sensation rare où le corps et l’esprit s’alignent parfaitement, comme si la roche guidait lui-même ses gestes. Quant à la raison pour laquelle ces lignes l’ont tant attiré, Ethan est clair : «  Ces lignes sont difficiles à ignorer. Elles sont situées dans un lieu spécial, représentent de grands défis, et sont de très bons enseignants. J’aurais été surpris de ne pas les essayer au fil des années ici. Si vous avez une ligne de rêve, pourquoi ne pas la poursuivre, surtout quand vous habitez à seulement cinq minutes !  » @ oldmanmoon Trois ans, cent sessions : l’apprentissage de la patience Event Horizon  n’était pas simplement un projet de plus pour Ethan. C’était un processus de trois ans, réparti sur près de cent sessions, chacune lui apportant une leçon unique. Il commence par travailler le départ, Room Service Low  (V14), pendant une cinquantaine de jours, intégrant progressivement les mouvements plus bas de Event Horizon  pour construire la mémoire corporelle nécessaire à la ligne complète. Chaque sortie devient un micro-univers : l’air frais qui mord les joues, le vent qui s’engouffre entre les blocs, le granite rugueux sous les doigts, la peau qui se transforme en outil à la fois résistant et sensible. La météo dicte le rythme : pluie, froid ou soleil chaud changent la perception de chaque mouvement et demandent d’adapter le corps et l’esprit. Parallèlement, Dreamcatcher  devient un allié inattendu, ses trente mouvements variés développant endurance et récupération, complétant le travail physique et mental sur Event Horizon . Les deux projets se nourrissent l’un de l’autre : Dreamcatcher  pour la fluidité et le jeu sur le granite, Event Horizon  pour la puissance et la précision. Avec le temps, Ethan change aussi mentalement et émotionnellement. Le grimpeur impatient et bruyant d’autrefois devient un observateur attentif, capable de savourer chaque instant. Il apprend à lâcher prise sur le résultat, à être dans le mouvement plutôt que dans la réussite. Les longues attentes, les jours perdus à cause du mauvais temps ou de la peau abîmée, tout fait partie de l’apprentissage. « La seule vraie défaite, c’est d’abandonner le processus, et cela n’a jamais été une option pour moi », confie Ethan. La philosophie de la persévérance d’Ethan Salvo Pour Ethan, persévérer ne se résume pas à la répétition d’efforts physiques, mais à un art de vivre le processus, un dialogue intime avec le rocher et avec soi-même. « J’ai toujours su que le résultat finirait par arriver, mais je ne voulais pas que ça se termine trop vite, parce que j’aimais tellement le processus », explique-t-il. Il ne s’agit pas de contrôler le résultat, mais d’accepter que certains éléments échappent à toute maîtrise : la météo, l’état de la peau, la forme du jour… et malgré tout de revenir, encore et encore. Cette vision s’oppose à la frénésie de performance rapide : « Peut-être. Beaucoup de gens veulent peut-être construire leur CV, cocher le plus de cases possible rapidement, mais plus pour leur gain personnel que pour le plaisir réel (c’est une grande hypothèse de ma part). C’est comme un changement lié aux réseaux sociaux : tout le monde veut consommer des médias courts plutôt que de regarder un bon film complexe. Mais l’aspect cool de l’escalade est que chacun peut l’aborder comme il le souhaite. Si la majorité est enthousiasmée par les enchaînements rapides, c’est compréhensible, vu le niveau actuel. Pour moi, je ferai toujours ce qui me passionne le plus, sans pression sociale. » Chaque session devient alors un exercice de présence, chaque mouvement une méditation sur le temps et l’effort, et la persévérance une manière de mesurer la valeur d’une ascension non pas au sommet, mais à tout ce qui est vécu pour l’atteindre. @ oldmanmoon Le jour de l’enchaînement : entre flow et méditation Le matin où tout a basculé, Ethan arrive à The Room  avec une sensation étrange : excitation mêlée de calme. Le granite est frais sous ses doigts, le vent léger balaie la surface de la dalle et les premières lueurs du soleil dessinent les formes des lignes qu’il a parcourues pendant trois ans. Chaque mouvement, chaque frottement, chaque respiration est le fruit de centaines de sessions passées à répéter, à observer, à sentir. Il commence par Dreamcatcher , comme un rituel. Les premiers mouvements sont fluides, presque instinctifs : le corps se souvient de chaque position, chaque ajustement appris au fil des mois. Il entre dans ce flow profond et ludique dont il parlait souvent : « J’avais l’impression de ne pas pouvoir m’arrêter, une force m’emportait et je pouvais simplement profiter . » Puis vient Event Horizon . Les mouvements courts, puissants et précis exigent une concentration totale. Les essais des années précédentes résonnent dans ses gestes : chaque prise est saisie avec exactitude, chaque séquence s’enchaîne avec un rythme presque chorégraphié. Le flow n’est plus seulement physique, il est mental, émotionnel, presque méditatif. L’ascension devient une danse avec le rocher, un équilibre parfait entre effort et lâcher-prise. Le granite, les bras fatigués, les doigts endoloris, tout converge vers un moment suspendu, où le temps semble se dilater et où la réussite n’est qu’une conséquence. « Cela m’a beaucoup appris sur la vie : comment vivre quelque chose de manière profonde et proche, et puis un jour cela se termine et il faut aller de l’avant. Pas avec tristesse, mais avec gratitude pour ce que c’était et pour ce que j’ai vécu. Je pense que c’est une expérience profondément humaine, et terminer de grands projets me rappelle toujours comment gérer la perte, mais surtout remet la vie en perspective. » ✍️: Théo de GrimpActu 💬: Ethan Salvo 📷 : @ oldmanmoon

  • Top 3 des cordes d’escalade idéales pour débuter en toute sécurité

    Une première corde, c’est un peu comme une première voiture : on veut qu’elle soit fiable, rassurante et qu’elle ne nous lâche pas au mauvais moment.  Quand on débute en escalade, ce que l’on cherche avant tout, c’est de la confiance à chaque chute et que la corde ne file pas trop vite entre les mains de son assureur. Le problème, c’est qu’au milieu de toutes les références disponibles, on se perd vite. Diamètre, longueur, traitement… comment savoir quelle corde sera vraiment adaptée à vos besoins ? Rassurez-vous : pour commencer, il n’est pas nécessaire d’aller chercher la corde la plus fine ou la plus légère. Ce qu’il vous faut, c’est une corde robuste, facile à manipuler et qui inspire immédiatement confiance. C’est exactement ce que nous vous proposons dans cet article. Nous avons sélectionné trois modèles parfaits pour apprendre et progresser en toute sécurité : la Petzl MAMBO 10.1 mm , la Beal TIGER 10 mm UNICORE  et la Simond Klimb 10 mm (80 m) . Trois cordes fiables et rassurantes, idéales pour vos débuts en salle comme en falaise. Sommaire Bien choisir sa première corde Petzl MAMBO 10.1 mm : coup de cœur pour débuter Beal TIGER 10 mm UNICORE : rassurante, maniable et résistante Simond Klimb 10 mm – 80 m : confort et sécurité Conseils pour garder sa corde longtemps @Arc'Teryx Bien choisir sa première corde Quand on se lance en escalade, on pourrait croire qu’une corde en vaut une autre… mais en réalité, certains détails font toute la différence. Une première corde doit avant tout vous simplifier la vie et renforcer votre sécurité. Voici les principaux critères à garder en tête : 🔹 Le diamètre  : Pour débuter, mieux vaut opter pour une corde relativement épaisse, autour de 10 mm. Plus la corde est fine, plus elle défile rapidement dans le système d’assurage, ce qui peut être déroutant quand on manque encore d’expérience. Une corde plus large offre au contraire un freinage naturel et un meilleur contrôle. 🔹 La longueur  : En salle, une corde de 30 ou 40 mètres peut suffire, mais en extérieur, 70 ou 80 mètres deviennent vite indispensables pour grimper en falaise. Si vous prévoyez de sortir régulièrement, mieux vaut investir directement dans une longueur polyvalente pour ne pas être limité. 🔹 Le confort d’utilisation  : Une bonne corde pour débuter doit être agréable en main, facile à lover et à clipper. Elle doit aussi supporter les petites maladresses : frottements au sol, manipulations un peu brusques, ou un assureur pas encore parfaitement fluide. 🔹 La robustesse  : Les cordes épaisses résistent mieux à l’usure et pardonnent plus d’erreurs. C’est un vrai gage de sécurité quand on multiplie les essais sur une même voie ou qu’on enchaîne les séances intensives. 🔹 Compatibilité avec les appareils d’assurage  : Certains modèles trop épais ou très rigides peuvent être moins faciles à utiliser avec un système auto-bloquant. Une corde adaptée aux débutants doit pouvoir fonctionner facilement avec les appareils classiques (Grigri, Reverso…). En résumé, votre première corde doit être épaisse, solide et facile à contrôler. Légèreté et finesse viendront plus tard, quand vous aurez gagné en expérience et en confiance. ➡️ Si vous êtes curieux de découvrir des cordes plus fines et légères, idéales pour les grimpeurs expérimentés, vous pouvez consulter notre autre article ici : Les 3 meilleures cordes d’escalade – sécurité, performance et fiabilité . Petzl MAMBO 10.1 mm : Coup de cœur pour débuter La MAMBO 10.1 mm de Petzl est une corde à simple généreuse et agréable à prendre en main, idéale pour les premiers pas en escalade. Son diamètre épais inspire immédiatement confiance et facilite les manipulations pour les débutants. Dès les premières utilisations, on apprécie sa souplesse et sa fluidité, qui rendent le don de mou intuitif et les manœuvres dans les appareils d’assurage simples et naturelles. Son traitement EverFlex stabilise les fils, conserve la souplesse dans le temps et renforce la durabilité de la gaine. Le marquage au milieu permet de repérer facilement le centre de la corde, pratique lors des rappels ou longues voies. Avec sa maniabilité et sa robustesse, la MAMBO est parfaite pour apprendre en toute sécurité et en confiance, que ce soit en salle ou en falaise. Petzl MAMBO 10.1 mm Beal TIGER 10 mm : Rassurante, maniable et résistante La TIGER 10 mm de Beal se distingue par sa solidité et sa durabilité, idéale pour les débutants qui veulent une corde qui supporte les erreurs et les manipulations répétées. Son diamètre de 10 mm offre une bonne prise en main et sa souplesse permet de mousquetonner et donner du mou facilement. Grâce à la technologie UNICORE, l’âme et la gaine sont solidarisées, augmentant la sécurité et la longévité de la corde sans la rendre rigide. Même après plusieurs sorties, elle reste agréable à utiliser et robuste face aux frottements. C’est une corde qui accompagne les premiers pas en escalade avec sérénité, parfaite pour progresser sans se soucier des petites maladresses. Beal TIGER 10 mm Simond Klimb 10 mm – 80 m : Confort et sécurité La Klimb 10 mm de Simond mise sur le confort et la fiabilité pour les débutants souhaitant grimper en falaise. Sa gaine douce et son traitement plasma offrent une souplesse immédiate et un lovage sans vrilles, rendant l’utilisation agréable dès la première sortie. Avec 80 m de longueur, elle permet de grimper des voies jusqu’à 40 m sans souci, et son diamètre rassurant procure un meilleur contrôle dans l’assurage. Son poids raisonnable (65 g/m) et sa résistance aux frottements en font une corde durable, idéale pour les premières expériences extérieures. Fabriquée en France, elle combine qualité et fiabilité, parfaite pour débuter et progresser en toute confiance sur tous types de voies. Simond Klimb 10 mm Conseils pour garder sa corde longtemps Une corde bien entretenue, c’est une corde qui vous accompagne en toute sécurité pendant de nombreuses années. Pour qu’elle reste performante et agréable à manipuler, il faut connaître les facteurs qui accélèrent son vieillissement et adopter quelques habitudes simples. Stockage et exposition Même si c’est pratique de la laisser dans le coffre pour être toujours prêt, la chaleur et les UV sont des ennemis de votre corde. La chaleur peut fragiliser les fibres et les rayons du soleil dénaturer le matériau. Préférez toujours un endroit sec, ventilé et à l’abri du soleil pour le stockage, et laissez votre corde sécher après la pluie ou un lavage. Protéger la corde de la poussière et du sable Le sable et la poussière ne se contentent pas de salir votre corde : ils provoquent l’abrasion des fibres et accélèrent l’usure de la gaine. L’utilisation d’une bâche à corde et un lavage régulier permettent de limiter ces effets et de prolonger sa durée de vie. Limiter les frottements Lorsque vous progressez en tête, faites attention au tirage de corde. Plus la corde frotte contre le rocher ou les dégaines, moins elle pourra absorber l’énergie d’une chute. Rallonger les points d’ancrage ou les relais permet de réduire l’effet de friction et d’assurer que la chute reste confortable et sécurisée. Éviter l’écrasement de la corde Marcher sur la corde, laisser tomber des cailloux dessus ou utiliser des crampons peut endommager l’âme et réduire son élasticité. Même un passage en moulinette peut provoquer des zones écrasées si la corde reste en tension trop longtemps. Pour vous reposer, vachez-vous directement au point le plus proche plutôt que de rester suspendu sur la corde. Contrôle régulier Même sans faire appel à un professionnel, vous pouvez vérifier l’état de votre corde : Passez vos mains sur toute la longueur pour détecter fils effilochés, zones molles, écrasées ou brûlées. Vérifiez le marquage du milieu : s’il est décalé, recalculez-le et marquez-le correctement. Mesurez votre corde sur une surface plate pour constater toute rétraction. En adoptant ces gestes simples, vous prolongerez non seulement la vie de votre corde, mais vous garantirez surtout votre sécurité et votre confort à chaque ascension. Une corde bien entretenue reste fluide, souple et rassurante, exactement ce dont un débutant a besoin pour progresser sereinement. @Nicolas Vaillant ✍️ Théo de GrimpActu

  • Comment bien s’entraîner en escalade : principes, méthodes et planification pour progresser

    La rentrée approche à grands pas et tu as peut-être pris une bonne résolution cette année : t’entraîner . C’est une excellente idée, mais attention, il ne suffit pas de grimper au hasard ou d’accumuler les séances pour progresser efficacement. L’entraînement en escalade demande réflexion, méthode et compréhension des principes qui régissent la progression. Dans cet article, nous allons explorer ce que signifie vraiment s’entraîner en escalade, les principes fondamentaux à respecter, et comment organiser concrètement tes séances pour pouvoir t'entraîner efficacement. @Nicolas Vaillant Qu’est-ce que s’entraîner en escalade ? S’entraîner en escalade ne consiste pas simplement à grimper régulièrement ou à accumuler des séances en salle : c’est un processus volontaire, structuré et continu, qui vise à transformer à la fois le corps et l’esprit du grimpeur pour lui permettre de franchir de nouveaux paliers. Ce n’est pas un objectif isolé mais un cheminement, une construction progressive où chaque séance, même lorsqu’elle paraît « ratée », contribue à l’évolution globale. L’entraînement est la rencontre entre des contraintes externes – la difficulté d’une voie, l’intensité d’un exercice, la complexité d’un mouvement – et des conditions internes comme la motivation, la fatigue ou l’expérience préalable. Il repose sur un équilibre subtil entre la dimension physique, indispensable pour enchaîner des gestes exigeants, et la dimension mentale, qui nourrit la concentration, la persévérance et la confiance. Sans l’une, l’autre perd de sa force : un corps préparé sans volonté reste limité, tandis qu’un mental solide sans base physique risque vite la blessure ou la stagnation. S’entraîner, c’est accepter de sortir de sa zone de confort, d’affronter la frustration parfois, mais aussi de savourer la satisfaction de voir le corps s’adapter, la gestuelle devenir plus fluide et l’esprit plus confiant. C’est un voyage qui ne se résume pas à la performance brute mais qui façonne le grimpeur dans sa globalité, en lui apprenant à aimer l’effort, à valoriser les petits progrès et à reconnaître que la progression durable se construit avec patience et régularité. Les principes fondamentaux de l’entraînement S’entraîner efficacement en escalade ne repose pas sur l’accumulation de séances au hasard, mais sur quelques principes essentiels qui donnent du sens et de la cohérence au travail fourni. Le premier est celui de la participation active et consciente : comprendre pourquoi l’on fait tel exercice et quel objectif il sert transforme une séance en véritable investissement, car grimper sans but précis revient souvent à tourner en rond. Vient ensuite l’individualisation , un principe trop souvent négligé : un entraînement efficace doit être adapté à chaque grimpeur, à son niveau, à sa morphologie, à ses forces comme à ses faiblesses, et non calqué sur ce qui a fonctionné pour un partenaire ou un athlète célèbre. La spécificité rappelle quant à elle que chaque exercice a un effet ciblé : progresser en escalade exige des exercices directement liés à l’effort de grimpe, car la force développée ailleurs ne se transpose pas automatiquement au mur. La continuité est une autre clé : un effort isolé n’aura aucun impact durable, seule la régularité permet au corps et à l’esprit de s’adapter et de progresser. Le principe du seuil : pour progresser, l’entraînement doit être suffisamment exigeant pour provoquer une adaptation, mais sans dépasser ce que votre corps peut tolérer. Trop facile, et vous ne progressez pas ; trop intense, et vous risquez blessures ou surentraînement. L’objectif est de trouver le juste équilibre, juste au-dessus de votre zone de confort, pour donner le petit plus à chaque séance. Enfin, la variété vient compléter l’équilibre : répéter éternellement les mêmes exercices finit par bloquer toute progression, tandis que changer d’approches, de supports et d’intensités stimule l’adaptation et nourrit la motivation. Respecter ces principes, c’est donner une véritable direction à son entraînement : non plus une succession d’efforts, mais un chemin clair où chaque séance, chaque choix et chaque variation contribuent à bâtir un grimpeur plus complet, plus solide et plus confiant. @Nicolas Vaillant Comment s’entraîner en escalade ? Savoir ce qu’est l’entraînement et quels en sont les principes est une chose, mais encore faut-il comprendre comment le mettre en pratique au quotidien. En escalade, l’entraînement repose sur deux dimensions indissociables : l’entraînement visible, qui regroupe le travail physique directement perceptible (force, mobilité, endurance, coordination), et l’entraînement invisible, moins spectaculaire mais tout aussi crucial, qui englobe le repos, la nutrition, la récupération et l’équilibre psychologique. Ces deux sphères interagissent constamment : un corps bien préparé mais mal reposé ne donnera pas son potentiel, et un mental motivé mais soutenu par une base physique fragile conduira vite à la frustration. La performance en escalade repose sur un trio indissociable : la technique, le physique et le mental , chacun pouvant devenir un facteur limitant si l’on néglige son développement. Le grimpeur qui se retrouve épuisé au milieu d’une grande voie découvre à quel point la fatigue fragilise aussi la confiance et la lucidité, rappelant que ces trois dimensions avancent ensemble. Concrètement, s’entraîner signifie développer des qualités physiques spécifiques – la force, la souplesse et, dans une moindre mesure, l’endurance et la vitesse – par des séances structurées et adaptées à ses objectifs (bloc, voies sportives, grandes voies, alpinisme). Mais cela signifie aussi accepter que progresser ne se joue pas seulement dans les mouvements réussis : c’est dans la régularité des efforts, dans la patience face aux périodes de stagnation, et dans l’attention accordée à la récupération que l’on construit des bases solides. Organiser son entraînement pour progresser Planifier son entraînement est un élément clé pour progresser efficacement en escalade. Il ne s’agit pas seulement de grimper plus, mais de grimper mieux, en structurant ses séances et en définissant des objectifs clairs. Cela commence par un diagnostic de ses forces et faiblesses, puis par la mise en place d’un plan réfléchi qui combine travail technique, force, mobilité, gainage et renforcement des doigts, tout en tenant compte du mental, de la récupération et des ressources disponibles. La périodisation, ou organisation en cycles, permet d’alterner phases générales, orientées et spécifiques, pour développer progressivement toutes les qualités nécessaires sans risquer le surentraînement. Un carnet d’entraînement aide à suivre ses progrès, ajuster ses séances et rester motivé, tandis que l’attention portée à l’échauffement, à l’hygiène de vie et à la récupération assure une pratique durable et sûre. En structurant ainsi son entraînement, chaque séance devient une étape concrète vers ses objectifs, permettant de sortir de sa zone de confort, de progresser régulièrement et de conserver le plaisir de grimper tout au long de la saison. ➡️ Si tu veux approfondir cette notion de planification, tu retrouveras ici notre article complet : Planifiez votre progression pour une saison d'escalade réussie. S’entraîner, c’est finalement apprendre à orchestrer ces différents leviers, visibles et invisibles, pour trouver un équilibre qui permette non seulement de grimper plus haut et plus fort, mais aussi de le faire avec confiance, plaisir et durabilité. ➡️ Pour aller encore plus loin dans votre compréhension et votre pratique de l’escalade, découvrez ces trois articles complémentaires : 🔷 La performance en escalade : pour une approche multifactorielle 🔷 Le repos en escalade : facteur de progression  🔷 Bien récupérer de sa séance d’escalade par l’alimentation. @Nicolas Vaillant ✍️: Théo de GrimpActu 📚Cet article s’est inspiré du livre S’entraîner scientifiquement pour l’escalade , qui explore en profondeur les principes et méthodes de l’entraînement pour progresser efficacement.

  • Championnat de France de Para Escalade 2025 à Massy : Un événement record et prometteur

    Massy, terre de performance et d’émotion, a accueilli le 22 mars 2025 un Championnat de France de para-escalade record. Avec 39 athlètes en lice, cette édition marque une avancée majeure pour un sport en pleine expansion, qui s’apprête à se développer sur la scène paralympique. Une compétition au sommet : records et performances de haut vol Dans une ambiance électrique, les meilleurs grimpeurs français se sont affrontés sur les murs de Massy, offrant un spectacle d’une intensité rare. Avec 11 titres en jeu, la compétition a mis en lumière des athlètes exceptionnels, confirmant l’essor et la diversité de la para-escalade en France. ➡️Qui sont les athlètes qui se sont imposés dans ce championnat ? Chez les amputés jambe (AL2) , Thierry Delarue s’est imposé face à Julien Gasc, tandis que Renaud Candelier complétait le podium. Dans la catégorie amputés bras (AU2) , Anthony Guillen, impérial, a conservé son titre devant Camille Brassier et Mathieu Parmier. La finale très disputée des AU3  a vu Bruno Longuet décrocher l’or pour sa première participation, devançant Ewen Clodic et Erwan Lievin. Chez les femmes, Oriane Ilpide a triomphé en AU3 , surpassant Pauline Peytavin et Daniele Planchet. Dans les catégories force réduite (RP1 à RP3) , Alois Pottier et Lucie Jarrige ont confirmé leur domination respective, cette dernière s’imposant dans une catégorie où elle n’évolue habituellement pas. Enfin, les catégories malvoyants (B1 à B3)  ont été marquées par le retour triomphal de Nicolas Moineau, légende de la discipline, qui a prouvé qu’il n’avait rien perdu de son talent. Chez les femmes, Elsa Boutel Menard a confirmé son statut en B3 , tout comme Adrian Maillard chez les hommes. ➡️ PDF officiel des résultats ici L’inclusion au cœur de la para-escalade : un sport pour repousser toutes les limites Plus qu’un simple championnat, l’édition 2025 de Massy incarne un message fort : la para-escalade est une discipline où performance et inclusion avancent ensemble. Chaque athlète, au-delà de sa médaille, témoigne de la capacité du sport à briser les barrières du handicap. La diversité des catégories permet à chacun de s’exprimer en fonction de ses capacités. Que ce soit pour un grimpeur amputé, un athlète malvoyant ou une personne avec une mobilité réduite, l’adaptation du matériel et des règles ouvre la voie à une pratique équitable et exigeante. Les clubs et la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) travaillent à rendre l’escalade accessible, en développant des structures adaptées et en formant des encadrants spécialisés. Ce travail de fond porte ses fruits, comme en témoigne la participation record de cette année. Des règles et un matériel adaptés Comme pour l’escalade traditionnelle, les grimpeurs doivent respecter des règles de sécurité strictes : encordement, baudrier, assurage… Cependant, certaines adaptations sont mises en place en fonction des besoins spécifiques des athlètes : Guidage vocal et tactile pour les déficients visuels. Prothèses ou orthèses spécifiques pour les amputés. Prises et voies adaptées en fonction des capacités de mobilité et de force. Los Angeles 2028 : l’apogée d’une reconnaissance L’annonce tant attendue est tombée en juin 2024 : la para escalade fera partie du programme des Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028. Cette décision est le fruit d’un travail de la Fédération Internationale de l’Escalade Sportive et de la communauté des grimpeurs. Après une évaluation minutieuse de plusieurs sports, l'IPC a choisi d'ajouter la para escalade au programme de ces Jeux, un tournant majeur pour la discipline. Pourquoi cette inclusion est-elle une révolution ? Une reconnaissance méritée :  La para escalade a longtemps cherché à obtenir la visibilité qu’elle mérite. Désormais, ce sport spectaculaire aura l’opportunité de briller sur la scène des Jeux Paralympiques, offrant ainsi une plateforme internationale pour des athlètes d’exception. Un sport spectaculaire :  Avec des formats adaptés et des athlètes repoussant sans cesse leurs limites, la para escalade promet des moments intenses et émouvants. Son inclusion apportera un vent de fraîcheur aux Jeux, avec une discipline à la fois technique et visuellement captivante. Un message fort d’inclusion :  L’entrée de la para escalade aux Jeux Paralympiques représente un pas de plus vers l’égalité des chances et l’inclusivité dans le sport. Comme l’a souligné Andrew Parsons, président du Comité International Paralympique : « La para escalade est un sport rapide et exaltant qui attirera un nouveau public aux Jeux Paralympiques ». Un modèle de développement pour les parasports :  La para escalade devient ainsi le cinquième nouveau sport ajouté au programme paralympique en l’espace de 12 ans, après le para canoë-kayak, le para triathlon, le para badminton et le para taekwondo. Cette dynamique fait de l’inclusion des sports paralympiques une priorité pour l’IPC. D'autres articles recommandés : Oriane Bertone & Adrien Lemaire reviennent sur leur victoire au Championnat de France de Bloc 2025   Dock Masters 2025 : Arthur Rebollo triomphe à Utrecht  Thomas Lemagner : revient sur sa victoire à Munich en coupe d’Europe de bloc ✍️: Théo de GrimpActu 📸 : Minh Ngueyn Tuan 📰 : GrimpActu

  • Nina Caprez : L'équilibre entre maternité et passion pour l'escalade

    Dans la plus part des livres consacrés à la grossesse, on retrouve systématiquement l'escalade comme activité à proscrire, avec comme raison principales : "activité à risques, risque de chute de pierres" Ne soyons pas si catégorique. Pendant la grosse, il est recommandé de discuter avec votre professionnel de santé avant de participer à des activités physiques intenses ou à risque élevé. Chaque grosses est unique, certaines femmes sont alitées des le quatrième mois, d'autres n'ont aucun symptôme gênant la pratique de l'escalade. Nina Caprez nous a fait l'honneur de partager son témoignage sur son expérience pendant et après sa grossesse. Elle se confie avec sincérité et profondeur sur les défis, les joies et les leçons apprises tout au long de cette période unique de sa vie... Nina Caprez est une grimpeuse suisse de 36ans. Elle a grandi en montagne entre ski et autres sports montagneux. Elle découvre l'escalade à 13ans grâce au club alpin suisse. À 17ans elle tombe amoureuse de l'escalade sportive, elle effectue ses premières compétitions. À 19ans elle rejoint l'équipe nationale suisse avant d'arrêter de concourir à 22 ans pour se consacrer à l'escalade en milieu naturel, la grande voie devient alors sa discipline phare. L'escalade pendant la grossesse : Pour Nina, la grossesse a été une période de redécouverte et de réinvention de sa pratique de l'escalade. "La grossesse m'a aidée à m'éloigner de la performance," confie-t-elle. Dès le début, elle a continué à grimper en tête, en choisissant soigneusement des profils où les chutes étaient plus agréables, comme les dévers. À partir du cinquième ou sixième mois, elle a opté pour la moulinette, ce qui lui a permis de continuer à grimper en toute sécurité. "Et bien moi, ça m'a vraiment fait du bien parce que la grossesse m'a aidée à m'éloigner de la performance. Au début, je grimpais encore en tête, je faisais attention de ne pas trop chuter ou je faisais en sorte de regarder les profils où les chutes sont plus agréables, comme les dévers où les chutes sont assez douces. Ensuite, progressivement, je suis passée à la moulinette. À partir du cinquième ou sixième mois, je crois. Et du coup, j'ai redécouvert que je pouvais grimper assez dur parce que je pouvais tomber à nouveau et ça m'a fait plaisir d'évoluer. J'ai toujours été vraiment à l'écoute de mon corps. Je n'ai jamais beaucoup forcé, je me suis beaucoup reposée. La falaise m'a vraiment servi pour prendre l'air, pour voir les copains, pour tout le côté social et pas forcément pour aller grimper et faire du dur. Donc, j'ai grimpé en tête pendant environ cinq mois puis, après, je suis gentiment passée à la moulinette et j'ai grimpé jusqu'à six semaines avant le terme parce que c'était le sport qui me faisait vraiment beaucoup de bien. Contrairement à la marche ou au vélo, je ne me sentais pas de les pratiquer. J'avais les pieds très gonflés et marcher était pénible, surtout pour de longues distances. Quant au vélo, je n'étais pas assez sûre de moi, je tombais souvent, donc je ne voulais pas prendre de risques. L'escalade, j'en fais depuis 25 ans et c'est là où je me suis sentie à la maison. Ça m'a servi comme point d'ancrage dans ce moment de transition où le corps et l'esprit changent et se dirigent vers autre chose, ça m'a servi un peu comme un pilier stable." Les défis étaient nombreux, notamment la difficulté de voir ses pieds et de trouver des chaussons adaptés. "Mes pieds ont vraiment gonflé, donc c'était un peu la galère niveau les chaussons," se souvient-elle. Malgré les inquiétudes initiales de son conjoint, Jérémy, il a rapidement vu les bénéfices de l'escalade pour Nina et l'a encouragée à continuer. "Les plus grosses difficultés pendant la grossesse étaient de voir ses pieds. Avec un ventre assez conséquent, voir ses pieds était vraiment un challenge. C'était aussi difficile de trouver des chaussons adaptés, qui soient à la fois confortables mais pas non plus des pantoufles, car j'avais envie de grimper précisément et mes pieds étaient vraiment gonflés, donc c'était la galère au niveau des chaussons. Au début, même mon conjoint avait un peu peur pour moi parce que je voulais continuer à grimper, mais après, il a très vite vu que je faisais ça avec une certaine sagesse, avec du recul, sans prendre de risques, il voyait que ça me faisait du bien, donc il m'a encouragée à continuer. Les changements du corps affectent beaucoup de choses mais tout est temporaire. Comme je l'ai déjà dit, à un moment, on a du mal à voir ses pieds, mais par contre, on est extrêmement souple. Après, on perd vraiment la force dans les biceps, donc on grimpe un peu mal, en se tordant dans tous les sens, mais c'était drôle. Franchement, j'ai vu ça comme un jeu et j'en ai vraiment ri. J'ai pris du plaisir à grimper différemment pendant ces sept mois et demi de grossesse." La reprise après l'accouchement : Nina a repris l'escalade un mois après un accouchement naturel sans complications. "J'ai attendu un mois avant de reprendre toutes sortes de sport," raconte-t-elle. Elle a commencé par des exercices doux de kiné, similaires à des séances de Pilates et de yoga, pour réactiver les petits muscles profonds. Sa récupération rapide a été facilitée par une écoute attentive de son corps et une absence de blessures majeures. " J'ai attendu un mois avant de reprendre toutes sortes de sport. J'ai eu la chance de pouvoir accoucher naturellement par voie basse, donc pas de péridurale, pas de médicaments, même pas de doliprane. J'avais vraiment confiance en moi que ça allait sortir naturellement. Donc, par miracle, je n'ai pas eu de blessure, pas de points, rien. La reprise a été assez rapide. J'ai quand même attendu un mois à cause des saignements. Il faut que tout se remette en place petit à petit. Ça s'est vraiment bien passé, donc j'ai repris un mois après l'accouchement et pendant les deux mois qui ont suivi, c'était vraiment la grimpouillette. J'étais contente d'être dehors, de toute façon, on est dans une espèce de nuage de fatigue et d'émerveillement avec ce nouveau-né. J'ai vu ça comme un truc très positif. Je n'avais pas d'attente, j'étais vraiment à l'écoute de mon corps et de ma fatigue physique et mentale. J'ai suivi des séances de kiné qui donnaient des exercices aux femmes après l'accouchement. Ce n'était pas très différent d'une bonne séance de Pilates et un peu de yoga. On a fait des petits exercices tout doux pour que les petits muscles profonds puissent se réactiver. J'ai vraiment eu de la chance que mon périnée se soit bien remis. Deux ans après mon accouchement, j'ai l'impression que je suis comme avant, il n'y a rien, c'est assez miraculeux. La maternité et la passion pour l'escalade, c'est plus une question d'organisation, mais physiquement, en tout cas, j'ai l'impression qu'un accouchement n'est pas une chose qui ralentit les femmes, qui les handicape ou qui détruit des choses pour le futur, si ça se passe bien bien sûr. Il y a beaucoup de cas où ça ne se passe pas très bien. En tout cas, pour moi, c'est juste le combat de l'organisation entre les emplois du temps, la maternité. J'ai envie de grimper mais j'ai très envie aussi d'être présente pour ma fille. Donc, c'est un truc qui évolue tout le temps parce que les enfants évoluent à une vitesse phénoménale. Ça change tout le temps, on évolue, on change. Mais je n'ai encore jamais été au point de lâcher l'escalade. Ça a toujours été pour moi un point de ressources, de philosophie parfois, ou juste pour me retrouver en tant que grimpeuse et pas juste en tant que maman." L'Équilibre entre maternité et escalade : Pour Nina, l'équilibre entre la maternité et l'escalade repose sur l'organisation et le soutien de son partenaire. "Le souhait de vouloir un enfant, c'était vraiment une décision à deux et on l'assume à deux," affirme-t-elle. La maternité a changé ses priorités et sa vision de la vie, la rendant plus à l'écoute de son corps et de ses besoins. "Le processus d'être enceinte, d'accoucher, d'avoir un bébé, change beaucoup les priorités et la vision des choses. Aujourd'hui, je me contente de tourner une heure sur mon pan à la maison plutôt que de faire des sorties. Quand je n'ai pas eu le temps de sortir, je ne suis pas frustrée à la maison. J'essaie de faire le maximum et quand j'ai vraiment des journées ou des semaines de libre pour grimper, je savoure encore plus qu'avant. L'escalade m'a toujours fait du bien et si on aime grimper avant l'accouchement, c'est aussi important de retrouver ce plaisir après. Je pense que le souhait de devenir parents est vraiment un souhait à deux. J'ai réussi à redevenir aussi forte parce que c'était une décision commune et on l'assume à deux. C'est vraiment un travail d'équipe, je ne saurais pas comment m'en sortir sans Jérémy. Sur le plan physique, si tout se passe bien, il n'y a aucune raison de ne pas être aussi forte, voire plus forte qu'avant. Ce qui a changé, c'est que je suis devenue plus douce et à l'écoute de mon corps. Je ne me pousse plus jamais trop loin parce que je sais m'arrêter et aussi parce que j'ai moins de temps pour grimper. Donc forcément, le corps est plus reposé. Je pense que c'est compatible de vouloir faire une carrière sportive après. Ce qui est important, c'est d'avoir du soutien de son partenaire et un environnement sain et reposant." Une nouvelle perspective : La maternité a apporté une nouvelle perspective à la vie de Nina. "Tout ce à quoi j'ai toujours aspiré dans ma vie, ce sont des choses que je peux toujours faire avec ma fille," dit-elle. L'escalade reste une source de connexion avec la nature et de bien-être, même avec un enfant. "Tout est encore possible avec un enfant," affirme-t-elle. "La plus grande leçon que j'ai apprise en combinant escalade et maternité, c'est que tout ce à quoi j'ai toujours aspiré dans ma vie, dans mes profondes envies d'escalade, ce sont des choses que je peux toujours faire avec ma fille. J'ai toujours aspiré à vivre une vie dehors, à passer mes journées dehors, à échanger avec les gens, à respecter la nature. Quand je grimpe, c'est encore plus fort parce que je suis vraiment connectée au caillou. Même si je suis juste dehors, ça me rappelle pourquoi je grimpe et pourquoi ça me donne autant d'énergie. Tout cela est encore possible avec un enfant, avec des enfants. Ça m'a ouvert les yeux et ça m'a fait revenir aux bases de l'escalade." Une anecdote pour terminer : "Je suis une fille qui aime bien se dépasser, souffrir. J'aime bien en baver, la douleur a toujours fait partie de ma vie. Pendant les 9 mois de grossesse, j'avais une seule envie, c'était de souffrir à nouveau parce que je passais 9 mois à me reposer. C'était inhabituel pour moi. Quand je disais ça à mon entourage cela les faisaient rigoler, je disais que j'avais tellement hâte d'accoucher parce que ce serait un challenge et que j'avais envie de souffrir parce que ça me manquait. Dans ma tête, je me préparais à l'instant T, je me disais que je comparerais ça à un enchaînement d’une voie extrême. Mais en réalité, c'était 100 fois plus dur et 100 fois plus douloureux que ce que j'avais imaginé. C'est ça aussi, ces moments : tout est tellement plus fort, les émotions, les douleurs, les joies, tout est multiplié par 100. En tout cas, ça m'aide à relativiser , une femme peut vivre une chose extraordinaire en donnant vie à un nouveau-né avec tout ce qu'elle doit traverser." 🖍 Introduction : Aurelie Dutertre - Blessures et traumatismes en escalade 💬 : Nina Caprez 📷 : Jérémy Bernard ✏ : GrimpActu.

  • Construire sa vie de grimpeur : une approche durable et épanouissante

    Et si nous imaginions grimper toute notre vie ? Si, pour certains, cette vision est déjà claire, elle peut faire prendre du recul à d’autres. L'escalade s’entrelace avec le temps, évolue avec nous, se façonne à mesure que l’on progresse, non seulement sur le rocher, mais aussi dans notre approche du mouvement, du risque et du plaisir. Si l’on grimpe souvent par passion, on continue par nécessité : celle d’un équilibre entre le corps et l’esprit. Avec les années, on devient aussi plus mature : on a eu le temps de réfléchir à l’escalade et à la place qu’elle occupe dans notre vie. On sait pourquoi on grimpe, ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas. Cette maturité a un impact profond sur notre motivation et notre capacité à progresser ou à se maintenir à un bon niveau. Mais comment envisager cette relation sur le long terme ? Est-il possible de concilier progression et longévité, performance et plaisir durable ? Loin d’être une course contre le temps, l’escalade peut devenir une trajectoire réfléchie, où chaque étape, chaque transformation fait partie du jeu. Plutôt que de s’épuiser dans la quête du toujours plus, pourquoi ne pas bâtir une approche qui nous permette de grimper pleinement, à tout âge et dans toutes les formes que peut prendre cette discipline ? @ jocelynchavy La carrière du grimpeur : un chemin évolutif Dans notre quête de progression, il est facile de se laisser happer par l'urgence du moment : atteindre une cotation, enchaîner une voie, être plus fort que son partenaire qui nous a fait découvrir l'escalade. Mais en réalité, l'escalade ne se limite pas à une succession d’objectifs à court terme. C’est un cheminement plus profond, une quête qui s’étend bien au-delà des projets ponctuels. Chaque geste, chaque étape dans cette discipline prend racine dans un parcours global, où chaque moment, chaque petite victoire et chaque défaite ont une valeur propre. Au fil du temps, la pratique se transforme. Ce qui était une recherche constante de performance cède parfois la place à une approche plus intime, plus contemplative, où l’on trouve de la beauté dans chaque mouvement, dans chaque silence entre les prises. Cette évolution est non seulement naturelle, mais inévitable. Elle nous oblige à repenser notre manière de grimper, à anticiper les obstacles, à éviter les blessures et à préserver notre passion pour ne pas tomber dans la lassitude. La clé de cette transition réside dans la capacité à prendre du recul. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les objectifs immédiats, il s’agit de se poser la question essentielle : "Que veut vraiment dire être un grimpeur pour moi ? Quelle place l’escalade doit-elle occuper dans ma vie à long terme ?" Adopter une approche réfléchie et durable, c’est accepter que chaque phase de la pratique a sa propre signification et son propre rythme. C’est comprendre que la progression n’est pas uniquement mesurable en termes de cotations ou de performances, mais en termes d’épanouissement personnel, de sagesse acquise au fil des années. En cultivant cette vision à long terme, on s’assure non seulement de continuer à progresser, mais aussi de préserver l’essence même du plaisir de grimper, année après année, tout en restant fidèle à soi-même. Les valeurs qui nous guident Chaque grimpeur, à sa manière, est guidé par des valeurs qui façonnent profondément sa pratique. Certains se lancent dans la quête acharnée de la performance pure, tandis que d’autres trouvent leur épanouissement dans des principes tels que l’écologie, la transmission des savoirs ou encore l’expression artistique du mouvement. Ces valeurs ne sont pas figées ; elles se métamorphosent au fil des années, influencées par l’expérience, les rencontres, et les évolutions personnelles. Elles doivent être réévaluées régulièrement, non seulement pour nourrir notre passion, mais aussi pour en préserver le sens véritable. L’escalade est un terrain de liberté, un espace où chacun peut forger son propre chemin, où l’on peut se réinventer, s’épanouir, et se découvrir sans contrainte. Que l’on cherche à atteindre des cotations qui nous paraissent inaccessibles, à conquérir les blocs les plus secrets des forêts ou à se perdre dans les grandes voies, ce qui compte avant tout, c’est d’être en harmonie avec soi-même. C’est dans cette quête intime, personnelle, que réside le véritable épanouissement. Les objectifs externes, aussi impressionnants soient-ils, ont une valeur seulement s’ils nourrissent une vérité intérieure, une conviction profonde, un plaisir authentique. Alain Robert L’âge et la performance : une vision à long terme L’un des mythes les plus tenaces en escalade est celui de la dégradation irréversible des performances avec l’âge. Bien que la force musculaire atteigne son apogée autour de 25 ans, d’autres éléments sont essentiels et continuent d'évoluer au delas de cette période comme la technique, la stratégie et l’expérience. Certains grimpeurs, loin de se laisser ralentir par le passage des années, atteignent même leur meilleur niveau après 40 ans, prouvant ainsi que la progression n’est pas seulement une question de jeunesse, mais un cheminement qui s'étend sur la durée. Les recherches confirment qu'il est possible de maintenir un niveau d'excellence pendant des décennies, à condition de s’entraîner de manière réfléchie, en écoutant son corps et en respectant ses limites. Le secret réside dans une approche raisonnée : éviter les blessures inutiles, adapter l'entraînement à l’évolution des capacités, et nourrir une motivation fondée non seulement sur la performance, mais aussi sur la satisfaction intérieure. Ce n’est pas le chiffre d'une cotation qui compte, mais la richesse de l'expérience vécue. Avec le temps, il est normal de perdre en explosivité et en force brute. Cependant, ce qui nous échappe physiquement peut être compensé par une approche plus subtile. En vieillissant, l’escalade devient un art du raffinement, un jeu d’intelligence où chaque geste est optimisé pour économiser l’énergie et maximiser l’efficacité. La technique, affinée au fil des années, devient ainsi une arme redoutable pour prolonger sa carrière et maintenir une performance, bien au-delà des limites imposées par la seule force physique. L'exemple de Delphine Chenevier L'histoire de Delphine Chenevier est un exemple frappant de ce que l’on peut accomplir en escalade avec un âge qui avance. À 49 ans, cette grimpeuse expérimentée a réussi la première ascension de "Ultime err’ANX" (8c), un exploit qui défie les idées reçues sur le déclin des performances avec l'âge. Son succès réside dans une combinaison subtile de stratégie, d'expérience et de motivation. Elle incarne l'idée que, loin de se limiter à la force brute, l'escalade devient de plus en plus une question de prise de recul et d'ajustement de l'entraînement en fonction des capacités physiques . Delphine a su adapter ses méthodes d'entraînement pour rester performante tout en prenant soin de son corps, et son parcours est une source d'inspiration pour tous les grimpeurs qui aspirent à évoluer à long terme dans ce sport. ➡️ Pour aller plus loin, voici l'article complet : Delphine Chenevier : Première ascension de “Ultime err’ANX” (8c) à 49 ans @ jocelynchavy Construire une approche durable Écouter son corps devient essentiel : comprendre ses signaux, s’adapter aux besoins qu’il exprime, c’est le moyen d’éviter les blessures tout en respectant ses propres limites. Écouter son corps  : adapter son entraînement aux signaux qu’il envoie pour éviter les blessures. Varier les styles de grimpe  : ne pas se limiter à un seul type de pratique pour éviter la lassitude et développer une polyvalence qui prolongera la longévité de la carrière. Accepter l’évolution  : comprendre que notre rapport à l’escalade change avec le temps et que cela fait partie du jeu. Cultiver le plaisir avant tout  : au final, ce qui nous fait revenir sur le rocher ou dans la salle, c’est l’amour du mouvement, du défi et du partage. Soyez particulièrement vigilants face aux petites douleurs qui peuvent survenir après une séance. Ignorer un signal du corps peut mener à des blessures plus graves à long terme. Plutôt que de voir l’escalade comme une course contre la montre, adoptons une vision à long terme. Construire sa carrière de grimpeur, c’est avant tout s’assurer de grimper avec passion et enthousiasme pendant des années, sans se brûler les ailes. Peu importe les cotations, ce qui compte réellement, c’est le bonheur que nous procure chaque session, chaque mouvement et chaque moment partagé sur la paroi. L’escalade est un voyage, et la meilleure manière de l’apprécier est de le vivre pleinement, avec sagesse et plaisir, tout au long de notre vie. Si cette philosophie vous parle... Découvrez le portrait de Lucien Abbet , figure emblématique de l'escalade sportive en Valais, qui prouve que la passion et la détermination ne connaissent pas de limites d'âge. À travers son expérience, il incarne l'idée que l'on peut continuer à évoluer, progresser et savourer chaque instant sur la paroi, indépendamment du nombre d'années passées à grimper. Inspiration et Source : Résiste  : Laurent Vigouroux et Clément Lechaptois Prévention des blessures en escalade  : Aurélie Dutertre Lucien Abbet est un pionnier de l'escalade sportive et de l'ouverture de voies en Valais

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