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- Cartagrimpe : une boussole pour les évènements d’escalade
Imaginez une carte interactive où chaque point serait une invitation à un événement d’escalade, où les grimpeurs peuvent explorer, se rassembler et partager leur passion pour la verticalité. Cartagrimpe , une plateforme participative créée par des passionnés de la grimpe, matérialise cette idée en répondant à un besoin criant de la communauté : centraliser tous les événements, des compétitions aux festivals, en passant par les rencontres en falaise ou les projections de films. Né sous une pluie battante à Fontainebleau, ce projet combine la créativité des grimpeurs avec la précision d’un développeur. Cartagrimpe n’est pas seulement un outil, c’est une véritable passerelle entre amateurs, professionnels et curieux du monde de la montagne. Plus qu’une simple base de données, c’est un espace collaboratif vivant, construit pour et par les grimpeurs, et dont l’ambition dépasse déjà les frontières françaises. Le site, encore en développement, offre déjà une interface intuitive qui associe une carte interactive à un calendrier chronologique, le tout pensé pour faciliter la découverte et l’ajout d’événements. Avec l’aide de la communauté, Cartagrimpe espère devenir le carrefour incontournable des passionnés d’escalade. Pour mieux comprendre les origines et les ambitions de ce site novateur, nous sommes allés questionner ses créateurs. Qu’est-ce qui a été l’élément déclencheur pour vous lancer dans ce projet ? Était-ce un besoin personnel ou une inspiration venue d’autres domaines ? Le projet Cartagrimpe a principalement été lancé pour répondre à un besoin personnel et une frustration récurrente. En tant que passionnés d’escalade, nous avons souvent constaté qu'il était difficile de trouver des événements d’escalade lors de nos vacances, que ce soit pour participer à des compétitions, des festivals ou même des rencontres entre grimpeurs. Nous avons donc voulu créer une plateforme simple et efficace qui centralise ces événements pour que les grimpeurs, qu'ils soient amateurs ou expérimentés, puissent facilement découvrir et profiter d'activités liées à leur passion où qu'ils se trouvent. Quelles sont les fonctionnalités clés qui distinguent Cartagrimpe des autres plateformes ? Pour l'instant, Cartagrimpe se distingue principalement par sa simplicité et son approche centrée sur les événements d’escalade. Contrairement à d’autres plateformes qui peuvent être très généralistes, notre focus est très spécifique : la mise en avant des événements d’escalade, qu’ils soient locaux ou internationaux. Nous avons pour ambition de devenir un véritable outil de référence pour la communauté, avec une carte interactive permettant de localiser ces événements rapidement et facilement. Le caractère unique de notre plateforme vient de ce focus exclusif, qui permet à Cartagrimpe de s'imposer comme un acteur clé dans ce domaine encore peu exploré. Collaborez-vous déjà avec des salles, des clubs, ou des fédérations d’escalade pour enrichir la base de données ou faire connaître Cartagrimpe ? Bien que nous n'ayons pas encore de collaborations officielles en place, nous avons déjà établi des contacts avec plusieurs acteurs du milieu de l'escalade, notamment des organismes et salles d'escalade qui partagent notre vision. Par exemple, nous avons pu intégrer les événements de Montagne en Scène et de Climb Up grâce à leur collaboration. Nous attendons désormais des retours d'autres salles et organisateurs afin de compléter notre carte avec encore plus d'événements. Nous sommes également en discussions avec différentes fédérations pour élargir notre réseau et offrir une couverture plus large à l'échelle nationale et internationale. Avez-vous prévu d’intégrer des outils ou des filtres supplémentaires pour améliorer l’expérience utilisateur (par exemple, notifications pour les événements proches, intégration de météo, etc.) ? Oui, plusieurs fonctionnalités sont en projet pour améliorer l’expérience utilisateur. Nous envisageons l’ajout de filtres spécifiques qui permettront aux utilisateurs de mieux cibler les événements selon leurs préférences, comme un filtre "girls only" qui afficherait uniquement des événements dédiés aux femmes et aux personnes lgbtqia+ dans l'escalade, ou encore un filtre "ecofriendly" pour des événements respectueux de l’environnement, comme le El Capp Fest. Nous souhaitons aussi développer un système de notifications pour alerter les utilisateurs des événements à venir près de chez eux. Enfin, l’intégration de données météorologiques et d'autres outils personnalisés est également envisagée pour faciliter la préparation des grimpeurs avant leurs déplacements. Comment garantissez-vous la qualité et la pertinence des événements ajoutés par les utilisateurs ? Envisagez-vous une modération ou une vérification par la communauté ? Actuellement, chaque événement ajouté sur Cartagrimpe est vérifié manuellement par notre équipe pour garantir sa qualité et sa pertinence. Nous prenons le temps de nous assurer que chaque événement correspond bien aux critères de notre plateforme et que les informations sont exactes. Toutefois, nous prévoyons à l'avenir d'optimiser ce processus avec des outils d’intelligence artificielle ou en faisant appel à des bénévoles pour faciliter la vérification. À ce jour, l'ajout d'un événement se fait dans un délai maximum de 24 heures, ce qui permet de garder notre base de données à jour et fiable pour nos utilisateurs. Avez-vous une vision internationale pour le site ou des partenariats en cours avec des organisations d’escalade ? L’objectif à long terme de Cartagrimpe est de s’étendre à l’international. Nous sommes actuellement en phase de traduction de la plateforme, afin de permettre à des grimpeurs du monde entier de bénéficier de notre service. Nous avons déjà commencé à intégrer des événements internationaux et nous avons des discussions en cours avec des partenaires potentiels dans différents pays pour enrichir notre base de données. Une fois cette traduction terminée et la plateforme optimisée, nous espérons pouvoir offrir une couverture globale des événements d’escalade, tout en restant fidèle à notre vision d’origine. Envisagez-vous d’intégrer des fonctionnalités avancées, comme des outils de planification de voyages liés à l’escalade ou des guides pour les sites naturels ? Pour le moment, nous souhaitons garder une orientation centrée sur les événements d’escalade. D’autres plateformes, comme Climbing Away, font déjà un excellent travail en matière de planification de voyages d'escalade et de guides pour les sites naturels, et nous n’avons pas l’intention de nous disperser dans ce domaine pour l’instant. Cependant, à terme, nous envisageons de lancer une page Instagram où nous partagerons régulièrement les événements à venir, notamment via des stories pour informer les utilisateurs sur les événements imminents. Une autre fonctionnalité que nous souhaitons introduire dans le futur est la possibilité de consulter une carte des événements passés, afin de garder une trace de l’évolution des événements au fil du temps et de permettre à la communauté de se remémorer les moments forts de l'escalade. ➡️ Rendez vous sur : https://cartagrimpe.fr/fr/ 💭 : Cartagrimpe 🗞️ : GrimpActu
- Sélection 2025 : Un nouveau souffle pour les équipes de France d’escalade
La Fédération Française d’Escalade a officialisé, lors de son Conseil d’administration du 18 décembre 2024, les nouvelles modalités de sélection pour les équipes de France d’escalade en vue de la saison 2025. Ces critères s’adressent aux seniors et aux jeunes, avec un accent sur l’évolution des performances, l’état d’esprit, et la préparation à long terme. En parallèle, les modalités pour l’équipe de para-escalade seront dévoilées ultérieurement. Une année riche en compétitions Le calendrier 2025, déjà disponible sur le site de l’IFSC, s’annonce dense : Difficulté : Un Championnat du monde, cinq étapes de Coupe du monde, trois étapes de Coupe d’Europe seniors, ainsi que des épreuves dédiées aux jeunes. Bloc : Un Championnat du monde, six étapes de Coupe du monde, et un circuit européen similaire à celui de la difficulté. Vitesse : Un Championnat du monde, six étapes de Coupe du monde, et un éventail d’épreuves continentales et nationales. Cette diversité d’événements offre des opportunités variées pour les grimpeurs de s’illustrer au niveau international, tout en garantissant une progression structurée des talents émergents. Trois groupes pour structurer les seniors La sélection des seniors repose sur une segmentation en trois groupes distincts, adaptée aux profils et aux ambitions de chacun : Groupe 1 : Les podiums internationaux : Ce groupe inclut les athlètes ayant réalisé des podiums réguliers en Coupe du monde ou lors des grands championnats au cours des deux dernières saisons. Ces grimpeurs seront automatiquement pré-sélectionnés pour l’intégralité du circuit international. Groupe 2 : Les finalistes réguliers : Les athlètes ayant atteint des finales internationales (Top 8) ou décroché un podium ponctuel en 2024 intègrent ce groupe. Certains jeunes talents identifiés comme « élite jeune » pourront également y figurer. Groupe 3 : La relève : Destiné aux grimpeurs en pleine progression, ce groupe offre des opportunités internationales ciblées, basées sur leurs résultats en 2024 et leurs performances lors des sélectifs nationaux 2025. Dans tous les cas, des critères comme l’engagement, l’attitude professionnelle et l’hygiène de vie restent déterminants pour intégrer ces groupes. Nouveautés pour les jeunes : une restructuration par catégories À partir de 2025, l’IFSC introduit une nouvelle segmentation des catégories d’âge : U17 (2009-2010) U19 (2007-2008) U21 (2005-2006) Les compétitions seniors ne seront accessibles qu’à partir de 17 ans, mettant fin à la sur-classification dès 16 ans. Pour les jeunes grimpeurs, deux groupes ont été définis : Groupe 1 : Apprentis champions Les meilleurs performeurs de la saison précédente bénéficieront d’un processus de sélection allégé, leur permettant de mieux se concentrer sur leur entraînement et leur double engagement en seniors et en jeunes. Groupe 2 : Expérimentation et progression Ce groupe vise à développer les talents à long terme. Les sélections privilégient l’acquisition d’expérience sur le circuit international, avec des objectifs centrés sur la saison suivante. Des sélectifs spécifiques seront organisés en France pour identifier les meilleurs grimpeurs dans ces nouvelles catégories. En route pour 2025 Les athlètes désireux d’intégrer les équipes de France devront participer aux épreuves nationales sélectives, dont les détails seront prochainement disponibles sur le site de la fédération. La saison 2025 s’annonce comme un tournant pour l’escalade française, avec une approche renouvelée et ambitieuse, prête à révéler les champions de demain. Source : FFME 📸 : @IFSC
- Pourquoi l’avenir du sport en France est-il en péril ?
Le 22 janvier 2025, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) a tiré la sonnette d’alarme, rejoignant de nombreuses autres fédérations sportives face à un projet de loi de finances 2025 qui menace directement l’avenir du sport en France. La situation est critique et demande une mobilisation massive pour défendre non seulement le sport, mais aussi les valeurs qu’il véhicule, aujourd’hui gravement menacées. @IFSC Le sport en chiffres : un pilier de la société française Quand on parle de sport en France, on parle de plus de 20 millions de pratiquants , de 3,5 millions de bénévoles et de 360 000 associations qui œuvrent au quotidien. Mais le sport va bien au-delà des statistiques : il est une école de vie. Respect, persévérance, résilience , voilà ce qu’apprend chaque sportif, qu’il soit amateur ou professionnel. Plus encore, le sport est un espace d’inclusion et de cohésion sociale, un lieu où les barrières tombent et où les échanges humains sont au centre. Qu’il s’agisse de grimper ensemble sur une falaise ou de partager l’euphorie d’une victoire en salle, le sport rapproche, inspire et construit des liens durables partout en France. Mais que se passe-t-il quand cette pierre angulaire de notre société est mise en danger ? Une triple menace : le sport dans la tourmente Le projet de loi de finances 2025 impose une réduction de 100 millions d'euros du budget de l’État alloué au sport , une décision que beaucoup qualifient de désastreuse. Les impacts se feront ressentir à trois niveaux : Baisse des budgets étatiques : Déjà doté du plus petit budget de l’État, le secteur sportif ne peut supporter une nouvelle coupe budgétaire. Cette décision met en péril les infrastructures, les programmes d’éducation sportive et le financement des clubs locaux. Réduction des subventions des collectivités locales : Ces aides sont souvent le dernier rempart permettant aux clubs amateurs et aux associations de fonctionner. Sans elles, de nombreux clubs risquent de fermer leurs portes. Frilosité des sponsors : Dans un climat économique incertain, les entreprises sont moins enclines à investir dans le sport, limitant les possibilités de partenariats et de financements pour les événements et les compétitions. @IFSC Les conséquences : le sacrifice du sport pour tous Une telle diminution du financement, ce n’est pas simplement un problème pour les sportifs : c’est un coup porté à toute la société. Cela signifie : Moins de clubs accessibles : Pour beaucoup, les associations sportives sont l’unique moyen de pratiquer une activité physique, notamment dans les zones rurales ou défavorisées. Une menace pour l’emploi : Les éducateurs sportifs, formateurs, et autres professionnels du secteur risquent de perdre leur travail. Une dégradation de la santé publique : Moins de sport, c’est davantage de sédentarité, d’obésité et de maladies liées au manque d’activité physique. Le sport, ce n’est pas une variable d’ajustement budgétaire : c’est un investissement dans la santé, l’éducation et la cohésion sociale . Un appel à l’action : défendons le sport Face à ces menaces, il est essentiel de ne pas rester silencieux. Le sport doit être reconnu pour ce qu’il est : un pilier essentiel de notre société. Les passionnés d’escalade, comme tous les autres sportifs, doivent se mobiliser pour rappeler aux décideurs politiques que le sport n’est pas un luxe, mais une nécessité. Les groupes politiques du Sénat ont exprimé leur soutien pour défendre le sport en France et rejeter une coupe budgétaire injustifiée. Mais aujourd'hui, rien n'est encore acquis. Le sport, partout et pour tous, est une promesse d’avenir : il crée des liens essentiels, réduit les fractures sociales et génère des milliards d’économies pour la santé publique et l’éducation. Chaque euro coupé freine cet impact positif, menaçant les clubs amateurs, les équipements et les formateurs qui sont le cœur battant du sport français. 👉 Signez la pétition pour défendre le sport français ! La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a assuré vendredi 24 janvier sur franceinfo « entendre » les critiques sur la décision du gouvernement de raboter drastiquement le budget des sports. « Probablement que la coupe de 100 millions n’est pas le point d’arrivée du compromis » qui sera trouvé par les parlementaires, a-t-elle souligné.
- Dock Masters 2025 : Arthur Rebollo triomphe à Utrecht
Les 25 et 26 janvier 2025, la salle d’escalade Energiehaven à Utrecht a vibré au rythme du Dock Masters , l’un des événements phares de l’escalade de bloc en Europe. Avec un total de 17 500 € en prix et des grimpeurs venus du monde entier, ce week-end a été bien plus qu’une simple compétition : un véritable spectacle où passion, dépassement de soi et camaraderie se sont rencontrés. Parmi les participants, un athlète français a particulièrement brillé : Arthur Rebollo , qui a décroché la première place chez les hommes. En remportant cette prestigieuse victoire, Arthur a marqué un tournant dans sa saison, se hissant parmi les meilleurs grimpeurs internationaux présents. Nous avons eu l’opportunité d’échanger avec lui après son incroyable performance. Il nous a raconté son ressenti sur cette compétition unique, sa préparation, et ce qui l’a porté tout au long de ce week-end inoubliable. Cette atmosphère particulière, portée par un public survolté et la qualité de l’organisation, a fait de ce week-end une expérience unique. Nous vous proposons un retour exclusif sur son parcours, ses réflexions sur ce week-end exceptionnel et ses prochains objectifs dans une saison où tout semble possible. Peux-tu nous décrire ce week-end au Dock Masters avec tes mots ? Ce week-end au Dock Masters a été tout simplement incroyable. Dès mon arrivée, j’ai senti que ce n’était pas qu’une simple compétition. C’était comme entrer dans une bulle où tout le monde partageait cette passion commune pour l’escalade. Avec les autres grimpeurs français, on formait une vraie équipe, une vraie famille. On se soutenait, on se motivait, et ça, c’est quelque chose qui rend ce genre d’événement unique. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est la diversité des participants : des grimpeurs venus de partout, de toutes les nations. Ce n’était pas seulement un défi sportif, c’était une rencontre humaine, un mélange de cultures et de styles. Il y avait une atmosphère d’amitié, presque comme si on était une grande bande de potes qui se retrouvait pour partager quelque chose d’exceptionnel. Ce n’était pas simplement une compétition internationale, c’était un moment de cohésion. Les discussions entre les épreuves, les rires dans la zone d’isolement, et même les encouragements en finale montraient que, malgré les enjeux, tout le monde était là avant tout pour l’amour de l’escalade. C’est ce genre de week-end qui me rappelle pourquoi j’aime autant ce sport : pour les défis, bien sûr, mais surtout pour les gens. Comment t’es-tu préparé pour cette compétition ? Cette compétition s’inscrit dans une phase très importante de ma saison : la dernière ligne droite avant les Championnats de France, qui sont dans deux semaines. C’est l’objectif principal de ma saison, et le Dock Masters était à la fois une étape de préparation et un test grandeur nature. Je ne l’ai pas pris à la légère. Depuis plusieurs mois, je m’entraîne intensivement avec des cycles précis, en alternant entre force, explosivité et endurance. Mais ce qui a vraiment marqué ma préparation pour cette compétition, c’est l’accent que j’ai mis sur les simulations de demi-finales et de finales. J’ai beaucoup voyagé, notamment au Pôle France de Voiron ou à Karma, pour grimper sur des circuits spécifiquement conçus pour reproduire la pression d’une grande compétition. J’ai également passé beaucoup de temps à l’ES MASSY, où l’on retrouve des blocs qui demandent à la fois de l’intelligence dans les méthodes et une précision technique redoutable. Cette préparation n’a pas été que physique. Mentalement, je me suis préparé à faire face aux hauts et aux bas d’une compétition. Parce qu’en escalade, il y a toujours des imprévus : une prise qui ne tient pas comme prévu, une méthode qu’on ne trouve pas immédiatement. J’ai appris à me recentrer, à me dire que chaque bloc est une nouvelle opportunité, peu importe ce qui s’est passé avant. Quel a été le moment le plus difficile des finales pour toi ? Comment as-tu surmonté cet obstacle ? Le moment le plus difficile, sans hésitation, c’était le bloc 3. Je sentais que j’avais les capacités pour le faire, mais je n’ai pas réussi à trouver la méthode juste. C’était frustrant, parce qu’après avoir flashé les deux premiers blocs, j’avais un élan de confiance. Et là, d’un coup, ce bloc me résiste, et ça remet tout en question. Quand je suis retourné en zone d’isolement, j’ai eu un moment de doute. Je savais que ce bloc avait été réussi par d’autres, et je me demandais si mon échec allait compromettre mes chances de podium. Mais dans ces moments-là, il faut savoir lâcher prise. Je me suis dit : “OK, ce bloc est passé. Maintenant, concentre-toi sur le suivant.” En escalade, la capacité à se reconcentrer rapidement est cruciale. Ce n’est pas facile, mais c’est ce qui fait la différence. Ce que j’ai appris, c’est que parfois, il faut accepter de ne pas avoir toutes les réponses tout de suite. Parfois, ça ne passe pas, et il faut juste avancer. Et dans ce cas, le soutien du public, l’ambiance de la salle, ça aide énormément à se remettre dans le bon état d’esprit. Comment décrirais-tu l’ambiance au Dock Masters ? L’ambiance était magique. Le public était en feu, littéralement. Ce n’étaient pas juste des spectateurs : c’étaient des passionnés, des grimpeurs eux-mêmes pour la plupart, et ça se sentait dans la manière dont ils vibraient à chaque tentative. Ils criaient, applaudissaient, soutenaient chaque athlète, peu importe sa nationalité. C’était comme si toute la salle grimpait avec nous. Ce que j’ai adoré, c’est cette énergie contagieuse. On dit souvent que le public est le “septième homme”, et c’était exactement ça. Quand je m’élançais sur un bloc, je sentais cette vague d’encouragement derrière moi, et ça me donnait une force incroyable. C’est un privilège de grimper devant un tel public, et ça rend l’expérience encore plus mémorable. As-tu une anecdote marquante de ce week-end ? Ce n’est pas forcément une anecdote incroyable, mais l’un des moments les plus mémorables de ce week-end, c’était la journée avant les finales. Avec presque tous les finalistes, et même pas mal de demi-finalistes, on s’est baladé dans Utrecht. C’était une super pause dans la compétition, un moment où on pouvait tous décompresser et profiter de l’atmosphère de la ville. On a marché dans les petites rues, découvert des coins sympas, et surtout, on a partagé des repas tous ensemble. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est cette dynamique. On venait tous de pays différents, on était là pour s’affronter sur le mur, mais on a réussi à créer un moment qui dépassait la compétition. C’était comme si, pendant quelques heures, on n’était plus des adversaires, mais juste des gens qui partageaient une passion commune et qui prenaient le temps de la vivre autrement. Et ça, ça reste. Quels sont tes prochains objectifs pour la saison ? Cette victoire influence-t-elle tes ambitions ? Les Championnats de France et le sélectif équipe de France, sans aucun doute. Ce sont les deux objectifs majeurs de ma saison. Cette victoire au Dock Masters me donne beaucoup de confiance, mais je sais aussi qu’il reste énormément de travail. Cette compétition m’a montré que j’étais capable de rivaliser avec des grimpeurs internationaux, mais elle m’a aussi rappelé à quel point l’escalade est imprévisible. Chaque compétition est une nouvelle histoire, et il faut être prêt à tout. Mon objectif reste clair : progresser, continuer à apprendre, et être constant dans mes performances. Que retiens-tu de l’expérience, sur le plan humain et sportif ? Humainement, ce week-end m’a rappelé à quel point l’escalade est un sport d’émotions et de partages. Chaque interaction, chaque encouragement, chaque sourire dans la zone d’isolement, c’est ce qui rend ce sport unique. Sportivement, cette expérience m’a appris à rester concentré, à gérer les imprévus, et à toujours croire en mes capacités, même dans les moments difficiles. Cette victoire est une étape importante, mais elle n’est qu’une étape. Elle me donne envie de travailler encore plus dur, de viser encore plus haut. Parce qu’au final, ce qui compte, c’est de continuer à se dépasser, bloc après bloc. Replay de la finale :
- Oriane Bertone & Adrien Lemaire reviennent sur leur victoire au championnat de France de bloc 2025
Le week-end dernier, l’élite de l’escalade française s’est retrouvée pour un rendez-vous incontournable : le championnat de France de bloc 2025. L'événement, qui s'est tenu les 8 et 9 février à Anse, en région Auvergne-Rhône-Alpes, a tenu toutes ses promesses avec des performances impressionnantes, une ambiance incroyable et un suspense jusqu'au dernier essai. @ Arthur Delicque/FFME Les finales ont offert un spectacle palpitant où chaque tentative était cruciale. Chez les femmes, Oriane Bertone , de retour en compétition après les Jeux Olympiques, s’est imposée en finale après un dernier bloc décisif, devançant Selma Elhadj Mimoune et Agathe Calliet. Du côté des hommes, Adrien Lemaire a décroché son premier titre national après une finale très disputée face à Paul Jenft et Max Bertone. Ces résultats viennent conclure une compétition marquée par des histoires de doute, de persévérance et de dépassement de soi. Oriane et Adrien reviennent sur cette expérience intense, partageant leurs sensations et émotions à chaud. Retour sur la performances d'Oriane Bertone : Félicitations Oriane ! Comment te sens-tu après cette victoire au championnat de France de bloc 2025 ? — Super bien. Je rentre à Paris plus motivée que jamais, avec un retour à l’entraînement prévu dans les prochaines semaines. Ça fait du bien d’être de retour ! Ce championnat marque ton retour à la compétition après les JO. Comment as-tu abordé cette échéance ? — Pour être tout à fait honnête, je n’étais même pas censée y participer jusqu’à il y a une semaine. J’ai demandé à mon club (7 à l’ouest) de m’inscrire « au cas où », et finalement, j’ai pris la décision d’y aller au dernier moment ! Une décision que je ne regrette absolument pas. Tu t’es imposée avec un dernier bloc décisif. Que s’est-il passé dans ta tête à ce moment-là ? — Beaucoup de choses se sont bousculées, mais principalement de la fierté d’avoir été capable de revenir de si loin. Il y a un mois, je pensais encore faire une saison blanche. Alors, pouvoir monter sur le tapis, grimper, kiffer le moment, et finir par remporter le titre, c’était vraiment inespéré ! Y a-t-il eu un moment clé dans la compétition où tu as senti que la victoire était possible ? — Oui, quand j’ai appris juste avant le début des finales femmes qu’Adrien avait remporté le titre, et que mon petit frère Max était sur le podium. À ce moment-là, j’ai compris que c’était à mon tour de les rendre fiers. En demi-finale, on t’a sentie un peu déçue. Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi dans ce tour ? — Probablement le manque de volume ! En ce moment, je ne m’entraîne pas vraiment ; je grimpe un peu quand je veux et où je veux. Je n’avais clairement plus assez de volume pour enchaîner les deux tours. J’ai limité les dégâts en grimpant au mieux, mais dès qu’il fallait un peu "s’énerver", j’étais un peu à la ramasse. Ça a été un tour assez éprouvant, mais surtout physiquement ! J’ai fait ce que j’ai pu avec l’énergie disponible. Comment as-tu géré la transition entre la demi-finale et la finale pour repartir avec un mental conquérant ? — J’ai tout simplement bien dormi ! J’avais besoin de récupérer, et le meilleur moyen d’y parvenir, c’est bien manger et bien dormir. Je me suis levée pleine d’énergie, et c’était reparti. Arthur Delicque/FFME La finale… Le premier bloc était très physique et a posé des problèmes à plusieurs concurrentes. Comment l’as-tu abordé ? — Exactement comme un bloc d’entraînement ! Il faut savoir que les blocs proposés en compétition sont rarement aussi durs que ceux que l’on fait à l’entraînement, étant donné les 5 à 4 minutes disponibles dans un circuit. Alors, sachant qu’on fait plus dur régulièrement en training, il vaut mieux y aller en y croyant, et on se réorganise si ça coince. Le deuxième bloc semblait piégeux, surtout avec cette traversée en dalle. Qu’est-ce qui t’a manqué pour aller chercher le top ? — Probablement de l’efficacité d’exécution et de la conviction ! J’avais lu cette méthode de croisé de pied à l’intérieur (sur la prise lisse), mais je n’ai pas mis en place ce qu’il fallait assez tôt pour le faire marcher. Dommage et plutôt frustrant de passer à côté et de trouver la sensation au dernier run, mais c’est ça, la compétition ! Le troisième bloc, très dynamique, a vu plusieurs grimpeuses réussir. Quelle a été ta stratégie pour le résoudre efficacement ? — Tout simplement de me faire confiance et de laisser mon corps grimper. La lecture n’était pas difficile à réaliser (la méthode était plutôt évidente), et la grimpe instinctive sur des coordos, ça me connaît. Un petit run lâché sur le deuxième mouv’, histoire de prendre des repères, et puis ça repart. C’est sur le dernier bloc que tout s’est joué. Peux-tu nous raconter ce moment décisif ? À quoi pensais-tu avant ton dernier essai ? — J’ai adoré grimper cette finale. J’étais avec des gens que j’apprécie, Adrien a pris le titre, mon frère le podium, j’ai bien grimpé toute la finale, tout était là. J’y suis simplement allée, et inconsciemment j’ai été poussée par ceux qui se trouvaient derrière moi. C’est cet aspect qui me fait tant aimer la compétition, et ce sont ces moments de flow qui nous font vibrer en tant que compétiteurs. Comment juges-tu le niveau des blocs cette année par rapport aux éditions précédentes ? — Impossible d’en juger… je n’étais pas en forme, et encore moins préparée. C’est trop difficile de comparer quand mon niveau actuel n’est pas suffisamment proche de celui que j’avais l’an dernier. Tout ce que je peux dire, c’est que l’ouverture était géniale, que les ouvreurs nous ont proposé des blocs compliqués et super intéressants, et qu’on s’est éclatés. Cette victoire te donne-t-elle un nouvel élan pour la suite de la saison ? Quels sont tes prochains objectifs ? — Ahhh secret ! Non, plus sérieusement, je n’en sais encore rien ! Je vais retrouver l’entraînement, mais ça me ferait plaisir de partir en Coupe du Monde avec mes deux hommes. Adrien Lemaire : une victoire pleine de sens : Félicitations Adrien ! Comment te sens-tu après ce titre de champion de France de bloc 2025 ? — Juste comme sur un nuage. J’ai eu l’impression d’avoir retrouvé un flow de grimpe que j’avais oublié/perdu pendant trop longtemps. J’avais juste envie de jouer et de m’amuser dans un maximum de blocs (que ce soit en qualifs, en demi ou en finale). Le fait de partager ça avec Ori donne à cette médaille un goût tout particulier. Ce championnat a été très disputé jusqu’au dernier bloc. À quel moment as-tu réalisé que tu avais gagné ? — Quand je suis sorti de ce dernier bloc, j’étais très heureux et, dans l’ensemble, satisfait de ma grimpe. Honnêtement, je ne pensais pas accéder à la victoire. J’ai senti que ce dernier bloc était largement réalisable, et que j’avais tout simplement « merdé» … C’était inespéré, et honnêtement, ça a été difficile de tout à fait cerner ce qui se passait. Quand j’ai vu que Paul et Max n’avaient pas non plus réussi à concrétiser sur ce dernier bloc, mes sentiments étaient mitigés : content et ému d’enfin voir que le travail paye et que j’arrive (enfin) à ramener le titre, mais aussi déçu pour Max, qui a fait une compétition exceptionnelle tout le long, et qui méritait tout autant que moi de monter sur cette première marche. Que représente cette victoire pour toi ? Était-ce un objectif majeur de ta saison ? — Oui, les championnats de France étaient l’un des objectifs les plus importants de ma saison. C’est un des gros rendez-vous avec les meilleurs grimpeurs français/mondiaux, mais également un potentiel tremplin pour un accès direct à la saison de coupe du monde. Je suis super heureux de réaliser l’un de mes objectifs ! C’est que le début ! Peux-tu nous raconter comment se sont passées tes phases de qualification et de demi-finale ? As-tu rencontré des difficultés ou as-tu senti que tu montais en puissance au fil de la compétition ? — J’ai commencé la première journée de compétition avec des qualifications très tendues. Ça a été pour moi un gros combat mental et une grosse remise en question sur l’état d’esprit que je voulais adopter. En demi-finale et en finale, j’ai inversé la tendance en oubliant simplement le résultat et en me concentrant sur l’essentiel : m’amuser et grimper sur de beaux blocs. Je pense que je peux dire que ça a bien marché. Comment as-tu abordé cette finale, sachant que le niveau était très relevé avec des grimpeurs comme Paul Jenft et Max Bertone ? — Max est un peu comme mon petit frère, il n’avait pas le droit de me battre (rires). Bon, plus sérieusement, tous les grimpeurs présents en finale (et même en demi-finale) avaient le potentiel de ramener le titre. J’ai adoré partager cette finale avec les gars. Le premier bloc a bien lancé la finale, avec cinq grimpeurs qui le réussissent. Cela t’a-t-il mis en confiance pour la suite ? — Le premier bloc était une sorte de mise en jambes. Le réaliser rapidement était forcément de bon augure pour la suite. Le bloc 2, très physique, n’a été validé par personne. Est-ce frustrant ou rassurant de voir que tout le monde est dans la même difficulté ? — C’est toujours frustrant quand un bloc de la finale ne sort pas, mais ça laisse la porte ouverte à tous les scénarios et, à ce moment-là, tout le monde pouvait encore gagner. Tu es le seul à avoir enchaîné le bloc 3 à vue. Peux-tu nous raconter comment tu as abordé cette dalle et ce qui t’a permis de réussir là où d’autres ont mis plusieurs essais ? — J’ai grimpé très décontracté. J’avais quelques « zones d’ombre » sur les potentielles séquences de pieds à réaliser, mais la prise de décision et le choix de la « bonne » méthode en début de chrono m’ont permis un enchaînement rapide. Cette dalle, ainsi que celle des demi-finales, sont très particulières pour moi. Ces derniers temps, j’ai eu l’impression d’avoir perdu confiance en mes placements, et les blocs techniques me posaient particulièrement problème. Le dernier bloc était ultra exigeant physiquement. Tu chutes la main dans la prise finale… Que s’est-il passé à ce moment-là ? — Le début du dernier bloc était fait de plein de « contorsions » physiques, et la fin était plutôt sur des prises plates et évasées. Pour le dernier mouv’, j’avais prévu de gainer le pied sur la partie plastique du volume et de ramener en statique. Malheureusement, j’ai assez vite perdu le pied et je me suis fait embarquer par le balan. Il me restait toujours un peu de temps, et j’étais persuadé de pouvoir le faire, mais la première partie « contorsion » a eu raison de moi sur mon dernier run. J’étais déçu de ne pas l’avoir topé, mais aussi très heureux de l’ensemble de ma compétition : je savais que je ramenais une médaille à la maison, mais la couleur en était encore incertaine… Arthur Delicque/FFME Quand tu as vu que ni Paul Jenft ni Max Bertone ne parvenaient à toper ce dernier bloc, comment as-tu réagi ? — J’ai été ému, c’est un gros objectif qui se réalise enfin. De plus, j’avais de grands espoirs qu’Oriane décroche elle aussi l’or et qu’on partage cette victoire ensemble. Tu remportes le titre face à des grimpeurs très expérimentés comme Paul Jenft et une jeune génération prometteuse comme Max Bertone. Que penses-tu de cette nouvelle dynamique en équipe de France ? — Je pense qu’on a la chance d’avoir des grimpeurs qui font partie des meilleurs mondiaux. La densité grandit d’année en année, et celle-ci pousse encore plus loin le niveau national. C’est de plus en plus dur de s’affirmer et d’être régulier sur la scène française, et c’est pour moi une chance d’avoir un vivier tel que celui-ci. Cette victoire te donne-t-elle un élan supplémentaire pour les compétitions internationales à venir ? Quels sont tes prochains objectifs ? — Bien sûr ! L’objectif immédiat est de savourer cette victoire, mais surtout de retourner à l’entraînement (j’ai un stage France qui commence mardi) pour être prêt pour cette saison qui s’annonce plutôt incroyable. Quelle leçon tires-tu de cette compétition pour la suite de ta saison ? — De toujours essayer de m’amuser, même en compétition. De garder le sourire et la bonne humeur, c’est dans cet état d’esprit que je grimpe le mieux. Le mot de son club, ES Massy Escalade : Ce succès d’Adrien est avant tout la consécration pour un compétiteur relativement expérimenté du circuit, en partie formé au club dans les catégories jeunes. Il a su tirer parti de ses compétences professionnelles d'ouvreur pour appréhender au mieux les passages, garder son sang-froid et son flegme, et garder la tête froide en finale. Cela lui a permis de déjouer avec brio les pièges des blocs du championnat de France, notamment sur ce bloc en dalle de finale ! L’heure de la maturité et de la consécration a sonné pour lui ! Ce titre national est également le fruit d’une super émulation collective. Les 16 athlètes massicois qualifiés se sont soutenus mutuellement tout le week-end, affichant un état d’esprit irréprochable. C’est la récompense d’une belle dynamique de groupe au sein de l'« armée du Biceps » massicoise, entraînée par les coachs Guillaume Levernier et Ludo Delmotte depuis plusieurs années. Après de nombreuses participations remarquées en finale de Coupe de France senior pour les athlètes de la team ces derniers temps, notamment chez les hommes, la réussite fuyait Massy sur les championnats de France de bloc. Hier, le chat noir est resté au panier ! 👉 Le replay de la compétition :
- IFSC et IRIS : le partenariat qui veut réinventer l’escalade
L’escalade connaît une évolution impressionnante, et une étape clé de cette progression a récemment été franchie avec la nomination de IRIS Sport Media en tant que partenaire exclusif de la Fédération Internationale d'Escalade Sportive (IFSC) . Cette collaboration à long terme, qui s’étendra jusqu'aux Jeux Olympiques de 2032 à Brisbane, marque une nouvelle ère pour l'escalade, un sport déjà en pleine expansion. Mais au-delà de la simple annonce d’un partenariat, cette décision soulève une question cruciale : l’escalade est-elle prête à franchir un nouveau seuil, celui de la sportivité de masse et de la commercialisation de l'événementiel sportif ? @IFSC Un partenaire ambitieux Basée à Londres, IRIS Sport Media, société de conseil en sport, va jouer un rôle déterminant dans le développement commercial de l’IFSC. En tant que nouveau bras commercial de la fédération, IRIS se verra attribuer une multitude de responsabilités : droits médiatiques , parrainage , investissements et organisation d’événements . Ce partenariat ne se limite pas à la gestion des événements traditionnels comme les Coupes du Monde ou les Championnats du Monde, mais vise également à créer un tout nouveau format d’événement, destiné à capter de nouveaux publics et à enrichir l'expérience des fans de la discipline. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Ce "nouveau concept d'événement" pourrait-il signifier des formats plus accessibles, des compétitions plus spectaculaires ou des expériences interactives pour les spectateurs ? Cette initiative soulève des questions : L'escalade pourrait-elle se tourner vers un modèle plus proche de celui des grands événements sportifs mondiaux comme la Formule 1 ou le tennis, où les fans sont invités à vivre l’action en dehors du simple cadre compétitif ? Ce partenariat pourrait aussi mener à une diversification de l'offre de compétitions, avec des événements plus petits et plus ciblés, visant un public local ou régional. À suivre. La montée en puissance de l'escalade : Un phénomène olympique L’escalade a fait ses débuts olympiques en 2020 à Tokyo, et sa présence a été reconfirmée pour Paris 2024, un véritable gage de son essor. L'IFSC, qui voit dans ce phénomène un vecteur de développement incontournable, s’engage dans une démarche ambitieuse avec l’introduction de nouveaux événements en dehors des formats traditionnels. À l'aube de la candidature de Los Angeles pour 2028, l'escalade pourrait se voir offrir une place de choix dans le programme olympique. L'objectif est clair : devenir un sport complet, à part entière, dans les Jeux Olympiques de 2028, une étape décisive pour sa reconnaissance mondiale. Cela soulève une question intéressante : quel impact cette position de "sport olympique" pourrait-elle avoir sur la pratique de l’escalade dans son ensemble ? Si la discipline devient un pilier majeur des Jeux, comment cela influencera-t-il la façon dont elle est perçue par les pratiquants amateurs et les spectateurs ? Cette visibilité accrue pourrait attirer de nouveaux grimpeurs, mais aussi transformer l'image de l'escalade en un sport plus compétitif et institutionnalisé. L’Impact de la stratégie commerciale : Vers une exploitation à grande échelle ? L’ambition d’IRIS Sport Media de propulser l’escalade à un nouveau niveau est indéniable. Selon Luca Baldanza, directeur chez IRIS, la discipline bénéficie déjà d’une excellente couverture médiatique et d’une forte audience. Avec des « chiffres de téléspectateurs impressionnants » lors des précédentes Olympiades, il est probable que l’escalade suscite davantage d’intérêt au-delà des communautés déjà existantes. Mais l’évolution ne sera pas sans défis. En effet, alors que de nouveaux formats et événements feront leur apparition, la fédération devra aussi veiller à ne pas diluer l’esprit original du sport. L’escalade, qui a longtemps été perçue comme une discipline avant tout personnelle, accessible et marquée par des valeurs de camaraderie et de dépassement de soi, pourrait-elle risquer de se transformer en spectacle de masse ? Cette transition vers des formats plus médiatiques et commercialisés pourrait-elle éroder ce qui fait le charme et l’authenticité de ce sport ? Historiquement, d’autres sports ont traversé des transformations similaires, entre popularisation massive et maintien d’une culture plus intime. Prenons par exemple l’histoire du surf, qui, après son entrée dans le grand public, a dû jongler avec la préservation de ses valeurs originelles et les opportunités commerciales qu’il offrait. L’escalade pourrait-elle éviter les mêmes pièges ou sera-t-elle, à son tour, victime de sa propre popularité ? @IFSC IRIS : Une nouvelle dynamique pour un sport en plein essor IRIS Sport Media n’est pas seulement un acteur commercial de plus dans le monde du sport. En effet, cette société se distingue par sa jeunesse et son ambition. Fondée en 2023, elle se positionne déjà aux côtés de grands noms du sport tels que LIV Golf ou la LFP (Ligue de Football Professionnel). Ce rapprochement avec ces géants soulève une question intéressante : dans quelle mesure IRIS pourra-t-elle tirer parti de son expérience avec ces autres fédérations pour redéfinir les codes de l’escalade ? La gestion de l’image de l’escalade, son marketing, la diffusion des événements ou encore la gestion de la relation avec les sponsors et partenaires nécessiteront une approche résolument innovante. Si l’escalade devient aussi populaire que d’autres sports "mainstream" , quel sera son impact sur les athlètes eux-mêmes, mais aussi sur les infrastructures ? Les petites salles d’escalade locales ou les clubs de montagne pourront-ils suivre le rythme de cette expansion, ou risquent-ils de se retrouver éclipsés par la vague de professionnalisation du sport ? L'escalade, entre authenticité et commercialisation La place de l’escalade dans la société va inévitablement changer à mesure que sa popularité croît. Ce sport, qui attire une communauté passionnée par la nature, le défi personnel et l'adrénaline, risque de voir son identité modifiée à mesure qu’il se mondialise et qu’il devient un produit commercial. Pourtant, il est primordial que l’IFSC et IRIS ne perdent pas de vue l’essence même de l’escalade : un sport de dépassement de soi, de connexion avec la nature, d'esprit d'aventure et de solidarité . Il est essentiel que cette transition se fasse de manière réfléchie, en gardant à l’esprit les valeurs fondamentales qui ont fait de l’escalade un sport unique. Si les compétitions deviennent plus spectaculaires, si de nouveaux formats émergent et si le sport trouve sa place dans les médias de masse, il faudra veiller à ce que ces changements ne nuisent pas à ce qui fait de l’escalade bien plus qu’une simple compétition : une manière de vivre, de s’épanouir, et de repousser ses limites, tout en restant fidèle à la culture de liberté et d’indépendance. Alors, à l’approche de ces évolutions majeures, il est légitime de se demander : l'escalade restera-t-elle fidèle à son âme ou se transformera-t-elle en un spectacle grand public comme tant d’autres ? Les passionnés de la première heure pourront-ils suivre ce chemin sans se sentir dépossédés de leur sport ? L’avenir nous le dira. Résumé de l'impact du partenariat entre l'IFSC et IRIS sur l'escalade Le partenariat entre l'IFSC et IRIS Sport Media marque une étape clé dans l'évolution de l'escalade en tant que sport mondial. Voici les principaux effets attendus : Nouvelles opportunités pour les athlètes et les fans : Le partenariat permettra d'offrir plus de compétitions et d'événements interactifs, créant ainsi de nouvelles opportunités pour les athlètes tout en enrichissant l'expérience des fans. Création de nouveaux formats d’événements spectaculaires : IRIS apportera son expertise pour concevoir des événements plus attrayants et diversifiés, qui capteront l'attention d'un public plus large et redéfiniront les standards du sport. Augmentation de la visibilité de l'escalade sur la scène mondiale : Ce partenariat aidera à renforcer la présence médiatique de l'escalade, la plaçant sur une scène internationale avec des diffusions élargies et une visibilité accrue. Plus de sponsors et d’investissements pour le développement du sport : IRIS jouera un rôle crucial dans l'attraction de nouveaux sponsors et investisseurs, permettant à l'IFSC de développer encore plus l'infrastructure et les opportunités dans le monde de l'escalade. @IFSC 🖊️ : GrimpActu. 📸 : IFSC 📰 : GrimpActu.
- Nouvelles règles pour la Coupe du Monde IFSC 2025
La saison 2025 de la Coupe du Monde d'escalade IFSC introduira des changements majeurs, notamment un nouveau système de notation pour l'épreuve de bloc et une augmentation du nombre de grimpeurs en demi-finales et finales. Ces modifications visent à rendre la compétition plus dynamique, plus accessible et à offrir davantage d'opportunités aux grimpeurs du monde entier, en particulier ceux issus de nations moins représentées. @IFSC Un nombre accru de demi-finalistes et finalistes La discipline du bloc harmonise son format avec celui de la difficulté : dorénavant, 24 grimpeurs accéderont aux demi-finales et 8 aux finales. Ce changement vise à diversifier la représentation des nations en finale et à offrir une meilleure visibilité à un plus grand nombre de talents, stimulant ainsi la compétitivité du circuit mondial. Du côté de la difficulté, 2025 marquera également la première année où 24 grimpeurs participeront aux demi-finales, contre 26 précédemment. Cette adaptation garantit une continuité entre les deux disciplines et facilite le suivi des compétitions tant pour les spectateurs que pour les analystes du sport. Autre évolution importante : l'ordre de passage en finale de bloc change. Plusieurs grimpeurs seront simultanément sur le tapis de préparation, à l'exception du premier et du dernier passage qui seront individuels. Cette mesure vise à assurer un spectacle ininterrompu pour les spectateurs, en maintenant un flux constant d’action tout au long des finales. Un système de notation plus transparent Le format de notation en bloc adopte une approche basée sur les points, similaire à celui utilisé pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Chaque passage sera noté selon le barème suivant : 25 points pour un "top", 10 points pour une prise de zone, 0,1 point de pénalité pour chaque tentative supplémentaire. Par exemple, un grimpeur réussissant un bloc à vue obtiendra 25 points, tandis qu’un bloc réussit au deuxième essai lui vaudra 24,9 points. L'objectif de ce système est de rendre le classement plus lisible, aussi bien pour les athlètes que pour les spectateurs, qu’ils soient experts ou nouveaux venus dans le monde de l’escalade. Cette clarté accrue devrait permettre un meilleur engagement du public et renforcer l'intérêt des retransmissions télévisées. @IFSC Des réformes fruit d'une analyse approfondie Ces ajustements sont le résultat de plusieurs années d'analyses stratégiques initiées en 2022. Une proposition élaborée par cinq commissions techniques, ainsi que par la commission médias et marketing et les athlètes eux-mêmes, a finalement été approuvée par le Comité Exécutif de l'IFSC. Le coup d'envoi de cette saison 2025 tant attendue sera donné à Keqiao, en Chine, du 18 au 20 avril. Cette première épreuve sera un véritable test pour ces nouvelles règles, permettant d'évaluer leur impact sur la compétitivité et le déroulement des épreuves. Le calendrier complet des épreuves est d'ores et déjà disponible pour les passionnés d'escalade du monde entier. D'autres articles recommandés : IFSC et IRIS : le partenariat qui veut réinventer l’escalade Sélection 2025 : Un nouveau souffle pour les équipes de France d’escalade Oriane Bertone & Adrien Lemaire reviennent sur leur victoire au championnat de France de bloc 2025
- Thomas Lemagner : revient sur sa victoire à Munich en coupe d’Europe de bloc
La saison internationale d’escalade a officiellement démarré ce week-end à Munich avec la première étape de la Coupe d’Europe de bloc. L’événement a rassemblé un plateau relevé, avec près de 160 grimpeurs et grimpeuses venus se confronter aux premiers blocs de la saison. Parmi eux, une solide délégation française qui n’a pas manqué de d'exceller. Et c’est un tricolore qui s’est imposé chez les hommes : Thomas Lemagner . À seulement 19 ans, ce jeune grimpeur s’entraîne depuis cinq ans au Pôle Espoir de Toulouse et ne cesse de progresser sur la scène nationale et internationale. Déjà en grande forme après sa victoire au sélectif Équipe de France, il a su confirmer son statut en dominant la compétition. De la phase de qualification jusqu’à la finale, il a maîtrisé son ascension, décrochant la première place grâce à une prestation impressionnante. Un succès qui le place idéalement pour la suite de la saison et ses ambitions internationales. Avant de se projeter sur les prochaines échéances, il revient avec nous sur son parcours, son ressenti durant cette compétition et ses objectifs à venir. @Xavier Quintus Salut Thomas, Peux-tu nous raconter globalement la compétition ? Comment as-tu vécu chaque étape : les qualifications, les demi-finales et la finale ? "Les qualifications, c’était plutôt cool dans l’ensemble. Ils prenaient 24 grimpeurs en demi-finale, donc il y avait une certaine marge, mais ce tour reste crucial. Il faut trouver le bon équilibre entre assurer sa place et ne pas trop puiser dans ses réserves. On peut facilement perdre de l’énergie, ce qui peut coûter cher pour la suite de la compétition. En demi-finale, le niveau est monté d’un cran avec des blocs vraiment exigeants. Chaque mouvement comptait et j’ai dû m’accrocher jusqu’au bout. J’ai réussi à sortir deux blocs dans les dix dernières secondes, ce qui a rendu la fin de ce tour particulièrement intense ! C’était chaud, mais cette performance m’a permis de prendre la tête du classement avant la finale. Arrivé en finale, j’avais une seule idée en tête : aller chercher la victoire. J’étais ultra motivé, avec le couteau entre les dents. Passer dernier était à la fois stressant et stimulant : je savais exactement ce que je devais faire pour l’emporter, mais ça ajoutait aussi une pression supplémentaire. Heureusement, j’ai réussi à garder mon sang-froid et à tout donner pour décrocher la première place !" Quel a été le moment clé de cette finale pour toi ? Y a-t-il un passage où tu as senti que la victoire était possible ? "Pour moi, le moment clé s’est joué dès la lecture des blocs . J’ai tout de suite senti qu’ils me convenaient bien. Les styles de mouvements, les prises, les enchaînements… Tout me parlait. Cette première impression a été déterminante, car elle m’a mis en confiance avant même d’attaquer mon circuit. L’aspect mental est crucial, et sentir dès le départ que les blocs sont dans ton registre te donne un vrai avantage psychologique. À partir de ce moment-là, je savais que j’avais une belle opportunité de m’imposer. Restait à transformer cette confiance en performance sur le mur, et heureusement, tout s’est bien enchaîné !" Les blocs en finale semblaient très exigeants techniquement. Quel a été le plus difficile pour toi et pourquoi ? "Le moment le plus difficile pour moi est arrivé juste après le premier bloc . Une fois terminé, j’ai vu que les blocs 2 et 3 sortaient, ce qui signifiait qu’il fallait absolument que je les valide si je voulais rester en course pour la victoire. À ce stade, la difficulté n’était pas seulement physique, mais surtout mentale. Je savais que la moindre erreur pouvait me coûter la première place, et cette pression rendait chaque essai encore plus intense. Il fallait trouver le bon équilibre entre engagement total et lucidité, ne pas se précipiter tout en restant efficace. Gérer ce type de situation est toujours un défi, mais j’ai réussi à rester concentré et à enchaîner ces blocs pour aller chercher la victoire !" @Xavier Quintus Comment as-tu géré la pression d’être dernier à passer en finale ? C’est un avantage ou un inconvénient selon toi ? "C’est à la fois un avantage et un inconvénient . Quand tu passes premier, tu n’as rien à perdre, tu grimpes à fond sans trop te poser de questions, et tu te focalises uniquement sur ta propre performance. Il n’y a pas encore de repères, pas de comparaisons possibles avec les autres compétiteurs. En revanche, passer dernier te donne une vision plus claire de la compétition. Tu sais plus ou moins ce que les autres ont réussi, combien de blocs ils ont validés et ce qu’il te reste à faire pour aller chercher la victoire. C’est un atout stratégique, mais cela ajoute aussi une grosse pression. Il faut réussir à la transformer en énergie positive plutôt que de la subir. Si tu te laisses envahir par le stress, tu peux vite perdre tes moyens, mais si tu arrives à la canaliser, elle peut devenir un vrai moteur de performance." Tu sortais d’une victoire au sélectif Équipe de France. Comment as-tu abordé cette Coupe d’Europe sur le plan mental ? "Pour moi, cette Coupe d’Europe était avant tout une étape clé pour faire le point sur ma préparation et ajuster les derniers détails avant les Coupes du Monde. L’objectif n’était pas seulement la performance, mais aussi de tester de nouveaux processus, voir comment je réagissais dans différentes situations et affiner ma gestion de la compétition. L’un des aspects les plus intéressants de cette finale, c’était de me retrouver dernier à passer, ce qui a ajouté une dimension supplémentaire à la gestion du stress. C’était une excellente mise en situation, car apprendre à performer sous pression est essentiel pour la suite de la saison. Réussir à rester solide mentalement et décrocher ma première victoire en Coupe d’Europe dans ces conditions, c’est une expérience très enrichissante qui va me servir pour les prochaines compétitions !" @Xavier Quintus Comment travailles-tu ta gestion du stress en compétition ? As-tu des routines spécifiques avant d’attaquer un bloc ? "Je ne suis pas du genre à avoir des routines strictes ou des rituels très cadrés avant chaque bloc. Je préfère adopter une approche plus instinctive et naturelle. Ce qui m’aide vraiment, c’est de me remémorer de bons moments, des réussites passées, des sensations positives en escalade. Ça me met dans un état d’esprit confiant et détendu. L’essentiel pour moi, c’est de profiter à fond du moment présent. Plutôt que de trop me focaliser sur l’enjeu ou sur ce qui pourrait mal se passer, j’essaie de prendre du plaisir, d’être pleinement dans l’instant. Cette approche me permet de transformer la pression en une énergie positive et de grimper avec plus de fluidité et de spontanéité." Cette victoire te met dans une bonne dynamique pour la suite. Quels sont tes objectifs principaux pour les prochaines compétitions ? "Cette victoire, ainsi que celle du sélectif, m'ont apporté une grande confiance en moi. Elles m'ont réellement prouvé que j'étais prêt sur le plan physique, et c'est vraiment agréable de le constater. Cela me motive encore plus pour la suite. En ce qui concerne les prochaines compétitions, la saison de Coupe du Monde s'annonce longue et exigeante, mais c'est également une opportunité précieuse. L'objectif principal sera de continuer à progresser et, si possible, de viser des podiums, voire des victoires. Chaque compétition sera une occasion d'affiner ma préparation et de donner le meilleur de moi-même pour atteindre ces objectifs." Les Championnats du Monde à Séoul sont un objectif pour toi. Quels résultats faudrait-il atteindre pour y parvenir ? "Les Championnats du Monde à Séoul représentent bien sûr l'objectif principal de l'année. C'est une compétition de très haut niveau, et j'y suis pleinement concentré. Cependant, il faudra d'abord obtenir des résultats solides lors des qualifications et des autres compétitions importantes pour pouvoir être sélectionné. La sélection dépendra des performances globales, de la constance et des résultats obtenus tout au long de la saison. Je vais donc me préparer de manière optimale pour maximiser mes chances d'y participer et d'y obtenir les meilleures performances possibles." Un mot sur Léo Favot qui partage le podium avec toi ? C’est inspirant d’avoir plusieurs Français aussi performants ? "C'est vraiment inspirant et extrêmement stimulant de partager ces moments avec des athlètes aussi talentueux. Le fait que nous ayons été quatre Français en finale, c'était juste incroyable ! C'est une vraie source de motivation de voir qu'on évolue dans un environnement où la compétition est à la fois intense et solidaire. Quant à Léo, c'est un athlète de grande qualité, mais je pense qu'il a peut-être un peu abusé des magnums chocolat pour espérer décrocher la victoire cette fois-ci ! Plus sérieusement, il reste un concurrent redoutable et c'est un plaisir de le retrouver sur le podium avec nous." D'autres articles recommandés : Oriane Bertone & Adrien Lemaire reviennent sur leur victoire au Championnat de France de Bloc 2025 Dock Masters 2025 : Arthur Rebollo triomphe à Utrecht Les Grips à travers l’objectif de David Pillet @Xavier Quintus
- Climb Up Aubervilliers : Une grève inédite secoue le monde de l'escalade indoor
C’est une première en France : une salle d’escalade a dû fermer ses portes non pas à cause d’un incident technique, mais suite à une mobilisation historique de son personnel. À Climb'Up Aubervilliers, l’exaspération accumulée face à des conditions de travail jugées inacceptables a fini par exploser, poussant les employés à un mouvement de grève sans précédent, soutenu par la CGT. Manque de moyens, salaires insuffisants, management oppressant… les revendications sont nombreuses, et les travailleurs de l’escalade semblent avoir atteint un point de non-retour. Des revendications claires et pressantes Moniteurs, hôtes d'accueil et ouvreurs ont cessé le travail pour dénoncer une dégradation de leurs conditions de travail et des pratiques managériales jugées toxiques. Parmi leurs principales revendications : Conditions de travail insuffisantes : hygiène négligée, matériel laissé à l'abandon, absence de formations sécuritaires. Management oppressant : surveillance abusive, dénigrement des employés, climat de méfiance. Salaires gelés : aucune revalorisation malgré des horaires contraignants (week-ends et jours fériés). Efforts physiques non compensés : les ouvreurs, soumis à des charges lourdes et à des efforts intenses, ne disposent d’aucun aménagement ou prise en charge pour leurs soins. Absence de tickets restaurant : une revendication de longue date, toujours ignorée. Un mouvement qui fait bouger les lignes Cette grève ne se limite pas à Climb Up Aubervilliers. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large où les travailleurs de l’escalade indoor revendiquent de meilleures conditions et une reconnaissance de leur métier. Alors que la discipline se professionnalise et attire un public croissant, les salariés estiment que leurs conditions de travail ne suivent pas cette évolution. L’entreprise affiche des valeurs de bien-être et de dépassement de soi, mais la réalité vécue par ses employés semble en décalage. Les grimpeurs, fidèles clients de la salle, sont aussi concernés : un personnel en souffrance ne peut garantir un environnement sécurisé et propice à la progression. Quelles perspectives ? Pour l’instant, la direction de Climb Up reste discrète. De leur côté, les salariés grévistes reçoivent de nombreux soutiens, et leur pétition circule activement. Faute de solutions rapides, cette mobilisation pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l’escalade indoor en France. Ce mouvement soulève aussi une question plus large : celle des conditions de travail dans les structures sportives privées. L’escalade, devenue discipline olympique, doit évoluer sans sacrifier ceux qui rendent cette pratique accessible au grand public. Un appel à l’action : signez la pétition pour un changement urgent ➡️ Signez la pétition maintenant et faites partie du changement. Leur grève n’est pas seulement un cri de colère, mais un appel à la prise en compte de leurs revendications légitimes. Une pétition a été lancée pour faire entendre leur voix et obtenir des améliorations concrètes. En tant que moniteurs, ouvreurs ou hôtes d'accueil, leur engagement est essentiel à la qualité de l’expérience client, mais ils méritent aussi une reconnaissance équitable de leur travail. Soutenir ce mouvement n’est pas seulement un acte de solidarité ; c’est un engagement pour un futur où l’escalade indoor sera plus respectueuse des travailleurs qui la rendent possible. ➡️ Depuis Mediapart s’est emparé de l’affaire, découvrez notre article complet pour tout comprendre ici
- Encadrement en escalade : un diplôme de trop ?
C’est un tournant pour la structuration de l’enseignement de l’escalade en France. La Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) a annoncé l’enregistrement du TFP Moniteur d’escalade sur structure artificielle (TFP MESA) au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Un nouveau diplôme de niveau 4 qui vient compléter, voire complexifier, l’offre de formations déjà bien fournie dans le domaine. Selon la FFME : " cette nouvelle certification professionnelle vient s’insérer dans la filière d’encadrement existante, entre le CQP AESA, diplôme de niveau 3 visant l’initiation sur SAE, et le DEJEPS escalade, diplôme de niveau 5 visant l’entraînement et l’encadrement sur sites naturels d’escalade." Un diplôme supplémentaire pour encadrer l’escalade en salle Le TFP MESA permet d'enseigner l’escalade en salle, de l’initiation au perfectionnement, au sein des clubs, des structures affiliées et des salles privées. Il repose sur trois compétences clés : Encadrer des cycles d’apprentissage en SAE, Créer des itinéraires adaptés, Contribuer au développement d’une structure d’escalade. Si cette certification vise à professionnaliser l’encadrement, elle soulève toutefois des interrogations sur son impact dans un secteur déjà bien structuré. Un diplôme supplémentaire : utile ou redondant ? Le TFP MESA s’ajoute à une liste déjà longue de diplômes liés à l’encadrement de l’escalade : DESJEPS Escalade ( Diplôme d’état supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et des sports spécialité performance sportive, mention escalade) Licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) DEJEPS Escalade (Diplôme d'état de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport mention escalade ) qui connait 2 spécialisations: entraînement et milieu naturel BP JEPS (brevet professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport) BAPAAT (Brevet d’Aptitude Professionnelle d’Assistant Animateur Technicien) CQP AESA (Animateur Escalade sur Structure Artificielle) Diplômes fédéraux délivrés par la FFME et la FSGT pour les bénévoles Avec une telle diversité, la question se pose : cette certification répond-elle à un besoin réel ou complexifie-t-elle davantage le paysage de la formation en escalade ? Une opportunité pour les grandes salles de grimpe… au détriment des moniteurs ? Si le TFP MESA vise à structurer le métier, il pourrait aussi servir les intérêts économiques des grandes salles privées. En effet, avec un diplôme de niveau 4, il sera possible d’employer des encadrants moins qualifiés qu’un titulaire d’un DEJEPS. Ces moniteurs, moins formés, seront probablement moins bien rémunérés, permettant aux gestionnaires de salles de réduire leurs coûts salariaux. Un modèle qui pourrait ressembler à ce qui se fait déjà dans certaines structures : embaucher plusieurs moniteurs à moindre coût et confier la gestion technique et administrative à un unique titulaire d’un DEJEPS. Cette approche soulève une question cruciale : assiste-t-on à une baisse des exigences en matière de formation, au profit d’une logique économique ? Un diplôme qui pourrait accentuer la précarisation des moniteurs ? L’introduction du TFP MESA pose un risque majeur : celui de voir émerger une main-d’œuvre sous-payée, avec des conditions de travail précaires ce qui semble déjà être déjà le cas dans certaines salles en France : Climb Up Aubervilliers : Une grève inédite secoue le monde de l'escalade indoor . Avec un niveau de qualification réduit, le risque est de voir l’enseignement de l’escalade se standardiser, transformant les moniteurs en simples exécutants. Par ailleurs, les titulaires d'un TFP MESA ne pouvant pas encadrer en extérieur, leur évolution professionnelle serait limitée. Les titulaires du DEJEPS escalade pourraient percevoir cette certification comme une concurrence déloyale, menaçant les salaires et la reconnaissance du métier. De nombreuses salles pourraient être tentées de privilégier l'embauche de moniteurs moins qualifiés, au détriment d'une formation approfondie et d'une rémunération juste. Professionnalisation ou logique marchande ? Le TFP MESA est présenté comme un outil de structuration du métier de moniteur d'escalade. Mais en multipliant les certifications, la FFME amène à se demander si elle cherche vraiment à améliorer l'encadrement ou si elle s'adapte aux contraintes économiques des salles commerciales. Cette segmentation des diplômes répond-elle à un besoin pédagogique ou est-elle simplement un moyen de fournir aux employeurs des travailleurs moins qualifiés et donc plus abordables ? Un équilibre à trouver Si la professionnalisation de l’enseignement de l’escalade est un enjeu légitime, le TFP MESA pose plusieurs questions : Est-il nécessaire dans un contexte de formations déjà nombreuses ? Ne risque-t-il pas de tirer les salaires vers le bas ? Complique-t-il l’accès à la profession pour les employeurs et les moniteurs ? Est-il conçu pour améliorer la qualité de l’enseignement ou pour réduire les coûts des salles privées ? Comment les moniteurs actuels vont-ils s’adapter à cette nouvelle donne ? La première session, prévue en septembre 2025, apportera sans doute des éléments de réponse. En attendant, le TFP MESA s’annonce comme un diplôme qui, loin de valoriser le métier de moniteur d’escalade, pourrait bien renforcer sa précarisation. Affaire à suivre ! ➡️Que pensez-vous du TFP MESA ? Une avancée ou une menace pour les moniteurs d’escalade ? Vous pouvez donner votre avis dans l'espace commentaire en dessous de l'article. ✍ : Théo de GrimpActu
- Climbing District : Une deuxième vague de grève secoue le monde de l’escalade indoor
À peine une semaine après la grève inédite chez Climb Up Aubervilliers , c’est désormais au tour des salarié·es de Climbing District de hausser le ton. Dans un climat de tension croissante, une deuxième mobilisation fait irruption dans l’univers de l’escalade indoor, révélant une crise plus profonde qu’il n’y paraît. Cette fois, ce sont les équipes de Climbing District qui s’arrêtent pour dénoncer une dégradation continue de leurs conditions de travail. Une mobilisation révélatrice d’un malaise généralisé Ce nouveau mouvement de grève, porté par la CGT et soutenu par de nombreux grimpeurs et grimpeuses, dénonce une logique de rentabilité poussée à l’extrême, au détriment de la santé physique et mentale des salarié·es. Entre plannings instables, surcharge de travail, et pression commerciale constante, les équipes affirment ne plus pouvoir suivre le rythme. La goutte d’eau ? L’annonce récente de neuf licenciements économiques, survenue juste après le rachat de quatre salles à Londres, l’une des villes les plus chères au monde. Une stratégie financière incomprise, vécue comme une trahison par le personnel déjà à bout de souffle. Des conditions de travail dénoncées comme intenables Les témoignages convergent : horaires démentiels (démarrages à 6h30, fins de service après minuit), heures supplémentaires imposées sans consultation, absences de majoration pour les dimanches, jours fériés ou horaires de nuit. Le tout, sans compensation adéquate ni dialogue avec la direction. Les employés évoquent également des pratiques managériales anxiogènes : surveillance intrusive, communication brutale, objectifs de chiffre d’affaires jugés inatteignables. Certaines équipes affirment même être poussées à contourner les règles de sécurité pour maximiser les ventes : comme autoriser l’accès à des enfants trop jeunes aux zones adultes. Un métier exigeant, peu reconnu Derrière le sourire des hôtes et l'énergie des équipes d'accueil se cache une réalité bien différente. Ramassage de serviettes sales, gestion de flux importants de public, inhalation prolongée de magnésie, exposition à des nuisibles... le quotidien est loin d’être glamour. Malgré cette polyvalence, la rémunération reste proche du SMIC, avec des primes difficilement atteignables. Les salariés alertent également sur le manque de formation et de reconnaissance. Certains assurent la sécurité de pratiquant·es sans diplôme spécifique, mettant leur responsabilité en jeu sans protection adéquate. Une vision de l'escalade à repenser Alors que Climbing District cherche à s’imposer comme une référence "premium" dans le paysage de l’escalade, la dissonance entre le discours marketing et la réalité vécue par ses équipes devient criante. La suppression des tarifs réduits pour les publics précaires, couplée à une hausse importante des prix, pose également la question de l’accessibilité de ce sport. Face à cette situation, les salarié·es appellent à une revalorisation des salaires, un meilleur respect de leurs droits (notamment via le DUERP), des conditions de travail saines et sécurisées, et une véritable concertation avec la direction. Une caisse de grève a été mise en place pour soutenir le mouvement. Une dynamique nationale en train de naître ? Après Aubervilliers, Climbing District devient le symbole d’un mouvement plus large qui pourrait s’étendre à d'autres structures. La professionnalisation de l’escalade doit s’accompagner d’une reconnaissance réelle de ceux et celles qui la rendent possible au quotidien. Ce mouvement, bien plus qu’une simple grève, questionne profondément les fondements d’un modèle économique qui sacrifie l’humain à la performance. Pour les salarié·es, l’heure est venue de remettre les valeurs de l’escalade au cœur du fonctionnement de leurs entreprises.
- L'Escalade aux JO de Los Angeles 2028 : Trois disciplines, trois médaille
L'escalade sportive fait un grand saut en avant aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Chaque discipline : la vitesse, la difficulté et le bloc auront désormais leurs propres médailles. Une première dans l’histoire des JO, après des ajustements majeurs depuis l’introduction du sport en 2020 à Tokyo. @IFSC Une révolution pour l'escalade Depuis sa première apparition olympique, l'escalade n'a cessé d'évoluer. À Tokyo 2020, les athlètes concouraient dans un format combiné, avec une médaille par genre pour l’ensemble des trois disciplines. En 2024, à Paris, la compétition s’est étoffée avec deux sets de médailles, mais ce n'est qu'à Los Angeles en 2028 que chaque discipline aura sa propre chance de briller. Enfin, la vitesse, la difficulté et le bloc disposeront chacune de leurs propres épreuves, permettant aux athlètes de se spécialiser et de montrer l'étendue de leur talent dans chaque discipline. Une reconnaissance bien méritée Cette évolution est également une avancée pour l’équité entre les différentes pratiques. Le président de la Fédération Internationale d'Escalade Sportive (IFSC), Marco Scolaris, a exprimé son enthousiasme : « Chaque discipline a ses particularités, et à Los Angeles, elles auront toutes l’occasion de briller en tant qu’entités à part entière. C’est un moment historique pour notre sport. » Avec cette nouvelle structure, l’escalade s’ouvre à une plus grande diversité de performances. La vitesse, rapide et spectaculaire, met en valeur la puissance et la technique ; la difficulté, exigeant et stratégique, teste la résistance et la gestion de l’effort ; tandis que le bloc, créatif et audacieux, dévoile la fluidité et l’improvisation des grimpeurs. Chacune de ces disciplines possède sa propre magie et ses propres héros. Plus de places, plus de chances Les JO de Los Angeles 2028 verront un total de 76 athlètes qualifiés pour ces trois disciplines (38 hommes et 38 femmes). Et une bonne nouvelle pour les grimpeurs polyvalents : la possibilité de concourir dans plusieurs épreuves. L’augmentation du quota d’athlètes et la multiplication des médailles promettent une compétition encore plus palpitante. Un travail collectif Ce grand tournant n’aurait pas été possible sans une collaboration intense entre tous les acteurs de l'escalade. Des athlètes aux spectateurs, en passant par les entraîneurs et les responsables des fédérations. Tous ont contribué à faire entendre la voix de l'escalade sur la scène olympique. Le travail avec le CIO et LA28 a été un exemple de collaboration humaine et sportive, et c’est avec gratitude que les responsables de l'IFSC regardent vers l'avenir. À Los Angeles 2028, l’escalade connaîtra une visibilité sans précédent. Chaque discipline sera mise en lumière, offrant aux athlètes et au public une compétition riche en émotions. Ce sera l’occasion de découvrir toute la diversité de ce sport . ➡️ A lire également : Nouvelles règles pour la Coupe du Monde IFSC 2025 : Article ici @IFSC












