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  • Incendie à Fontainebleau : les secteurs d'escalade touchés et l'avenir du massif

    Après plusieurs jours de lutte contre un incendie d'une ampleur exceptionnelle, les deux principaux foyers qui ont touché la forêt de Fontainebleau sont désormais fixés, mais pas encore totalement éteints. Près de 2 000 hectares, soit environ 10 % du massif forestier, ont été parcourus par les flammes. Alors que la forêt reste fermée au public, l'interdiction d'accès est prolongée jusqu'au lundi 20 juillet au matin afin de faciliter le travail des secours et la surveillance du massif. Un premier état des lieux permet également d'identifier les secteurs d'escalade concernés et de mesurer les conséquences écologiques de ce sinistre majeur. La fumée se dissipe, mais le combat est loin d'être terminé. Depuis le début des incendies, les sapeurs-pompiers, les forestiers, les services de l'État et de nombreux bénévoles restent mobilisés afin d'éviter toute reprise des flammes. Si les deux principaux foyers sont désormais circonscrits, ils ne sont pas encore totalement éteints, et plusieurs jours de surveillance seront encore nécessaires. Pour la communauté de l'escalade, c'est une blessure profonde qui touche l'un des sites les plus emblématiques de la discipline. Fontainebleau, considéré comme le berceau du bloc moderne, voit aujourd'hui une partie de son patrimoine naturel profondément transformée. Photo : © SDIS 77 Un incendie historique pour la forêt de Fontainebleau Avec près de 2 000 hectares parcourus par les flammes, l'incendie figure parmi les plus importants survenus dans la moitié nord de la France au cours des vingt dernières années. Au plus fort de la crise, près de 950 sapeurs-pompiers ont été mobilisés. Les moyens engagés étaient exceptionnels pour l'Île-de-France : deux Canadair, deux hélicoptères bombardiers d'eau et des renforts venus de nombreux départements ont été déployés afin de contenir un feu favorisé par une sécheresse particulièrement marquée. Aujourd'hui, les incendies sont fixés. Cela signifie que leur progression est stoppée et que les foyers sont contenus dans un périmètre défini. En revanche, ils ne sont pas totalement éteints et les opérations de surveillance se poursuivent afin d'éviter toute reprise. Quels secteurs d'escalade ont été touchés ? Grâce aux premières analyses des images satellites du programme européen Copernicus, un premier inventaire des zones potentiellement impactées par l'incendie commence à se dessiner. Pour les grimpeurs, cette cartographie permet d'identifier les secteurs de blocs qui pourraient avoir été concernés par le passage des flammes, même si l'état précis de chaque site devra encore être confirmé sur le terrain. Parmi les secteurs d'escalade potentiellement touchés figurent notamment le Bois de la Garenne, le Bois des Grands Béorlots, le Bois des Hauts de Milly, le Bois du Rocher, le Carrefour du Guetteur, les Cavachelins, le Cimetière aux Ânes, le Comptage, le Diplodocus, la Grande Montagne, la Justice de Noisy, le Moine, le Mont Rouget, le Pignon des Poivres, la Roche aux Sabots, le Rocher Cailleau, le Rocher de la Cathédrale, le Rocher de la Tortue, le Rocher des Gros Sablons, le Rocher du Général, le Rocher du Potala, le Rocher Fin, le Rocher Guichot ainsi que les Sables du Cul du Chien. D'autres zones emblématiques du massif apparaissent également dans cet inventaire, parmi lesquelles la Vallée Chaude, la Vallée de la Mée, la Vallée de la Gorge aux Archers, le Bois des Petits Béorlots, la Plaine de la Haute Borne, la Gorge aux Mérisiers, la Mare aux Corneilles, le Mont Aigu, le Mont Enflammé, les Petits Feuillards, la Plaine du Puits du Cormier, le Polygone, le Rocher de la Combe, le Rocher de la Salamandre, le Rocher du Long Boyau ainsi que les Rochers et Platières des Gorges du Houx. Au total, ce sont plusieurs dizaines de secteurs de blocs et de parcelles forestières qui semblent avoir été concernés par l'incendie, aussi bien dans la forêt de Fontainebleau que dans le massif des Trois Pignons. Il convient toutefois de rester prudent. Cet inventaire repose sur des analyses d'images satellitaires et ne permet pas encore d'évaluer précisément l'intensité des dégâts sur chaque secteur. Certaines zones pourraient avoir été traversées par un feu de surface, laissant espérer des dommages limités, tandis que d'autres pourraient avoir subi un impact beaucoup plus important. Seules les observations de terrain permettront d'établir un bilan définitif. Une forêt qui mettra des décennies à se reconstruire Au-delà des blocs et des secteurs d'escalade touchés, c'est tout un écosystème qui a été fragilisé par les flammes. Le massif de Fontainebleau abrite près de 6 600 espèces animales, dont une grande diversité d'oiseaux, de mammifères et d'insectes. Les incendies ont notamment concerné des zones de landes et de milieux ouverts particulièrement sensibles, où vivent plusieurs espèces protégées. Parmi les inquiétudes figure la fauvette pitchou, un petit passereau qui dépend des landes à bruyère pour se reproduire et dont Fontainebleau accueille l'une des principales populations d'Île-de-France. L'alouette lulu, autre espèce nichant au sol dans ces milieux ouverts, fait également partie des espèces susceptibles d'avoir été affectées. Il faudra toutefois attendre l'extinction complète des incendies et le travail d'évaluation des spécialistes pour mesurer précisément l'impact sur la faune. Si certains animaux ont probablement réussi à fuir ou à trouver refuge dans des zones épargnées, l'impact réel sur les populations animales ne pourra être évalué qu'après les observations menées par les spécialistes. Les espèces vivant dans les sols — insectes, micro-organismes ou petits organismes souterrains — ont notamment été particulièrement exposées au passage du feu. Les conséquences ne s'arrêtent pas au moment où les flammes disparaissent. La disparition du couvert végétal modifie profondément les équilibres du milieu naturel et peut perturber durablement les chaînes alimentaires. Les arbres encore debout ne sont pas forcément sauvés : certains pourraient mourir dans les prochaines semaines, leurs racines ayant été endommagées par la chaleur. La forêt de Fontainebleau se reconstruira, mais cette régénération prendra du temps. Selon les secteurs et l'intensité du feu, plusieurs décennies pourraient être nécessaires pour retrouver un paysage proche de celui que les grimpeurs connaissent aujourd'hui. Quand pourra-t-on retourner grimper à Fontainebleau ? Pour les grimpeurs, la question est désormais centrale : quand sera-t-il possible de retrouver les blocs de Fontainebleau ? À ce jour, aucune date de réouverture du massif n'a été annoncée. La forêt reste fermée au public au moins jusqu'au 20 juillet afin de permettre aux pompiers de poursuivre leur travail de surveillance, aux forestiers d'évaluer les dégâts et aux différents services mobilisés de sécuriser les zones touchées. Au-delà du risque incendie encore présent, plusieurs secteurs devront faire l'objet d'une attention particulière avant un éventuel retour des pratiquants. Le passage des flammes peut avoir fragilisé certains arbres, modifié les accès et rendu certaines zones dangereuses. La réouverture ne dépendra donc pas uniquement de l'extinction complète des foyers, mais également de l'évaluation des risques pour les visiteurs. Les autorités devront s'assurer que les conditions permettent un retour sécurisé dans le massif. Un retour à la normale prendra donc du temps. Fontainebleau reste aujourd'hui un massif profondément marqué par cet incendie, et la priorité demeure de laisser les secours, les forestiers et les spécialistes terminer leur travail avant d'envisager le retour des grimpeurs. Une enquête toujours en cours sur l'origine des incendies Alors que les secours poursuivent les opérations de surveillance et que le massif commence seulement à révéler l'étendue des dégâts, l'enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer l'origine des différents départs de feu qui ont touché la forêt de Fontainebleau depuis le 12 juillet. Deux hommes âgés de 18 ans ont été mis en examen pour destruction par incendie et placés en détention provisoire. Ils sont soupçonnés d'être impliqués dans deux incendies distincts survenus dans le massif. L'un des suspects, jeune sapeur-pompier volontaire au sein du SDIS de Seine-et-Marne, est soupçonné d'avoir provoqué un départ de feu à Arbonne-la-Forêt. Le second serait impliqué dans un incendie déclenché dans le secteur de la Faisanderie, près de Fontainebleau. Les investigations devront désormais permettre d'établir précisément les circonstances de ces départs de feu. L'enquête reste ouverte afin d'établir précisément l'origine de chaque foyer et les responsabilités éventuelles. Un massif profondément marqué Si la progression des incendies est désormais stoppée, les conséquences de ce sinistre accompagneront durablement Fontainebleau. Pour les grimpeurs comme pour l'ensemble des amoureux du massif, les prochains mois seront consacrés à la découverte de l'étendue réelle des dégâts et au suivi de la reconstruction progressive de cette forêt emblématique. Cette catastrophe rappelle également la responsabilité collective de tous les usagers du massif. La préservation de Fontainebleau passera plus que jamais par le respect des règles de sécurité, la vigilance de chacun et une prise de conscience de la fragilité de ces espaces naturels exceptionnels. La priorité restera de respecter les mesures mises en place afin de permettre aux secours, aux forestiers et aux spécialistes d'achever leur travail dans les meilleures conditions et d'accompagner la régénération du massif au fil des années. © SDIS 77 ✍️ : Théo de GrimpActu

  • Drapeau palestinien géant à Chamonix : mobilisation pendant la Coupe du monde d’escalade

    Un drapeau palestinien géant de 540 m² a été déployé dimanche 12 juillet 2026 à 3 500 mètres d’altitude dans le massif du Mont-Blanc, pendant la Coupe du monde d’escalade de Chamonix. L’action menée par un groupe d’alpinistes anonymes intervient dans le cadre d’une mobilisation visant World Climbing et la FFME au sujet de la fédération israélienne d’escalade (ILCA). Un vote international sur une éventuelle suspension doit avoir lieu le 23 juillet. Drapeau palestinien géant à Chamonix Un drapeau palestinien de 540 m² à Chamonix Le massif du Mont-Blanc est devenu, le temps d’un week-end, le lieu d’une action militante. Dimanche 12 juillet 2026, un groupe d’alpinistes anonymes a installé un immense drapeau palestinien sur une paroi située entre les aiguilles du Grand Charmoz et du Grépon, à environ 3 500 mètres d’altitude. Avec ses dimensions annoncées de 30 mètres sur 18 mètres, soit une surface totale de 540 m², le drapeau était visible depuis une grande partie de Chamonix, notamment depuis la place du Mont-Blanc où se déroulaient les finales de la Coupe du monde d’escalade. L’action intervient alors que la communauté internationale de l’escalade s’interroge sur la place des questions géopolitiques dans le sport et sur les décisions que devra prendre prochainement World Climbing. Une mobilisation pendant la Coupe du monde La présence de ce drapeau géant n’est pas un acte isolé. Elle intervient au terme d’un week-end marqué par plusieurs actions de soutien à la cause palestinienne autour de la compétition chamoniarde. Vendredi 10 juillet, une manifestation pacifique a réuni plusieurs organisations locales, nationales et internationales issues notamment des milieux associatifs de la montagne, de l’escalade et de la solidarité internationale. Les participants ont notamment appelé World Climbing — anciennement connue sous le nom d’IFSC — ainsi que la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) à prendre position concernant la fédération israélienne d’escalade (ILCA). Une pétition lancée dans ce cadre aurait recueilli plus de 1 250 signatures, demandant la suspension de l’ILCA auprès de l’instance internationale de l’escalade. ➡️ À lire également : World Climbing votera sur la suspension de la fédération israélienne le 23 juillet Manifestation Chamonix @arthur delicque World Climbing doit voter sur une éventuelle suspension de l’ILCA La mobilisation intervient quelques jours avant une échéance importante pour l’escalade internationale. Le 23 juillet 2026, les fédérations nationales membres de World Climbing doivent se réunir lors d’une assemblée générale extraordinaire afin de voter sur une possible suspension de l’ILCA. Cette procédure fait suite à une demande portée par la Palestine Climbing Association (PCA). Selon les organisations à l’origine de la mobilisation, cette demande repose sur des accusations concernant le respect des statuts de World Climbing et des principes encadrant les compétitions internationales. L’issue de ce vote pourrait constituer un précédent majeur pour la gouvernance du sport d’escalade, alors que les fédérations internationales sont régulièrement confrontées à la question de leur positionnement face aux conflits politiques et aux atteintes aux droits humains. Une action symbolique au cœur du massif du Mont-Blanc Dans un communiqué attribué au groupe d’alpinistes ayant installé le drapeau, les grimpeurs expliquent avoir voulu utiliser la montagne comme espace d’expression et de solidarité. « Sur ces montagnes qui illuminent nos vies, nous brandissons le drapeau palestinien. Avec l’espoir que les enfants de Gaza et de Cisjordanie pourront, un jour, comme nous : grandir, circuler, grimper, vivre. » Le choix du site n’est pas anodin. Les aiguilles de Chamonix représentent l’un des symboles historiques de l’alpinisme mondial et accueillent chaque été une partie importante de la communauté internationale de la grimpe à l’occasion de la Coupe du monde d’escalade. ➡️ À lire également : Militantisme en escalade : quand la grimpe rejoint les luttes Des slogans projetés au laser pendant les finales de difficulté La compétition a également été marquée par des interventions pendant les finales de difficulté du dimanche soir. Devant environ 20 000 spectateurs, des militants ont projeté plusieurs messages au laser pendant l’événement, dont « Free Palestine », « Israël out » et « Climbers stand for Palestine ». Ces projections ont provoqué différentes réactions dans le public présent sur la place du Mont-Blanc, certains spectateurs reprenant notamment des slogans de soutien. Des drapeaux palestiniens ont également été brandis durant la soirée. L’organisation de la compétition n’a pas été interrompue par ces actions, mais leur visibilité a placé la question politique au centre de l’actualité autour de la Coupe du monde d’escalade de Chamonix. Conclusion Le déploiement d’un drapeau palestinien géant dans le massif du Mont-Blanc pendant la Coupe du monde d’escalade de Chamonix marque un moment inédit dans l’histoire récente de la discipline. Au-delà de l’action symbolique menée en altitude, cette mobilisation s’inscrit dans un débat plus large qui dépasse les frontières de la grimpe. Le rendez-vous du 23 juillet avec le vote de World Climbing sur une éventuelle suspension de l’ILCA constituera une étape déterminante pour l’avenir de la gouvernance de l’escalade internationale. Manifestation Chamonix @arthur delicque ✍️ : Théo de GrimpActu

  • World Climbing votera sur la suspension de la fédération israélienne le 23 juillet

    Le 23 juillet 2026, les fédérations membres de World Climbing seront appelées à voter en Assemblée générale extraordinaire sur une proposition de suspension de la Fédération israélienne d’escalade (ILCA). À l’origine de cette initiative, la Palestine Climbing Association (PCA) et plusieurs collectifs internationaux qui dénoncent des pratiques jugées incompatibles avec les règles de la fédération mondiale. Le vote s’inscrit dans un contexte où l’escalade internationale est de plus en plus confrontée à des décisions impliquant des enjeux géopolitiques. Une Assemblée générale exceptionnelle pour une décision hautement politique Le monde de l’escalade s’apprête à vivre l’un des votes les plus sensibles de son histoire récente. En avril 2026, World Climbing a confirmé la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire consacrée à plusieurs questions dites “géopolitiques”, après que ses membres ont estimé que ces sujets nécessitaient un cadre de discussion distinct de l’Assemblée générale ordinaire. Parmi les dossiers attendus figure une proposition visant à suspendre la Israel Climbing Association (ILCA), la fédération nationale israélienne. Si elle était adoptée, cette mesure empêcherait l’ILCA de représenter Israël au sein de World Climbing. Les promoteurs de la motion indiquent toutefois que les athlètes israéliens pourraient continuer à participer aux compétitions internationales sous statut neutre, sur un modèle proche de celui appliqué à certains sportifs russes et biélorusses. ➡️ À lire également : la Russie et la Biélorussie réintégrées pour les compétitions internationales d’escalade. 📌 Ce qui pourrait être soumis au vote le 23 juillet À ce stade, le texte officiel de la résolution n’a pas encore été publié par World Climbing. L’Assemblée générale extraordinaire a toutefois été convoquée pour examiner plusieurs questions géopolitiques, dont une proposition de suspension de la Fédération israélienne d’escalade (ILCA). Selon les informations communiquées par les organisations à l’origine de la demande de suspension, les fédérations nationales devraient notamment être appelées à se prononcer sur : la suspension ou non de l’Israel Climbing Association (ILCA) en tant que fédération membre de World Climbing ; les modalités de participation des athlètes israéliens, qui pourraient continuer à concourir sous bannière neutre si la suspension était adoptée, selon les promoteurs de la motion ; le maintien ou l’évolution du régime appliqué aux fédérations russe et biélorusse, déjà au cœur des discussions de World Climbing depuis le début de la guerre en Ukraine. Comme lors de toute assemblée générale, ces mesures dépendront du vote des fédérations nationales membres. Les résultats seront publiés à l’issue du scrutin par World Climbing. Pourquoi cette demande de suspension ? La proposition émane de la Palestine Climbing Association (PCA), soutenue par plusieurs organisations dont Climbers for Palestine. Ces organisations estiment que la fédération israélienne aurait mené des activités incompatibles avec les statuts de World Climbing et les principes d’équité sportive. Un rapport publié fin 2025 par des chercheurs liés à la branche espagnole de Climbers for Palestine constitue l’un des principaux éléments avancés. Selon ses auteurs, l’ILCA serait impliquée dans la promotion de sites d’escalade situés en Cisjordanie occupée, présentés comme faisant partie d’Israël. Le document évoque également des restrictions d’accès pour les grimpeurs palestiniens et des liens institutionnels avec différents acteurs présents dans les territoires occupés. Ces éléments reflètent les conclusions des organisations à l’origine de la demande de suspension et n’ont pas été établis par une enquête indépendante dans le cadre de cet article. Ils sont contestés ou nuancés par certains observateurs du sport, tandis que les parties directement concernées n’ont pas apporté de réponse publique détaillée à ce stade. Quelle est la position de la fédération israélienne ? Au moment de la publication de cet article, la Fédération israélienne d’escalade (ILCA) n’a pas publié de réponse officielle détaillée aux accusations formulées dans le cadre de cette campagne. World Climbing, de son côté, n’a pas communiqué de position de fond sur le dossier, se limitant à confirmer la tenue de l’Assemblée générale extraordinaire consacrée à ces questions. Le débat repose donc, à ce stade, sur les éléments avancés par les organisations à l’initiative de la proposition et sur l’interprétation qu’en feront les fédérations nationales lors du vote. Un contexte particulier pour World Climbing Ce scrutin intervient quelques mois après une autre décision importante de la fédération internationale. En février 2026, le comité exécutif de World Climbing a levé la suspension des fédérations russe et biélorusse, tout en maintenant des restrictions sur la participation de leurs athlètes, notamment l’obligation de concourir sous bannière neutre et l’interdiction d’organiser des compétitions internationales sur leur territoire. Cette décision avait suscité des réactions contrastées au sein des fédérations nationales et ravivé les débats sur la manière dont World Climbing doit gérer les situations de conflit international. Le vote du 23 juillet s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la frontière entre neutralité sportive et sanctions institutionnelles. Une mobilisation qui dépasse les instances dirigeantes En parallèle du processus institutionnel, plusieurs collectifs de grimpeurs ont lancé une campagne internationale appelant les licenciés à interpeller leurs fédérations nationales avant le vote. En France, une manifestation est annoncée le 10 juillet à Chamonix, en marge de la Coupe du monde d’escalade, pour appeler à une prise de position des fédérations sur ce dossier. Cette mobilisation montre que le débat dépasse largement les instances dirigeantes de World Climbing et s’invite directement dans la communauté des pratiquants. Un vote qui pourrait faire date Quelle que soit son issue, la décision du 23 juillet constituera un moment important pour la gouvernance de l’escalade internationale. Au-delà du cas de la fédération israélienne, les fédérations membres devront se prononcer sur la place que peuvent occuper les considérations géopolitiques dans les décisions sportives et sur les critères pouvant justifier une suspension au sein d’une organisation mondiale. Un vote qui pourrait créer un précédent durable dans la manière dont World Climbing arbitre les tensions entre sport, diplomatie et neutralité. 📎 Documents et mobilisations autour du dossier Plusieurs éléments ont été rendus publics par les organisations soutenant la proposition de suspension. Parmi eux, un rapport publié fin 2025 par des chercheurs liés à Climbers for Palestine détaille plusieurs accusations concernant l’activité de la fédération israélienne d’escalade dans des territoires disputés. Ce document constitue l’un des principaux supports utilisés par les partisans de la suspension. ➡️ Document à trouver : ici. Par ailleurs, des pétitions ont été mises en ligne en plusieurs langues afin de soutenir cette initiative et d’encourager les fédérations nationales à voter en faveur de la suspension lors de l’Assemblée générale du 23 juillet. ➡️ Document à trouver : ici. Ces documents n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante par notre rédaction. ➡️ À lire également : Le camp de base refuse d’accueillir la finale européenne jeunes 2026 à Bruxelles ✍️ : Théo de GrimpActu

  • Lara Neumeier réussit l’Alpine Trilogy en moins d’un an

    Le 4 juin 2026, l'Allemande Lara Neumeier a franchi un cap majeur en réalisant l'ascension de Des Kaisers Neue Kleider (8b+, 250 m) dans le massif du Wilder Kaiser, en Autriche. Une performance qui lui permet de compléter l'emblématique Alpine Trilogy, l'un des enchaînements les plus prestigieux du haut niveau en grande voie. Avec cet accomplissement, Lara Neumeier devient seulement la deuxième femme de l'histoire à réussir les trois itinéraires qui composent la Trilogy, après Barbara Zangerl. Plus remarquable encore : elle est la première grimpeuse à achever ce défi en moins d'un an. Une nouvelle démonstration du talent de celle qui s'impose aujourd'hui comme l'une des figures les plus inspirantes de l'escalade traditionnelle et des grandes voies en Europe. @Ray Demski Qu'est-ce que l'Alpine Trilogy ? Dans le monde de la grande voie, peu de défis possèdent une aura comparable à celle de l'Alpine Trilogy. Le concept réunit trois voies mythiques ouvertes dans les années 1990 par trois légendes de l'escalade alpine européenne : Silbergeier (8b+, Suisse) End of Silence (8b+, Allemagne) Des Kaisers Neue Kleider (8b+, Autriche) Chacune représente une référence absolue dans son massif respectif. Au-delà de la cotation, c'est surtout la combinaison entre difficulté technique, engagement psychologique, longueur des itinéraires et exposition qui fait leur réputation. Les grimpeurs doivent être capables d'évoluer à haut niveau pendant plusieurs centaines de mètres et une pression constante liée à l'environnement alpin. Pour beaucoup, l'Alpine Trilogy constitue l'équivalent d'un "Grand Chelem" de la grande voie sportive européenne. A lire également : 👉 Lara Neumeier enchaîne Silbergeier : une ascension légendaire dans le Rätikon 👉 Lara Neumeier enchaîne End of Silence : une nouvelle étape vers la Trilogie alpine Un projet construit sur douze mois L'aventure de Lara Neumeier débute le 10 juin 2025 avec l'ascension de Silbergeier dans le Rätikon suisse. Deux mois plus tard, le 26 août 2025, elle enchaîne End of Silence dans les Alpes de Berchtesgaden, devenant au passage seulement la deuxième femme à réussir cette voie historique ouverte par Thomas Huber. Le dernier chapitre devait s'écrire sur les immenses falaises calcaires du Wilder Kaiser. Mais rien ne s'est déroulé comme prévu. À l'automne 2025, Neumeier passe plusieurs jours dans Des Kaisers Neue Kleider et comprend rapidement que le projet est à sa portée. Pourtant, l'hiver s'installe prématurément. La neige recouvre la face, les journées raccourcissent et les conditions deviennent incompatibles avec une tentative sérieuse depuis le sol. « J'ai dû accepter que ce ne serait pas pour 2025 », explique-t-elle. Une décision difficile, mais qui allait finalement renforcer sa détermination. Le retour au Wilder Kaiser Après une coupure bienvenue au Nicaragua, où elle profite de l'hiver pour surfer et récupérer, la grimpeuse allemande reprend l'entraînement avec un objectif unique : revenir plus forte au printemps. Fin mai 2026, la fenêtre météo tant attendue s'ouvre enfin. Les premiers jours sont pourtant loin d'être idéaux. De nouvelles chutes de neige, du froid puis de la pluie compliquent la reconnaissance des longueurs clés. Malgré ces conditions délicates, Neumeier parvient progressivement à valider les mouvements des six premières longueurs et à se familiariser avec le crux final. Une semaine plus tard, elle réalise une première tentative complète depuis le sol. Elle grimpe jusqu'à l'avant-dernière difficulté majeure avant de chuter dans le fameux passage en 8b+. « J’avais dépensé trop d’énergie dans les longueurs du bas et, lorsque je suis arrivée là-haut, la tension corporelle exigée par cette longueur n’était tout simplement plus présente. Je suis redescendue ce jour-là avec des sentiments mitigés : heureuse d’avoir atteint un nouveau point culminant, heureuse d’avoir réussi les sept premières longueurs, mais sachant aussi que la prochaine tentative pouvait très bien se dérouler exactement de la même manière. » @Ray Demski Le jour où tout s'est aligné Le 4 juin, la pression est immense. Non seulement il s'agit probablement de la dernière opportunité de compléter l'Alpine Trilogy dans le délai qu'elle s'était fixé, mais une équipe de tournage suit également chacune de ses tentatives. Une situation nouvelle pour celle qui vit sa première saison en tant qu'athlète professionnelle à temps plein. Malgré les pluies abondantes des jours précédents, la voie est suffisamment sèche. Les quatre premières longueurs sont rapidement avalées. Puis survient un premier contretemps : une prise essentielle située juste avant un passage clé est encore humide. Neumeier remonte sur corde fixe, sèche minutieusement la prise et redescend au relais. Cette fois, ça passe. Sans chute. Une économie d'énergie qui va s'avérer décisive. À 15 heures, elle atteint le relais situé sous la dernière longueur crux. Celle qui avait mis fin à sa tentative précédente. Après une longue récupération, elle s'élance. Cette fois, la tension corporelle est là. Les conditions aussi. Quelques minutes plus tard, elle clippe le relais. La Trilogy est gagnée. À 19 heures, Lara Neumeier et son assureur Michi Wohlleben atteignent le sommet. « Soulagée, heureuse et fière », résumera-t-elle quelques heures plus tard. Une place dans l'histoire de l'escalade alpine Au-delà de la réussite personnelle, cette ascension possède une véritable portée historique. Avant elle, seule Barbara Zangerl avait réussi l'intégralité de l'Alpine Trilogy. Neumeier devient donc : La deuxième femme de l'histoire à compléter la Trilogy. La première femme à réussir les trois voies en moins d'un an. La onzième personne seulement à inscrire son nom au palmarès complet du projet. Un accomplissement qui confirme son évolution spectaculaire ces dernières années. Connue pour ses performances en trad, en big wall et sur les grandes voies les plus exigeantes du monde, elle a notamment signé des ascensions remarquées dans le Yosemite, en Corse, en Sardaigne ou encore au Canada. Avec la Trilogy, elle franchit un nouveau cap. Les réflexions de Lara Neumeier sur l'Alpine Trilogy « La Trilogie Alpine occupait mes pensées depuis longtemps, mais pendant longtemps ces trois voies m’ont semblé hors de portée. Elles ont une réputation particulière : des lignes magnifiques et un rocher exceptionnel, mais aussi une escalade extrêmement technique et mentalement exigeante, avec de longues sections engagées et une difficulté soutenue et puissante du début à la fin. Ce qui a finalement changé, et pourquoi j’ai décidé en 2025 que ce serait un grand projet, tient à une simple prise de conscience : j’avais passé beaucoup de temps à grimper dans le Yosemite, en Sardaigne, en Corse et au Canada, tout en ayant à peine exploré certaines des meilleures falaises de grandes voies situées près de l’endroit où j’ai grandi. Comme 2025 était ma première année en tant qu’athlète professionnelle à plein temps, je me sentais prête à me fixer un grand objectif qui mettrait à l’épreuve ma force, mes capacités et mon expérience. Terminer cette trilogie douze mois plus tard me remplit de bonheur et d’une immense fierté. Au final, il s’agissait de bien plus que simplement réussir trois voies. C’était mon premier grand projet en tant qu’athlète professionnelle et il m’a appris ce que cela signifie réellement. Comment gérer la pression, comment être à la hauteur lorsque toute une équipe de tournage vous accompagne sur la paroi. C’était aussi apprendre ce que signifie s’engager totalement dans un projet sans savoir à l’avance s’il est même réalisable ; passer des journées inoubliables sur la paroi avec des personnes extraordinaires ; oser, grandir à travers les moments difficiles et conserver sa motivation. C’est le projet le plus grand, le plus long et le plus difficile de toute ma carrière de grimpeuse jusqu’à présent. Ces trois voies ont été une véritable épreuve, et le fait de l’avoir réussie me donne la confiance nécessaire pour voir plus grand encore. Rien de tout cela n’aurait été possible sans les personnes qui m’entourent : ma famille, tous mes amis et partenaires de grimpe qui partageaient la même passion et la même motivation. Merci à mes sponsors et à tous ceux qui ont cru en ce projet. Je n’aurais pas pu y parvenir sans vous. » Un film attendu plus tard cette année L'intégralité du projet a été documentée par une équipe de tournage soutenue par Arc'teryx et Red Bull. Le film retraçant cette année exceptionnelle devrait être dévoilé dans le courant de l'année 2026 et promet de plonger les spectateurs au cœur de l'un des projets les plus emblématiques de l'escalade alpine contemporaine. @Ray Demski ✍️ Théo de GrimpActu

  • Janja Garnbret réalise la première ascension féminine de Bibliographie (9b+) à Céüse

    Le 6 juin 2026, à Céüse dans les Hautes-Alpes, Janja Garnbret a marqué un nouveau tournant dans l’histoire de l’escalade sportive en réalisant la première ascension féminine de Bibliographie (9b+). Déjà considérée comme l’une des plus grandes compétitrices de tous les temps, la Slovène ajoute désormais une performance majeure en falaise à son palmarès hors normes. Avec cet enchaînement, elle devient la sixième personne au monde à réussir cette voie mythique, située dans l’un des secteurs les plus emblématiques de l’escalade mondiale. Bibliographie (9b+) : une référence absolue du très haut niveau Située à Céüse, Bibliographie est aujourd’hui considérée comme l’une des voies les plus exigeantes de la planète. Équipée par Ethan Pringle en 2009 et libérée par Alexander Megos en 2020 après environ 60 jours d’essais, la voie s’est immédiatement imposée comme un standard du très haut niveau. Initialement proposée à 9c par Megos, elle a ensuite été réévaluée à 9b+ après la répétition de Stefano Ghisolfi, une cotation aujourd’hui largement admise dans la communauté. Longue de 35 mètres et composée de plus de 80 mouvements extrêmement physiques, Bibliographie impose une résistance continue, sans réel repos, sur le calcaire parfait de Céüse. Cinq voyages à Céüse avant la réussite Janja Garnbret découvre la voie peu après les Jeux olympiques de Paris 2024. Dès lors, elle organise plusieurs séjours à Céüse pour comprendre et apprivoiser cette ligne exigeante. C’est finalement lors de son cinquième voyage que tout s’aligne. « C'est incroyable. Honnêtement, c'est très difficile à décrire. Quand l'enchaînement arrive, tout est fluide, tout est parfait. On ne ressent presque plus ce que l'on grimpe. » Au fil des saisons, la grimpeuse slovène a appris à apprivoiser non seulement la voie, mais aussi les exigences mentales d’un tel projet. « Au cours de ces cinq voyages, j'ai beaucoup appris sur moi-même. J'ai énormément appris sur Céüse et sur la voie elle-même. J'étais peut-être moins nerveuse que lors des séjours précédents. Je me sentais plus forte que jamais et prête pour ce processus. Ces deux semaines m'ont mise à l'épreuve d'une manière que je n'avais encore jamais connue. Elles ont testé ma patience. » Un enchaînement inattendu dans des conditions parfaites Fait marquant : l’enchaînement n’était pas prévu ce jour-là. Initialement venue pour une simple montée de travail, Janja Garnbret se sent particulièrement en forme dès les premiers mouvements. Elle décide alors de continuer. « Alors que cette montée devait simplement servir d'échauffement dans la voie, je me suis sentie parfaitement bien et j'ai continué à grimper. J'étais dans ma bulle, dans mon propre monde, simplement en train de faire ce que j'aime le plus. Contrairement aux autres jours, il n'y avait pas beaucoup de monde au pied de la falaise, donc pas de grands cris d'encouragement. C'était l'un des moments les plus sereins de ma carrière de grimpeuse. » Les conditions jouent également un rôle déterminant : températures plus fraîches, vent présent et adhérence optimale sur le calcaire, offrant une fenêtre parfaite pour tenter la performance. « Ne jamais se considérer battu » Au-delà de la performance physique, Bibliographie représente pour Garnbret un apprentissage mental profond. « Cette ascension est l'aboutissement de tout ce que j'ai appris au cours des deux dernières années. Cette voie m'a enseigné qu'avec un esprit calme et de la patience, tout peut arriver. Il ne faut jamais se considérer battu : jusqu'à la toute dernière tentative, il faut continuer à se battre. » Puis elle poursuit : « Quand cela finit par arriver, c'est un sentiment incroyable. Tout le travail accompli, tout l'engagement et toute la patience investis... lorsque tout se met enfin en place, c'est extraordinaire. Aujourd'hui, mon cœur est rempli de bonheur. » Une nouvelle dimension dans la carrière de Janja Garnbret Avec deux titres olympiques, dix titres mondiaux et un nombre record de victoires en Coupe du monde, Janja Garnbret domine l’escalade de compétition depuis des années. Mais cette ascension sur Bibliographie représente probablement son accomplissement le plus marquant en falaise. Elle confirme sa capacité à transférer son niveau exceptionnel des structures artificielles vers le très haut niveau en falaise, dans des projets parmi les plus difficiles jamais réalisés. « Une voie, peu importe le genre » Au-delà de la performance, Garnbret insiste sur le sens qu’elle donne à son escalade . « Cette voie a allumé quelque chose en moi. Elle m'a fait ressentir quelque chose de spécial et c'est ce qui m'a poussée à revenir encore et encore. Elle m'a clairement aidée à devenir une meilleure athlète et une meilleure grimpeuse. » Et elle conclut avec un message fort : « Je ne fais pas cela pour prouver quoi que ce soit. J'aime simplement l'escalade et je pense que ce n'est que le début. » « Je veux inspirer la nouvelle génération à ne pas avoir peur de la cotation. Peu importe qu'il s'agisse d'une voie d'homme ou d'une voie de femme : c'est simplement une voie ! » Bibliographie (9b+) : fiche de la voie Nom : Bibliographie Cotation : 9b+ Lieu : Céüse, Hautes-Alpes, France Longueur : 35 mètres Nombre de mouvements : +80 Équipement : Ethan Pringle Première ascension : Alexander Megos (2020) Première ascension féminine : Janja Garnbret (2026) Nombre total d’ascensionnistes : 6 ✍️ Théo de GrimpActu

  • SCARPA Blackbird : le chausson qui réconcilie confort et précision

    Avec le Blackbird, SCARPA ne se contente pas d’ajouter un nouveau chausson à sa gamme performance. La marque italienne propose une réflexion plus large sur ce que doit être un chausson moderne lorsqu’il s’attaque aux terrains techniques : précision, soutien… et sensations. Développé pendant six ans sous l’impulsion de Heinz Mariacher et de l’équipe SCARPA, ce nouveau modèle introduit une innovation structurante : une semelle intermédiaire 3D en Pebax® renforcée de fibre de carbone. Une architecture pensée pour remettre en question un équilibre longtemps considéré comme intangible en escalade : celui qui oppose rigidité et lecture du rocher, maintien et sensibilité. Avec le Blackbird, SCARPA cherche précisément à brouiller cette frontière. @Scarpa Un positionnement haut de gamme assumé Dans l’univers des chaussons d’escalade, franchir le seuil des 200 € reste encore relativement rare. Le Blackbird s’en éloigne nettement, s’inscrivant d’emblée dans le segment le plus exclusif du marché performance. Mais ce positionnement ne relève pas uniquement d’un choix tarifaire. Il accompagne une ambition technique claire : réunir dans un même chausson des qualités habituellement antagonistes. SCARPA ne cherche pas ici à proposer un modèle simplement plus performant. L’objectif est plus précis : dépasser le compromis classique entre la puissance d’un chausson structuré et la sensibilité des modèles plus souples. Un dilemme que tous les grimpeurs connaissent Dans des sections de précision, tout se joue parfois sur quelques millimètres de gomme. Les chaussons rigides offrent alors un avantage évident : ils stabilisent le pied, limitent l’écrasement et facilitent la transmission de force sur les micro-prises. En contrepartie, ils filtrent une partie des sensations. Le contact avec le rocher devient plus indirect, moins instinctif. À l’inverse, les modèles souples privilégient la lecture du terrain. Le pied épouse mieux les irrégularités, mais au prix d’un engagement musculaire plus important et d’une efficacité réduite lorsque les appuis deviennent minuscules ou que la fatigue s’installe. Entre ces deux approches, les grimpeurs naviguent depuis des années. Le Blackbird s’installe précisément dans cet entre-deux. Une architecture carbone au service du soutien Au cœur du projet, SCARPA introduit une innovation majeure dans sa gamme : une semelle intermédiaire 3D en Pebax® Rnew renforcée par fibre de carbone. Cette structure a été conçue pour optimiser la transmission des charges vers l’avant-pied tout en conservant une flexibilité contrôlée. Dans les faits, l’objectif est clair : permettre de charger plus efficacement les micro-prises sans perdre totalement le retour d’information du rocher. Associée à une semelle Vibram XS Grip 2, la construction vise un équilibre rarement atteint à ce niveau de rigidité : stabilité sur petites surfaces et précision tactile préservée. Sortir de la logique du “toujours plus serré” Pendant longtemps, la performance en escalade s’est résumée à une équation simple : plus le chausson est serré, plus il est précis. Le Blackbird s’éloigne de cette logique... Sa structure interne assure déjà une grande partie du maintien nécessaire, permettant à SCARPA de recommander une pointure proche de la taille de ville, avec un ajustement modéré de -0,5 à -1 pointure selon les préférences. Ce choix change profondément la relation au confort. Moins de compression, c’est aussi une meilleure circulation, moins de douleur, et une fatigue plus contenue dans le temps — un point déterminant en falaise ou en grande voie. Un chausson pensé pour la précision en falaise Le Blackbird n’a pas vocation à couvrir tous les terrains. SCARPA cible clairement les environnements techniques : dalles, verticalité, léger devers grattons, micro-réglettes et longues voies où la qualité d’appui prime sur tout le reste. Dans ce registre, le chausson cherche à maximiser la transmission de force tout en conservant suffisamment de finesse pour ajuster chaque placement. En revanche, sur les volumes modernes ou les dévers très marqués, des constructions plus souples conserveront un avantage en adaptabilité et en adhérence globale. Un positionnement assumé, qui inscrit le Blackbird comme une pièce spécialisée plutôt qu’un modèle polyvalent. Une construction pensée comme un système Au-delà de sa semelle carbone, le Blackbird repose sur une architecture globale entièrement repensée. La tige en microfibre double couche s’associe à une doublure avant en Alcantara®, offrant un compromis entre maintien et confort. Le système de fermeture enveloppant répartit la tension de manière homogène sur le pied, tandis qu’un stabilisateur latéral interne améliore le contrôle en torsion lors des appuis engagés. Le talon, équipé de la construction IHC (Integrated Heel Catch), intègre un rembourrage en Alcantara® au niveau du tendon d’Achille, afin de préserver le confort sur les crochetages prolongés. L’ensemble s’inscrit dans une logique de durabilité, avec une structure pensée pour conserver ses performances dans le temps et la possibilité de ressemelage. Une promesse à éprouver sur le rocher Reste la question essentielle : comment cette approche se traduira-t-elle en situation réelle ? SCARPA propose ici une lecture différente du chausson de performance, où le soutien ne s’oppose plus nécessairement aux sensations. Une proposition ambitieuse, qui ne demande désormais qu’à être confrontée au rocher. Prix public conseillé : 249,95 € @Scarpa ✍️ : Théo de GrimpActu

  • Le Monde s'empare de la surfréquentation de Fontainebleau : la Mecque du bloc face à ses limites

    Un week-end ensoleillé suffit aujourd’hui pour prendre la mesure du phénomène. Sur les parkings du Bas-Cuvier, de Isatis ou des Trois Pignons, les places se remplissent dès les premières heures de la matinée. Les crashpads s’alignent au bord des sentiers, les langues étrangères se mêlent aux accents franciliens, et sur certains secteurs emblématiques, les grimpeurs s’enchaînent bloc après bloc dans une rotation presque continue. Cette scène est devenue familière à Fontainebleau. Longtemps considérée comme le berceau du bloc moderne, la forêt de Fontainebleau attire aujourd’hui bien au-delà du cercle historique des passionnés. Dans une récente enquête, Le Monde s’est emparé d’un sujet qui préoccupe depuis plusieurs années gestionnaires, associations et pratiquants : la surfréquentation croissante du massif. La forêt cristallise désormais un paradoxe devenu difficile à ignorer. D’un côté, un espace naturel classé, reconnu pour la richesse de sa biodiversité et la fragilité de ses équilibres. De l’autre, une destination outdoor mondiale, portée en grande partie par l’explosion de l’escalade de bloc. Entre les deux, une tension qui ne cesse de s’intensifier. @Bastien Carriere Une fréquentation hors norme, devenue structurelle Dans les zones les plus fréquentées, les effets de cette pression sont désormais tangibles. L’enquête de terrain évoque une intensification des passages qui transforme progressivement les sols sableux du massif. L’érosion s’accélère, les racines apparaissent, la végétation recule, et les chemins se multiplient hors des itinéraires balisés. À certains endroits, les sols sont tellement sollicités qu’ils peinent à se régénérer. Les gestionnaires évoquent des zones fortement dégradées, où l’impact cumulé des passages modifie durablement le milieu naturel. À cela s’ajoutent des usages parfois difficiles à encadrer, notamment dans les secteurs de bloc les plus fréquentés, où la concentration des pratiquants crée des effets de saturation. La forêt n’est plus seulement fréquentée : elle est sélectionnée, concentrée et intensément sollicitée. Dans ce contexte, certaines initiatives cherchent à repenser la pratique elle-même. C’est notamment le cas de démarches liant performance et responsabilité environnementale, comme dans notre article sur l’escalade et l’écologie avec Nolwen Berthier, où la grimpe devient aussi un levier d’engagement pour la nature. 👉 A lire ici : “Nolwen Berthier : Escalade et écologie, quand grimper devient un acte pour la nature” Une Mecque du bloc devenue objet économique majeur Pourtant, réduire Fontainebleau à une simple question écologique ne suffit pas à comprendre l’ampleur du phénomène. Une étude récente consacrée aux retombées économiques de l’escalade de bloc apporte un éclairage supplémentaire. Pour la première fois, le poids économique de la pratique a été objectivé : entre 23 et 26 millions d’euros de retombées annuelles générées par le bloc. Cette économie repose directement sur la fréquentation du massif et irrigue plusieurs secteurs du territoire, de l’hébergement à la restauration, en passant par les commerces alimentaires, les transports et les équipements spécialisés. L’escalade n’est donc plus un usage parmi d’autres. Elle constitue désormais une activité économique structurante, bien que largement diffuse et encore peu lisible dans son organisation globale. Une économie diffuse, sans véritable pilotage L’un des enseignements majeurs de cette étude réside dans la structure même de cette économie. Elle fonctionne par flux, sans organisation centrale ni gouvernance clairement identifiée. Trois profils de pratiquants coexistent : des grimpeurs internationaux en séjour prolongé, des excursionnistes franciliens venus à la journée, et des pratiquants locaux réguliers. Ensemble, ils composent une économie vivante mais fragmentée, où la valeur générée circule sans véritable stratégie collective de structuration ou de réinvestissement. Certains acteurs décrivent ainsi une forme d’« économie de cueillette », où les visiteurs arrivent naturellement, consomment localement, puis repartent, sans que le territoire ne capte pleinement ou n’organise cette dynamique. @Bastien Carriere Le cœur du paradoxe C’est ici que Fontainebleau devient un cas singulier. Le site cumule des fonctions rarement compatibles : réserve naturelle majeure, destination touristique internationale et terrain de jeu mondial pour l’escalade de bloc. Ces dimensions coexistent sans cadre unifié, dans un système où l’accès reste libre, la gestion fragmentée et la valorisation économique indirecte. Le résultat est une tension permanente : plus la forêt attire, plus elle génère de valeur, mais plus certains secteurs se dégradent sous l’effet de la concentration des usages. Une communauté en mutation Au-delà des chiffres, c’est aussi la culture de la grimpe qui évolue. L’essor des salles d’escalade a profondément modifié le profil des pratiquants. Plus nombreux, plus jeunes, souvent moins familiers des codes historiques du site, ils découvrent Fontainebleau après l’avoir vu sur les réseaux sociaux. Cette évolution se traduit sur le terrain par une concentration des usages sur les spots les plus connus, une méconnaissance partielle des règles implicites et une forte pression sur des circuits très localisés. La communauté historique tente de répondre par la sensibilisation, mais la dynamique dépasse désormais largement les seules capacités d’autorégulation. Cette évolution interroge aussi la manière dont les blocs eux-mêmes sont pensés et ouverts. Entre respect du site, créativité et transmission, la question est au cœur de notre article sur l’ouverture de blocs à Fontainebleau : entre passion, création et respect. 👉 A lire ici : “Ouvrir un bloc à Fontainebleau : entre passion, création et respect” Un laboratoire à ciel ouvert La convergence des enjeux écologiques et économiques fait de Fontainebleau un laboratoire à ciel ouvert de la massification des pratiques outdoor. Le site concentre une fréquentation mondiale sans infrastructure dédiée, une économie importante mais peu structurée, une pression environnementale croissante et une gouvernance encore éclatée. La question n’est plus uniquement celle de la préservation du site ou de l’accès à la nature. Elle devient systémique : comment un territoire peut-il absorber une pratique mondiale sans modèle de gestion adapté à son intensité ? Une transition encore inachevée Aujourd’hui, les réponses restent fragmentaires : limitation de certains accès nocturnes, travaux de restauration des sols, actions de sensibilisation et gestion ponctuelle des flux. Mais aucune stratégie globale ne semble encore stabilisée. Fontainebleau n’est pas encore en crise. Mais la forêt est entrée dans une phase de transition non maîtrisée, entre un modèle historique d’accès libre et une réalité de destination mondiale de l’escalade. Une Mecque du bloc devenue trop grande pour rester informelle. @Bastien Carriere ✍️ Théo de GrimpActu

  • Le camp de base refuse d’accueillir la finale européenne jeunes 2026 à Bruxelles

    À dix jours de la finale de la World Climbing Europe Youth Series prévue à Bruxelles, Le camp de base a annoncé qu’il refusait finalement de mettre sa nouvelle salle à disposition de l’événement. En cause : la présence annoncée d’une délégation israélienne sous représentation nationale officielle, dans un contexte international marqué par la procédure engagée devant la Cour internationale de Justice concernant Israël et la guerre en Palestine. La décision, rare dans l’histoire récente de l’escalade sportive, place désormais World Climbing, les fédérations nationales et l’ensemble du circuit international face à une question que la discipline avait jusqu’ici largement évitée : le sport peut-il encore prétendre à une neutralité totale lorsque les tensions géopolitiques deviennent centrales dans l’organisation même des compétitions ? Une compétition européenne stoppée avant son lancement Les 30 et 31 mai 2026, Bruxelles devait accueillir la finale de la World Climbing Europe Youth Series, compétition continentale dédiée aux jeunes grimpeurs. L’événement devait également servir de lancement symbolique pour Le camp avancé, nouvelle infrastructure développée par les équipes du Camp de base en Belgique. Mais dans un communiqué publié le 19 mai, le conseil d’administration de la structure indique ne plus être en mesure d’accueillir la compétition « dans des conditions paisibles, sûres et praticables ». Le texte insiste sur un point central : la décision ne vise pas les athlètes israéliens individuellement, mais la question de leur représentation nationale officielle. « Une compétition officielle n’est pas seulement un rassemblement d’individus. C’est aussi un espace de représentation. Drapeaux, hymnes, tenues officielles, protocoles de podium, graphismes des livestreams, classements, délégations et fédérations en font partie. Dans ce cadre, les athlètes ne concourent pas uniquement en tant qu’individus privés. Ils représentent également un pays, une fédération et un État. C’est là que réside notre désaccord. » Le Camp de base affirme avoir demandé depuis plusieurs mois des clarifications à World Climbing ainsi qu’à la fédération belge CMBel. Une demande de statut neutre rejetée Au cœur du conflit figure la demande de permettre aux athlètes israéliens de participer sous bannière neutre. Cette option s’appuierait sur la « Politique des Athlètes Neutres » adoptée par World Climbing le 8 octobre 2025. Le Camp de base indique avoir d’abord demandé l’application complète de ce statut. Face aux contraintes organisationnelles évoquées à moins de deux semaines de l’événement, un compromis aurait ensuite été proposé. Ce compromis prévoyait l’autorisation de participation des grimpeurs israéliens, sans signes de représentation nationale : absence de drapeau israélien ; absence d’hymne national ; absence de maillot officiel visible ; absence de symboles nationaux dans les classements, podiums et diffusions officielles. Selon le communiqué, cette proposition a été refusée le 19 mai par l’ILCA, la fédération israélienne d’escalade, qui aurait maintenu sa demande de représentation nationale complète. À ce stade, ni World Climbing ni l’ILCA n’ont publié de réponse détaillée. Une décision qui dépasse largement le sport Le texte publié par Le Camp de base marque une rupture avec le discours traditionnellement dominant dans les sports de grimpe. Depuis son entrée dans le giron olympique, l’escalade internationale a largement cultivé une image de communauté apolitique, centrée sur les valeurs de partage, de respect et d’ouverture. Le communiqué conteste frontalement cette vision. « Nous ne pouvons pas prétendre que le sport est neutre et apolitique lorsque son histoire démontre le contraire », écrit la structure. Cette prise de position fait écho à d’autres débats du sport mondial : exclusion ou neutralisation des délégations russes depuis l’invasion de l’Ukraine, controverses autour de compétitions organisées dans certains États, ou encore pressions croissantes sur les fédérations internationales concernant les conflits armés et les droits humains. Dans le cas présent, Le Camp de base fonde sa position sur le contexte juridique international actuel. Le communiqué mentionne notamment : la procédure engagée devant la Cour internationale de Justice au titre de la Convention sur le génocide ; les conclusions de l’avis consultatif de la CIJ du 19 juillet 2024 concernant l’occupation des territoires palestiniens. La salle précise toutefois ne pas être en mesure d’établir elle-même ces éléments, qui ne constituent pas la raison principale de sa décision. Au-delà de ces références, Le Camp de base insiste sur la distinction entre responsabilité institutionnelle et responsabilité individuelle. « Nous tenons à préciser à tous que les athlètes, y compris les athlètes israéliens, ne doivent pas être tenus responsables de cette situation. Notre désaccord porte sur la gouvernance, la représentation nationale et l’absence d’un cadre crédible. Il ne concerne pas les athlètes en tant qu’individus et ne doit conduire à aucune forme de discrimination. » Des préoccupations existent également au sein de la communauté de l’escalade concernant de prétendus liens entre certaines structures d’escalade israéliennes et le développement ou la promotion de sites situés dans le Territoire palestinien occupé, ainsi que la production ou diffusion de topos associés à ces zones. Ces éléments, relayés dans une partie du milieu mais non vérifiés de manière indépendante, ne constituent pas non plus le cœur de la décision. Ils illustrent toutefois la complexité croissante des débats liés à la représentation nationale lorsqu’ils croisent des enjeux territoriaux et de gouvernance plus larges. Dans ce contexte, la salle appelle World Climbing à traiter ces différentes dimensions dans un cadre clair, cohérent et transparent. Des préoccupations sécuritaires et sociales revendiquées Au-delà des enjeux politiques et institutionnels, Le Camp de base invoque également des raisons opérationnelles. Le communiqué indique qu’une partie du personnel a exprimé son refus de travailler dans les conditions actuelles, ce qui empêche de garantir un fonctionnement normal de l’événement. La salle évoque également des inquiétudes sécuritaires. Elle affirme ne pas avoir reçu de garanties claires concernant la présence éventuelle de dispositifs de sécurité privés ou liés à une ambassade autour du site, en référence à des incidents présumés lors de l’IFSC European Cup Brussels 2025. Des signalements évoquant de possibles perturbations ont également été reçus. Dans ce contexte, Le Camp de base estime ne pas pouvoir garantir la sécurité de ses infrastructures, de son personnel et du public. World Climbing sous pression L’affaire intervient dans un contexte sensible pour World Climbing. La fédération internationale se retrouve confrontée à des problématiques politiques et diplomatiques comparables à celles que rencontrent depuis longtemps le football, l’athlétisme ou les grandes fédérations olympiques. Le Camp de base reproche à World Climbing d’avoir repoussé une décision qui aurait dû être tranchée en amont de l’événement. Selon le communiqué, une discussion sur la représentation nationale israélienne devait être abordée lors de l’assemblée générale du 23 avril 2026, avant d’être reportée au mois de juillet. Pour les organisateurs belges, ce report aurait laissé les structures locales gérer seules une question de gouvernance internationale devenue hautement sensible. La salle appelle désormais World Climbing à adopter « une position claire, cohérente et publique » dès juillet — ou avant. Cette tension s’inscrit dans une série de décisions récentes prises par World Climbing concernant la gestion des représentations nationales dans les compétitions internationales, déjà analysées dans un précédent article du média consacré à la réintégration encadrée des fédérations russe et biélorusse et à la mise en place du statut d’athlète neutre. 👉 À lire : La Russie et la Biélorussie réintégrées pour les compétitions internationales d’escalade. Un précédent potentiellement historique pour l’escalade Quelle que soit l’issue des discussions à venir, cette affaire pourrait constituer un tournant pour l’escalade internationale. Jusqu’à présent, la discipline avait relativement échappé aux grandes fractures géopolitiques qui traversent d’autres sports mondiaux. Mais la croissance du circuit international, son exposition olympique et l’importance croissante des enjeux de représentation rendent ces débats inévitables. Le refus d’un organisateur privé d’accueillir une compétition internationale pour des raisons liées à la représentation d’un État constitue un précédent fort. Il ouvre plusieurs questions auxquelles World Climbing devra répondre rapidement : quelles règles appliquer en cas de conflit international majeur ? les statuts neutres doivent-ils devenir plus fréquents ? jusqu’où un organisateur local peut-il refuser des conditions imposées par une fédération internationale ? quelle place pour les enjeux éthiques et géopolitiques dans l’escalade compétitive ? Une onde de choc déjà palpable dans la communauté grimpe Depuis la publication du communiqué, les réactions se multiplient sur les réseaux. Entre soutien à la démarche du Camp de base, inquiétudes pour les jeunes athlètes et critiques dénonçant une politisation du sport, les positions apparaissent déjà divisées. Pour plusieurs acteurs du milieu, cette crise marque la fin de l’idée selon laquelle l’escalade de compétition pourrait rester totalement isolée des tensions du monde. Au-delà du cas de Bruxelles 2026, World Climbing devra clarifier rapidement sa doctrine institutionnelle. Car en quelques jours, une compétition jeunes européenne est devenue un dossier de gouvernance international pour l’escalade mondiale. ✍️ : Théo de GrimpActu

  • 5 crash pads de référence pour le bloc outdoor

    Sur des blocs engagés comme pendant des longues sessions en circuit, le crash pad n’est plus qu'un simple matelas de réception. En bloc outdoor, il conditionne directement la confiance dans le mouvement, influence le niveau d’engagement et peut même changer la manière d’aborder un passage clé. Épaisseur de mousse, qualité de l’amorti, stabilité sur terrain irrégulier, confort de portage à l’approche ou gestion des réceptions décalées : chaque crash pad développe aujourd’hui sa propre personnalité terrain, entre sécurité pure et confort d’utilisation. Entre modèles orientés highball, crash pads légers pensés pour les longues marches d’approche et formats plus hybrides capables d’encaisser des réceptions engagées et asymétriques, voici une sélection de cinq crash pads qui illustrent bien l’évolution actuelle du matériel de bloc outdoor. La Sportiva Alpagota Mammut King Size Crash Pad OCUN Incubator FTS Snap Hip Simond Bigblocker 2.0 👉 En fin d’article, retrouvez également 5 conseils pour bien choisir son crash pad selon sa pratique. @Nicolas Vaillant Alpagota : le crash pad confort pour les longues approches Sur le papier, l’Alpagota se range dans la catégorie des crash pads “confort longue session”. Sur le terrain, il va un peu plus loin : c’est un pad qui rassure dès qu’on commence à empiler les blocs loin de la voiture, sur terrain irrégulier, avec des réceptions parfois imprécises. Son point fort, c’est cette sensation de stabilité globale de la zone de réception. Même sur des terrains escarpés, il garde une assise propre. Résultat : on appréhende mieux les chutes, et surtout on ose davantage envoyer sur des mouvements où l’hésitation vient souvent du doute sur la qualité de la réception. À l’impact, la construction triple couche Foam Sandwich propose une réponse très progressive. La couche supérieure en mousse haute densité disperse bien la charge lors des réceptions franches, tandis que le cœur en PU absorbe sans brutalité. On n’a ni cet effet de “claque sèche” qu’on retrouve sur des pads plus minimalistes, ni ce rebond trop nerveux qui peut déstabiliser en cas de chute engagée. C’est plutôt une absorption posée, régulière, qui accompagne la réception. Le reste est cohérent avec ce positionnement orienté usage intensif. Le revêtement en nylon 1200D encaisse bien les frottements répétés sur les approches caillouteuses. Le système de portage, avec bretelles et ceinture rembourrées, est clairement pensé pour les longues marches d’accès où chaque kilo finit par compter. Enfin, le rabat frontal pour transporter un second crash pad confirme la logique : l’Alpagota est taillé pour les sessions où la sécurité passe aussi par la surface au sol. La Sportiva Mammut King Size : la référence pour construire de vraies crash zones en highball Le King Size de Mammut s’adresse clairement aux situations où la question n’est plus “est-ce que ça passe ?” mais plutôt “comment je sécurise au mieux la chute si ça ne passe pas”. On est sur un crash pad pensé pour les blocs hauts, les réceptions engagées et les configurations où la surface au sol devient un vrai facteur de décision. Ce qui frappe en premier, c’est évidemment la taille de la zone de réception. Avec son format généreux, le pad permet de construire de vraies crash zones, notamment sur des blocs haut où le pareur doit composer avec des chutes décalées ou des déséquilibres en l’air. En pratique, ça change la manière d’aborder certains blocs : on accepte plus facilement de s’engager quand on sait qu’on a de la marge latérale et longitudinale. À la réception, les 12 cm d’épaisseur et la construction multicouche offrent un amorti très rassurant sur les chutes lourdes. Le pad encaisse bien les impacts verticaux sans s’écraser brutalement, ce qui est crucial sur les mouvements où l’on arrive un peu “en retard” ou désaxé. On reste dans quelque chose de ferme mais progressif, avec une vraie sensation de contrôle de la réception plutôt qu’un simple effet “matelas”. Le King Size garde une cohérence même quand plusieurs pads sont combinés, ce qui permet de construire des setups sérieux sur les zones engagées. Le portage suit la même logique de fiabilité. Les rappels de charge stabilisent bien l’ensemble pendant l’approche, ce qui évite l’effet de balancier classique quand on marche longtemps avec un pad volumineux. Les six poignées et les sangles de compression facilitent aussi les manipulations rapides entre deux essais, un détail important quand la session s’intensifie. Enfin, les matériaux recyclés et le dessus en polyester 900D renforcent l’impression d’un produit conçu pour encaisser des saisons entières de terrain, sans compromis sur la durabilité. Mammut OCUN Incubator FTS : la grosse surface qui change la façon de penser la réception L’Incubator FTS de OCUN n’est pas simplement un crash pad très large. C’est un modèle qui modifie un peu la manière dont on appréhende la chute en bloc, grâce à une approche différente de l’absorption et de la gestion de la surface de réception. Son premier atout, c’est évidemment sa taille. Avec plus de deux mètres carrés de couverture, on entre dans une logique de crash zone élargie, presque “modulaire”, où l’on peut réellement sécuriser des blocs complexes, des réceptions décalées ou des blocs avec des angles imprévisibles. Sur le terrain, ça permet surtout de réduire la pression mentale liée au point d’impact exact. Mais ce qui distingue vraiment l’Incubator, c’est son système FTS. Les tubes de mousse internes compressent à l’impact, ce qui donne une absorption étonnamment homogène sur toute la surface. Là où certains crash pads perdent en efficacité sur les bords ou les zones de pliure, celui-ci garde une réponse assez constante, même sur des réceptions excentrées. Concrètement, ça rassure sur les chutes “compliqués”, celles où le corps ne tombe pas proprement dans l’axe. Le compromis, c’est une sensation légèrement différente sous les pieds lors des manipulations au sol. Le toucher est moins conventionnel qu’un système de mousse classique, ce qui demande un petit temps d’adaptation quand on repositionne ou qu’on réalise une parade active sur le pad. Côté robustesse, le Cordura Ballistic et les renforts d’arêtes confirment le positionnement très terrain. C’est un pad pensé pour encaisser les secteurs abrasifs, les approches longues et les sessions répétées où le matériel vit vraiment dehors. Ocun Snap Hip : le crash pad léger qui mise sur la simplicité et la mobilité Le Hip de SNAP est clairement positionné sur un créneau très lisible : celui du crash pad léger, facile à transporter, pensé pour les approches rapides et les sessions où l’on privilégie la mobilité plutôt que la construction d’une grosse crash zone. Son premier point fort, c’est évidemment le poids. Avec moins de 4 kg, il se fait oublier sur le dos, ce qui change complètement la dynamique sur les secteurs à marche d’approche longue ou en terrain escarpé. On le sort plus facilement, on le déplace plus souvent, et il accompagne naturellement les sessions “circuit” où le pad bouge autant que le grimpeur. Sur la réception, on reste sur une logique simple mais cohérente : une construction monobloc avec deux couches de mousse (PE + PU) qui propose un amorti direct, sans sophistication excessive. À l’usage, le Hip fonctionne bien sur les blocs bas à intermédiaires, où les chutes restent globalement verticales et contrôlées. La surface homogène évite les sensations de rupture au centre, ce qui est appréciable sur les réceptions propres ou les mouvements dynamiques bien engagés. Là où il montre ses limites, c’est logiquement sur les situations plus engagées : blocs hauts, réceptions désaxées... On est sur un volume de mousse volontairement contenu, donc la marge d’erreur reste plus faible. En revanche, utilisé en complément d’un pad principal, il devient un excellent renfort pour étendre une crash zone ou sécuriser un point précis de réception. Le choix d’une construction sans coutures sur les arêtes joue clairement en faveur de la durabilité. Sur les manipulations répétées — pliage, transport, frottements sur le sol — le pad garde une bonne tenue dans le temps. Les bretelles amovibles apportent aussi un côté pratique en fonction du type de session : portage rapide ou utilisation plus “terrain”. Snap Simond Bigblocker 2.0 : le crash pad polyvalent Le Bigblocker 2.0 de Simond s’inscrit dans une logique très claire : proposer un crash pad polyvalent, capable de couvrir la majorité des situations de bloc outdoor sans spécialisation extrême. C’est typiquement le genre de modèle qu’on retrouve sur les secteurs où les pads tournent, s’empilent et s’adaptent en permanence aux lignes. Son point fort, c’est justement cet équilibre global. Avec 12 cm d’épaisseur et une construction PE/PU/PE, il propose une réception cohérente sur une large gamme de chutes. La couche supérieure diffuse bien les impacts, le cœur en PU absorbe de manière progressive, et la base en PE stabilise l’ensemble sur les terrains irréguliers. Sur le terrain, ça donne un amorti fiable, sans surprise, qui inspire confiance sur la majorité des blocs classiques. Là où il se distingue vraiment, c’est dans sa polyvalence d’usage. Ni trop souple, ni trop rigide, il fonctionne aussi bien en pad principal sur des blocs bas à moyens qu’en élément complémentaire dans une grosse crash zone. Sur les réceptions un peu brouillonnes, il pardonne correctement sans donner une sensation d’enfoncement excessif. Côté terrain, on apprécie surtout sa praticité. Le format reste maniable, le portage est simple avec les bretelles rembourrées, et le mode bandoulière permet de s’adapter aux approches rapides comme aux rotations fréquentes entre essais. Les détails intégrés — paillasson pour les chaussons, fourreau pour perche de brossage — renforcent son côté “outil de session” plutôt que produit spécialisé. Le tissu polyester 600D n’est pas le plus haut de gamme de la sélection, mais il tient bien l’abrasion dans une utilisation normale en bloc outdoor. C’est un pad qui assume une approche pragmatique : moins de sophistication, plus d’efficacité au quotidien. Simond 5 conseils pour bien choisir son crash pad Choisir un crash pad, ce n’est pas seulement une question de fiche technique ou d’épaisseur affichée. Sur le terrain, c’est surtout un compromis entre type de blocs, confort de portage, qualité de réception et manière de construire sa crash zone. 1. Adapter le pad au type de blocs que tu grimpes vraiment Un crash pad n’a pas le même rôle si tu grimpes des blocs bas et techniques ou des lignes engagées en hauteur. Sur du bloc court, la mobilité et la facilité de placement priment. Sur des blocs plus hauts ou exposés, la priorité devient la surface de réception et la capacité à sécuriser les chutes désaxées. 2. La surface change plus de choses que tu ne le crois Un grand crash pad ne sert pas seulement à “être plus safe”. Il permet surtout de construire une zone de réception lisible, surtout quand les blocs sont irréguliers ou que plusieurs pads s’empilent. À l’inverse, un format plus compact reste redoutable pour ajuster une zone précise ou compléter un setup existant. 3. L’épaisseur ne dit pas tout sur l’amorti Deux pads annoncés à 12 cm peuvent avoir des comportements très différents à la chute. Ce qui compte vraiment, c’est la manière dont la mousse absorbe progressivement l’impact. Un bon crash pad doit encaisser sans effet de rebond excessif, tout en évitant la sensation d’écrasement sur les réceptions lourdes. 4. Le portage, c’est une partie de la session Sur les secteurs éloignés, le crash pad se sent autant sur le dos que sous les pieds. Bretelles, stabilité en marche, répartition du poids : un modèle mal équilibré peut déjà entamer l’énergie avant même le premier essai. C’est un critère souvent sous-estimé… 5. Penser crash pad comme un système, pas comme un objet unique Dans la vraie vie du bloc outdoor, un seul pad suffit rarement à couvrir toutes les situations. Les grimpeurs expérimentés combinent souvent un grand modèle pour la zone principale et un ou deux pads plus légers pour sécuriser les zones critiques ou étendre la réception. Conclusion : Au-delà des différences de formats, de mousses ou de portage, cette sélection illustre surtout une évolution assez nette du bloc outdoor : le crash pad n’est plus un simple équipement de sécurité, mais un véritable outil d’adaptation au terrain. Selon les configurations, on ne cherche plus seulement “le meilleur amorti”, mais un équilibre entre surface de réception, mobilité et capacité à construire une zone cohérente autour du mouvement. Les modèles les plus volumineux sécurisent les prises de risque en hauteur, quand les formats plus légers permettent de garder de la fluidité dans les approches et les enchaînements. Entre ces deux extrêmes, la majorité des grimpeurs navigue aujourd’hui dans une logique hybride : empiler, combiner, adapter. C’est moins le crash pad qui fait la sécurité que la manière dont il s’intègre à la lecture du bloc et au travail autour de la parade. Au final, cette sélection ne désigne pas un “meilleur pad”, mais cinq façons différentes d’aborder la chute en bloc. Et c’est probablement ça, aujourd’hui, le vrai critère de choix. @Nicolas Vaillant ✍️: Théo de GrimpActu

  • Arc’teryx transforme Paris en laboratoire du mouvement avec « Emprises » et « Nouveau Regard »

    Du 28 au 31 mai, Arc’teryx investit l’Espace Parallèle, dans le 11e arrondissement de Paris, pour quatre jours de projections, performances, expositions et rencontres à la croisée de l’escalade, de l’art contemporain et du paysage. À travers « Emprises » d’Ivan Le Pays et « Nouveau Regard », un film tourné à Chamonix avec les grimpeurs Clément Lechaptois, Jim Pope et Ashima Shiraishi, la marque canadienne propose bien plus qu’un simple événement culturel. Pendant quatre jours, l’escalade devient ici un langage physique, une manière d’habiter l’espace et d’interroger notre relation au territoire. Dans le cadre d’Arc’teryx Presents, ce rendez-vous parisien s’inscrit dans une approche où la grimpe dépasse le cadre sportif pour dialoguer avec les pratiques artistiques contemporaines. Quand l’escalade devient une expérience sensible Au cœur de cette programmation, deux projets inédits explorent une même idée : le corps comme outil de perception du monde. Avec « Emprises », l’artiste et grimpeur Ivan Le Pays imagine une exposition immersive où sculpture et mouvement se répondent en permanence. Les œuvres présentées prennent la forme de structures hybrides, entre fragments minéraux, installations abstraites et agrès détournés. Le visiteur n’y reste jamais totalement spectateur. Les volumes invitent à saisir, contourner, grimper ou se suspendre. Chaque interaction transforme l’œuvre et déplace la frontière traditionnelle entre objet artistique et terrain de jeu. Pratiquant de longue date et ambassadeur Arc’teryx, Ivan Le Pays développe depuis plusieurs années un travail centré sur la relation entre le geste et la matière. Son film « A Line Alone », récompensé en 2023, prolonge déjà cette réflexion autour du corps comme moyen de lecture du paysage. À Paris, « Emprises » réunit sculptures, dessins préparatoires et œuvres vidéo dans une scénographie pensée comme une expérience physique à part entière. « Nouveau Regard » : explorer Chamonix autrement Présenté en première mondiale le vendredi 29 mai, « Nouveau Regard » propose une lecture plus contemplative de la montagne. Le film suit les grimpeurs Clément Lechaptois, Jim Pope et Ashima Shiraishi dans l’exploration d’une nouvelle zone de bloc en altitude autour de Chamonix. Ici, pas de quête de sommet ni de narration centrée sur la performance. Le projet privilégie une approche lente, attentive et presque silencieuse de la montagne. Une manière de redécouvrir un territoire pourtant mythique de l’alpinisme sous un angle plus intime. Le film interroge également l’évolution des paysages alpins à l’heure du changement climatique. Dans un environnement en transformation rapide, l’exploration devient un moyen d’observer, de comprendre et de réapprendre à habiter ces espaces. Cette dimension contemplative contraste volontairement avec les représentations classiques de la haute montagne, souvent associées à la conquête et à l’exploit. Une programmation ouverte entre art, grimpe et performance Au-delà des projections, Arc’teryx transforme l’Espace Parallèle en lieu de rencontres et d’expérimentation pendant tout le week-end. Le samedi 30 mai, le public pourra participer à une session de grimpe en présence d’Ivan Le Pays avant une table ronde consacrée aux liens entre escalade, danse et sculpture. Antoine Le Ménestrel, figure historique de l’escalade-performance, sera également présent aux côtés de Julia Cima et d’Ulysse Feuvrier. Le dimanche, une performance mêlant escalade dansée et harpe viendra clôturer l’événement avec la grimpeuse Lucie Astier accompagnée par la musicienne Louise Maciejewski. Pendant toute la durée de l’événement, les expositions resteront accessibles librement au public. Paris comme point de rencontre des pratiques contemporaines Avec « Emprises » et « Nouveau Regard », Arc’teryx poursuit une tendance de fond observée depuis plusieurs années dans l’univers de l’escalade : l’ouverture croissante de la discipline vers les champs artistiques, culturels et environnementaux. Loin des formats purement compétitifs ou promotionnels, l’événement parisien cherche avant tout à créer des espaces de dialogue autour du mouvement, du corps et du paysage. Une manière aussi de montrer que l’escalade contemporaine ne se limite plus à la performance. Elle devient progressivement un terrain d’expression hybride, où se rencontrent pratique sportive, création artistique et réflexion sur notre rapport aux territoires naturels. ✍️: Théo de GrimpActu

  • Coupe du monde d’escalade 2026 : la difficulté et la vitesse lancent leur saison à Wujiang

    Après l’ouverture de saison consacrée au bloc à Keqiao le week-end dernier, les World Climbing Series 2026 poursuivent leur tournée chinoise avec une deuxième étape organisée à Wujiang, du 8 au 10 mai. Cette fois, place à la difficulté et à la vitesse, deux disciplines qui lancent véritablement leur saison internationale. Organisée au Fenhu Culture and Sports Center, cette deuxième étape réunira 223 athlètes — 103 femmes et 120 hommes — représentant 34 nations issues des cinq continents. Plusieurs des meilleurs grimpeurs mondiaux sont attendus en Chine pour ce premier grand rendez-vous international en difficulté et en vitesse. 👉 Pour suivre les résultats en direct, rendez-vous ici : les résultats de la Coupe du monde d’escalade à Wujiang Retrouvez toutes les informations essentielles liées à la compétition dans la suite de cet article. @World Climbing Un programme dense sur trois jours Le week-end débutera dès vendredi avec les qualifications de difficulté, avant un enchaînement rapide vers les demi-finales et finales samedi. La vitesse prendra ensuite le relais dimanche avec une journée entièrement dédiée à la discipline la plus explosive du circuit. Difficulté Vendredi 8 mai : Qualifications femmes & hommes 03h00 – 10h00 (heures françaises) Samedi 9 mai : Demi-finales femmes & hommes 04h30 – 06h30 Finale hommes 13h00 – 14h00 Finale femmes 14h00 – 15h00 Vitesse Dimanche 10 mai : Qualifications femmes & hommes 07h00 – 10h00 Finales femmes & hommes 14h00 – 15h00 Comme à Keqiao, les horaires restent matinaux pour le public français. Les grimpeurs devront également gérer un rythme particulièrement soutenu, avec très peu de récupération entre les différents tours, notamment en difficulté où la densité du plateau promet une bataille intense dès les qualifications. L’équipe de France veut confirmer après Keqiao L’équipe de France débarque à Wujiang avec une dynamique intéressante, portée notamment par la victoire remarquée de Zélia Avezou en bloc lors de la première étape à Keqiao. La Française abordera cette fois la difficulté avec un statut différent : celui d’une athlète désormais capable de rivaliser avec les meilleures sur le circuit mondial. Chez les femmes, Zélia Avezou sera accompagnée d’Ina Plassoux Djiga. Deux profils différents mais complémentaires pour cette première étape de difficulté de la saison. Côté masculin, la sélection française mise sur un groupe jeune et ambitieux composé de Sam Avezou, Pierre Marzullo, Victor Guillermin, Max Bertone et Younès Aubert-Masmoudi. Une équipe encore en phase de progression sur le circuit international, mais capable d’aller chercher de belles places dans une concurrence particulièrement dense. En vitesse, la France sera représentée par Capucine Viglione chez les femmes, tandis que Guillaume Moro et Jérôme Morel défendront les couleurs françaises chez les hommes. Une discipline où l’écart avec les meilleures nations reste important, mais où les Français continuent d’accumuler de l’expérience au plus haut niveau. @World Climbing Un plateau international particulièrement relevé Cette deuxième étape de la Coupe du Monde d’escalade 2026 rassemble une grande partie des leaders actuels du circuit mondial, aussi bien en difficulté qu’en vitesse. Chez les hommes en difficulté, Alberto Ginés López arrive avec l’étiquette de tenant du titre de la série Lead 2025. L’Espagnol avait construit son sacre grâce à une régularité impressionnante, terminant sur le podium lors des six étapes de la saison passée sans décrocher la moindre victoire. La lutte pour le classement général avait d’ailleurs animé toute la saison 2025 jusqu’à Koper, avec plusieurs grimpeurs japonais encore en lice lors de la dernière manche. Sorato Anraku, Neo Suzuki et Satone Yoshida seront tous présents à Wujiang, aux côtés du champion du monde en titre Lee Dohyun, sacré à Séoul en 2025. Le tableau féminin s’annonce tout aussi dense. Erin McNeice et Seo Chaehyun, qui avaient partagé la victoire à Wujiang l’an dernier après une finale particulièrement serrée, feront leur retour sur le mur chinois. McNeice arrivera également avec le statut de gagnante de la série Lead 2025. L’une des principales attractions du week-end sera évidemment Janja Garnbret. La Slovène, championne du monde de difficulté et double championne olympique, reste sur une deuxième place en bloc à Keqiao la semaine dernière. Elle vise désormais un cap symbolique : sa 50e victoire internationale toutes compétitions World Climbing et Coupes du monde confondues. La vitesse lance aussi sa saison Si la difficulté concentre une grande partie de l’attention ce week-end, la vitesse ouvrira également sa saison internationale à Wujiang dans un contexte particulièrement explosif. La discipline reste marquée par le nouveau record du monde réalisé récemment par le jeune Chinois Yicheng Zhao. À seulement 18 ans, il a signé un chrono de 4’’58 lors des Asian Beach Games à Sanya, effaçant l’ancienne marque de Samuel Watson établie à Bali en Coupe du monde IFSC. Ce record relance immédiatement l’intérêt autour de la hiérarchie mondiale avant même le début officiel de la saison. Wujiang pourrait ainsi devenir le théâtre d’un premier grand duel entre Zhao et Samuel Watson. Parmi les principales têtes d’affiche masculines figurent également Veddriq Leonardo et Kiromal Katibin, deux des références majeures de la discipline depuis plusieurs saisons. Chez les femmes, Aleksandra Mirosław fera figure de grande favorite. La Polonaise continue de dominer la vitesse mondiale, mais devra composer avec la concurrence d’Emma Hunt ou encore de la Chinoise Lijuan Deng devant son public. La suite du calendrier 2026 22–24 mai : Berne (Suisse 🇨🇭) – Bloc 28–31 mai : Madrid / Alcobendas (Espagne 🇪🇸) – Bloc & Vitesse 3–7 juin : Prague (République tchèque 🇨🇿) – Bloc & Difficulté 17–21 juin : Innsbruck (Autriche 🇦🇹) – Bloc & Difficulté 3–5 juillet : Cracovie (Pologne 🇵🇱) – Vitesse 10–12 juillet : Chamonix (France 🇫🇷) – Difficulté & Vitesse 4–5 septembre : Koper (Slovénie 🇸🇮) – Difficulté & Vitesse 11–13 septembre : Guiyang (Chine 🇨🇳) – Vitesse 18–20 septembre : Chongqing (Chine 🇨🇳) – Vitesse 16–18 octobre : Salt Lake City (États-Unis 🇺🇸) – Bloc 23–25 octobre : Santiago (Chili 🇨🇱) – Difficulté & Vitesse Où suivre la compétition Les demi-finales et finales seront diffusées en direct sur YouTube, avec des restrictions géographiques selon les zones. Une diffusion est également assurée via Discovery+ et Eurosport Player, accessibles sur abonnement. @World Climbing ✍️: Théo de GrimpActu

  • Yannick Flohé répète No One Mourns The Wicked et décote à 8C+

    Le grimpeur allemand Yannick Flohé a réalisé l’ascension de No One Mourns The Wicked, à Thunder Ridge, dans le Colorado, l’un des blocs les plus médiatisés des États-Unis ces dernières années. Initialement proposé à 9A par Nathaniel Coleman lors de la première ascension en 2024, le bloc pourrait finalement être revu à la baisse : après cette répétition, Flohé suggère une cotation de 8C+. Le bloc avait déjà fait couler beaucoup d’encre après la deuxième ascension signée Hamish McArthur, réalisée en une seule session il y a tout juste un an. Avec cette troisième ascension, le débat autour de la difficulté réelle de la ligne revient donc au premier plan. 👉 À lire également : Hamish McArthur : Rencontre avec le prodige du bloc et son 9A enchaîné à la séance @Griffin Appel Un voyage aux États-Unis chamboulé par la chaleur À l’origine, Yannick Flohé avait prévu de passer plusieurs semaines à Red Rocks, dans le Nevada, avec notamment l’objectif de tenter Shaolin, un bloc qu’il considérait parfaitement adapté à son style. Mais une vague de chaleur inhabituelle pour la saison a rapidement compromis ses plans. « 35 degrés à Las Vegas dès le mois de mars, du grès qui ne refroidissait jamais… mes projets se sont arrêtés dès le premier jour », explique-t-il. Peu attiré par les projets de longue haleine dans des conditions médiocres, l’Allemand décide alors de changer complètement de stratégie et de prendre la direction du Colorado, sans objectif précis. La découverte de Defying Gravity Dès son arrivée, Flohé découvre Defying Gravity avec ses partenaires Daniel Woods et Collin Wirth. Situé dans une zone reculée à environ deux heures de route de Denver, puis 45 minutes de marche, le bloc est déjà réputé pour son caractère exigeant. Après quelques essais prometteurs, Flohé réussit rapidement l’ascension avant de s’intéresser à la version départ assis : No One Mourns The Wicked. Cette extension ajoute environ un 8A au départ de Defying Gravity et augmente considérablement l’intensité du bloc. Un combat contre les conditions Contrairement à beaucoup de blocs extrêmes, Flohé insiste sur le fait que No One Mourns The Wicked ne repose pas sur un mouvement unique ultra-dur, mais plutôt sur une accumulation de subtilités techniques et physiques. Le principal crux se situe dans la transition vers le départ debout de Defying Gravity, avec un mouvement dynamique particulièrement exigeant. Là où Nathaniel Coleman et Hamish McArthur utilisaient un talon droit très haut, Flohé a dû adapter complètement sa méthode. Après plusieurs séances à expérimenter différentes méthodes, il finit par trouver une solution plus adaptée à sa morphologie grâce à un micro-appui permettant de pousser légèrement avant le mouvement dynamique. Mais au-delà de la gestuelle, c’est surtout la météo qui a rendu le projet complexe. Entre humidité extrêmement basse, vents violents et peau très sèche, certaines journées rendaient pratiquement les prises inutilisables. « Il y a eu des jours où je ne pouvais même pas faire les mouvements du départ debout, et d’autres où l’humidité rendait les prises incroyablement adhérentes. Le jour de l’enchaînement, je suis arrivé sous la pluie avec très peu de vent : les conditions étaient parfaites. » 8C+ plutôt que 9A ? Après sept sessions sur le bloc, Flohé estime que la difficulté proposée initialement est probablement trop élevée. « Je n’ai jamais grimpé 9A, mais je sais à quoi ressemblent les autres blocs de ce niveau. Pour moi, cette ascension ressemblait davantage à une bataille contre les conditions et ma peau sèche qu’à un véritable 9A. Je proposerais plutôt 8C+. » Une déclaration qui risque d’alimenter encore un peu plus les discussions autour des très hauts niveaux du bloc mondial, où les écarts d’appréciation entre grimpeurs restent fréquents. @Griffin Appel ✍️ Théo de GrimpActu

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