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Incendie à Fontainebleau : les secteurs d'escalade touchés et l'avenir du massif

  • Photo du rédacteur: GrimpActu
    GrimpActu
  • il y a 2 jours
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Après plusieurs jours de lutte contre un incendie d'une ampleur exceptionnelle, les deux principaux foyers qui ont touché la forêt de Fontainebleau sont désormais fixés, mais pas encore totalement éteints. Près de 2 000 hectares, soit environ 10 % du massif forestier, ont été parcourus par les flammes. Alors que la forêt reste fermée au public, l'interdiction d'accès est prolongée jusqu'au lundi 20 juillet au matin afin de faciliter le travail des secours et la surveillance du massif. Un premier état des lieux permet également d'identifier les secteurs d'escalade concernés et de mesurer les conséquences écologiques de ce sinistre majeur.


La fumée se dissipe, mais le combat est loin d'être terminé. Depuis le début des incendies, les sapeurs-pompiers, les forestiers, les services de l'État et de nombreux bénévoles restent mobilisés afin d'éviter toute reprise des flammes. Si les deux principaux foyers sont désormais circonscrits, ils ne sont pas encore totalement éteints, et plusieurs jours de surveillance seront encore nécessaires.


Pour la communauté de l'escalade, c'est une blessure profonde qui touche l'un des sites les plus emblématiques de la discipline. Fontainebleau, considéré comme le berceau du bloc moderne, voit aujourd'hui une partie de son patrimoine naturel profondément transformée.


incendie Fontainebleau escalade
Photo : © SDIS 77

Un incendie historique pour la forêt de Fontainebleau

Avec près de 2 000 hectares parcourus par les flammes, l'incendie figure parmi les plus importants survenus dans la moitié nord de la France au cours des vingt dernières années.


Au plus fort de la crise, près de 950 sapeurs-pompiers ont été mobilisés. Les moyens engagés étaient exceptionnels pour l'Île-de-France : deux Canadair, deux hélicoptères bombardiers d'eau et des renforts venus de nombreux départements ont été déployés afin de contenir un feu favorisé par une sécheresse particulièrement marquée.

Aujourd'hui, les incendies sont fixés. Cela signifie que leur progression est stoppée et que les foyers sont contenus dans un périmètre défini. En revanche, ils ne sont pas totalement éteints et les opérations de surveillance se poursuivent afin d'éviter toute reprise.


Quels secteurs d'escalade ont été touchés ?

Grâce aux premières analyses des images satellites du programme européen Copernicus, un premier inventaire des zones potentiellement impactées par l'incendie commence à se dessiner. Pour les grimpeurs, cette cartographie permet d'identifier les secteurs de blocs qui pourraient avoir été concernés par le passage des flammes, même si l'état précis de chaque site devra encore être confirmé sur le terrain.


Parmi les secteurs d'escalade potentiellement touchés figurent notamment le Bois de la Garenne, le Bois des Grands Béorlots, le Bois des Hauts de Milly, le Bois du Rocher, le Carrefour du Guetteur, les Cavachelins, le Cimetière aux Ânes, le Comptage, le Diplodocus, la Grande Montagne, la Justice de Noisy, le Moine, le Mont Rouget, le Pignon des Poivres, la Roche aux Sabots, le Rocher Cailleau, le Rocher de la Cathédrale, le Rocher de la Tortue, le Rocher des Gros Sablons, le Rocher du Général, le Rocher du Potala, le Rocher Fin, le Rocher Guichot ainsi que les Sables du Cul du Chien.


D'autres zones emblématiques du massif apparaissent également dans cet inventaire, parmi lesquelles la Vallée Chaude, la Vallée de la Mée, la Vallée de la Gorge aux Archers, le Bois des Petits Béorlots, la Plaine de la Haute Borne, la Gorge aux Mérisiers, la Mare aux Corneilles, le Mont Aigu, le Mont Enflammé, les Petits Feuillards, la Plaine du Puits du Cormier, le Polygone, le Rocher de la Combe, le Rocher de la Salamandre, le Rocher du Long Boyau ainsi que les Rochers et Platières des Gorges du Houx.


Au total, ce sont plusieurs dizaines de secteurs de blocs et de parcelles forestières qui semblent avoir été concernés par l'incendie, aussi bien dans la forêt de Fontainebleau que dans le massif des Trois Pignons.


Il convient toutefois de rester prudent. Cet inventaire repose sur des analyses d'images satellitaires et ne permet pas encore d'évaluer précisément l'intensité des dégâts sur chaque secteur. Certaines zones pourraient avoir été traversées par un feu de surface, laissant espérer des dommages limités, tandis que d'autres pourraient avoir subi un impact beaucoup plus important. Seules les observations de terrain permettront d'établir un bilan définitif.




Une forêt qui mettra des décennies à se reconstruire

Au-delà des blocs et des secteurs d'escalade touchés, c'est tout un écosystème qui a été fragilisé par les flammes. Le massif de Fontainebleau abrite près de 6 600 espèces animales, dont une grande diversité d'oiseaux, de mammifères et d'insectes. Les incendies ont notamment concerné des zones de landes et de milieux ouverts particulièrement sensibles, où vivent plusieurs espèces protégées.


Parmi les inquiétudes figure la fauvette pitchou, un petit passereau qui dépend des landes à bruyère pour se reproduire et dont Fontainebleau accueille l'une des principales populations d'Île-de-France. L'alouette lulu, autre espèce nichant au sol dans ces milieux ouverts, fait également partie des espèces susceptibles d'avoir été affectées.

Il faudra toutefois attendre l'extinction complète des incendies et le travail d'évaluation des spécialistes pour mesurer précisément l'impact sur la faune. Si certains animaux ont probablement réussi à fuir ou à trouver refuge dans des zones épargnées, l'impact réel sur les populations animales ne pourra être évalué qu'après les observations menées par les spécialistes. Les espèces vivant dans les sols — insectes, micro-organismes ou petits organismes souterrains — ont notamment été particulièrement exposées au passage du feu.


Les conséquences ne s'arrêtent pas au moment où les flammes disparaissent. La disparition du couvert végétal modifie profondément les équilibres du milieu naturel et peut perturber durablement les chaînes alimentaires. Les arbres encore debout ne sont pas forcément sauvés : certains pourraient mourir dans les prochaines semaines, leurs racines ayant été endommagées par la chaleur.


La forêt de Fontainebleau se reconstruira, mais cette régénération prendra du temps. Selon les secteurs et l'intensité du feu, plusieurs décennies pourraient être nécessaires pour retrouver un paysage proche de celui que les grimpeurs connaissent aujourd'hui.


Quand pourra-t-on retourner grimper à Fontainebleau ?

Pour les grimpeurs, la question est désormais centrale : quand sera-t-il possible de retrouver les blocs de Fontainebleau ?


À ce jour, aucune date de réouverture du massif n'a été annoncée. La forêt reste fermée au public au moins jusqu'au 20 juillet afin de permettre aux pompiers de poursuivre leur travail de surveillance, aux forestiers d'évaluer les dégâts et aux différents services mobilisés de sécuriser les zones touchées.


Au-delà du risque incendie encore présent, plusieurs secteurs devront faire l'objet d'une attention particulière avant un éventuel retour des pratiquants. Le passage des flammes peut avoir fragilisé certains arbres, modifié les accès et rendu certaines zones dangereuses.


La réouverture ne dépendra donc pas uniquement de l'extinction complète des foyers, mais également de l'évaluation des risques pour les visiteurs. Les autorités devront s'assurer que les conditions permettent un retour sécurisé dans le massif.


Un retour à la normale prendra donc du temps. Fontainebleau reste aujourd'hui un massif profondément marqué par cet incendie, et la priorité demeure de laisser les secours, les forestiers et les spécialistes terminer leur travail avant d'envisager le retour des grimpeurs.



Une enquête toujours en cours sur l'origine des incendies

Alors que les secours poursuivent les opérations de surveillance et que le massif commence seulement à révéler l'étendue des dégâts, l'enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer l'origine des différents départs de feu qui ont touché la forêt de Fontainebleau depuis le 12 juillet.


Deux hommes âgés de 18 ans ont été mis en examen pour destruction par incendie et placés en détention provisoire. Ils sont soupçonnés d'être impliqués dans deux incendies distincts survenus dans le massif.


L'un des suspects, jeune sapeur-pompier volontaire au sein du SDIS de Seine-et-Marne, est soupçonné d'avoir provoqué un départ de feu à Arbonne-la-Forêt. Le second serait impliqué dans un incendie déclenché dans le secteur de la Faisanderie, près de Fontainebleau. Les investigations devront désormais permettre d'établir précisément les circonstances de ces départs de feu.


L'enquête reste ouverte afin d'établir précisément l'origine de chaque foyer et les responsabilités éventuelles.


Un massif profondément marqué

Si la progression des incendies est désormais stoppée, les conséquences de ce sinistre accompagneront durablement Fontainebleau. Pour les grimpeurs comme pour l'ensemble des amoureux du massif, les prochains mois seront consacrés à la découverte de l'étendue réelle des dégâts et au suivi de la reconstruction progressive de cette forêt emblématique.


Cette catastrophe rappelle également la responsabilité collective de tous les usagers du massif. La préservation de Fontainebleau passera plus que jamais par le respect des règles de sécurité, la vigilance de chacun et une prise de conscience de la fragilité de ces espaces naturels exceptionnels.


La priorité restera de respecter les mesures mises en place afin de permettre aux secours, aux forestiers et aux spécialistes d'achever leur travail dans les meilleures conditions et d'accompagner la régénération du massif au fil des années.


© SDIS 77
© SDIS 77

✍️ : Théo de GrimpActu

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