Femmes et métiers de la montagne : la FFCAM veut accélérer la féminisation de l’escalade et de l’alpinisme
- GrimpActu

- il y a 1 jour
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Malgré des progrès ces dernières années, les femmes restent largement sous-représentées dans les métiers de la montagne. Pour inverser cette tendance, la FFCAM multiplie les initiatives destinées à accompagner les grimpeuses et alpinistes vers les formations professionnelles d'encadrement. Un enjeu majeur pour l'avenir de l'escalade et de l'alpinisme en France.
Alors que la pratique de l'escalade continue de se développer en France, la place des femmes dans les métiers de l'encadrement reste encore marginale. C'est le constat dressé par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), qui réaffirme son engagement en faveur d'une plus grande mixité dans les professions liées à l'escalade et à l'alpinisme.
Selon une enquête menée en 2023 par le ministère des Sports et le Pôle ressources national sports de nature, seules 17,9 % des personnes titulaires du Diplôme d'État Escalade sont des femmes. Dans le monde de l'alpinisme, l'écart est encore plus marqué puisque les femmes représentent environ 3 % des guides de haute montagne diplômés.

Une pratique féminine en progression, mais un encadrement encore très masculin
Au sein de la FFCAM, les femmes représentent aujourd'hui 42 % des licenciés. Pourtant, elles ne constituent que 22 % des encadrants bénévoles dans les clubs. Pour la fédération, cette différence s'explique notamment par des freins persistants liés à la confiance en soi, au sentiment de légitimité et à l'accès aux parcours de professionnalisation.
Depuis plus d'une décennie, la FFCAM développe ainsi des dispositifs spécifiques destinés à favoriser l'autonomie des femmes dans les activités de montagne.
« Depuis 2014, nous avons des dispositifs qui permettent à des femmes de devenir autonomes en montagne », explique Émilie Kling, référente mixité à la Direction Technique Nationale de la FFCAM.
Cette politique porte progressivement ses fruits. Aujourd'hui, les groupes Espoirs de la fédération affichent une parité quasi parfaite avec 50 % de participantes.
La FFCAM et l'ENSA misent sur un groupe féminin d'alpinisme
Pour aller plus loin, la FFCAM et l'École nationale de ski et d'alpinisme (ENSA) ont lancé en 2023 un programme de perfectionnement exclusivement réservé aux femmes.
L'objectif est clair : préparer les participantes aux exigences du diplôme d'État de guide de haute montagne ou aux sélections du Groupe Excellence Alpinisme National (GEAN).
Le dispositif s'étale sur une année complète et comprend cinq modules techniques destinés à développer les compétences en terrain montagne, mais aussi à mieux appréhender les réalités du métier de guide.Le succès est déjà au rendez-vous. Lors de la dernière promotion, neuf candidates ont été retenues parmi quarante dossiers.
Pour Anaïs Pellat-Finet, membre du collectif, cette expérience a permis d'acquérir les compétences indispensables pour envisager des courses d'alpinisme de plus grande envergure.
Face aux résultats encourageants des premières promotions, une quatrième session est actuellement en cours de recrutement.

Un programme pour former davantage de monitrices d'escalade
L'escalade en milieu naturel fait également l'objet d'une démarche similaire.
Inspiré du modèle développé avec l'ENSA, un nouveau dispositif porté par le SNAPEC, la FFCAM et les CREPS de Montpellier et d'Aix-en-Provence a vu le jour en septembre 2025.
Ce parcours de professionnalisation s'adresse aux grimpeuses souhaitant accéder au Diplôme d'État Escalade en milieu naturel.
Répartie sur vingt journées de formation durant une année, la formation aborde l'ensemble des compétences techniques attendues lors des tests d'entrée et de la formation professionnelle.
À l'origine de ce projet, la monitrice d'escalade Cécile Rintjema a identifié un phénomène récurrent : de nombreuses grimpeuses possèdent le niveau requis mais hésitent encore à franchir le pas.
Le manque de confiance reste un frein majeur
Afin de mieux comprendre les obstacles rencontrés par les candidates, Cécile Rintjema a réalisé en 2025 une enquête auprès de près de 300 femmes déjà diplômées ou envisageant de le devenir.
Les résultats mettent en lumière des freins psychologiques importants.
« Le manque de confiance en soi et le sentiment de ne pas être légitime reviennent très souvent », explique-t-elle.
Selon ses observations, certaines grimpeuses capables d'évoluer largement au-dessus du niveau minimum requis pour intégrer la formation continuent de douter de leurs capacités. Cette autocensure contribuerait directement à la faible représentation féminine dans les métiers de l'encadrement de l'escalade.
Vers une féminisation durable des métiers de la montagne
Pour la FFCAM, ces programmes constituent un levier essentiel afin de faire évoluer durablement la représentation des femmes dans les professions de la montagne.
Le directeur technique de la fédération, Luc Thibal, estime que ces formations auront un impact significatif sur la féminisation des filières professionnelles de l'alpinisme et de l'escalade dans les années à venir.
Alors que les effectifs féminins progressent régulièrement dans les clubs et les groupes de perfectionnement, le défi consiste désormais à transformer cette dynamique en accès accru aux responsabilités, à l'encadrement et aux métiers de terrain.
Une évolution qui pourrait contribuer à rendre l'escalade et l'alpinisme encore plus représentatifs de l'ensemble de leurs pratiquants.

✍️ Théo de GrimpActu














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