Adam Ondra : interview après Exodia et sa proposition de décote à 9A

Quatre journées sur le rocher pour répéter un bloc auquel Elias Iagnemma a consacré quatre ans et demi : l’ascension d’Exodia par Adam Ondra invite à regarder au-delà des chiffres. Pour GrimpActu, le Tchèque détaille ses méthodes, sa gestion de la pression et les raisons de sa proposition de cotation à 9A, face au 9A+ initial.
À proximité du refuge Barbara, dans le Val Pellice italien, Exodia a attiré l’attention avec la proposition de 9A+ formulée par Elias Iagnemma après sa première ascension, en novembre 2025. Annoncée le 18 octobre 2026, la première répétition d’Adam Ondra apporte un nouvel éclairage sur cette difficulté : le Tchèque propose 9A, tout en soulignant l’aide déterminante d'Elias.
Elias l’a accompagné lors de sa découverte du bloc en septembre et lui en a transmis les méthodes. Un gros rhume, puis d’autres obligations ont retardé son retour. Lorsque la possibilité de revenir s’est présentée, la pluie annoncée semblait ne lui laisser que deux jours pour conclure. Il a finalement réussi en quatre journées de travail au total, en conservant la séquence d’Elias, avec quelques différences dans la manière de saisir les prises.
Mais ce délai raconte seulement une partie de l’ascension. Dans ses réponses à GrimpActu, Adam Ondra revient sur ce que représente le fait d’arriver devant un bloc dont les mouvements ont déjà été déchiffrés. Il décrit aussi une ligne qui correspond particulièrement bien à ses qualités : des placements subtils, de la tension corporelle et des talons exigeants, associés à une dimension physique sur laquelle il estime avoir beaucoup progressé.
Le repos tête en bas, au milieu du bloc, occupe une place centrale dans son récit. Combien de temps y rester pour récupérer des bras sans fatiguer les jambes nécessaires à la suite ? Cette décision, comme celle d’interrompre ses essais la veille de l’enchaînement, révèle une ascension construite autour de choix précis. Jusqu’à cet ultime essai où une nervosité intense s’est transformée en une grimpe dont il garde un souvenir particulièrement fort.
Entretien recueilli par GrimpActu. Réponses traduites de l’anglais et légèrement éditées pour la clarté.

Découvrir Exodia et trouver le bon repos
GrimpActu : Avant d’essayer Exodia, quelle image t’en faisais-tu, et qu’est-ce qui t’a le plus surpris une fois sur le rocher ?
Adam Ondra : D’après les photos et la vidéo d’Elias, je n’en attendais pas grand-chose sur le plan esthétique. Cela ne ressemblait pas à la plus belle ligne du monde. Et, effectivement, la première impression correspond assez bien à ce que l’on voit dans les vidéos : une paroi plutôt basse, dont les couleurs et la structure du rocher ne sont pas particulièrement impressionnantes.
Mais j’ai eu le sentiment que plus on essaie le bloc, plus on apprécie les mouvements et le rocher, qui est finalement assez sympa. Même s’il est lisse et offre peu d’adhérence, je ne l’ai pas trouvé désagréable à grimper. Certaines roches lisses ne sont vraiment pas plaisantes, mais ici, j’ai trouvé l’escalade agréable. On sent qu’il y a peu de friction, mais la réaction du rocher correspond à ce que l’on ressent et à ce que l’on attend.
C’est un peu la même chose pour le lieu et la ligne : plus on y passe de temps, plus on les apprécie. Chaque fois que je revenais, j’avais l’impression que le bloc était un peu plus grand et plus impressionnant à regarder.
GrimpActu : Le repos au milieu du bloc semble être une clé de vos expériences respectives. Elias expliquait qu’il soulageait ses bras, mais épuisait son gainage et ses ischio-jambiers. Comment as-tu vécu cette position, et comment décidais-tu du moment où repartir ?
Adam Ondra : C’est probablement ce repos qui m’intriguait le plus après avoir regardé la vidéo. Je pensais qu’il serait peut-être possible d’y rester beaucoup plus longtemps, en n’utilisant qu’un genou à la fois et en alternant. C’est généralement la stratégie que j’utilise dans les voies sportives lorsque les genoux sont bons.
Un genou peut être confortable pendant quarante à cinquante secondes. Ensuite, cela devient trop physique et on commence à épuiser la force de la jambe.
Ma conclusion a été qu’il était possible de se reposer sur une seule jambe et d’alterner, mais que le changement de jambe était trop fatigant. Cela prenait trop de temps et les prises à utiliser pour pouvoir relâcher les jambes n’étaient pas assez bonnes.
Je pense donc que la stratégie qu’Elias et moi avons utilisée était la meilleure : grimper rapidement la partie basse, récupérer trente à quarante secondes dans le coincement de genoux avec les deux jambes, puis repartir.
Avec les deux jambes, je me sentais à l’aise. Je n’avais pas l’impression de risquer de tomber. Je n’y suis resté qu’une trentaine de secondes. J’aurais pu rester plus longtemps, mais je voulais garder de la fraîcheur partout, y compris dans les jambes.
Je n’avais pas le sentiment que mon gainage était engagé. Mais la suite du bloc repose beaucoup sur les talons et je voulais vraiment être certain d’avoir encore de la force dans les jambes.
Je pense que c’est une bonne stratégie de ne pas rester trop longtemps au repos. Je serais surpris que quelqu’un y reste deux minutes à l’avenir. C’est possible, mais je ne pense pas que ce soit la façon la plus efficace de grimper ce bloc.

Deux jours pour conclure, avec la pression de la pluie
Préserver ses jambes au repos ne constitue qu’une partie de l’équation. Lors de son retour, Adam doit aussi répartir ses efforts dans une fenêtre météo qu’il pense très courte.
GrimpActu : À ton retour, tu savais que la pluie risquait de ne te laisser que deux jours. Comment as-tu organisé tes essais et ton repos pour saisir cette fenêtre sans te laisser déborder par l’urgence ?
Adam Ondra : Je n’ai pas encore suffisamment d’expérience de ce bloc pour savoir à quelle vitesse il prend l’eau lorsqu’il pleut. Mais avec l’hiver qui approche, je pense que s’il se mouille et commence à résurger, les chances de le voir sécher avec des températures plus basses sont assez faibles.
J’étais donc un peu nerveux. La saison n’était peut-être pas terminée, mais je ressentais vraiment cette urgence : il fallait que je le fasse aujourd’hui.
Le jeudi, qui était mon premier jour de ce séjour, je me sentais très fort. Je suis arrivé jusqu’au mouvement de talon et j’ai glissé. Mon deuxième essai était également très bon. J’aurais pu continuer : c’était simplement une erreur. Je me suis alors dit que ce serait peut-être une bonne idée d’arrêter la journée et de garder de l’énergie pour le lendemain. C’est ce que j’ai fait, et le jour suivant, je l’ai enchaîné dès mon premier essai.
Je ne pense pas que la stratégie soit très compliquée à définir : on a, au maximum, trois essais dans la journée. Surtout lorsqu’on tombe après le genou, car ce n’est pas seulement une question de force dans les bras et les doigts, mais aussi dans les jambes.
La meilleure stratégie serait probablement de faire un jour d’essais, un jour de repos, puis de recommencer. Mais comme je n’avais que cette fenêtre de deux jours de beau temps, j’ai décidé d’arrêter assez tôt lors de la première journée. Cela s’est révélé être une bonne décision : je me sentais peut-être même plus fort le deuxième jour que le premier.
Avant mon premier essai de cette deuxième journée, celui de l’enchaînement, j’étais incroyablement nerveux. Il est impossible d’éviter complètement la nervosité. Il faut composer avec la pression et parvenir à en tirer quelque chose de positif. C’est exactement ce que j’ai réussi à faire.
GrimpActu : Tu as décrit cette ascension comme l’un des moments les plus mémorables de ta carrière. Qu’as-tu vécu pendant cet essai pour qu’il soit aussi particulier ?
Adam Ondra : Je pense que c’est justement le fait d’avoir été sous autant de pression qui a rendu ce moment aussi mémorable.
Quand on se sent extrêmement nerveux, mais que l’on parvient à transformer cela en un état de fluidité et à produire certains de ses plus beaux moments de grimpe, ce sont des instants dont on se souvient longtemps.
C’est surtout pour cette raison que cette ascension reste si marquante pour moi.
Cotation et méthodes : ce que change une répétition
Après l’enchaînement vient l’évaluation de la difficulté. Pour expliquer sa proposition de 9A, Adam revient sur le travail de recherche accompli par Elias et sur l’avantage de connaître les méthodes avant de commencer.
GrimpActu : Tu proposes 9A tout en disant comprendre pleinement le choix d’Elias de proposer 9A+. Avez-vous échangé sur vos expériences respectives ? Comment expliques-tu cette différence d’évaluation ?
Adam Ondra : Nous avons beaucoup discuté pendant mes deux premières journées sur le bloc, lorsqu’Elias était présent. À ce moment-là, j’avais déjà le sentiment qu’il s’agissait probablement d’un 9A.
Je pense que le point le plus important, c’est que les méthodes sont vraiment difficiles à trouver. Le fait que j’aie utilisé pratiquement les mêmes qu’Elias montre qu’il a fait un excellent travail pour les découvrir, surtout si l’on considère qu’il travaillait le bloc seul.
La plus grande différence tient peut-être au fait qu’Elias pensait que le bloc correspondait vraiment à son style. Peut-être lui correspond-il un peu moins bien qu’il ne le pense.
C’est un bloc tellement technique, compliqué, avec des mouvements dont la réussite reste incertaine, que le simple fait de savoir qu’il est possible change énormément de choses. Moi, je suis arrivé en sachant qu’il avait été grimpé et j’ai assez rapidement utilisé les mêmes méthodes. Savoir qu’une ligne est possible aide toujours. C’est une différence majeure entre une première ascension et une répétition.
Lorsqu’Elias consacre beaucoup de temps à quelque chose, il est extrêmement tenace, très motivé, et il finit par trouver comment le faire fonctionner. Il parvient ainsi à grimper même un bloc aussi compliqué avec un très beau style et une très grande efficacité. Il lui faut simplement beaucoup de temps.
Je suis également certain qu’Elias aurait enchaîné Exodia beaucoup plus rapidement s’il s’était agi d’une répétition et s’il avait déjà disposé de toutes les méthodes. Je pense que la majorité de ses séances ont été consacrées à les chercher. Pour moi, c’est la différence principale.

GrimpActu : Elias a consacré quatre ans et demi à ce projet, que tu as répété en quatre jours en bénéficiant de ses méthodes. Selon toi, qu’est-ce qu’une simple comparaison du nombre de séances laisse de côté lorsqu’on parle d’une ouverture et d’une répétition ?
Adam Ondra : Nous ne devrions pas trop nous focaliser sur le nombre de séances nécessaires pour grimper un bloc.
Évidemment, réaliser une première ascension est plus compliqué lorsqu’on doit trouver les méthodes soi-même. Mais ce n’est pas toujours le cas : parfois, on travaille avec un groupe. Je pense que beaucoup de premières ascensions en bloc se sont faites de cette manière, et cela change beaucoup de choses.
Chaque grimpeur a aussi sa propre approche. Ma stratégie consiste plutôt à m’entraîner, puis à n’essayer un bloc ou une voie que lorsque les conditions sont bonnes et que je me sens en forme.
D’autres grimpeurs préfèrent s’entraîner directement sur leur projet. Personnellement, je ne trouve pas que ce soit une manière efficace de travailler pour moi.
C’est aussi pour cela que beaucoup de mes ascensions peuvent paraître impressionnantes au regard du faible nombre de séances nécessaires. Cela fait partie de ma stratégie : je veux essayer un bloc ou une voie dans des conditions correctes et lorsque je me sens en forme.
J’ai le sentiment de devenir plus fort en m’entraînant en salle, plutôt qu’en essayant un même bloc encore et encore. Le fait d’avoir réussi en quatre jours ne signifie donc pas que je pourrais grimper beaucoup plus dur en consacrant cinquante jours à un projet. Je pourrais grimper un peu plus dur, oui, mais, dans mon cas, cela ne ferait pas une différence aussi importante que pour la plupart des autres athlètes professionnels.
Une progression physique nourrie par l’entraînement à Arco
Cette façon de préparer ses projets éclaire aussi sa réussite dans Exodia. Adam estime que ses progrès physiques lui permettent aujourd’hui de mieux exploiter une gestuelle qui lui était déjà familière.
GrimpActu : Tu évoques une forme peut-être inédite pour toi sur ce type de bloc. À quoi attribues-tu cette progression, et quelles places occupent aujourd’hui l’entraînement et l’expérience dans ta capacité à réaliser ces mouvements ?
Adam Ondra : Exodia correspond vraiment à mon style, parce qu’il faut surtout maintenir de la tension et sentir toutes les petites subtilités de positions corporelles très compliquées.
Mais c’est aussi un bloc très physique. Si je l’avais essayé il y a seulement quelques années, cette dimension physique m’aurait réellement posé problème.
Ces dernières années, le style de l’escalade en compétition est devenu beaucoup plus physique — et je parle ici de la difficulté. Les voies de Coupe du monde sont bien plus physiques et, par conséquent, mon entraînement se concentre presque exclusivement sur cet aspect de l’escalade.
Je fais donc beaucoup de blocs extrêmement physiques sur spray wall ou sur board. Depuis douze mois, je vis à Arco et je m’entraîne avec de jeunes grimpeurs très forts de l’équipe d’Italie. Grimper presque tous les jours sur des blocs, mais aussi sur des circuits du spray wall que nous avons ici, a fait une énorme différence.
Exodia est donc un bloc qui aurait déjà partiellement correspondu à mon style auparavant, mais qui me correspond maintenant à cent pour cent, parce que j’ai beaucoup progressé sur cette dimension physique.
Pour la compétition, j’ai encore besoin de devenir plus fort physiquement. Mais l’entraînement fonctionne, j’ai encore un peu de temps et je pense être peut-être dans l’une des meilleures formes de ma vie. Probablement pas pour la pure résistance, mais pour un bloc comme celui-ci, je le pense.
Ce qui est intéressant, c’est que certains aspects plus techniques de l’escalade restent acquis, même si je ne les pratique pas pendant plusieurs mois. Les talons, par exemple : dès mon premier jour de retour sur le rocher, j’ai l’impression de n’avoir rien oublié.
Je peux donc laisser largement de côté la partie technique de l’entraînement pour me concentrer sur le physique, et cela fonctionne très bien pour moi.
Je suis certain que cette approche ne fonctionnerait pas pour beaucoup d’autres grimpeurs, parce qu’ils perdraient alors en qualité technique. Mais j’ai accumulé tellement de volume et d’expérience en extérieur qu’il me paraît tout à fait naturel de sortir de la salle et de me sentir très à l’aise sur le rocher dès le premier jour.
➡️ À lire également : Exodia : le premier 9A+ bloc au monde est enfin proposé par Elias Iagnemma
✍️ Théo de GrimpActu

Adam Ondra: an interview on Exodia and his proposed downgrade to 9A
Four days on the rock to repeat a boulder that Elias Iagnemma spent four and a half years developing: Adam Ondra’s ascent of Exodia deserves a closer look beyond the numbers. Speaking to GrimpActu, the Czech climber discusses his methods, managing pressure and why he suggests 9A rather than the original 9A+.
Located near Rifugio Barbara in Italy’s Val Pellice, Exodia attracted international attention when Elias Iagnemma proposed 9A+ following its first ascent in November 2025. Announced on 18 October 2026, Adam Ondra’s first repeat offers a new perspective on its difficulty: he suggests 9A, while emphasising the crucial help he received from the first ascensionist.
Elias joined him when he first visited the boulder in September and shared his beta. A bad cold, followed by other commitments, delayed Ondra’s return. When he was finally able to come back, incoming rain appeared to leave him with just two days to finish the project. He ultimately completed it in four days of climbing overall, following Elias’s sequence with some changes to how he held individual holds.
But the number of days tells only part of the story. In his answers to GrimpActu, Ondra explains what it means to arrive at a boulder whose movements have already been worked out. He also describes a problem that particularly suits his strengths: subtle positioning, body tension and demanding heel hooks, combined with a physical intensity he feels increasingly equipped to handle.
The upside-down rest halfway through the boulder is central to his account. How long should he stay there to recover his arms without tiring the legs he needs for the remaining moves? That decision, like his choice to stop climbing the day before the send, reveals an ascent shaped by careful judgement—right up to the attempt when intense nerves gave way to a particularly memorable climbing experience.
Interview by GrimpActu. Answers lightly edited for clarity and readability.
Discovering Exodia and finding the right rest
GrimpActu: Before trying Exodia, how did you imagine it, and what surprised you most once you were on the rock?
Adam Ondra: From the pictures and Elias’s video, I didn’t expect much in terms of how it looked. It didn’t seem like the most beautiful line in the world. And yes, the first impression is more or less what you see in the videos: a fairly low wall, with colours and a rock structure that aren’t particularly impressive.
But I felt that the more you try it, the more you appreciate the movements and the rock, which is actually pretty cool. Even though it is slick and doesn’t offer much friction, I didn’t find it unpleasant to climb. Some slick rocks aren’t enjoyable, but I found this one quite enjoyable. You can feel that there isn’t much friction, but the response from the rock is what you feel and expect.
The same goes for the place and the line: the more time you spend there, the more you appreciate them. Every time I went back, it felt as though the boulder was a little bigger and more impressive to look at.
GrimpActu: The rest halfway through the boulder seems to be a key aspect of your respective experiences. Elias explained that it allowed his arms to recover but exhausted his core and hamstrings. How did that position feel to you, and how did you decide when to start climbing again?
Adam Ondra: The rest was probably what I was most curious about after watching the video. I thought there might be a possibility to stay there much longer, using just one knee at a time and alternating. That is usually the strategy I use on sport routes with good kneebars.
A kneebar can feel comfortable for forty to fifty seconds. Then it starts becoming too physical, and you begin to waste the strength in your leg.
My conclusion was that it was possible to rest using only one leg and alternate, but switching between the legs was too tiring. It took too much time, and the holds you had to use to shake out your legs weren’t good enough.
So I think the strategy Elias and I used was the best solution: climb the lower part quickly, recover for thirty to forty seconds using both legs in the kneebar, and then continue.
With both legs, it felt comfortable. I didn’t feel as though I could fall off. I only stayed there for about thirty seconds. I could have stayed longer, but I wanted to keep everything fresh, including my legs.
I didn’t feel that my core was engaged. But the rest of the climb is very much about heel hooks, and I really wanted to make sure I still had strength in my legs.
I think it is a good strategy not to stay too long. I would be surprised if somebody stayed there for two minutes in the future. It is possible, but I don’t think it would be the most efficient way to climb the boulder.
Two days to finish before the rain
Preserving his legs during the rest was only part of the equation. On his return, Ondra also had to manage his efforts within what he believed was a very short weather window.
GrimpActu: When you returned, you knew the incoming rain might leave you with just two days. How did you manage your attempts and rest periods to make the most of that window without letting the time pressure overwhelm you?
Adam Ondra: I don’t have enough experience with this boulder to know how quickly it gets wet when it rains. But with winter approaching, I think that if it gets wet and starts seeping, the chances of it drying in lower temperatures are quite low.
So I was definitely a little nervous. Maybe the season wasn’t over, but I really felt that I had to do it that day.
On Thursday, which was the first day of that trip, I felt really strong. I made it to the heel-hook move and slipped. My second attempt was also really good. I could have continued; it was just a mistake.
Then I thought it might be a good idea to call it a day and save some energy for tomorrow. That is what I did, and the next day I sent it on my first attempt.
I don’t think the strategy is that complicated: you have a maximum of three attempts a day. Especially if you fall after the kneebar, because it isn’t just about the strength in your arms and fingers—it is also about the strength in your legs.
The best strategy would probably be one day on, one day off, and then repeat. But since I only had that two-day weather window, I decided to stop quite early on the first day. That turned out to be a good decision: I felt perhaps even stronger on the second day than on the first.
Before my first attempt on that second day—the send attempt—I was incredibly nervous.
It is impossible to avoid being nervous completely. You have to work with the pressure and take the positive side of it. That is exactly what I managed to do.
GrimpActu: You described the ascent as one of the most memorable moments of your career. What did you experience during that attempt that made it so special?
Adam Ondra: I think the fact that I was under so much pressure made it so memorable.
When you feel incredibly nervous but manage to turn that into a state of flow and some of your best climbing, those are the moments you remember for a long time.
That is particularly what made this ascent so memorable for me.
Grades and beta: what changes on a repeat
After the ascent comes the assessment of difficulty. In explaining his proposed grade of 9A, Ondra returns to Elias’s work in finding the methods—and the advantage of knowing them before starting.
GrimpActu: You suggest 9A while saying that you fully understand Elias’s decision to propose 9A+. Have you discussed your respective experiences with each other? How do you explain the difference in your assessments?
Adam Ondra: We talked a lot during my first two days on the boulder, when Elias was there. At that point, I already felt that it was probably 9A.
I think the most important thing is that it is a boulder where the methods are really hard to find. The fact that I used practically the same methods as Elias shows that he did a really good job of finding them, especially considering that he was working on it by himself.
The biggest difference may be that Elias thought it really suited his style. Perhaps it suits him slightly less than he thinks.
It is such a technical, complicated and low-percentage boulder that simply knowing it is possible changes so much. I arrived knowing that it had been climbed, and I adopted the same methods quite quickly.
Knowing that a line is possible always helps. That is a major difference between a first ascent and a repeat.
When Elias puts a lot of time into something, he is incredibly persistent and motivated, and he makes it work. He ends up climbing even such a complicated boulder in really good style and with very high efficiency. He just needs a lot of time.
I am also sure that Elias would have climbed Exodia much faster if it had been a repeat and he had already had all the beta. I think most of his sessions were spent figuring out the methods. To me, that is the main difference.
GrimpActu: Elias devoted four and a half years to this project, which you repeated in four days with the benefit of his beta. In your view, what does simply comparing the number of sessions leave out when discussing a first ascent and a repeat?
Adam Ondra: We shouldn’t focus too much on how many sessions it takes to climb a particular boulder.
Obviously, making a first ascent is more complicated when you have to figure out the beta yourself. But that isn’t always the case: sometimes you are trying it with a group. I think a lot of first ascents in bouldering have been done that way, and it makes a big difference.
Every climber also has a different approach. My strategy is to train, and then only try a boulder or route when the conditions are good and I feel good.
Some other climbers prefer to train by climbing on the project itself. Personally, I don’t find that an efficient way of working on something.
That is also why a lot of my ascents may seem impressive in terms of how few sessions they take. It is part of my strategy: I want to try a boulder or route in reasonable conditions and when I feel fit.
I feel that I get stronger by training in the gym, rather than trying the same boulder over and over again.
The fact that I did it in four days doesn’t mean that I could climb significantly harder if I spent fifty days on a project. I could climb a little harder, yes, but for me personally, it wouldn’t make as big a difference as it would for most other professional athletes.
Building physical strength in Arco
That approach to preparing for projects also sheds light on his success on Exodia. Ondra feels that his physical progress now allows him to make better use of movements that already felt familiar.
GrimpActu: You mentioned that you might be in your best shape ever for this kind of boulder. What do you attribute that progress to, and what roles do training and experience now play in your ability to execute these moves?
Adam Ondra: Exodia really suits my style because it is so much about maintaining tension and feeling all the small intricacies of very complicated body positions.
But it is also a very physical boulder. If I had tried it only a few years ago, that physical aspect would have been a real struggle.
Over the last few years, competition climbing has become much more physical—and here I am talking about lead climbing. World Cup routes are far more physical, so my training focuses almost exclusively on that aspect of climbing.
I do a lot of extremely physical problems on a spray wall or board. I have been living in Arco for the last twelve months and training with some very strong young climbers from the Italian team. Climbing almost every day on boulder problems, as well as circuits on the spray wall we have here, has made a huge difference.
So Exodia is a boulder that would already have partly suited my style in the past, but now it suits me one hundred per cent because I have become so much stronger physically.
For competition, I still need to become even stronger. But the training is working, I still have some time, and I think I may be in some of the best shape of my life. Probably not for pure power endurance, but for a boulder like this, I think so.
The cool thing is that some of the more technical aspects of climbing stay with me even if I don’t practise them for months. Heel hooking, for example: on my first day back on the rock, I feel as though I haven’t forgotten anything.
So I can largely neglect the technical side of training and focus on the physical side, and it works really well for me.
I am sure that this approach wouldn’t work for many other climbers, because they would lose some of their technical ability. But I have accumulated so much volume and experience outdoors that it feels completely natural to leave the gym and feel really good on real rock from the very first day.
➡️ Also read: Exodia: Elias Iagnemma proposes the world’s first 9A+ boulder (article in French).














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