Louna Ladevant réalise la 5e répétition d’Ego Land 8c/+
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Louna Ladevant a réalisé le 13 août 2026 la cinquième répétition d’Ego Land, une grande voie de 410 mètres située dans le massif de la Marmolada di Ombretta, au cœur des Dolomites italiennes. Cotée jusqu’à 8c/+, cette ligne ouverte en 2024 combine escalade sportive, terrain d’aventure et engagement à plus de 2 800 mètres d’altitude.

Ego Land, une grande voie encore confidentielle
Ouverte début août 2024 par les Italiens Max Faletti et Berni Rivadoissi, Ego Land s’est rapidement distinguée par son profil particulièrement complet. Quelques semaines seulement après son ouverture, Berni Rivadoissi et Luca Bana réalisaient la première répétition et libéraient intégralement la voie.
Depuis, la ligne a attiré plusieurs grimpeurs de premier plan. Edu Marin et Marcello Bombardi signaient la deuxième répétition en août 2025, avant qu’Adam Ondra ne s’y attaque en juin 2026. Le 16 juillet, c’était au tour d’Enzo Oddo de répéter et libérer Ego Land.
Louna Ladevant face à 410 mètres d’escalade
Pour cette ascension, Louna Ladevant était accompagné de son frère Tristan Ladevant. Ensemble, ils ont affronté les 10 longueurs et 410 mètres de la voie, avec une difficulté maximale annoncée à 8c/+.
La première partie présente un équipement relativement rapproché et des difficultés particulièrement soutenues : 7b+, 8a, 8c/+ et 8b+.
Mais Ego Land change ensuite radicalement de registre.
Du sport au trad, une voie en deux visages
Les dernières longueurs se déroulent en escalade traditionnelle, avec un équipement à compléter par ses propres protections. Les cotations restent élevées — 8a, 8a, 7c, 7c, 7b et 6c — tandis que l'engagement augmente nettement.
Cette transition entre escalade sportive et terrain d'aventure constitue l'une des particularités majeures de la voie. La difficulté physique et technique des longueurs s'ajoute ainsi à la nécessité de gérer l'assurage et la progression dans un environnement de haute montagne.
C'est précisément cette combinaison qui a retenu l'attention de Louna Ladevant.
« Bravo aux ouvreurs pour avoir imaginé cette ligne remarquable par la qualité du rocher, la difficulté, l’engagement et la diversité de l’escalade qu’elle propose. Une véritable King Line ! »

Une ascension de plus de onze heures
Les conditions météorologiques ont également compliqué le projet. Les fenêtres permettant de s'engager dans la voie étaient limitées, laissant peu de marge à la cordée.
Louna Ladevant a finalement libéré Ego Land le 13 août 2026, après plus de onze heures d'escalade, avec une arrivée au sommet à la frontale.
L'ascension les a conduits à plus de 2 800 mètres d'altitude, dans le massif de la Marmolada di Ombretta.
Tristan Ladevant a également joué un rôle important dans cette réalisation en accompagnant son frère dans son travail de la voie, et notamment en "remagnésiant" certains passages clés.
Une partie réalisée à vue
Louna n'a par ailleurs pas travaillé l'ensemble des difficultés dans les mêmes conditions. Faute de créneaux météorologiques suffisants, il a réalisé la deuxième moitié de la voie à vue, sans l'avoir préalablement travaillée ou répétée.
Cette performance ajoute une dimension supplémentaire à une ascension déjà exigeante par sa longueur, son altitude et son engagement.

Dans la continuité de Wogü
Cette nouvelle réalisation s'inscrit dans le parcours de Louna et Tristan Ladevant sur les grandes voies alpines difficiles.
En 2023, Louna avait notamment libéré Wogü, une grande voie particulièrement exigeante située dans le Rätikon suisse. Ego Land représente une nouvelle étape dans cette recherche de lignes combinant difficulté technique et engagement en montagne.
Le choix de la Marmolada n'est donc pas anodin : le massif dolomitique offre un terrain où l'escalade de haut niveau se confronte directement aux contraintes de l'environnement alpin.
Une nouvelle référence dans les Dolomites ?
Avec ses 410 mètres, 10 longueurs et une cotation maximale de 8c/+, Ego Land s'impose progressivement comme l'une des grandes lignes modernes de la Marmolada di Ombretta.
La performance de Louna Ladevant confirme surtout l'intérêt d'une voie qui ne se résume pas à sa cotation maximale : pour la libérer intégralement, il faut conjuguer niveau technique, endurance, gestion de l'engagement et expérience de la grande voie en altitude.
Après Adam Ondra et Enzo Oddo, la Française inscrit donc à son tour son nom dans l'histoire récente d'Ego Land. Et au vu du profil de la ligne, cette cinquième répétition pourrait bien contribuer à le faire connaître davantage au-delà des Dolomites.

✍️ : Théo de GrimpActu














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