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- Nolwen Berthier : Escalade et écologie, quand grimper devient un acte pour la nature
À force de grimper dehors, on finit par comprendre que le rocher n’est pas qu’un support, mais un monde vivant. Suspendue à la paroi, le souffle court, le regard accroché à une prise invisible depuis le relais, on croit parfois grimper pour soi. Pour la cotation. Pour la ligne. Pour cette sensation brute de liberté que seule la falaise sait offrir. Et puis il y a ces moments où l’on comprend que le rocher n’est pas un décor, mais un monde vivant. Un monde fragile. Un monde qui encaisse, en silence. C’est dans cet espace suspendu entre mouvement et réflexion que s’inscrit Une Voie pour la Nature , la série documentaire portée par la grimpeuse Nolwen Berthier . Une série où l’escalade cesse d’être une performance isolée pour devenir un fil conducteur vers les grands enjeux écologiques . À chaque épisode, une voie emblématique. À chaque voie, une voix : celle d’un·e scientifique ou militant·e qui éclaire un combat pour la survie du vivant. Loin des images de conquête et du culte de la performance, Nolwen propose autre chose : une immersion sensible dans des écosystèmes menacés, une invitation à ralentir, à regarder autrement ce qui vit au pied — et autour — de nos falaises. Grimpeuse professionnelle évoluant en milieu naturel, elle interroge sans détour notre rapport au sport, à la nature, et à la responsabilité qui en découle. Nous avons pris le temps d’échanger avec elle. Sur son cheminement écologique, sur l’impact réel de l’escalade, sur les résistances du milieu, mais aussi sur ce que cette pratique peut devenir si l’on accepte d’en redéfinir les contours. Voici cet échange, comme une discussion à la fraîche, sac posé dans l’herbe, casque encore à la main. Écologie et escalade : un cheminement personnel À quel moment l’écologie est-elle devenue un sujet central dans ta vie et ta pratique de l’escalade ? On évoque souvent l’idée d’un déclic, mais, en ce qui me concerne, il s’agit davantage d’un cheminement. Mes études ont ouvert la porte aux enjeux environnementaux, puis mon stage de fin d’études a été déterminant : c’est là que j’ai réellement pris conscience de l’ampleur des crises écologiques et du rôle que les organisations publiques et privées peuvent – et devraient – jouer dans ces combats. J’ai alors choisi de dédier mon activité professionnelle à ces questions. Aligner progressivement ma pratique sportive avec mes convictions est alors apparu comme une évidence. En tant que grimpeuse professionnelle, ressens-tu une responsabilité particulière vis-à-vis du vivant ? Ma responsabilité vis-à-vis du vivant est aussi grande que la dépendance que j’ai à son égard. Le vivant me permet de boire, de respirer, de me nourrir. Il est aussi ce qui me permet de m’épanouir et de me ressourcer. Et pourtant, je l’impacte par ma pratique et je l’expose par ma communication. En tant que professionnel·le des sports outdoor, nous portons aujourd’hui une responsabilité forte vis-à-vis du vivant, qu’on le veuille ou non. Mettre ma voix au service de ces enjeux, afin d’engager le plus grand nombre dans des changements profonds, est, pour moi, une forme de contrepartie à tout ce que le vivant m’apporte. Ta manière de grimper, de voyager ou d’envisager ta carrière a-t-elle changé ces dernières années pour des raisons écologiques ? Oui, beaucoup de choses ont changé dans ma manière d’appréhender l’escalade, car une fois que l’on sait, on ne peut plus faire comme avant. J’essaie de réduire les impacts négatifs de ma pratique (en ne prenant plus l’avion pour aller grimper, en privilégiant des séjours longs sur des sites en France et en évitant les secteurs déjà surfréquentés), mais aussi d’avoir une utilité sociétale en tant que sportive professionnelle. Cela implique d’avoir des critères de choix dans ses partenariats, d’imaginer des projets qui racontent des histoires différentes, de reconstruire certains rêves et d’en abandonner d’autres. C’est un processus quotidien, qui m’amène à remettre en question la manière dont j’ai construit mon rapport à l’escalade, la norme dominante de notre communauté, mais aussi mon éducation. L’impact environnemental de l’escalade : sortir des idées reçues L’escalade est souvent perçue comme un sport “proche de la nature”. Penses-tu que cette image correspond toujours à la réalité aujourd’hui ? J’ai le sentiment que l’on bénéficie d’une image “d’écolos”, mais que la réalité est un peu différente. Aujourd’hui, j’observe une tendance croissante à collectionner les voies, collectionner les lieux de pratique pour pouvoir dire “j’y suis allé”. Nous consommons les espaces naturels pour notre épanouissement personnel, notre reconnaissance sociale, notre ego. Nous entretenons une incroyable relation de domination avec toutes les espèces qui vivent dans ces espaces naturels (et que l’on va jusqu’à appeler nos “terrains de jeu” !). Bien sûr, certain.e.s pratiquant.e.s sont très sensibles à ces aspects, mais ce serait une grossière généralité que de considérer que c’est une majorité. J’ai l’impression que notre communauté est consciente des enjeux climatiques, mais peu actrice dans la réduction de son empreinte, et qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir sur les enjeux de biodiversité. Peut-on, selon toi, concilier recherche de performance, exploration de nouveaux sites et respect des écosystèmes, sans tomber dans une forme de contradiction ? La recherche de la performance sportive telle que nous la définissions aujourd’hui demande de mettre en place des processus qui vont à l’encontre de la soutenabilité : la sur-optimisation (via l’utilisation de matériel superflu, par exemple), le non-respect des limites du vivant (notre corps ou notre esprit, notre entourage parfois, mais aussi des vivants non humains en grimpant de nuit ou à l’autre bout du monde, par exemple) ou encore focaliser les ressources sur un seul individu (plutôt que les partager). Mais cette performance “à tout prix” n’est plus acceptable dans notre monde aux ressources finies. À l’image de notre société, nous avons besoin de sortir du culte de la performance telle que nous la connaissons, et redéfinir collectivement ce qui est à ériger comme modèle désirable, et ce qui ne l’est pas. Agir concrètement : le rôle des grimpeurs et grimpeuses Beaucoup de grimpeurs se disent sensibles à l’écologie mais ne savent pas toujours comment agir. Quels leviers simples ou concrets leur sembleraient les plus pertinents ? D’un point de vue individuel, les actions sont assez simples et relèvent souvent du bon sens. Voici quelques exemples : Éviter le piétinement : ne pas poser nos sacs sur les plantes, rester sur les sentiers d’approche… Éviter les dérangements : changer de secteur en période de nidification, ne pas mettre de la musique à la falaise, éviter de crier et de grimper de nuit… Arrêter d’aller tous au même endroit au même moment (n’y a-t-il pas d’autres secteurs que Céüse ?), se répartir sur les sites et développer notre curiosité pour des sites plus confidentiels Réduire notre consommation de matériel et choisir des équipements plus durables Limiter l’impact carbone de nos déplacements sportifs (est-ce bien raisonnable d’aller à Rockland ?) Mais les actions individuelles ne doivent pas éclipser les actions collectives. S’engager bénévolement, agir au sein d’associations, aller voter ou faire entendre sa voix contre des projets destructeurs du vivant sont des leviers essentiels. L’escalade n’est qu’un révélateur d’un enjeu bien plus large : la nécessité de changer profondément notre regard sur les autres espèces et de remettre en question la domination humaine. Il est urgent d’intégrer l’idée que nous faisons nous-mêmes partie du vivant, au même titre que les autres espèces, et de prendre en compte leurs intérêts dans nos décisions, afin de leur redonner une véritable voix. As-tu parfois rencontré des incompréhensions ou des résistances dans le milieu de l’escalade lorsque tu abordes les questions écologiques ? Oui, régulièrement, et c’est normal car, par nature, l’humain n’aime pas changer ses habitudes. Les résistances observées relèvent moins d’un rejet de l’écologie que de mécanismes humains classiques : attachement aux pratiques existantes, perception de contraintes supplémentaires ou remise en question personnelle. Les grimpeur·se·s n’y échappent pas. Penses-tu que l’escalade peut devenir un véritable outil de sensibilisation écologique, au-delà du simple loisir sportif ? Nous avons la chance d’évoluer dans des espaces naturels fragiles et préservés, et d’entretenir un attachement émotionnel très fort à ces lieux. Imaginez un instant votre secteur préféré sans les arbres, les plantes ou les oiseaux qui l’habitent… ce serait triste, non ? Pour moi, cette proximité avec le vivant constitue un levier précieux pour faire évoluer nos postures : apprendre à regarder autrement ce qui nous entoure, à habiter ces espaces avec davantage d’attention et de responsabilité. Il devient aujourd’hui essentiel de renforcer et de cultiver notre relation au monde vivant, humain comme non humain. Personnellement, je vis l’escalade comme un véritable espace d’expérimentation, pour tester des modes de vie plus sobres, plus collectifs et plus attentifs au vivant. C’est un refuge en marge des normes dominantes, où l’on peut, à petite échelle, tenter d’anticiper et d’habiter autrement le monde. « Une Voie pour la Nature » : raconter autrement l’escalade Comment est née l’idée de la web-série Une Voie pour la Nature ? Dans mon parcours, beaucoup de choix m’ont éloignée du sujet du vivant : j’ai arrêté la SVT en seconde, j’ai fait des compétitions à haut niveau pendant 10 ans qui m’ont fait voyager de gymnase en gymnase… et un jour, je me suis rendue compte que je savais nommer toutes les voies d’un secteur par cœur, mais que j’étais incapable d’identifier plus de 5 espèces au pied de la falaise. J’ai aussi réalisé que le sujet du changement climatique était partout, mais que l’écologie était souvent réduite à des enjeux d’énergie. Pourtant, notre planète est littéralement en train de mourir. J’ai alors eu envie de mieux comprendre ce sujet du vivant, en allant à la rencontre de personnalités aux modes d’engagement variés et de partager mes enseignements au plus grand nombre. Pourquoi avoir choisi de lier chaque épisode à une voie d’escalade emblématique et à un enjeu écologique précis ? Les chiffres, c’est bien, ça alerte, mais aujourd’hui, nous sommes submergés par les informations qui annoncent la crise écologique et pourtant rien ne change. Nous devons passer de la tête au cœur, traduire ces données en réalités, en espoirs, en colères, en indignations. En créant des ponts entre la science et le monde sportif, j’ai voulu favoriser un attachement émotionnel pour générer l’énergie de changer. J’ai utilisé l’escalade et les belles images pour toucher les gens, leur donner envie d’agir, en sortant du culte de la performance. Les voies d’escalade sont des pépites à côté de chez moi (que l’on ne connaît pas toujours). Je ne mentionne ni cotation, ni nom de voie, pour que le spectateur se concentre sur la beauté des mouvements, de la ligne, du cadre, comme une invitation à l’émerveillement. Qu’est-ce que les rencontres avec les scientifiques et militant·e·s t’ont apporté, et qu’as-tu appris à leur contact dans ton engagement et ton combat pour l’écologie? En choisissant ces personnalités, mon objectif était de mieux comprendre certains sujets, diffuser des expertises, mais aussi inspirer sur des modes d’engagement. Les interviews étaient extrêmement denses. J’ai plusieurs heures d’enregistrements absolument passionnantes et, d’ailleurs, le travail de sélection pour aboutir à des épisodes de 5 minutes a été aussi difficile que frustrant. Mais au-delà de ces échanges, nous avons aussi pu partager du temps ensemble dans des espaces naturels, autour de l’escalade. Ces moments m’ont permis de saisir, de manière plus intime, leur sensibilité et leur rapport au vivant. Chaque aventure avait quelque chose d’unique : ce sont aujourd’hui de précieux souvenirs de vie. Message et résonance pour la communauté des grimpeurs Qu’aimerais-tu que les grimpeurs retiennent en priorité après avoir regardé la série ? Grimpeurs, grimpeuses, nous sommes des passionné.e.s, des citoyen.ne .s , des salarié.e.s, des parents, mais avant tout : des vivant.e.s. Et si on apprenait à déconstruire la normalité et à trouver une meilleure harmonie ? Si Une Voie pour la Nature devait provoquer un changement, quel serait-il idéalement dans notre manière de pratiquer l’escalade ? J’aimerais que cette mini-série ouvre des espaces d’action, des interstices, pour explorer d’autres modèles que celui de la domination qui structure encore largement nos sociétés. Elle invite à repenser notre relation aux autres vivants avec davantage d’humilité, dans nos pratiques sportives comme bien au-delà. Cela concerne les autres espèces, mais aussi nos relations entre humains. Pour moi, l’enjeu est clair : il s’agit de redonner du pouvoir à celles et ceux avec qui nous cohabitons, mais qui ne sont pas toujours entendu.e.s, et de leur faire une place réelle dans nos décisions du quotidien. Plus largement, comment imagines-tu l’avenir de l’escalade dans un contexte de crise écologique globale ? Que sera l’escalade dans un monde à +4 °C ? Probablement pas grand-chose. Nous sommes des conquérant.e.s de l’inutile, notre pratique sportive sera une futilité face aux problématiques de conflits, d’alimentation, d’accès à l’eau potable… Je ne pense pas que nous disposerons encore de ce privilège si nous restons sur la trajectoire actuelle. En une phrase, quel message aimerais-tu adresser aux grimpeurs et grimpeuses qui aiment la nature autant que le rocher ? Si la nature pouvait parler, que vous dirait-elle ? ✍️: Théo de GrimpActu
- Pro Climbing League : la nouvelle compétition d’escalade en face-à-face qui arrive à Londres
Imaginez-vous face à un bloc de quatre mètres de haut, les doigts crispés sur des prises minuscules. À vos côtés, un autre grimpeur, l’un des meilleurs au monde. La tension est palpable, le chrono tourne, et chaque mouvement compte. Bienvenue dans la Pro Climbing League (PCL), une nouvelle scène de l’escalade qui promet de transformer la compétition en un spectacle immersif, où passion, adrénaline et créativité se rencontrent. La première compétition se tiendra à Londres le 28 février 2026 et sera diffusée dans le monde entier sur Red Bull TV . Une vision née d’une rencontre La PCL est née d’une conviction simple mais puissante, cristallisée lors d’une rencontre en 2020 entre deux passionnés : Danaan Markey et Charlie Boscoe . Une évidence s’impose alors : l’escalade mérite un événement capable de soutenir ses athlètes et de célébrer pleinement sa communauté. Tous deux ont consacré leur vie au sport — enseigner, coacher, concourir, ouvrir des blocs, filmer, encourager — et surtout respirer l’escalade jour après jour. Ils ont observé la sueur, les joies, les échecs et les victoires des grimpeurs, et vu combien ce sport transforme profondément ceux qui le pratiquent : il forge la résilience, crée des liens indéfectibles et donne parfois une véritable raison d’être. Ici, on se donne corps et âme, non pour la gloire, mais par amour du geste et du jeu. Face à cette intensité, deux questions fondamentales émergent : À quoi ressemblerait l’escalade si ses athlètes étaient enfin soutenus et célébrés comme les véritables superstars qu’ils sont ? Et que se passerait-il si la culture, la créativité et l’humanité de ce sport avaient enfin un lieu à la hauteur de leur énergie ? La Pro Climbing League est cette réponse. Plus qu’une compétition, elle se veut comme un espace où chaque mouvement, chaque bloc et chaque effort reflètent l’âme de l’escalade, tout en permettant au sport de grandir et de connecter les passionnés du monde entier. Un format inédit : le face-à-face La Pro Climbing League innove avec un format de face-à-face , où seize grimpeurs — huit femmes et huit hommes — s’affrontent côte à côte sur des blocs strictement identiques. Chaque duel est un mélange de puissance, de lecture et de stratégie, où une seule prise peut faire basculer l’issue de la confrontation. Le tournoi se déroule en trois tours à élimination directe : Qualifications : Les grimpeur.eus es s’affrontent en tête-à-tête sur trois blocs lors du premier tour. Le vainqueur est le grimpeur qui « toppe » le plus de blocs. Si les deux grimpeurs topent, le vainqueur est celui qui réalise le top en premier. Si aucun des deux ne toppe un bloc, le vainqueur est celui qui a contrôlé la prise la plus haute. En cas d’égalité persistante, le grimpeur qui a atteint le point le plus haut en premier l’emporte. Demi-finales : Les quatre vainqueurs des duels du premier tour accèdent au deuxième tour et s’affrontent sur un seul bloc, avec les mêmes règles et le même système de scoring que lors du premier tour. Finale : Les quatre grimpeurs se disputent ensuite le podium sur deux blocs distincts, avec les mêmes règles et le même système de scoring que lors du deuxième tour. Ce format rapproche radicalement le public de l’action. Le face-à-face crée une lecture immédiate : la tension, l’engagement physique et la pression mentale se lisent à chaque mouvement. Pour les spectateurs, c’est une immersion totale, presque viscérale, au plus près du mur. Les stars de l’escalade au rendez-vous Les médaillés d’or olympiques Janja Garnbret et Toby Roberts seront présents. Voir ces athlètes évoluer côte à côte sur des blocs identiques offre une leçon unique : comment la technique, l’instinct et la stratégie se combinent sous pression pour atteindre le sommet du bloc. Toby Roberts, natif de Londres, confie : "Je n’ai jamais fait de face-à-face auparavant, et je suis impatient de tester ce format devant ma ville natale et une immense foule. Chaque bloc sera un défi intense, à la fois pour moi et pour le public." Quatorze autres grimpeurs d’exception et des talents émergents auront l’occasion de se mesurer à l’élite, créant des duels imprévisibles et spectaculaires . Plusieurs figures majeures du bloc moderne seront également présentes, dont Mejdi Schalck , Tomoa Narasaki , Yannick Flohé et Annie Sanders . D’autres noms devraient être dévoilés prochainement. Une compétition pour la communauté La PCL a été conçue par des grimpeurs, pour des grimpeurs , avec une volonté claire : soutenir les athlètes tout en rapprochant les passionnés de l’action. Des places de qualification ouvertes permettent à de nouveaux talents d’entrer dans l’arène, tandis que le format met la technique, la stratégie et le mental au cœur de la performance. Chaque bloc devient un espace de lecture et de partage. Le public peut observer les subtilités du mouvement, les choix de méthode, la gestion du stress et les ajustements en temps réel. Grâce à la collaboration avec Red Bull TV et London & Partners , cette expérience dépasse les frontières locales pour toucher une communauté mondiale. La Pro Climbing League n’est donc pas seulement une nouvelle compétition. Elle s’affirme comme un point de convergence de la culture escalade : un lieu où performance, émotion et appartenance se mêlent pour célébrer le sport dans toute sa richesse — et peut-être en redéfinir l’avenir. ✍️: Théo de GrimpActu
- Simon Lorenzi réalise son cinquième 9A avec Shaolin : interview exclusive
Le 27 décembre 2025, deux ans après avoir marqué l’histoire avec Burden of Dreams en Finlande, Simon Lorenzi frappe à nouveau un grand coup. À Red Rocks, dans le Nevada, le grimpeur belge enchaîne Shaolin (9A / V17), l’un des blocs les plus durs au monde, réalisé en novembre 2024 par Sean Bailey. Avec cette réalisation, Simon devient le deuxième grimpeur de l’histoire , après Will Bosi, à réussir cinq blocs cotés 9A / V17 , confirmant une régularité exceptionnelle au sommet du bloc mondial : un 9A par an depuis 2021 Mais derrière ce chiffre impressionnant et cette constance presque irréelle se cache une réalité bien plus nuancée. Shaolin n’est pas seulement une nouvelle ligne extrême cochée sur une liste. C’est l’aboutissement des mois de travail méthodique, d’une progression patiente, d’un état d’esprit apaisé, porté par un entourage proche et un équilibre mental bien différent de celui des années précédentes. Car si Simon Lorenzi incarne aujourd’hui l’élite absolue du bloc outdoor, son parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille. Doutes, pression de la performance, fragilité mentale, précarité financière, remise en question du sens même de la réussite : autant de sujets rarement abordés à ce niveau, et pourtant centraux dans son cheminement. À travers cette interview, nous avons voulu aller au-delà de la performance brute . Comprendre l’homme derrière les cotations extrêmes. Explorer ce qui nourrit — et parfois abîme — la quête permanente de progression. Donner la parole à un grimpeur qui, malgré des réalisations historiques, continue de questionner son rapport à l’escalade, à la réussite et à l’équilibre de vie. Voici l’échange, sans filtre, avec Simon Lorenzi . 📷 Yulen Calleja Ordiz Salut Simon Lorenzi, peux-tu revenir sur ton trip aux États-Unis, et plus particulièrement sur Shaolin ? Salut, au niveau de mon trip, on est arrivés aux États-Unis il y a un mois et demi. On a d’abord passé deux semaines dans le Colorado, où j’ai fait « Defying Gravity », un 8C , puis on a bougé à Vegas. À partir de là, mon projet pendant un mois, ça a été Shaolin . J’avais déjà essayé un tout petit peu l’année passée : j’avais fait une seule séance, donc je savais à quoi ça ressemblait. J’avais pu m’entraîner en Belgique spécifiquement pour ça et, en arrivant, j’ai commencé à réessayer les moves, à reprendre les mouvements un par un. Mais dès la première séance, ça allait déjà beaucoup mieux que l’année passée, parce que je m’étais beaucoup mieux entraîné. Ensuite, je dirais que j’ai grimpé un jour sur deux : un jour je grimpais, un jour je me reposais, puis je regrimpais. À chaque séance, il y avait de vrais progrès. J’arrivais à être lucide sur ce qui n’allait pas pendant la séance, à comprendre ce que je devais changer pour la suivante, etc. Du coup, ça a été comme ça à chaque session. À chaque fois, je faisais de meilleurs links, je passais certains moves plus de fois qu’avant. J’ai donc eu une progression parfaitement constante pendant tout le mois où j’étais là-bas. On avait prévu de rester un mois, et j’ai enchaîné le dernier jour du mois qu’on avait prévu. Timing parfait. C’était vraiment cool, avec Jules et Mejdi, et il y avait aussi Yulen qui était là pour filmer et faire des photos. C’était un énorme confort d’être avec ses potes, d’avoir des gens avec qui échanger et passer la journée au bloc. Je trouve que ça a vraiment fait la différence, surtout sur l’aspect mental : être relax, se sentir détendu. Ça permet de prendre de meilleures décisions pour enchaîner le bloc, donc le fait d’être en groupe a énormément aidé. 📷 Gilles Charlier L’humain derrière la légende Peux-tu nous raconter comment tu es tombé amoureux de l’escalade et ce qui t’a donné envie d’en faire ton métier ? Je grimpe depuis toujours et j’ai toujours aimé ça, je crois. Quand j’avais dix ans, je faisais principalement du foot et je grimpais environ une fois par semaine, vraiment rien de sérieux à cette époque. En voyant l’affiche pour une Coupe de Belgique d’escalade, j’ai eu envie de m’y inscrire, car j’avais un bon souvenir de la seule compétition amicale que j’avais faite auparavant. À la surprise générale, j’ai gagné, et peu de temps après, j’ai quitté le foot pour m’investir en escalade. Je voulais exploiter ce potentiel et, en plus, les valeurs de ce sport me convenaient mieux. À partir de là, je me suis investi de plus en plus dans la compétition. Jour après jour, je donnais tout ce que j’avais parce que j’aimais ça, sans jamais imaginer une seule fois qu’il serait possible d’en vivre. Puis, des années plus tard, en 2018, ça m’est tombé dessus : une saison après mon titre de champion du monde de difficulté en dernière année jeune, j’ai décroché un contrat avec le gouvernement belge en tant que sportif de haut niveau. J’ai alors pu vivre de ça, de manière totalement inespérée en réalité. Ensuite, en 2021, j’ai enchaîné Soudain Seul , mon premier 9A, et à partir de là, la graine était plantée : peut-être que je pourrais être grimpeur professionnel un jour. Comment décrirais-tu ton rapport à la grimpe dans ta vie quotidienne ? Maintenant, je vois vraiment l’entraînement comme mon boulot, mais un job hyper cool où tu vois tes collègues préférés et où tu passes un bon moment. Malgré ça, le taf qui doit être fait est toujours fait. Après, on peut dire que je ne sors pas vraiment la tête du boulot, car tout tourne autour de l’escalade dans ma vie. Ça peut être carrément obsessionnel par périodes, mais j’apprends doucement à être plus équilibré. Quelle est l’expérience ou le moment qui t’a le plus marqué en dehors des performances mythiques qu’on connaît tous ? La réalisation qu’une vie équilibrée est primordiale pour avancer sereinement (merci capitaine Obvious). Que, dans la vie, on ne peut pas compter uniquement sur soi-même pour être heureux, et que s’investir dans d’autres choses (le couple et la vie professionnelle, dans mon cas) permet de créer une base solide pour construire une vie plus épanouie. J’ai compris et ressenti ça quand j’étais au plus mal pendant mon trip aux States. Ça a été une véritable révélation, et j’ai fini par déconstruire un mécanisme insidieux. J’étais super content d’avoir compris un truc si basique, mais que je n’avais jamais vraiment ressenti auparavant, même si c’est logique sur le papier. Je n’en ai presque pas dormi et j’ai envoyé plein de vocaux à ma copine pour lui expliquer ce que j’avais finalement compris sur mes anciens fonctionnements et comment je devais changer ça. Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans la vie d’un grimpeur professionnel, et qu’est-ce qui est le plus difficile à vivre ? J’adore avoir du temps pour moi. Même si tu t’entraînes 25 heures par semaine, ça laisse quand même un paquet d’heures à dépenser à ton bon vouloir. Du coup, je ponce les documentaires sur YouTube, je joue avec mon chat, je vais boire du bon café en ville… Maintenant, je fais du coaching, donc j’ai un peu moins de temps, mais c’est parfait : ça donne encore plus de saveur au temps libre. Le plus difficile dans le fait d’avoir couru après la professionnalisation, c’est que ça a changé mon rapport à l’escalade. On finit par réfléchir en termes de rentabilité de performance, plutôt que de grimper avec le cœur. On délaisse certaines lignes plus faciles pourtant magnifiques, ou on ne se concentre plus que sur des trips axés sur des performances ultimes, parce que c’est ce qui va faire du bruit et donc potentiellement nous rendre plus attractifs. Heureusement, je commence à me libérer de cet aspect et je retrouve mon âme d’enfant petit à petit. 📷 Gilles Charlier Aspect mental et quête de sens Qu’est-ce qui te motive à continuer lorsque tu traverses des périodes de doute ou de remise en question ? Douter et me remettre en question — remettre tout en question de manière générale — fait partie intégrante de mon fonctionnement, je crois, et y faire face me permet d’apprendre beaucoup de choses sur moi et sur la façon dont je fonctionne. C’est donc un apprentissage très riche, et je suis curieux d’en apprendre toujours plus. C’est également mon côté optimiste qui m’aide à traverser ces périodes : je trouve des solutions à chaque problème, et tant que ce n’est pas le cas, le fait d’être très têtu fait que je ne peux pas abandonner sans avoir tout essayé. As-tu des rituels, réflexions ou petites routines qui t’aident à retrouver le sens et la motivation, surtout dans les moments où tout semble difficile ? C’est vraiment le côté “solution concrète” qui m’aide : essayer toutes les options à ma disposition pour réussir. Bricoler mes chaussons, trouver une meilleure méthode ou une micro-méthode à laquelle je n’ai pas encore pensé, revoir ma routine d’entraînement, mon échauffement… Il faut être dans l’action et focaliser son attention sur ce qui peut être amélioré. Même un infime détail peut permettre de progresser, mais aussi de se détacher un peu de la pression d’enchaîner. Il s’agit d’aborder le puzzle pièce par pièce, au lieu de vouloir le voir en entier d’un coup. Y a-t-il des moments où tu t’es senti dépassé par la pression ou les attentes, et comment as-tu géré cela ? Oui, ça m’est arrivé l’année passée dans Return of the Sleepwalker . La meilleure chose que j’ai pu faire a été de simplement prendre une pause de ce bloc : je n’ai plus mis les doigts dedans pendant deux semaines. Tout en acceptant que, peut-être, je n’y retournerais pas du tout pendant le reste du trip. Mais l’envie est doucement revenue, et j’ai pu m’y remettre petit à petit, en reprenant l’apprentissage depuis le début pour reconstruire le puzzle pas à pas. Quelle leçon as-tu tirée de ces moments de fragilité, et comment cette leçon influence encore ta façon de grimper et de vivre aujourd’hui ? Pour l’aspect grimpe, j’ai compris qu’il faut être ok avec le fait d’échouer. Un échec dans un bloc à un instant T ne définit pas qui l’on est. Échouer fait partie de la vie, et ce n’est pas grave de ne pas être aussi fort que ce qu’on imaginait ou de rentrer bredouille d’un trip. C’est fou la pression que l’on peut se mettre pour un morceau de caillou, alors qu’à priori il ne va pas bouger et qu’il suffit de revenir plus fort. Dans ma façon de vivre, comme je l’ai dit plus tôt, ça a eu un énorme impact. J’ai compris que mettre toutes mes billes dans le même panier était une grosse erreur. Je donne maintenant beaucoup plus d’importance à d’autres aspects de ma vie. Ce qui compte pour moi maintenant, c’est l’équilibre, dans ma vie personnelle comme en escalade. Comment gères‑tu la peur ou la frustration en plein effort ou face à un bloc particulièrement difficile ? J’essaie — je dis bien j’essaie, car ce n’est pas le cas à chaque fois — d’aborder le bloc comme un jeu. Le but est de s’amuser, de jouer et de voir ce qui se passe. Bien évidemment, lors des essais d’enchaînement, ce n’est pas vraiment possible. Mais pendant les repos et l’échauffement, j’essaie de concevoir le bloc, ses prises et l’environnement comme un terrain de jeu à explorer pour s’amuser. Cela permet de baisser la pression et aussi de garder l’esprit ouvert à de nouvelles méthodes ou solutions. Retrouver un peu l’esprit d’enfant, avec la spontanéité qui va avec, en fait. 📷 Yulen Calleja Ordiz Réalité sociale, vivre de l’escalade Comment arrives‑tu à concilier passion, vie personnelle et réalité financière ? Je commence à trouver un équilibre, mais je dirais que je n’ai pas bien réussi à concilier tout ça au début. La pression de vouloir en vivre a peu à peu terni la passion, et ensuite c’est toute ma vie personnelle qui a pris un coup. Depuis un peu moins d’un an, j’accorde beaucoup plus d’importance à ma vie personnelle et professionnelle, ce qui me permet aussi de mieux profiter de l’escalade. C’était ça, la clé, je crois. Quels sont les sacrifices ou compromis que tu as dû faire pour vivre de l’escalade ? Disons que, pour ne même pas vraiment en vivre, j’ai dû sacrifier ma tranquillité financière — vivre avec 700 à 800 € par mois — et j’ai presque anéanti mon couple, ma santé mentale et ma passion pour l’escalade. Je suis vraiment reconnaissant envers les personnes qui m’ont entouré et sur qui j’ai pu compter, et qui ont permis de rendre cette période bien meilleure que ce qu’elle n’était. Selon toi, qu’est-ce qui manque aux jeunes grimpeurs pour pouvoir envisager une carrière professionnelle durable, et comment penses‑tu que le milieu pourrait évoluer pour mieux les soutenir ? Je pense que c’est important d’être entouré et aidé pour les démarches avec les sponsors. C’est un monde différent : il faut les contacts, connaître les codes, savoir se vendre, négocier… c’est un vrai travail. Avoir un manager ou un proche qui s’en occupe bien me paraît vraiment important dans la plupart des cas. Cela dit, j’ai du mal à savoir comment concrètement faire évoluer les choses pour qu’on puisse avoir un meilleur soutien. Certaines des plus grosses marques d’escalade sont ultra radines envers leurs athlètes, alors que c’est notamment grâce à eux que la marque est populaire. Je crois que le meilleur service que les athlètes peuvent se rendre à eux-mêmes, c’est d’arrêter d’accepter des contrats qui ne leur rapportent vraiment pas grand-chose. Ainsi, peut-être que les marques n’auront pas le choix et devront augmenter leurs standards en termes de soutien. Après, je n’y connais pas grand-chose au business, mais vu la popularité grandissante de l’escalade, c’est surprenant qu’on ne soit pas déjà mieux à même d’en vivre. Quelle place occupe la communauté de grimpeurs dans ton quotidien et dans ton équilibre personnel ? Mon cercle social est entièrement constitué de personnes gravitant autour de l’escalade, donc c’est une partie très importante de ma vie sociale. On a la chance d’avoir une communauté assez soudée, donc concrètement, il y a moyen d’aller en trip à peu près partout en se faisant aider, que ce soit pour le logement, le prêt de matériel ou des choses comme ça. Sinon, quand tu es dans un projet, il y a toujours un soutien moral de plein de gens, que ce soit des inconnus ou des proches qui ont envie de te voir réussir, et c’est vraiment cool ! 📷 Gilles Charlier Processus intérieur derrière la performance Comment prépares‑tu mentalement un projet ou un bloc difficile ? Je dirais que je ne me suis jamais vraiment préparé : j’y vais avec l’intention de tout donner et de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour y arriver. Après, je m’adapte au jour le jour et je trouve mes marques petit à petit. Comment gères‑tu la frustration lorsque tu échoues après de nombreux essais ? J’ai déjà un peu répondu à cette question plus haut, mais je peux ajouter qu’en fait, je suis conscient de la chance que j’ai de faire ce que je fais, donc pas de raison d’être vraiment frustré. En plus, j’ai la chance d’être particulièrement patient. Puis, souvent, les blocs que j’essaie sont magnifiques, donc échouer veut dire que j’ai droit à plus de temps dans cette belle ligne. C’est quelque chose que je me répète quand ça devient dur. As-tu développé des rituels ou des méthodes pour rester concentré et connecté à ton corps lors de tes ascensions ? Oui, j’ai certains petits trucs : la respiration, l’imagerie, la manière dont je mets ma magnésie, mes chaussons, ou encore la façon dont je brosse le bloc encore et encore, même si je l’ai déjà brossé deux fois. Ce sont plein de petits trucs inconscients sur le moment, mais qui me font me sentir à ma place et prêt à forcer. Peux‑tu nous parler d’un moment où la persévérance t’a fait progresser autant mentalement que physiquement ? Je crois que chaque moment passé dans un projet est l’occasion de grandir dans ces deux domaines si on y met l’intention suffisante. Un moment marquant fut lors de mon enchaînement de Return of the Sleepwalker : ma forme s’était considérablement améliorée les semaines précédentes, et mentalement, j’étais plus aiguisé aussi. J’étais en forme, déterminé à enchaîner et, en même temps, serein avec le fait que je pourrais probablement échouer. La combinaison de ces facteurs m’a permis d’être fort, lucide et en même temps relâché, donc c’était assez fou. Vision, inspiration et valeurs Quelles valeurs te guident dans ta pratique et dans la vie en général ? Les valeurs qui me guident le plus, je dirais, sont le bonheur, la tolérance et la persévérance. Mettre le bonheur au centre me permet de me focaliser sur ce que j’aime faire, donc c’est naturel pour moi d’être investi et de prendre du plaisir dans ce que je fais. Ensuite, il est évident que la persévérance fait de moi le grimpeur que je suis aujourd’hui, et aucun des gros projets que j’ai réalisés n’aurait abouti sans ça. Parfois, ça prend un peu trop de place au détriment du bonheur ou du plaisir, d’ailleurs. La tolérance est pour moi une valeur fondamentale dans la vie de tous les jours, et en escalade, elle se manifeste sous forme de tolérance au froid, à la douleur, à l’inconfort… ce qui est vraiment utile quand il s’agit de repousser ses limites. Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien, à la fois dans la grimpe et en dehors ? Ce que je trouve le plus inspirant, ce sont les gens passionnés — et ce, quel que soit le domaine. Être investi dans ce qu’on aime, sans compter, juste pour la beauté de la chose, c’est ça aussi, le but de la vie, je crois. Voir quelqu’un trouver un sens, une motivation et du plaisir dans quelque chose de priori futile (comme grimper un rocher, typiquement) me semble vraiment inspirant. Si tu devais laisser un message ou un héritage à la prochaine génération de grimpeurs, quel serait-il ? Je leur dirais de ne pas se mettre trop de pression pour vouloir prouver quelque chose ou vouloir briller d’une manière ou d’une autre. De trouver quelque chose qu’ils aiment réellement faire, dans lequel ils se sentent bien et qu’ils feraient même s’il n’y avait rien à gagner derrière. Si Simon continue de repousser ses limites sur les blocs les plus durs du monde, c’est aussi grâce à cette vision équilibrée et réfléchie de l’escalade — et c’est peut-être la vraie leçon que chacun peut retenir de son parcours ✍️: Théo de GrimpActu
- 7 résolutions pour progresser en escalade en 2026
Quoi de mieux qu’une nouvelle année pour se fixer de nouvelles résolutions ? Pour vous faciliter la tâche, nous avons sélectionné 7 résolutions clés qui vous aideront à progresser dans votre pratique de l’escalade en 2026. Dans cet article, vous trouverez des conseils pour : définir des objectifs clairs, préparer un échauffement efficace, intégrer des routines quotidiennes, vous accorder de vrais moments de repos, prendre soin de votre corps, et surtout, cultiver le plaisir et le jeu dans chaque mouvement. 📷@Nicolas Vaillant 1. Grimper avec un objectif clair Grimper sans objectif précis peut être très agréable sur le moment, mais cela mène souvent à une pratique un peu floue, où les séances s’enchaînent sans réelle direction. Sans objectif clairement défini, les séances ont tendance à s’accumuler sans réelle cohérence, avec des intensités mal maîtrisées et une progression souvent difficile à mesurer. Se fixer un objectif permet au contraire de structurer sa pratique et de donner une logique à ses choix . Un objectif pertinent repose sur trois éléments : il doit être précis , inscrit dans le temps et en lien avec vos besoins réels . Cela peut être l’enchaînement d’une voie ou d’un bloc, la préparation d’une saison en falaise, une compétition, ou encore la consolidation d’un niveau à vue. L’objectif sert alors de référence pour orienter les séances, définir les priorités et éviter de se disperser. Avoir un objectif clair implique aussi d’accepter une part de méthode. Cela signifie analyser ses points faibles, adapter le contenu de ses séances et parfois renoncer à grimper « fort » à chaque sortie. Travailler des mouvements, répéter, échouer, puis ajuster fait pleinement partie du processus de progression. Enfin, un objectif bien posé permet de mieux gérer la charge d’entraînement. Il aide à alterner les phases de travail, de récupération et d’intensité, réduisant ainsi le risque de surmenage ou de blessure. 👉 3 articles pour aller plus loin : ➡️ Planifiez votre progression pour une saison d'escalade réussie ➡️ Les cycles d’entrainement en escalade ➡️ Comment bien s’entraîner en escalade ? 2. Soigner son échauffement L’échauffement n’est pas une formalité ni un simple passage obligé avant de « grimper pour de vrai ». C’est une phase à part entière de la séance, déterminante pour la performance, la qualité de mouvement et surtout la prévention des blessures. Pourtant, il reste encore trop souvent bâclé, voire ignoré. Un échauffement efficace repose avant tout sur la progressivité. Il s’agit de préparer le corps dans son ensemble, en commençant par un réveil articulaire et une mobilisation globale, afin de lubrifier les articulations et d’augmenter progressivement la température corporelle. Cette phase permet de préserver la santé articulaire sur le long terme, un enjeu central pour tout grimpeur régulier. Vient ensuite l’activation musculaire. En sollicitant de manière contrôlée les muscles clés — notamment les épaules, les bras et le tronc — on prépare le corps aux contraintes spécifiques de l’escalade. Cette activation améliore la coordination, la proprioception et la réactivité musculaire, tout en réduisant le risque de blessures liées aux mouvements explosifs ou aux suspensions. Enfin, l’échauffement doit devenir spécifique à la séance à venir. Grimper plusieurs voies ou blocs bien en dessous de son niveau maximal, dans des styles variés, permet de préparer le corps aux gestes techniques et à l’intensité progressive de l’effort. C’est aussi un moment privilégié pour travailler la pose de pieds, la fluidité, la respiration ou encore la lecture, sans pression de performance. 📷Nicolas Vaillant 3. Intégrez des routines dans votre quotidien Grimper ne se limite pas aux moments ou vous avez des chaussons au pied : chaque mouvement que vous exécutez, chaque prise que vous tenez, dépend de ce que vous avez construit en dehors des séances. Intégrer de petites routines quotidiennes transforme votre corps en un instrument plus réactif, plus stable et plus résilient face aux contraintes exigeante de l’escalade. Trois axes essentiels à explorer dans vos routines : Mobilité active : il ne s’agit pas simplement de toucher vos pieds ou de vous étirer. La vraie mobilité, celle qui fait la différence en escalade, c’est la capacité à contrôler vos articulations sous tension . Pouvoir lever un pied haut, tourner votre hanche ou tendre le bras en équilibre sans « compenser » avec d’autres muscles, c’est ce contrôle qui prévient les blessures et rend vos mouvements plus fluides et précis. ➡️ Si vous souhaitez aller plus loin sur la mobilité active : [Article complet ici] 📌 Renforcement des antagonistes et stabilisateurs : grimper développe naturellement certains muscles, mais en négligeant leurs antagonistes, on crée des déséquilibres dangereux. Les muscles antagonistes stabilisent vos articulations et répartissent les forces. Sans eux, un mouvement explosif ou un placement instable devient un risque de blessure. Ces routines renforcent vos épaules, vos poignets, vos doigts et même vos hanches, pour que votre corps devienne plus solide et plus efficace dans tous les gestes de votre pratique. ➡️ Si vous souhaitez travailler sur vos muscles antagonistes, renforcez l’équilibre musculaire : [Article complet ici] 📌 Respiration et visualisation positive : La respiration ne sert pas seulement à fournir de l’oxygène : elle influence profondément la concentration, la gestion du stress et l’activation du corps. Une respiration consciente permet d’alterner calme et énergie, selon les besoins, et prépare le mental à chaque mouvement. Associée à la visualisation positive, elle crée un lien puissant entre corps et esprit : le cerveau anticipe les gestes, renforce la confiance et transforme l’approche de chaque voie ou bloc. Cette combinaison devient un outil clé pour progresser sereinement, rester concentré et exploiter pleinement son potentiel. ➡️ Si vous souhaitez travailler votre respiration, optimisez votre souffle pour mieux gérer efforts et récupération : [Article complet ici] 📌 Ces routines quotidiennes ne demandent pas des heures, mais elles conditionnent votre corps à mieux répondre à chaque prise, chaque mouvement, chaque projet. Chaque jour de la semaine peut vous permettre d’intégrer des exercices différents : 10 minutes de mobilité active (poignets, épaules, genoux), 10 minutes de renforcement des antagonistes (dips, triceps, squats) et 10 minutes de visualisation positive ou de méditation de pleine conscience. 4. Accordez-vous de vrais moments de repos (sans escalade) En escalade, le repos reste l’un des leviers de progression les plus sous-estimés. Beaucoup de grimpeurs associent encore progression et accumulation de séances, alors que les adaptations physiologiques — force, coordination, résistance nerveuse — se produisent majoritairement en dehors du mur . Intégrer de véritables phases de repos, ponctuellement dans l’année, permet au corps d’assimiler les charges d’entraînement, de réparer les tissus sollicités et de préserver le système nerveux. Contrairement aux idées reçues, une semaine sans escalade ne fait pas régresser. Elle consolide souvent les acquis et permet de revenir plus frais, plus disponible et plus performant. Le repos joue également un rôle clé sur le plan mental. L’enchaînement de séances intenses, de projets qui stagnent ou de contraintes extérieures peut entraîner une fatigue invisible mais bien réelle. Prendre du recul, s’éloigner temporairement de l’entraînement et retrouver du temps pour d’autres activités permet de restaurer la motivation et de renouer avec le plaisir de grimper. Savoir se reposer, c’est aussi savoir s’écouter. Fatigue persistante, douleurs récurrentes, baisse d’envie ou difficultés à récupérer entre les séances sont autant de signaux à ne pas ignorer. Dans certains cas, une réduction du volume (deload) peut suffire ; dans d’autres, une coupure plus franche s’impose. Le repos n’est pas un aveu de faiblesse, mais une décision stratégique. 👉 3 articles pour aller plus loin : ➡️ Le repos en escalade : Facteur de progression ➡️ Escalade et fatigue : Retrouver confiance, envie et plaisir de grimper ➡️ Le Burnout sportif en escalade : Quand la passion peut mener à l'épuisement 📷Nicolas Vaillant 5. Prenez soin de votre corps grâce à une alimentation adaptée En escalade, l’entraînement ne s’arrête pas à la sortie de la salle ou au pied de la falaise. Ce que vous mettez dans votre assiette conditionne directement votre capacité à récupérer, à enchaîner les séances et à progresser sans vous blesser. Chaque séance sollicite intensément muscles, tendons et système nerveux. Les réserves énergétiques s’épuisent, des micro-lésions musculaires apparaissent, l’inflammation augmente et l’organisme perd de l’eau et des électrolytes. Sans stratégie alimentaire adaptée, la récupération est incomplète, la fatigue s’accumule et les performances stagnent. Une alimentation post-séance bien construite permet de répondre à ces enjeux clés : reconstituer les stocks d’énergie, réparer les tissus sollicités, limiter l’inflammation et optimiser l’hydratation. L’association de glucides (pour restaurer l’énergie), de protéines (pour la réparation musculaire) et de lipides de qualité (pour la régulation hormonale et inflammatoire) constitue la base d’une récupération efficace. À cela s’ajoute une alimentation riche en vitamines et antioxydants, indispensables pour protéger l’organisme face au stress de l’effort. Il ne s’agit pas de calculer chaque gramme, mais d’adapter ses apports à l’intensité et au volume de sa pratique. Plus une séance est longue ou exigeante, plus les besoins énergétiques et hydriques augmentent. Bien manger après l’effort, c’est préparer la séance suivante, pas simplement « compenser » celle qui vient d’avoir lieu. 👉 3 articles pour aller plus loin : ➡️ Bien récupérer de sa séance d'escalade par l'alimentation ➡️ Baisse de performance : les bonnes questions à se poser ➡️ Stratégie nutritionnelle en escalade : es-tu concerné.e ? 6. Grimper pour le plaisir, pas seulement pour la performance Le plaisir est le moteur silencieux de toute pratique sportive. Il donne envie de grimper, nourrit la motivation et soutient la persévérance, même face aux difficultés. Loin de se résumer aux résultats ou aux performances, le plaisir naît des sensations, de l’apprentissage constant, et du simple fait de bouger et d’explorer. Il est possible de pratiquer pour le plaisir de l’activité elle-même, sans se soucier des performances. C’est ce qu’on appelle la motivation intrinsèque : grimper pour la sensation, le geste, le contact avec la paroi, et le plaisir du mouvement. À l’inverse, se focaliser uniquement sur des objectifs précis peut transformer l’« envie de grimper » en « il faut », et faire passer la motivation intrinsèque au second plan. Chaque grimpeur a un rythme, des priorités et des limites qui lui sont propres. S’écouter et s’adapter est essentiel pour préserver le plaisir : ajuster l’intensité, varier les objectifs, réévaluer ses envies ou faire de courtes pauses peut suffire pour retrouver l’enthousiasme. Il n’existe pas de règle universelle : le plaisir fluctue selon les moments de vie, la fatigue, la charge émotionnelle ou les contraintes extérieures. Reconnaître ces fluctuations et agir en conséquence permet de maintenir une pratique épanouissante et durable. Considérer l’environnement et le climat autour de soi — partenaires, entraîneurs ou encadrement — joue un rôle important. Favoriser l’autonomie, valoriser les progrès personnels et se concentrer sur les sensations et le plaisir de grimper plutôt que sur la comparaison ou la compétition contribue à renforcer la motivation intrinsèque et à nourrir un engagement durable dans la pratique. 7. Lisez GrimpActu Rester informé ne se limite pas à suivre des actualités : c’est un moyen de nourrir votre curiosité et d’enrichir votre pratique. En lisant GrimpActu, vous découvrez des conseils concrets, des techniques nouvelles, des approches originales, des portraits inspirants et des récits d’aventures qui font vibrer chaque grimpeur·euse. GrimpActu va bien au‑delà de la performance : il vous propose des articles pour progresser, explorer les dernières innovations en matière de matériel, et prendre soin de votre bien‑être pour grimper durablement et réduire vos blessures. Un média fait par et pour les passionné·es qui vous encourage aussi à questionner votre pratique, à réfléchir à votre environnement et à votre rapport à l’escalade, pour rester curieux, ouvert et constamment motivé à découvrir de nouvelles perspectives. 📷Nicolas Vaillant ✍️: Théo de GrimpActu
- Alex Honnold : Solo urbain – escalade extrême ou simple show médiatique ?
En 2026, Alex Honnold, l’icône du solo intégral, s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière – mais cette fois, loin des falaises de granite. L’Américain, connu pour son ascension historique d’El Capitan sans corde ni assurage, va tenter de gravir en direct le Taipei 101, gratte-ciel emblématique de Taïwan. Diffusée sur Netflix sous le titre Skyscraper Live, cette performance promet d’être l’un des événements sportifs et médiatiques les plus commentés de l’année. Taipei 101 : la date est désormais connue Mise à jour – Alex Honnold a récemment officialisé la date de son ascension via son compte Instagram. Le solo intégral du Taipei 101 aura lieu le vendredi 23 janvier 2026, lors d’un événement diffusé en direct sur Netflix. Le grimpeur évoque « l’ascension urbaine la plus ambitieuse » de sa carrière, sur une tour culminant à près de 1 700 pieds. Une annonce qui donne désormais un cadre temporel précis à ce projet hors norme. Une voie de verre et d’acier Avec ses 508 mètres et 101 étages, le Taipei 101 fut le plus haut bâtiment du monde à son inauguration en 2004. Aujourd’hui, il reste une prouesse architecturale qui domine la skyline de Taipei.Pour un grimpeur, cette tour n’est pas qu’une masse de béton et de verre : c’est un véritable terrain vertical. Sa base repose sur une dalle monumentale de 70 mètres, suivie d’une succession de sections en léger surplomb, séparées par des corniches tous les huit étages. Vue de loin, la structure évoque un bambou géant, fragile mais infiniment élancé. Honnold devrait emprunter l’une des arêtes du bâtiment, ce qui l’exposera à une escalade répétitive, exigeante, mais aussi… terriblement monotone comparée à une grande voie naturelle. Là réside peut-être le premier paradoxe de ce projet : comment maintenir l’intensité narrative sur des centaines de mètres de béton ? Netflix et le spectacle planétaire Ce n’est pas un secret : Skyscraper Live n’est pas seulement une ascension, c’est un produit de divertissement calibré pour la télévision. Brandon Riegg, vice-président des contenus chez Netflix, le résume bien : « un spectacle dont il sera impossible de détourner le regard ». Depuis quelques années, la plateforme multiplie les expériences live : combats de boxe, NFL, shows comiques… et maintenant, escalade extrême. L’objectif est clair : séduire de nouveaux abonnés, convaincre les annonceurs, et surtout, proposer des événements qu’on doit regarder en direct. Car si une série peut se binge-watcher plus tard, une ascension en solo intégral ne souffre pas le replay : le suspense, l’adrénaline, se vivent sur le moment. Que vient chercher Honnold ? La question reste ouverte : qu’est-ce qui pousse Alex Honnold, déjà au sommet de la reconnaissance après Free Solo, à se lancer dans un projet qui, pour beaucoup, ressemble davantage à une cascade médiatique qu’à une performance alpine ? Une quête de nouveaux publics : Honnold l’a souvent dit, ce qui compte pour lui, c’est la capacité d’un projet à toucher les gens. Ici, le public ne sera pas uniquement composé de grimpeurs ou d’amateurs de montagne, mais de millions de spectateurs curieux, séduits par l’idée d’un homme seul contre un gratte-ciel. Un message universel : le solo intégral a ceci de particulier qu’il ne nécessite aucune explication technique. Pas besoin de savoir ce qu’est un 7c+ ou une fissure off-width pour comprendre : une chute signifie la mort. Un prolongement médiatique : après Free Solo, Honnold a enchaîné les collaborations, des documentaires pour NatGeo à des apparitions au cinéma. Cette fois, il franchit un cap en devenant le centre d’un show planétaire en direct. Entre inspiration et dérive médiatique Derrière le spectacle, une question demeure : entre performance extrême et show médiatique, ce projet reste-t-il fidèle aux valeurs de l’escalade ? Certains y verront une trahison de l’esprit de la grimpe, un « cirque » calibré pour la télévision. D’autres, au contraire, salueront l’opportunité unique d’exposer l’escalade au grand public. Après tout, combien de futurs grimpeurs ont découvert notre sport grâce à Free Solo ? Comme pour Honnold et son futur défi sur le Taipei 101, l’exemple de Seb Bouin et Alain Robert sur la Tour Total montre combien la médiatisation peut transformer la perception d’un geste sportif : malgré un exploit impressionnant, certains y ont vu une promotion implicite. Bouin a expliqué que son objectif était avant tout personnel et sportif, et non commercial ou politique, et a reconnu que la diffusion des images avait pu prêter à confusion. ➡️ Pour en savoir plus, retrouvez l’article où Seb Bouin prend la parole et clarifie les motivations de son ascension sur la Tour Total : Article ici. Un événement qui fera date Qu’on le veuille ou non, le 101 étages de Taipei 101 deviendront en 2026 le théâtre d’une expérience hors norme. La foule sera massée au pied de la tour, des millions de spectateurs suivront en direct chaque mouvement, chaque repos sur les corniches, chaque hésitation. Et comme toujours avec le solo intégral, la question restera suspendue : jusqu’où ira-t-il ? Un projet pensé pour le direct Dans une interview récente accordée à Tudum, le média de Netflix, Alex Honnold assume pleinement la dimension événementielle du projet. Il explique notamment que l’autorisation de grimper un gratte-ciel comme le Taipei 101 n’est possible qu’à condition d’en faire un événement médiatisé, et reconnaît que ce partenariat est indissociable du défi. Une déclaration qui confirme que Skyscraper Live n’est pas seulement une performance sportive, mais aussi une construction télévisuelle assumée. Article mis à jour le 28/12/25 suite à l’annonce officielle d’Alex Honnold. ✍️: Théo de GrimpActu 📸 : COREY RICH
- 10 exploits majeurs qui ont marqué l’escalade en 2025 : records, flashs et premières mondiale
2025 n’a pas été une année d’exploits isolés : elle a été le théâtre d’une accumulation de performances extraordinaires qui redéfinissent les limites de l’escalade. De Brooke Raboutou et son historique 9b+ à Hamish McArthur et son 9A en une seule séance, en passant par des flashs inédits comme celui de Janja Garnbret et un potentiel 9A+ bloc pour Elias Iagnemma , la scène internationale a vu des grimpeuses et grimpeurs repousser le possible dans tous les styles — falaise, bloc, trad et vitesse. Au-delà des cotations ou des records, ce qui frappe cette année, c’est la diversité des approches : projets de longue haleine, préparation minutieuse, prises de risques assumées, maîtrise technique et engagement mental intense. Loin de l’image spectaculaire parfois associée au très haut niveau, ces performances racontent surtout un sport devenu plus exigeant que jamais, où chaque mouvement, chaque décision peut faire la différence. 1- Brooke Raboutou – Excalibur (9b+) Avec l’enchaînement d’ Excalibur à Arco, Brooke Raboutou devient la première femme à valider une voie cotée 9b+. Le fait est simple, mais son poids est considérable. À ce jour, seules trois voies plus dures existent officiellement dans le monde, toutes cotées 9 c: « Silence » , « DNA » , « B.I.G. ». Excalibur se situe donc à la frontière actuelle du possible en escalade sportive. Ouverte en 2023 par Stefano Ghisolfi, cette ligne courte et très déversante concentre une intensité rare, où l’erreur n’est pratiquement pas permise. Will Bosi, premier répétiteur, avait confirmé une cotation sévère, et malgré l’intérêt de nombreux grimpeurs de tout premier plan, la voie avait jusque-là résisté à toutes les autres tentatives. Raboutou aborde ce projet avec un bagage construit depuis longtemps, entre une carrière internationale en compétition et une progression constante en falaise. Son enchaînement ne repose ni sur un coup d’éclat ni sur une prise de risque démesurée, mais sur une lecture précise de la voie et une exécution maîtrisée, du premier au dernier mouvement. Ce 9b+ ne marque pas seulement une nouvelle étape pour elle, il vient surtout confirmer que l’écart au sommet du très haut niveau féminin continue de se réduire de manière tangible. Brooke Raboutou – Excalibur (9b+) 2- Elias Iagnemma – Exodia (proposition 9A+ bloc) Avec Exodia , réalisé dans le Val Pellice, Elias Iagnemma propose ce qui pourrait devenir le premier 9A+ bloc de l’histoire. Derrière cette cotation potentielle se cache un projet d’une ampleur rare : plus de quatre ans de travail, plus de 200 séances, et une implication constante. Le bloc, extrêmement physique et morphologique, repousse les limites actuelles du possible en termes de force et de coordination. Que la cotation soit confirmée ou non à l’avenir, Exodia s’impose déjà comme l’un des projets les plus sérieux jamais menés en bloc, tant par son intensité que par la persévérance nécessaire pour l’aboutir. Cette réalisation place Iagnemma parmi les acteurs majeurs du très haut niveau mondial, et ouvre un nouveau débat sur la frontière réelle des cotations extrêmes en bloc. Elias Iagnemma – Exodia (proposition 9A+ bloc) 3- Oriane Bertone – N°1 mondiale en bloc En 2025, Oriane Bertone a remporté le classement général de la Coupe du monde de bloc, devenant la première Française à accomplir cet exploit depuis 2007. Sa saison se distingue par une régularité remarquable, avec cinq finales sur six étapes et plusieurs podiums. Dans un circuit de plus en plus dense et imprévisible, cette constance témoigne d’une maturité sportive affirmée. À seulement 20 ans, Bertone s’impose déjà comme l’une des figures centrales du bloc mondial, capable de performer sur l’ensemble d’une saison, et pas uniquement sur des coups d’éclat isolés. Oriane Bertone – N°1 mondiale en bloc 4- Katie Lamb – The Dark Side (8C+) Avec l’ascension de The Dark Side au Yosemite, Katie Lamb devient la première femme à enchaîner un bloc coté 8C+ reconnu sans contestation. L’information est claire, mais son importance est majeure, tant ce niveau reste extrêmement restreint. Situé au cœur de l’histoire du bloc américain, The Dark Side a été ouvert par Carlo Traversi après plusieurs années de travail, puis répété et confirmé par Aidan Roberts. La ligne combine des mouvements très compressifs, une gestuelle complexe et une exigence physique constante, sans section réellement permissive. Cette ascension revêt une dimension particulière pour Lamb, dont un précédent 8C+ — Box Therapy — avait été décoté après répétitions. Ici, aucun débat ne subsiste. The Dark Side s’impose comme un jalon clair dans l’évolution du bloc féminin, et confirme que les grimpeuses s’installent désormais durablement dans les cotations les plus élevées, sans zone grise ni discussion de légitimité. Katie Lamb – The Dark Side (8C+) 5- Adam Ondra – Lexicon (E11) et Greenspit (8b+ trad), flashs historiques En 2025, Adam Ondra a une nouvelle fois repoussé les limites de l'escalade et cette fois en trad avec deux flashs majeurs, réalisés sur des lignes parmi les plus emblématiques et engagées d’Europe. Le premier concerne Lexicon (E11), dans le Lake District, une voie réputée autant pour sa difficulté que pour son engagement extrême. Ouverte par Neil Gresham, Lexicon comporte un crux final où une chute de plus de vingt mètres reste possible malgré les protections. La flasher implique non seulement une maîtrise technique irréprochable, mais aussi une capacité rare à accepter l’exposition et le risque dès le premier essai. Ondra devient ainsi le premier grimpeur non britannique à réussir la voie, et signe l’un des flashs les plus sérieux jamais réalisés en trad. Quelques semaines plus tard, il ajoute à cette liste le flash de Greenspit (8b+ trad) dans le Valle dell’Orco. Cette fissure horizontale, libérée en pur style trad au milieu des années 2000, est devenue une référence absolue en escalade de fissure européenne. En la flashant, Ondra démontre une fois de plus une polyvalence hors norme, capable de s’exprimer aussi bien dans la difficulté sportive extrême que dans l’engagement et la technicité du trad. Adam Ondra – Greenspit 8b+ trad 6- Janja Garnbret – Pure Dreaming (8c+/9a) flash Quelques jours à peine après sa victoire au Rock Master KO Boulder à Arco, Janja Garnbret a troqué le mur de compétition pour les falaises de Massone et a signé un moment historique : elle a flashé Pure Dreaming , une ligne mythique ouverte par Alfredo Webber et libérée en 2018 par Adam Ondra. Sans utiliser les repos habituels et malgré une prise récemment cassée, Janja a déroulé avec une précision et une fluidité exceptionnelles. Certains observateurs estiment qu’il pourrait s’agir du premier 9a flashé par une femme , un exploit qui redéfinit les limites de l’escalade féminine. À titre de comparaison et pour souligner le niveau mondial, Laura Rogora a également signé une performance à vue remarquable cette année, en réussissant une voie cotée 8c+. Ces performances démontrent que la maîtrise du geste et la lecture de voie peuvent désormais rivaliser avec la force brute et l’expérience. Janja Garnbret – Pure Dreaming (8c+/9a) flash 7- Veronica Chik – Fish Eye (8c) à 9 ans À Oliana, la jeune grimpeuse chinoise Veronica Chik a marqué l’année en devenant la plus jeune personne de l’histoire à enchaîner une voie cotée 8c, avec Fish Eye . À seulement neuf ans, elle valide une ligne longue, soutenue et exigeante, réputée pour son endurance et sa continuité. Ouverte par Chris Sharma, Fish Eye développe près de 50 mètres sur un mur déversant, sans réelle section de récupération. La difficulté ne réside pas uniquement dans les mouvements, mais dans la capacité à gérer l’effort, le rythme et la concentration sur toute la longueur. Si cette performance impressionne par son niveau pur, elle interpelle également par la précocité de l’athlète. Sans extrapolation excessive, le fait est là : jamais un grimpeur aussi jeune n’avait atteint un tel degré de difficulté en falaise, plaçant Veronica Chik dans une catégorie totalement inédite de l’histoire de l’escalade. Veronica Chik – Fish Eye (8c) 8- Yannick Flohé – Foundation’s Edge (8C) flash À Fionnay, en Suisse, Yannick Flohé a réalisé un exploit inédit en devenant le premier grimpeur à flasher un bloc coté 8C, avec Foundation’s Edge . Ouverte par Dave Graham, cette ligne fait partie des références absolues du bloc moderne et a été répétée par de nombreux grimpeurs de premier plan, sans jamais voir sa cotation remise en cause. Flasher un tel bloc implique de réussir, dès le premier essai, une succession de mouvements complexes et extrêmement exigeants, sans possibilité d’ajustement ou d’apprentissage progressif. Même si certains estiment la ligne légèrement « favorable » pour le niveau 8C, aucun précédent n’avait permis de franchir ce cap dans ce style. Cette performance marque une avancée nette dans l’évolution du flash en bloc, et redéfinit ce qui est désormais considéré comme possible à très haut niveau. Quelques semaines plus tard, l’histoire continue de s’écrire : le jeune grimpeur français Jules Marchaland a réalisé le même exploit à Magic Wood, en flashant Power of Now Direct (8C), l’une des lignes de bloc les plus mythiques au monde. Avec cette ascension, Marchaland devient le deuxième grimpeur au monde à réussir un 8C en flash. À 24 ans, il combine performances en compétition et outdoor, allant jusqu’au 9B en falaise et au 8C en bloc. Yannick Flohé – Foundation’s Edge (8C) 9- Sasha DiGiulian – Platinum Wall, El Capitan Au Yosemite, Sasha DiGiulian est devenue la première femme à libérer intégralement la Platinum Wall, la plus longue voie d’El Capitan. Avec ses 39 longueurs et près de 900 mètres de paroi, cette ligne représente un engagement considérable, tant sur le plan physique que logistique et mental. L’ascension s’est étalée sur plusieurs saisons, avec de longues périodes passées en paroi, parfois dans des conditions météorologiques très difficiles. Plus qu’une question de difficulté ponctuelle, la Platinum Wall exige une capacité à durer, à gérer la fatigue et à maintenir un niveau de précision élevé sur plusieurs semaines. Cette réalisation s’inscrit dans la continuité des grandes ascensions en big wall, et marque une étape importante dans la place des femmes sur les lignes les plus engagées de Yosemite. Sasha DiGiulian – Platinum Wall, El Capitan 10- Vitesse – Samuel Watson et Aleksandra Miroslaw Sur le mur de vitesse, l’année 2025 a été marquée par deux records du monde. À Bali, l’Américain Samuel Watson a porté la marque masculine à 4’’64, améliorant à deux reprises le record lors de la même compétition. À seulement 19 ans, il confirme une domination croissante sur la discipline. Chez les femmes, la Polonaise Aleksandra Miroslaw a abaissé son propre record du monde à 6’’03 lors des Championnats du monde, se rapprochant encore un peu plus de la barrière symbolique des six secondes. Ces performances montrent que, malgré un format standardisé, la vitesse continue d’évoluer à un rythme soutenu. Vitesse Aleksandra Miroslaw Bonus- Hamish McArthur – 9A en une séance Enfin, Hamish McArthur a marqué les esprits en réalisant No One Mourns The Wicked (9A) en une seule séance. Deux semaines après avoir répété Megatron (9A), il valide ce bloc extrêmement exigeant sans étaler les essais sur plusieurs jours. À ce niveau de difficulté, où chaque mouvement compte, réussir un 9A en une session constitue une performance unique. Elle confirme l’émergence d’une nouvelle génération capable d’enchaîner très vite des blocs parmi les plus durs jamais ouverts. Hamish McArthur – un 9A en une séance 2025, une année charnière Pris isolément, chacun de ces exploits pourrait déjà suffire à marquer une saison. Mis bout à bout, ils dessinent une réalité plus large : l’escalade de très haut niveau a franchi un cap structurel. Les cotations extrêmes ne sont plus l’apanage d’un profil unique, ni d’un style particulier. Elles s’expriment désormais en falaise, en bloc, en trad, en vitesse, portées par des grimpeuses et des grimpeurs aux trajectoires très différentes. Cette évolution ne repose pas sur des coups d’éclat spectaculaires, mais sur une maîtrise toujours plus fine de l’entraînement, de la récupération, de la lecture et de l’engagement. Elle interroge aussi la suite : si ces performances deviennent possibles aujourd’hui, que restera-t-il comme frontière dans cinq ou dix ans ? Une chose est certaine : 2025 ne restera pas comme une année record de plus, mais comme un moment où l’échelle elle-même a commencé à changer. ✍️: Théo de GrimpActu
- La Palestra Buenos Aires : démolition du mur d’escalade historique en cours
La démolition de La Palestra de Buenos Aires a commencé malgré les recours en cours. Ce mur historique, unique au monde, risque de disparaître définitivement, mettant en péril un patrimoine essentiel de l’alpinisme urbain argentin. Dans un précédent article, nous alertions sur la menace qui pesait sur La Palestra de Buenos Aires , ce mur d’escalade unique au monde et emblème de la grimpe urbain en Argentine. ➡️ À (re)découvrir ici Quelques semaines plus tard, le scénario redouté par toute une communauté est devenu réalité. Contexte – Pourquoi La Palestra est menacée La Palestra Nacional de Andinismo est située au sein du Cenard, le Centre National de Hautes Performances Sportives de Buenos Aires. Construite en 1982 avec le soutien de l’État argentin, cette structure unique reproduit une falaise naturelle grâce à des pierres d’ardoise importées et assemblées artisanalement. Depuis 2019, le site se trouve au cœur d’un projet d’aménagement urbain porté par la municipalité de Buenos Aires : l’élargissement du pont Labruna, destiné à fluidifier la circulation vers l’université de Buenos Aires et le Parque de la Innovación. Ce projet prévoit la destruction de la Palestra pour faire place à de nouvelles voies routières. Face à cette perspective, le Centro Andino Buenos Aires (CABA), gestionnaire historique du site, s’est engagé dans un long combat juridique et médiatique pour obtenir la préservation du mur ou, à défaut, une reconstruction strictement équivalente. Malgré des décisions judiciaires temporaires et des promesses de relocalisation, aucune solution consensuelle n’a émergé à ce jour. La démolition entamée en décembre marque une nouvelle étape dans ce conflit, toujours en cours sur le plan légal. Un mur historique désormais attaqué Le 15 décembre dernier, au cœur du Cenard, le bruit des machines a remplacé celui des mousquetons. Sans annonce officielle préalable, une pelleteuse a commencé à démonter une partie de La Palestra Nacional de Andinismo, mettant fin à plus de quarante ans d’histoire verticale. Pour les grimpeurs de Buenos Aires, le choc est immense. Car si la menace de démolition était connue, son exécution intervient dans un contexte juridique encore incertain. Aucun jugement définitif n’a été rendu sur le fond du dossier, et pourtant, le chantier a bel et bien commencé. Une avancée jugée prématurée, voire illégale Dès les premières heures, des membres du Centro Andino Buenos Aires (CABA) se sont rendus sur place. L’accès au site leur a été interdit par les forces de l’ordre, alimentant un climat de tension et d’incompréhension. Depuis plusieurs années, le CABA conteste la destruction du mur dans le cadre du projet d’élargissement du pont Labruna. En novembre, un juge a refusé de prolonger une mesure conservatoire, mais sans pour autant trancher définitivement la légalité de la démolition. Pour les grimpeurs, cette zone grise juridique est exploitée par la municipalité pour avancer coûte que coûte. Plus qu’un mur : un outil de formation unique Comme nous vous l'expliquions dans un précédent article, La Palestra n’est pas une salle d’escalade classique. Construite en 1982 à partir de pierres naturelles importées de San Luis, elle reproduit fidèlement les caractéristiques du rocher : fissures franches, dalles lisses, cheminées, possibilités de pose de protections et d’ancrages. Sur ses 2 400 m² de parois, des générations de grimpeurs ont appris à grimper “pour de vrai”, bien loin des prises en résine. Guides, secouristes, pompiers, militaires et alpinistes s’y forment encore aujourd’hui. À Buenos Aires, ville sans falaises naturelles, La Palestra est le seul lieu permettant un tel apprentissage. Une mobilisation de longue haleine La destruction du mur intervient après six années de lutte. Depuis l’annonce du projet urbain en 2019, la communauté s’est organisée : manifestations, pétitions, banderoles “La Pale no se toca”, relais médiatiques internationaux. Encore en septembre dernier, une marche rassemblait des grimpeurs en baudriers et casques dans les rues du quartier de Núñez, symbolisant un combat devenu autant culturel que sportif. Mais face à la logique des infrastructures et de la circulation, la mobilisation semble aujourd’hui impuissante. Une “reconstruction” qui divise La municipalité assure qu’un nouveau mur verra le jour dans le Parc Olympique, à Villa Soldati. Des images montrent une structure en cours de construction, partiellement recouverte de pierres. Pourtant, cette promesse ne rassure pas. Les grimpeurs dénoncent un projet plus petit, plus éloigné et surtout incapable de reproduire les caractéristiques techniques qui font la valeur pédagogique de La Palestra. Un patrimoine en train de disparaître Avec les premières pierres arrachées, ce n’est pas seulement un équipement sportif qui disparaît, mais un pan entier de l’histoire de la grimpe argentine. La Palestra est le fruit d’un chantier collectif, artisanal, né d’une époque où l’on construisait des outils de transmission avant des infrastructures rentables. Aujourd’hui, alors que les travaux se poursuivent, une certitude demeure pour la communauté : même si un nouveau mur voit le jour, ce qui faisait l’âme de La Palestra — sa mémoire, son réalisme, sa culture — ne pourra jamais être simplement « relocalisé ». ✍️ : Théo de GrimpActu
- Escalade indoor : comment EP Climbing tente de verdir un secteur en plein développement
À 40 ans, EP Climbing se rêve en leader d’une filière plus durable Mais l’industrie de l’escalade peut-elle vraiment verdir sans se contredire ? Fondée en France et aujourd’hui intégrée au groupe ABEO, l’entreprise a installé des milliers de structures dans plus de 40 pays, allant des salles scolaires et municipales aux équipements des Jeux Olympiques. Elle emploie près de 150 collaborateurs dans le monde, dont une quarantaine en région Auvergne‑Rhône‑Alpes. Alors que l’escalade se transforme — discipline olympique, pratique plus accessible, diversification des publics et des usages — EP Climbing annonce, à l’horizon 2025, une nouvelle dynamique. L’objectif : répondre aux besoins variés des collectivités, acteurs privés et fédérations, tout en contribuant à une pratique plus inclusive et plus durable. Dans ce cadre, l’entreprise introduit des panneaux en eucalyptus aux côtés du bouleau, essence historique. Développés par son équipe R&D, ces panneaux sont présentés comme durables, résistants et esthétiques, testés en conditions réelles sur le site pilote de Saint‑André‑les‑Alpes et partiellement adoptés par le South Block Park à Puget‑sur‑Argens. Mais derrière cette annonce, plusieurs questions surgissent : l’eucalyptus, souvent associé à des plantations intensives, peut‑il vraiment répondre aux enjeux environnementaux de l’escalade indoor ? Comment concilier expansion internationale, sécurité et réduction d’impact ? Et que recouvre concrètement la notion de « durabilité » mise en avant par EP ? ➡️Pour y répondre, nous avons interrogé l’entreprise sur ses choix industriels, ses engagements et leurs limites. EP Climbing : 40 ans d’évolution dans l’escalade indoor EP Climbing — anciennement Entre‑Prises — est née au début des années 1980 en Isère, autour de l’invention de la prise amovible par François Savigny, ingénieur et grimpeur passionné. Cette innovation a permis de rendre modulables les parcours et de structurer la pratique indoor à l’échelle industrielle. Depuis, l’entreprise s’est imposée comme un acteur mondial de référence, intégrée en 2002 au groupe ABEO (ABEO conçoit et vend des équipements sportifs et de loisirs pour professionnels et collectivités) pour bénéficier d’une synergie industrielle et accélérer son développement international. EP conçoit des murs pour des salles privées, des collectivités, des établissements scolaires, mais aussi pour les plus grandes compétitions internationales. Partenaire stratégique de la Fédération Internationale d’Escalade (IFSC), elle a fourni les structures des JO de Tokyo 2020 et Paris 2024, et prépare celles de Los Angeles 2028. Aujourd’hui, EP Climbing emploie près de 170 collaborateurs dans le monde et réalise la moitié de son chiffre d’affaires en France. Face à la segmentation croissante du marché — compétition, loisirs, sport‑santé, équipements publics — l’entreprise a réorganisé ses filiales pour mieux répondre aux besoins locaux, tout en développant sa présence sur des marchés émergents comme le Moyen-Orient, l’Afrique ou l’Amérique du Sud. Les enjeux environnementaux de l’escalade indoor La construction et l’exploitation des salles d’escalade reposent sur des matériaux et des équipements à forte intensité carbone : panneaux en bois composite, résines, peintures, tapis et prises renouvelées fréquemment. À ces impacts s’ajoutent le transport, l’installation, l’entretien et, à terme, le démantèlement des structures. La filière bois est au cœur de ces tensions. Le bouleau, largement utilisé pour les panneaux, subit une pression croissante, tandis que les alternatives locales peinent à répondre aux exigences mécaniques et normatives strictes de l’escalade sportive. Les industriels doivent donc concilier sécurité, durabilité et disponibilité des matériaux, souvent au prix de compromis sur la localisation ou le transport. L’essor international du secteur accentue ces tensions. La demande mondiale croissante entraîne une augmentation des volumes transportés et de l’empreinte carbone globale. Dans ce contexte, les pistes explorées par la filière incluent : L’allongement de la durée de vie des équipements. Le réemploi et la circularité partielle des panneaux. L’innovation sur les matériaux et la réduction des déchets. L’évaluation et le suivi des impacts carbone à travers des outils internes ou partenaires (calculatrice carbone, ACV sur certains produits comme le mur TITAN). Malgré ces efforts, les progrès restent fragmentés et partiels, et les données disponibles pour comparer les matériaux ou quantifier l’impact global d’une salle restent limitées. L’eucalyptus : innovation ou contradiction ? Pour diversifier ses approvisionnements, EP Climbing introduit des panneaux en eucalyptus. Selon l’entreprise, l’objectif n’est pas de proposer un matériau intrinsèquement « plus écologique » que le bouleau, mais de réduire la dépendance à une seule essence et de sécuriser la chaîne d’approvisionnement. D’un point de vue technique, l’eucalyptus offre : Une compatibilité avec la norme EN 12572. Une stabilité dimensionnelle face aux variations d’humidité. Une résistance mécanique et visuelle jugée satisfaisante par EP, testée sur des salles pilotes comme celle de Saint-André-les-Alpes. Cependant, ce choix soulève plusieurs paradoxes : Origine et plantations : l’eucalyptus est souvent associé à des monocultures intensives, consommant beaucoup d’eau et réduisant la biodiversité. EP travaille avec des fournisseurs certifiés FSC et PEFC, répondant à des critères stricts de gestion durable des forêts, mais l’impact global reste difficile à évaluer sans ACV complète. Aucune essence européenne alternative n’a permis de répondre aux exigences mécaniques pour l’escalade, ce qui explique ce choix de diversification. Transport et logistique : même si le transport maritime est moins émissif que le routier, l’importation depuis l’Europe du Sud ou l’Amérique du Sud génère des émissions. EP privilégie l’Europe dès que possible et s’appuie sur le transport maritime pour limiter l’empreinte carbone. Données manquantes : l’entreprise n’a pas encore de facteurs d’émission standardisés pour l’eucalyptus, les volumes étant trop faibles. La durabilité proclamée repose donc sur un compromis industriel plutôt qu’un gain environnemental démontré. Malgré ces limites, l’initiative est accueillie positivement par les salles pilotes et certains grimpeurs, mais l’adhésion de la filière et la mesure réelle de l’impact restent à confirmer. Vers une filière escalade plus résiliente et durable Si l’eucalyptus n’est pas un matériau intrinsèquement plus écologique que le bouleau, il symbolise la démarche d’EP Climbing : réduire la dépendance à une seule essence tout en garantissant sécurité et performance. L’entreprise s’inscrit dans une logique de diversification responsable des approvisionnements, sécurisant la chaîne logistique et restant cohérente avec les pratiques RSE du groupe ABEO. Au-delà des matériaux, l’entreprise agit sur l’ensemble du cycle de vie de ses produits. La durée de vie d’un panneau EP dépasse souvent vingt ans, et le réemploi par des structures ou des particuliers limite fortement sa mise en décharge. Les efforts de R&D se concentrent sur l’amélioration des mousses de tapis, à fort impact carbone, et la réduction des consommations de matières premières. Les analyses de cycle de vie, notamment du mur TITAN, servent de base à ces optimisations. Les résultats chiffrés du groupe ABEO illustrent ces efforts : -9,8 % de déchets dangereux, 344 g CO₂/€ d’intensité carbone et 91 % des achats réalisés sur le même continent. Ces données renforcent la transparence et montrent que des progrès concrets sont déjà réalisés, même si la filière doit encore relever de nombreux défis. Dans la filière escalade, l’adoption de solutions durables progresse : prises retexturées, initiatives de circularité, micro-prises bas carbone et sensibilisation des utilisateurs. L’expansion mondiale, tout en représentant un défi, est pensée dans une logique de croissance « décorrélée » des impacts environnementaux. La durabilité ne se limite pas à la performance écologique d’un matériau : elle implique aussi de maintenir la qualité, la sécurité et l’inclusivité de la pratique sportive, tout en partageant des données fiables sur l’impact de la filière. En somme, l’introduction de l’eucalyptus n’est ni marketing ni anecdotique : elle traduit une volonté de préparer le secteur à un futur plus résilient et mesurable, où croissance et responsabilité environnementale peuvent coexister. Cette démarche montre qu’une filière sportive mondiale peut progressivement intégrer des pratiques plus durables sans compromettre la sécurité ni l’accessibilité. Transition vers une escalade indoor durable : défis et perspectives L’introduction de l’eucalyptus illustre les dilemmes auxquels la filière escalade est confrontée : comment répondre à la croissance mondiale tout en réduisant l’impact environnemental des matériaux et des infrastructures ? Entre innovations techniques, diversification des approvisionnements et suivi des impacts, l’industrie progresse, mais les enjeux restent complexes et les résultats encore partiels. La transition vers une pratique indoor durable est en cours, mais elle exige des choix parfois contradictoires et un suivi rigoureux des impacts. ✍️: Théo de GrimpActu.
- Résurrection, grande voie extrême à Bavella : premier 9a français ?
Il est 4h30 du matin, samedi 8 novembre. Le bateau remonte vers le nord, dans une Méditerranée agitée. La fatigue est déjà bien installée. La margarita partagée quelques heures plus tôt avant le départ appartient au passé, rendue à la mer. C’est à ce moment-là que se referme l’aventure vécue par Symon Welfringer et Hugo Parmentier. Début novembre, ils se sont lancés dans un projet hors norme : ouvrir une grande voie extrême sur la Punta di Lunarda, dans le massif de Bavella, en choisissant une approche volontairement lente et autonome. Vélo, bateau, bivouac, autarcie. Loin des standards actuels, ils ont voulu que le chemin compte autant que la ligne. Le résultat est une voie de 250 mètres, probablement la plus difficile jamais équipée en France. Mais surtout, une aventure totale, où le rocher, la fatigue et le temps long ont dicté leur loi. Dans le même temps, ils ont exploré l’Archéron , grande voie mythique restée mystérieuse au fil des années, avec une longueur pouvant frôler le 9a+/b. Dans les lignes qui suivent, découvrez leur aventure pas à pas, entre fatigue, émerveillement et dépassement de soi, au cœur d’un projet hors norme. @Arthur Delicque Le voyage avant la voie Mardi 21 octobre, à 5 heures du matin, Symon Welfringer et Hugo Parmentier enfourchent Roméo , leur vélo tandem, pour entamer ce qui sera leur principal moyen de locomotion pendant trois semaines. La journée est longue : 320 kilomètres à parcourir, avec 3 000 mètres de dénivelé positif, dans des conditions déjà hivernales. Les genoux de Hugo protestent, la fatigue s’accumule, et chaque montée devient un petit combat. Vingt heures plus tard, le duo atteint le port de Saint-Mandrier, où les attend le voilier de Francis. Les plus de 100 kilos de matériel d’escalade et d’équipement envoyés par covoiturage quelques jours plus tôt sont prêts à embarquer. La tempête Benjamin se profile et le créneau pour traverser avant plusieurs jours se réduit rapidement. À peine le temps de souffler, les vélos sont fixés à l’arrière du bateau, et les deux jeunes moussaillons, inexpérimentés en mer, se retrouvent projetés au milieu de la Méditerranée. « Les 160 miles nautiques nous séparant de la Corse sont un calvaire. La fatigue est omniprésente et les quarts sont extrêmement durs à tenir. Nous prenons le temps de régurgiter les 25 boulangeries de la journée de vélo. Heureusement, Capitaine Francis, lui, tient tête à la barre et au sommeil.» — Symon Welfringer Au petit matin, un orage éclate : grêle, creux de trois mètres, voiles affalées. La peur s’installe : sont-ils suffisamment reposés pour mener cette traversée à bien ? Leurs compétences sont limitées, et le doute s’invite. Mais la motivation reprend vite le dessus. Le cap est maintenu. Ils navigueront. Trente-six heures plus tard, complètement épuisés, ils atteignent enfin Propriano . Le voyage à vélo et la traversée en mer n’étaient pas qu’une mise en jambe : ils marquent le point de départ réel de leur aventure corse, celle qui les conduira bientôt au pied de la Punta di Lunarda. @Arthur Delicque Bavella et la Punta di Lunarda Dès leur arrivée à Propriano, le vrai travail commence. Direction le massif de Bavella et la Punta di Lunarda, cette paroi élancée qui fascine Symon depuis sa première visite. Le granite, d’une densité et d’une pureté rare, impose le respect : chaque pas doit être mesuré, chaque placement réfléchi. Loin de l’agitation touristique, ils installent leur campement, alimentent leurs batteries, préparent le matériel, et se mettent dans le rythme de l’expédition. Les journées sont longues, sans répit. L’eau des torrents remplace les fontaines et les robinets, le bivouac devient maison et refuge. Les nuits sont courtes, ponctuées par le vent et le froid. Chaque longueur de la voie est une négociation avec le rocher : certaines sections sont lisses, impitoyables, obligeant à faire demi-tour ou à chercher des contournements. La frustration se mêle à l’émerveillement devant le granite immaculé et les lignes naturelles qui s’y dessinent. Pourtant, malgré la fatigue et les difficultés, chaque longueur équipée est une victoire. Les gestes s’affinent, le rythme se trouve. La Lunarda devient peu à peu un repère, un phare dans cette expédition où tout est à inventer. La voie prend forme, mais reste exigeante : plusieurs passages semblent flirtés avec le neuvième degré, et chaque progression est le fruit d’un engagement total, physique et mental. « Nous avons équipé une grande voie à la frontière de ce que l’on considère possible en escalade. Tous les mouvements n’ont pas encore été réalisés, faute de temps d’abord et de force dans les bras ensuite. Mais nous sommes convaincus que l’itinéraire est grimpable en libre jusqu’au sommet avec sûrement 3 longueurs aux alentours du 9ème degré dans un style bien particulier sur ce granite sublime ». — Symon Welfringer @Arthur Delicque L’avancée de la voie et le symbole du Phoenix Au fil des jours, la Lunarda prend forme, mais chaque longueur est une épreuve. Les demi-tours se multiplient, les murs lisses obligent à ruser, à accepter que tout ne se passe pas comme prévu. La voie est exigeante, technique, mais d’une beauté rare. Chaque geste sur le granite demande précision, concentration et force, et la fatigue s’accumule sans possibilité de repos véritable. Parallèlement, une autre histoire se joue à distance. Leur ami Ugo, victime d’un grave accident, traverse sa propre épreuve. L’ouverture de chaque longueur devient un petit pas symbolique pour lui aussi : à chaque section terminée, un lien se tisse entre l’effort sur la paroi et son chemin vers la récupération. La Lunarda devient alors bien plus qu’une voie difficile : un phare dans la nuit , un repère d’espoir, une manière de dire que l’on peut renaître après l’épreuve. Cette dimension rend l’aventure encore plus intense. La progression physique sur la paroi se double d’une progression humaine, émotionnelle. Chaque longueur équipée n’est pas seulement une victoire technique, mais un pas vers la résurrection — celle de la voie, mais aussi, symboliquement, celle d’un ami qui avance lentement vers la lumière. @Arthur Delicque Résurrection : une voie et un projet sur le long terme Au terme de ces semaines intenses à Bavella, Résurrection n’est pas seulement une grande voie équipée : c’est un projet vivant, en constante évolution. La première phase est achevée, mais la ligne reste à découvrir dans son intégralité. Tous les mouvements ne sont pas encore réalisés, et certaines sections promettent encore de belles batailles pour celles et ceux qui viendront se confronter à cette paroi. «“Résurrection” est un projet sur le long terme dont seule la première phase est achevée. Nous pensons qu’il sera un terrain de jeu idéal pour que d’incroyables grimpeurs.euses rêvent et continuent de nous faire rêver ». — Symon Welfringer Le séjour a également permis d’explorer d’autres lignes mythiques, comme l’Archéron et Storia di Amicizia , confirmant la richesse du granite corse et les défis qu’il offre. Ces explorations renforcent la conviction que Résurrection est bien librement grimpable, avec probablement plusieurs longueurs autour du neuvième degré, dans un style exigeant mais magnifique. Au-delà de la performance, cette aventure restera marquée par le temps long, la fatigue, l’effort partagé, et la dimension humaine qui s’y attache. Entre le voyage à vélo, la traversée de la Méditerranée, le bivouac sur les torrents et la progression pas à pas sur le granite, chaque instant a contribué à faire de Résurrection bien plus qu’une voie : un symbole d’engagement, de persévérance, et de rêve pour toutes celles et ceux qui viendront la grimper. @Arthur Delicque ✍️: Théo de GrimpActu
- L’IFSC devient World Climbing : l’escalade affirme son identité mondiale
Il y a des moments où l’on sent que quelque chose bascule. Comme ce premier mouvement engagé au-dessus du dernier point, quand le corps hésite mais que l’élan intérieur pousse à continuer. L’escalade vit aujourd’hui l’un de ces instants clés. Presque vingt ans après ses débuts institutionnels, la discipline ne se contente plus de grimper : elle s’affirme, se raconte et se projette. L’IFSC devient World Climbing. Un changement de nom, oui… mais surtout une déclaration d’intention. @IFSC World Climbing : une nouvelle identité Une évolution naturelle, fidèle à l’ADN de la grimpe Depuis son entrée dans l’aventure olympique et paralympique en 2007, l’escalade n’a cessé de se transformer. De sport de niche à discipline mondiale, elle a conquis les murs urbains, les salles bondées et les écrans des nouvelles générations. La naissance de World Climbing s’inscrit dans cette dynamique. Plus qu’un rebranding, c’est une reconnaissance officielle de la diversité et de la maturité du sport. Portée par la philosophie « We get the World Climbing », cette nouvelle identité revendique ce que les grimpeurs savent depuis toujours : l’escalade est un langage universel, fait de mouvements, de partage et de culture. Un message clair : ouverture, inclusivité et inspiration World Climbing se positionne comme un acteur fédérateur, capable de rassembler aussi bien les athlètes de haut niveau que les pratiquants du dimanche, les fédérations nationales que les partenaires internationaux. Cette vision met en avant des valeurs profondément ancrées dans la communauté : Inclusivité, parce que la grimpe appartient à tous Adaptabilité, face à un sport en constante évolution Responsabilité, envers les pratiquants et la nature Aventure, moteur historique de l’escalade Une identité visuelle qui raconte l’escalade Au cœur de cette transformation, un nouveau logo fort et symbolique : un monde composé de prises d’escalade, parcouru de lignes évoquant des voies qui s’entrecroisent. Une image simple, mais puissante, qui illustre la connexion globale des grimpeurs, des salles locales aux compétitions internationales. Chaque couleur fait référence à l’une des trois disciplines fondatrices de l’escalade sportive moderne : Difficulté (Lead) Bloc (Boulder) Vitesse (Speed) L’ensemble est accompagné d’une typographie ascendante, rappelant visuellement ce que chaque grimpeur ressent : l’envie irrépressible de monter. Une visibilité renforcée pour une nouvelle génération À l’ère du numérique et des réseaux sociaux, World Climbing entend parler aux publics jeunes, connectés et curieux. L’objectif est clair : rendre l’escalade plus lisible, plus accessible et plus cohérente à travers les événements, les retransmissions et les plateformes digitales. Un moyen de transmettre l’histoire et la culture du sport, sans jamais perdre son âme. @IFSC La World Climbing Series : un nouveau chapitre compétitif Une transition progressive vers 2026 La nouvelle identité sera déployée progressivement jusqu’à la saison 2026, point de départ de la World Climbing Series, qui remplacera officiellement la Coupe du Monde IFSC. Les cinq grandes régions continentales – Afrique, Asie, Europe, Océanie et Pan America – adopteront également cette identité, renforçant la cohérence globale du circuit. Pour les spectateurs comme pour les athlètes, cela signifie des événements plus lisibles, une narration sportive renforcée et une expérience plus immersive. Kilter Board : quand l’innovation rencontre la performance Un partenaire qui parle le même langage Dans cette dynamique de modernisation, World Climbing s’associe à Kilter, référence mondiale des systèmes d’entraînement interactifs. La Kilter Board, déjà bien connu des grimpeurs, devient le partenaire officiel d’entraînement de la fédération jusqu’en 2028. Présent dans les zones d’isolement de certaines compétitions, il offrira aux athlètes un environnement familier, précis et reproductible – un détail qui, à ce niveau, peut faire toute la différence. Cette collaboration souligne une réalité essentielle : l’élite et la communauté partagent les mêmes outils, les mêmes sensations, les mêmes prises. Une identité globale, des réalités multiples a création de World Climbing s’inscrit dans une logique de visibilité et de cohérence internationale. Mais toute structuration à cette échelle soulève inévitablement des tensions. L’inégalité persistante entre l’escalade classique et la para-escalade reste l’un des angles morts les plus visibles. Malgré un discours inclusif, les écarts de moyens, de couverture médiatique et de reconnaissance institutionnelle interrogent la capacité du sport à représenter réellement toutes ses pratiques. La dimension écologique constitue un autre point de friction. La multiplication des compétitions internationales, les déplacements intercontinentaux et la logistique événementielle entrent en contradiction avec les valeurs environnementales historiquement associées à la grimpe. À mesure que l’escalade s’installe dans un calendrier mondial dense, la question de son empreinte carbone devient difficile à ignorer. À l’échelle des athlètes, la professionnalisation accrue du haut niveau met en lumière des enjeux de santé physique et mentale. Blessures à répétition, pression de la performance, carrières de plus en plus précoces et problématiques comme le RED-S rappellent que la réussite sportive repose souvent sur des équilibres fragiles, encore insuffisamment débattus dans l’espace public. Enfin, cette structuration globale pose une question plus culturelle : celle du risque de standardisation. Formats, styles d’ouverture, narration médiatique — à force d’uniformiser, l’escalade sportive pourrait s’éloigner de la diversité des pratiques locales qui ont façonné son identité. Conclusion – Une nouvelle identité, un équilibre à trouver Avec World Climbing, l’escalade sportive affirme son ambition de parler au monde entier, d’unifier ses disciplines et de renforcer sa présence dans le paysage sportif international. Le changement de nom et d’image marque une étape logique dans l’histoire d’un sport en pleine expansion. Mais comme souvent en escalade, la ligne n’est jamais entièrement tracée à l’avance. L’enjeu ne réside pas uniquement dans la force du récit ou la cohérence visuelle, mais dans la capacité à faire coexister performance, diversité, responsabilité et respect des personnes comme des environnements. World Climbing pose un cadre. Reste à voir comment il sera habité, ajusté, parfois contesté. Car au-delà des logos et des slogans, c’est dans les choix concrets — sportifs, humains et environnementaux — que se jouera la crédibilité de World Climbing. @IFSC ✍️: Théo de GrimpActu
- Lizzie Le Blond : pionnière de l’alpinisme au féminin
Il y a des voyages dans le temps qui font du bien et qui nous rappellent à quel point l’histoire a pu oublier des figures emblématiques. Dans son film "L’ascension de Lizzie Le Blond" , la réalisatrice Sophie Chaffaut part sur les traces d’une femme qui a défié les sommets et les conventions. À travers les images restaurées, les écrits personnels et les témoignages de guides, d’historien·nes et de sociologues, le film nous plonge dans l’univers fascinant de Lizzie Le Blond, pionnière de l’alpinisme féminin à la fin du XIXᵉ siècle. Quand la montagne se réservait aux hommes À la fin du XIXᵉ siècle, l’alpinisme était perçu comme un monde exclusivement masculin. Les récits glorieux parlaient de guides intrépides et d’ascensions héroïques, mais les femmes étaient rares, et souvent décrites comme fragiles ou incapables de s’attaquer aux sommets. C’est dans ce contexte qu’émerge la figure d’Elizabeth Hawkins-Whitshed, connue sous le nom de Lizzie Le Blond. Née en Irlande en 1860, issue d’une famille aisée, Lizzie bénéficie des moyens pour voyager et s’adonner à sa passion. Mais ce qui la distingue surtout, c’est sa volonté de repousser les limites imposées aux femmes. Ses exploits qui ont marqué l’histoire Lizzie Le Blond n’est pas seulement une alpiniste parmi d’autres : elle est une véritable pionnière. Au cours de sa carrière, elle réalise plus de vingt premières ascensions dans les Alpes et documente ses exploits avec rigueur et passion. Elle publie sept ouvrages sur ses expéditions, mêlant récits détaillés et photographies, une démarche novatrice pour l’époque. Mais son audace ne s’arrête pas là. Elle est l’une des premières cinéastes de montagne, tournant dès 1898 des films sur les sports d’hiver à Saint-Moritz, donnant ainsi à ses exploits une visibilité que peu d’hommes de l’époque pouvaient se permettre. Ses films capturent la beauté, la difficulté et la solitude de la haute montagne, tout en montrant la camaraderie et la force des femmes alpinistes. Elle ne se contentait pas de gravir des sommets : elle innovait dans la manière de partager ses expériences. Lizzie concevait elle-même certains équipements, adaptant chaussures et cordages aux besoins spécifiques des alpinistes féminines, et anticipant les évolutions techniques de la montagne moderne. Ses écrits détaillaient également les stratégies de sécurité, souvent négligées à l’époque, témoignant de son approche méthodique et scientifique de l’alpinisme. Le Ladies Alpine Club : une révolution silencieuse En 1907, Lizzie franchit une nouvelle étape en fondant le Ladies Alpine Club , la première association dédiée aux alpinistes femmes. Cette initiative dépasse largement la simple création d’un club : elle devient un espace d’émancipation et de légitimité pour celles qui veulent pratiquer la haute montagne. Le club permet aux femmes de se former, de partager des techniques, mais aussi de soutenir la reconnaissance de leur présence dans un univers jusqu’alors hostile. Au-delà de l’alpinisme, le club encourageait les femmes à écrire et publier leurs expériences, contribuant ainsi à créer une mémoire collective féminine de la montagne. Lizzie y organisait également des conférences et ateliers sur la géologie, la météorologie et la photographie alpine, transformant le club en un véritable centre de savoir pour l’époque. Grâce à elle, la montagne commence à s’ouvrir à un public féminin et à briser les clichés persistants. Une innovatrice en images Lizzie Le Blond n’a jamais été une alpiniste “classique”. Elle expérimente la photographie et le cinéma à des fins documentaires et artistiques. Ses films, tournés dans des conditions techniques extrêmement difficiles pour l’époque, capturent la beauté et la difficulté de la montagne. Elle s’impose ainsi comme une pionnière de l’image alpine, ouvrant la voie à la documentation visuelle des exploits sportifs. Ses photographies ne se limitaient pas aux paysages : Lizzie y capturait les gestes techniques des alpinistes, devenant un document pédagogique et artistique. Certains clichés montrent des moments de complicité et de solidarité entre femmes, un témoignage rare dans un milieu dominé par les hommes. Une figure oubliée de l’histoire Malgré son talent et son rôle de passeuse, Lizzie Le Blond a longtemps été effacée des récits officiels de l’alpinisme. Son nom, ses albums photo et ses films ont été oubliés, éclipsés par ceux des alpinistes masculins. Pourtant, ses contributions restent un héritage exceptionnel, témoignant de la détermination et de la créativité d’une femme qui a osé dépasser les limites de son temps. L’invisibilisation des pionnières L’histoire de Lizzie n’est pas un cas isolé. Les recherches en sociologie et en histoire du sport montrent que les exploits féminins ont longtemps été minimisés ou relégués au second plan. Les récits officiels valorisaient l’image héroïque des hommes, tandis que les femmes étaient souvent perçues comme accessoires ou anecdotiques. Cette invisibilisation systémique a façonné la mémoire collective, donnant l’impression que la montagne avait été conquise presque exclusivement par des hommes. Le parcours de Lizzie révèle aussi l’importance de l’accès aux moyens matériels et sociaux : issue d’une famille aisée, elle a pu voyager, publier et filmer, ce qui reste exceptionnel pour l’époque. Pourtant, malgré ces privilèges, son nom a été longtemps oublié, soulignant combien les biais de genre ont modelé la reconnaissance historique. Le film qui ravive sa mémoire Le 11 décembre 2025, la réalisatrice Sophie Chaffaut rend hommage à Lizzie à travers un documentaire inédit diffusé sur YouTube. Le film s’appuie sur les archives restaurées, les écrits personnels de Lizzie, et les témoignages de guides, historien·nes et sociologues pour raconter son parcours. Il interroge également la question de l’invisibilisation : Pourquoi tant de figures féminines de la montagne ont-elles été oubliées, malgré leurs exploits ? Plus qu’un simple documentaire, ce film est un rappel vibrant que la montagne et l’histoire du sport doivent intégrer toutes celles qui ont contribué à leur grandeur. ✍️: Théo de GrimpActu
- Noël 2025 : le guide des cadeaux pour les passionnés d’escalade
Avec les fêtes de fin d’année qui approchent, c’est le moment idéal pour dénicher le cadeau parfait pour les passionnés d’escalade qui vous entourent… ou simplement pour vous faire plaisir ! Cette année, nous avons eu la chance de découvrir et de tester une multitude de matériel, des classiques indémodables aux nouveautés les plus surprenantes. Que vous cherchiez un équipement indispensable, des accessoires malins ou un petit détail qui rendra chaque séance plus agréable, ce guide est fait pour vous. Nous avons rassemblé une sélection d’idées cadeaux soigneusement choisies, mêlant utilité, originalité et plaisir, pour transformer ce Noël 2025 en un moment inoubliable pour tous les grimpeurs et grimpeuses. ➡️ Sommaire Chaussons : l’indispensable de l’activité Le matériel indispensable pour partir grimper Le matériel d'entraînement : progressez ou que vous soyez Accessoires divers : optimisez votre expérience de grimpe Chaussons : l’indispensable de l’activité Bien choisir ses chaussons est essentiel pour profiter pleinement de chaque séance, en salle comme en falaise. Confort, adhérence et précision font toute la différence, et chaque modèle a ses spécificités pour accompagner votre progression. La Sportiva Ondra Comp : Développé avec le soutien d’Adam Ondra, ce chausson est conçu pour exceller sur les situations les plus courantes de l'escalade de bloc moderne . La technologie SenseGrip™ offre une adhérence et une sensibilité maximales. Sa structure innovante permet au pied de rester en contact optimal avec la surface, pour des performances sans compromis. C'est un chausson qui allie précision, confort et technologie de pointe. ➡️ À retrouver ici : Ondra Comp Simond Edge Soft Blanc/Noir : Le Edge Soft de chez Simond reprend les innovations conçues pour les athlètes de haut niveau et les rend accessibles à tous les grimpeurs. Sa semelle XS GRIP Vibram® et sa forme asymétrique assurent une précision maximale sur les petites prises, tandis que la souplesse du chausson permet une excellente adhérence sur les volumes. Le système de serrage et la microfibre légèrement élastique garantissent confort et maintien, même lors des sessions les plus intenses. Avec ce chausson, la performance technique rime avec confort et durabilité. ➡️ À retrouver ici : Simond Edge Soft Jarvis Lacet EB Le Jarvis Lacet se distingue par son système de laçage innovant Rapid-lace, qui offre un ajustement personnalisé et précis sur toute la longueur du pied. La semelle ultra-adhérente et la construction robuste permettent un contrôle optimal sur toutes les prises, même dans les voies les plus techniques. Sa conception ergonomique assure un confort durable pendant les longues sessions, sans nécessiter de réajustements constants. Ce chausson est idéal pour les grimpeurs à la recherche de précision et de performance sur chaque mouvement. ➡️ À retrouver ici : Jarvis Lacet EB Diamond S Ocun Le Diamond S est conçu pour offrir performance, confort et précision sur tous les types de grimpe, du bloc à la falaise. Sa forme asymétrique Excentric 2.0 et sa semelle 3D innovante assurent un transfert de puissance optimal et une précision exceptionnelle sur les micro-appuis et les arêtes fines. Entièrement vegan et fabriqué à la main en République tchèque, ce chausson allie exigence technique et approche éthique pour les grimpeurs recherchant le summum de la performance. ➡️ À retrouver ici : Diamond S Ocun Le matériel indispensable pour partir grimper Pour profiter pleinement de vos sorties, certains équipements sont incontournables : un casque pour protéger votre tête, un baudrier pour rester sécurisé, des dégaines et une corde pour progresser en toute sécurité, ainsi qu’un système d’assurage et une longe pour compléter votre kit. Avec ces essentiels, vous êtes prêt·e à grimper sereinement, voici notre sélection : Casque : Capitan Helmet Conçu pour résister aux rigueurs de la paroi, le Capitan Helmet offre une protection renforcée sur les côtés et à l’arrière. Sa construction mêlant mousse EPP et calotte EPS, complétée par une coque ABS bi-blocs, garantit à la fois robustesse et confort pendant l’ascension. Léger et fiable, il accompagne le grimpeur dans toutes les conditions, de la salle aux voies les plus exigeantes. ➡️ À retrouver ici : Capitan Helmet Baudrier : Levit Ocun Le Levit d’Ocun est pensé pour allier confort et sécurité dans les conditions les plus exigeantes. Son système innovant de répartition du poids, son tissu résistant et ses trois boucles en acier inoxydable assurent fiabilité et longévité. Fabriqué à la main en République tchèque, ce baudrier offre un ajustement précis et un confort durable, idéal pour les longues sessions en falaise ou en grande voie. ➡️ À retrouver ici : Levit Ocun Dégaines : Petzl Spirit Express Légère et polyvalente, la dégaine Spirit Express est une référence pour l’escalade sportive. Son design ergonomique et ses mousquetons Keylock permettent un mousquetonnage fluide sans accrochage involontaire. La sangle Express assure une prise en main optimale, et ses différentes longueurs (12, 17 et 25 cm) s’adaptent à toutes les situations, de la falaise à l’alpinisme. ➡️ À retrouver ici : Petzl Spirit Corde : Beal Zenith 9.5 mm La Zenith 9.5 mm est une corde à simple, équilibrée entre légèreté, maniabilité et compacité. Son diamètre permet un passage fluide dans le mousqueton, facilitant le clipage et le contrôle de la corde. Idéale pour la performance en falaise, elle combine confort et efficacité pour toutes vos ascensions. ➡️ À retrouver ici : Zenith 9.5 Crash Pad : Snap HIP Le Snap HIP est idéal pour les débutants en bloc ou les grimpeurs occasionnels. Sa housse résistante et sans coutures sur les arêtes garantit une longue durabilité, tandis que ses bretelles restent propres et amovibles grâce à un système de scratch. Composé de deux épaisseurs de mousse, il stabilise l’impact et amortit la chute pour une réception sûre. Sa construction monobloc offre une surface homogène et se roule facilement pour le transport. ➡️ À retrouver ici : Snap HIP Système d’assurage : Mammut Smart 2.0 Le Smart 2.0 est un système d’assurage intuitif, offrant un blocage fiable de la corde en cas de chute. Amélioré par rapport à la première génération, il propose une géométrie optimisée et un effet de freinage renforcé. Ergonomique et facile à manipuler, il permet à l’assureur de réagir instinctivement, offrant sécurité et fluidité pour toutes les voies. ➡️ À retrouver ici : Smart 2.0 Petzl CONNECT ADJUST La CONNECT ADJUST est une longe simple réglable pensée pour l’escalade et l’alpinisme. Parfaite pour se vacher au relais en toute efficacité, elle dispose d’un brin ajustable permettant de régler précisément la longueur selon la situation. Un indispensable pour évoluer confortablement et en sécurité sur le rocher comme en montagne. ➡️ À retrouver ici : Longe Petzl Sac à magnésie – Chalk Pocket Zip Un sac à magnésie simple et pratique, doté d’une poche zippée pour garder tes petits effets personnels à portée de main. L’intérieur en micro-polaire offre un confort agréable, et son volume généreux permet d’y plonger toute la main sans difficulté. Avec son fond arrondi et son tissu robuste, il reste stable, durable et parfaitement adapté à toutes tes sessions, en salle comme en falaise. ➡️ À retrouver ici : Sac Magnésie Matériel d’entraînement : progresser où que vous soyez S’entraîner régulièrement est la clé pour améliorer force, résistance et technique. Que vous soyez à la maison, en salle ou au pied des falaises, certains outils rendent votre progression plus efficace et votre pratique plus ludique. Poutres, agrès portables, accessoires, livres spécialisés découvrez notre sélection : Poutre : 180° Hangboard Ultra-compact et léger, le 180° Hangboard vous permet de vous entraîner où et quand vous le souhaitez : à la maison, en voyage ou directement au pied de la falaise. Plus petit qu’une bouteille d’eau et plus léger qu’un jean, il se glisse facilement dans votre sac. Avec ses prises variées, il offre une liberté totale pour adapter vos exercices à vos besoins, qu’il s’agisse de force, de résistance ou d’échauffement. ➡️ À retrouver ici : 180 Hangboard Poutre : E-Board L’E-Board n’est pas qu’un simple accessoire : il peut vous accompagner dans votre progression. Adapté aux débutants comme aux expérimentés, il permet de renforcer les tendons, améliorer la résistance et travailler la force. ➡️ À retrouver ici : E-Board YY Vertical : Mini Crux Le Mini Crux est un agrès ultra-compact pensé pour les doigts, parfait pour les sessions nomades. Avec ses 5 préhensions et 4 grips différents, il permet de travailler force, précision et résistance même sans mur complet. Léger et transportable, il devient l’outil idéal pour s’échauffer ou s’entraîner n’importe où, en salle comme à l’extérieur. ➡️ À retrouver ici : Mini Crux Livre : La Force « La Force » propose une démarche scientifique pour progresser en escalade, quel que soit votre niveau. Les auteurs détaillent les facteurs clés de la performance – physiologique, technique, psychologique et stratégique – et fournissent des exercices illustrés et des grilles d’évaluation. Un ouvrage incontournable pour structurer son entraînement et comprendre les mécanismes à l’origine de vos progrès. ➡️ À retrouver ici : La Force Livre : Escalade Training Ce nouvel opus complète le précédent avec un guide pratique pour planifier vos séances, que vous soyez débutant ou compétiteur. Exercices, prévention des blessures, renforcement spécifique et mobilité sont abordés de manière claire, permettant de progresser efficacement tout en conservant le plaisir de grimper. Un outil parfait pour grimpeurs et coachs souhaitant optimiser leurs entraînements. ➡️ À retrouver ici : Escalade Training Livre : La psychologie en escalade Ce livre explore l’importance du mental pour grimper à son meilleur niveau. Peur, motivation et concentration sont analysées avec des techniques simples issues de la psychologie sportive et cognitive. En travaillant votre mental, vous pourrez repousser vos limites physiques et apprécier davantage chaque ascension. ➡️ À retrouver ici : Psychologie en Escalade Accessoires divers : optimisez votre expérience de grimpe Ces petits accessoires ne changent peut-être pas la difficulté d’une voie ou de votre bloc… mais ils rendent chaque sortie plus fluide, plus confortable et souvent plus motivante. Du planning d’entraînement aux chaussures d’approche, en passant par les soins des mains ou l’entretien des prises, voici nos coups de cœur : Artefact – Grand Hors-Bord 50L Le Grand Hors-Bord est le compagnon idéal pour les escapades longues, les expéditions d’escalade ou les voyages en famille. Il offre un accès total à son volume intérieur, une poche extérieure pratique, ainsi qu’un compartiment dédié à un ordinateur 14’’ dans l’envers du coussin dorsal. Ses nombreuses poignées et ses bretelles en ceinture de sécurité rendent son port confortable et polyvalent, tout en s’inscrivant dans une démarche upcyclée. Un sac robuste, durable et pensé pour suivre toutes vos aventures. ➡️ À retrouver ici : Sac Artefact Calendrier Grimpe 2026 Une édition limitée de Flore Baudelin qui mêle illustrations originales et sites d’escalade emblématiques. Chaque mois vous transporte dans un nouveau spot, et chaque jour vous permet de planifier vos séances pour rester motivé toute l’année. Un compagnon visuel et pratique pour progresser avec régularité. ➡️ À retrouver ici : Calendrier Grimpe Magnet RouteSetter – YY Vertical Un accessoire ludique et décoratif pour organiser vos idées. Sa surface en silicone mat est agréable au toucher, et les aimants intégrés permettent de fixer des choses sur toute surface métallique. Parfait pour laisser libre cours à sa créativité… ou simplement afficher ses notes au quotidien. ➡️ À retrouver ici : Magnet RouteSetter Chaussures d’approche Arc’teryx Konseal Conçues pour les approches techniques où la marche devient presque de l’escalade, les Konseal offrent stabilité, accroche et durabilité. Leur semelle performe sur tout type de terrains, et leur tige résistante supporte les conditions alpines les plus exigeantes. L’idéal pour atteindre le pied de la voie en toute confiance. ➡️ À retrouver ici : Arc'teryx Konseal Kit Brosses – Mammut Brush Stick Package Un kit polyvalent pour nettoyer toutes les prises, même les plus inaccessibles. La perche légère en carbone s’utilise facilement en intérieur comme en extérieur, et les deux brosses articulées (sloper et crimper) s’adaptent aussi bien aux plats qu’aux petites arquées. Compact et pratique, il peut même servir de bâton de marche lors des longues journées en falaise. ➡️ À retrouver ici : Brush Package Polaire Millet Chamonix Chaud, doux et extensible, ce modèle offre un excellent confort grâce à sa polaire à la construction souple. Les finitions élastiquées assurent un maintien impeccable, tandis que le col protecteur garde la chaleur lors des sessions froides. Avec ses poches sécurisées et son look technique, c’est une polaire polyvalente pour la falaise comme pour la ville. ➡️ À retrouver ici : Polaire Millet Climbskin – Non Stop Kit Le kit complet pour prendre soin de vos mains et grimper sans interruption. Il regroupe crème, baume, gel organique, tape, lime et accessoires pour traiter, protéger et renforcer la peau. Livré dans une pochette pratique, c’est le pack incontournable pour garder des doigts en forme, même après les séances les plus intenses. ➡️ À retrouver ici : Climbskin Boulder Chalk Bag – Mammut Un sac à magnésie pensé pour le bloc, pratique et compact grâce à sa fermeture roll-top qui retient parfaitement la magnésie. Une poche zippée garde ton smartphone propre, tandis que la poche en mesh accueille brosse, tape ou petits accessoires. ➡️ À retrouver ici : Sac magnésie Mug Evo – YYY Vertical Un mug incontournable pour tous les grimpeurs passionnés ! Le Climbing Mug EVO n’est pas un simple mug : c’est une mini-sculpture murale dans ta main. Avec sa vraie prise d’escalade designée par le shaper Simon Favrot, il transforme le café en un moment ludique et technique. ➡️ À retrouver ici : Mug Evo ✍️ : Théo de GrimpActu












