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Dessiner les sommets : Rencontre avec Laurent Bidot, auteur de "Il était une fois l'escalade"


L'univers de la bande dessinée offre une fenêtre captivante sur des aventures diverses et varié, "Il était une fois l'escalade" n'y fait pas exception. Partons à la rencontre de l'univers artistique de Laurent Bidot, des défis qu'il a rencontrés lors de la création de la BD et découvrons comment il a capturé l'essence meme de ce sport à travers ses illustrations.



Laurent Bidot a débuté son parcours artistique dès son adolescence, en réalisant des illustrations humoristiques pour divers projets, dont un dans le domaine informatique. Après des études en art graphique et une décennie dans la communication d'entreprise, il a finalement concrétisé sa passion pour la bande dessinée. Son premier album a vu le jour en 2000, marquant le début d'une carrière riche en créativité. Les classiques de la bande dessinée franco-belge, tels que les Tuniques Bleues de Cauvin et Lambil, ainsi que l'œuvre de l'américain Will Eisner, ont marqué l'influence artistique de Laurent Bidot. En littérature, il se tourne vers les nouvelles d'Edgar Allan Poe et de Guy de Maupassant pour nourrir son inspiration. Il se décrit comme un artiste en quête constante de renouvellement graphique, s'adaptant aux projets et aux thèmes qu'il explore.


"Il était une fois l'escalade" est une bande dessinée qui retrace l'histoire vertigineuse de ceux qui ont des siècles durant défié la gravité et repoussé leurs propres limites. Des rochers de Fontainebleau aux parois de l'Eiger, cette BD vous transporte au cœur de la passion ardente de conquérir les sommets à mains nues.


Laurent Bidot a accepté de répondre à nos question pour que nous comprenions mieux le processus créatif qui se cache derrière la bande dessinée "Il était une fois l'escalade".


Pourriez-vous nous donner un aperçu du processus créatif derrière la bande dessinée " Il était une fois l'escalade" et comment vous avez abordé la représentation visuelle de l'escalade?


C'est un album particulier pour moi car je n’avais jamais travaillé sur autant de pages avec un scénariste qui n’avait jamais fait de bande dessinée. David Chambre a très vite appris les bases que je lui ai transmis pour écrire le scénario. Il m’a envoyé une impressionnante documentation pour comprendre chaque scène qu’il me demandait de dessiner. Comme le piège était de sembler répétitif, je me suis appliqué à trouver des angles et des perspectives nouvelles à chaque fois. A bien étudier chaque paroi d’un point de vue géologique pour la dessiner. J’ai aussi beaucoup travaillé les grimpeurs en soulignant les prises et les attitudes afin d’inspirer les grimpeurs-lecteurs.


Quels défis avez-vous rencontrés lors de la création de cette bande dessinée, en particulier compte tenu du sujet lié à l’escalade?


N’étant pas grimpeur je demandais toujours à David des détails sur les cordes, les mousquetons, les dégaines, etc. Le défi principal était de ne pas ennuyer le lecteur, le scénario étant dense, le dessin devait aider à la compréhension mais aussi divertir. La bande dessinée est un divertissement. Les grimpeurs ont le sourire, des visages sont sympas, un peu caricaturaux mais pas trop.



"Il était une fois l'escalade" explore divers lieux emblématiques de l'escalade. Comment avez-vous travaillé pour capturer l'essence de chaque endroit à travers votre art?


Toute la documentation de David a été très utile. You Tube aussi m’a été précieux pour faire le tour du monde de la grimpe, d’ailleurs la BD regorge de flashcodes qui dirigent les lecteurs vers ces videos.


La passion et l'audace des pionniers de l'escalade sont des thèmes centraux de la BD. Comment avez-vous essayé de transmettre ces émotions à travers vos illustrations?


J’ai travaillé les attitudes, les expressions de visage des grimpeurs pour transmettre physiquement leur passion sur la roche et sur les prises. J’ai senti que c’est l'anticonformisme et la recherche de terrains de liberté qui les guident. J’ai donc cherché des mises en scènes et de cadrage qui soulignent cette philosophie de vie.



Pouvez-vous partager des détails sur votre collaboration avec Glénat et comment cette relation a influencé votre travail artistique? 


Il était une fois l’Escalade est une coédition Les éditions du Mont-Blanc (maison d’édition de Catherine Destivelle) et les éditions Les Arènes avec qui j’ai fait trois albums. Nous nous connaissons donc bien. Il n’influence pas beaucoup mon travail artistique, les conseils sont assez rares. Quelques échanges avant de débuter l’album suffisent. Un éditeur engage un dessinateur pour son expérience et son style de dessin. A partir de là il lui fait confiance pour mettre en image l'album avec parfois quelques demandes d'ajustements plus liées à la précision historique ou technique de la planche.


Comment avez-vous travaillé pour équilibrer l'aspect historique et narratif tout en maintenant l'aspect visuel engageant?


Au départ j’ai été inquiet de la quantité de textes sur chaque planche. Trop de texte peut tuer le dessin et nuire le plaisir de lire une bande dessinée. Le scénario a donc été travaillé à nouveau pour alléger un peu les bulles et les vignettes de textes. Dans l’idéal j’aurais aimé qu’on ai la place de dessiner plus de décors et de parois naturelles magnifiques pour respirer mais il y en a quelques une tout de même.



Comment percevez vous le rôle de la bande dessinée dans la narration d'histoires sur des sujets tels que l'escalade et l'aventure en général?


La bande dessinée peut tout aborder, c’est sa force et sa richesse. Les styles narratifs et graphiques permettent d'explorer tout les sujets. Les cases ne sont pas une contrainte, elles peuvent voler en éclat . L’essentiel sont le texte et les images et le spectre d'échange texte-image est  infini


Y a-t-il des éléments spécifiques de l'histoire de l'escalade que vous avez particulièrement appréciés ou trouvés inspirants lors de la création de cette bande dessinée?


Action Directe ou la face nord des Dru étaient inspirants à dessiner. J’ai beaucoup aimé chercher des moyens graphiques avec mes moyens que sont le papier, les pinceaux et l'encre de chine pour transcrire ces difficultés afin que le lecteur se dise « whaou, pas facile à grimper !"



Comment naviguez vous entre la nécessité de rester fidèle à la réalité de l'escalade tout en ajoutant une touche artistique distinctive à votre travail?


C’est tout le secret et la richesse du travail d’un scénariste et grand connaisseur de son sujet et un auteur de bande dessinée capable de se fondre, c’est à dire d’appréhender et de traduire une attente formelle. On échange beaucoup pour arriver à ce résultat. Le travail de Clémence Jollois la coloriste a été très important pour apporter la vie à ces roches. Là aussi nous avons beaucoup échangé.


La couverture de la BD est souvent le premier contact visuel pour les lecteurs. Pouvez-vous expliquer comment vous avez conçu la couverture pour représenter l'essence de la bande dessinée?


On a tourné autour de projets très illustratifs dans un premier temps pour chercher la couverture mais ca ne me plaisait pas. Jusqu'à ce que je pense à un grimpeur animé d’une rage presque politique liée à la liberté. C’est ce qui m’a inspiré ce dessin d’un grimpeur vif comme un éclair électrique sur une paroi sombre. Les éditeurs paraissaient surpris mais ravis de l’aspect symbolique et fort de ce grimpeur ou grimpeuse. C’est drôle car certains y voient Catherine Destivelle. 

L’idée de l’éditeur de poser un pelliculage rugueux à la couverture est formidable. Il touche beaucoup les lecteurs.




💬 : Laurent Bidot

📷 : Laurent Bidot

🗞 : GrimpActu.

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