La Russie et la Biélorussie réintégrées pour les compétitions internationales d'escalade
- GrimpActu

- il y a 3 heures
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Turin, au cœur de l’hiver italien. Les 10 et 11 février, les membres du comité exécutif de l’International Federation of Sport Climbing (désormais World Climbing) se sont réunis pour trancher une question sensible, à la croisée du sport et de la géopolitique.
Suspendues depuis près de quatre ans, les fédérations russe et biélorusse retrouvent officiellement leur place au sein de l’instance mondiale. Alors que l’IFSC avait prévu, il y a deux ans, de réintégrer les grimpeurs russes et biélorusses, cette réintégration vient juste d'être confirmée par une lettre adressée aux présidents des deux fédérations.
Mais ce retour ne sera ni total, ni inconditionnel.
Dans un contexte international toujours tendu, l’International Federation of Sport Climbing ( désormais World Climbing) a choisi une voie médiane : réintégrer les structures fédérales tout en maintenant un cadre strict pour les athlètes. Une décision qui relance le débat sur le rôle du sport en période de crise… et qui aura des conséquences concrètes sur les compétitions à venir.

Une suspension levée, mais sous conditions strictes
Suspendues en mars 2022, les fédérations russe (CFR) et biélorusse (BACF) ont officiellement été réintégrées après notification à leurs présidents respectifs. L’information a été transmise à l’ensemble des fédérations nationales membres.
Mais cette réintégration s’accompagne de deux conditions majeures :
Les athlètes et officiels russes et biélorusses pourront concourir uniquement sous statut neutre, conformément à la politique en vigueur.
Aucune compétition internationale ne sera organisée en Russie ou en Biélorussie jusqu’à nouvel ordre.
Autrement dit : présence autorisée sur les murs, mais sans drapeau ni hymne, et sans événement à domicile.
Ce compromis illustre une tendance observée dans d’autres disciplines : préserver l’universalité du sport tout en maintenant une distance institutionnelle vis-à-vis des États concernés.
Le statut d’athlète neutre : un équilibre fragile
Le principe des « athlètes neutres » n’est pas nouveau dans le paysage sportif international. Il vise à permettre aux sportifs de continuer à concourir sans représenter officiellement leur pays.
Dans le cas de l’escalade, cela implique :
L’absence de drapeau national
L’absence d’hymne en cas de podium
Un encadrement strict par la politique de neutralité de l’International Federation of Sport Climbing (World Climbing)
L’escalade, sport historiquement porteur de valeurs d’ouverture et de respect, se retrouve une nouvelle fois face à une question délicate : peut-on réellement dissocier l’athlète du contexte politique ?
Pas d’événements en Russie ni au Bélarus :
Si les athlètes retrouvent l’accès aux compétitions, l’organisation d’événements internationaux en Russie et en Biélorussie reste interdite « jusqu’à nouvel ordre ».
Le message de l’International Federation of Sport Climbing (World Climbing) est clair : la normalisation n’est pas totale.
Pour les organisateurs de Coupes du monde et de championnats majeurs, cela signifie que le calendrier restera concentré ailleurs — en Europe, en Asie, dans les Amériques ou au Moyen-Orient — lors des prochaines saisons.
Riyad 2026 : le sport face à la géopolitique
Autre élément clé : la prochaine Assemblée générale de l’International Federation of Sport Climbing (World Climbing), prévue à Riyad en avril 2026, inclura une session dédiée au rôle du sport et des fédérations internationales dans le contexte géopolitique mondial.
Ce choix de lieu interroge, car le pays fait face à des critiques récurrentes concernant les droits des femmes et des filles, l’application de la peine de mort et la protection des droits humains. Selon des rapports internationaux, certaines lois et pratiques continuent de limiter les libertés individuelles, tandis que des exécutions pour des infractions variées ont suscité des inquiétudes auprès d’organisations de défense des droits humains.
Depuis son entrée aux Jeux olympiques, l’escalade a changé d’échelle. Plus médiatisée, plus professionnalisée, plus stratégique aussi. Les décisions fédérales dépassent désormais le seul cadre sportif : elles s’inscrivent dans un environnement global où chaque choix est observé.
La question dépasse donc celle de la Russie ou de la Biélorussie. Elle touche à l’identité même de notre discipline.
Au-delà des décisions administratives, cette annonce nous rappelle que le sport n’évolue jamais en vase clos. Chaque compétition, chaque podium, chaque médaille s’inscrit dans un contexte plus large. L’escalade est née d’une culture de liberté. Aujourd’hui, elle doit aussi apprendre à naviguer dans un monde complexe.

✍️ : Théo de GrimpActu














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