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Jules Marchaland libère King Kang et propose 9b+

Photo du rédacteur: GrimpActu
GrimpActu
il y a 3 heures
5 min de lecture

Le 27 septembre 2026, Jules Marchaland a réalisé la première ascension de King Kang dans la grotte de Flatanger, en Norvège. Équipée par Adam Ondra en 2013, cette ligne très courte se conclut par un mouvement dynamique extrême. Le Français propose la cotation de 9b+, qui en ferait la voie la plus difficile de sa carrière.


Jules Marchaland King Kang 9b+
©️Johan Nilsson

Un ancien projet d’Adam Ondra vient de tomber dans la grotte mythique de Flatanger. Le Français Jules Marchaland a réussi la première ascension de King Kang, une ligne particulièrement courte dont il propose la cotation de 9b+.


L’ascension a été réalisée le 27 septembre 2026, après seulement six journées réparties sur deux séjours. Si la cotation venait à être confirmée par de futures répétitions, King Kang constituerait le premier 9b+ de Marchaland et la voie la plus difficile de son parcours.


Un projet équipé par Adam Ondra en 2013

L’histoire de King Kang remonte à 2013. Adam Ondra avait alors équipé la ligne et réussi séparément son mouvement clé : un jeté particulièrement spectaculaire situé dans la partie supérieure.


Le Tchèque n’était cependant pas parvenu à réaliser ce mouvement après avoir enchaîné la première partie de la voie. Face à la difficulté de cette liaison, il avait finalement cessé de travailler le projet.


Ondra avait néanmoins trouvé une sortie sur la gauche permettant d’éviter le jeté. Cette variante, baptisée Kangaroo’s Limb, avait été libérée en septembre 2013 avec une cotation de 9a+. Sur son carnet de croix, il la décrivait avec humour comme la « sortie de gauche du projet au jeté », tout en invitant les spécialistes des mouvements dynamiques à venir tenter la ligne directe.


Treize ans plus tard, Jules Marchaland est finalement parvenu à relier la section d’approche et le mouvement imaginé par Ondra, donnant naissance à King Kang.


Six journées réparties sur deux séjours

Jules Marchaland avait découvert le projet en 2025, sur les conseils d’Adam Ondra. La ligne avait immédiatement rejoint sa liste de projets rêvés, mais son premier séjour ne lui avait pas permis de s’y investir pleinement.


Malade pendant le voyage, le Français n’avait consacré que deux journées à la ligne. Il avait néanmoins réussi la variante de gauche, Kangaroo’s Limb (9a+), avant de repartir avec l’envie de revenir pour tenter la sortie directe.


« Après avoir essayé ce projet au jeté l’année dernière, il est immédiatement devenu l’une des lignes qui me faisaient rêver. Adam me l’avait vraiment bien vendue et elle s’est révélée aussi belle que je l’espérais. »


De retour à Flatanger en 2026, Marchaland s’est rapidement senti capable de réaliser le projet. Quatre journées supplémentaires lui auront finalement suffi pour réussir l’enchaînement, soit beaucoup moins de temps qu’il ne l’avait envisagé.


« Je me suis senti assez bien, assez rapidement dans la voie. Je me suis donc dit que ce serait le projet parfait à essayer cette année. Ça s’est très, très bien passé. »


Une entorse au pied juste avant le voyage

La participation de Jules Marchaland à ce séjour avait pourtant été remise en question quelques jours avant son départ. Cinq jours avant le voyage, le Français s’est fait une entorse au gros orteil.


Pendant un temps, il a pensé devoir renoncer à grimper dans son niveau maximum. La douleur ne se manifestait toutefois que dans certaines positions, notamment lorsqu’il devait charger fortement certains appuis.


King Kang s’est finalement révélée être l’une des rares voies de la grotte qui ne sollicitait pas son pied de manière douloureuse.


« Il s’est avéré que c’était l’une des seules voies qui ne me faisaient pas mal au pied. Je me suis senti assez bien assez rapidement, alors je me suis dit que ce serait le projet parfait à essayer cette année. »


Cette contrainte physique a donc paradoxalement renforcé son choix de se concentrer sur l’ancien projet d’Ondra.


Jules Marchaland King Kang 9b+
©️Johan Nilsson

Une voie qui se joue sur un mouvement

King Kang présente une construction inhabituelle. La voie commence par une section d’environ 8b, qui conduit à un bon repos. Elle se poursuit par une séquence estimée autour de 8A+ bloc, jusqu’à la mise en place du jeté final.


La difficulté se concentre alors dans ce mouvement dynamique particulièrement exigeant, qu’Adam Ondra était déjà parvenu à réaliser isolément en 2013, sans réussir à l’enchaîner après les mouvements précédents.


Pour Jules Marchaland, ce jeté donne à King Kang le caractère d’une voie qui semble presque entièrement se jouer sur un seul mouvement. La préfatigue accumulée dans la section en 8A+ bloc modifie toutefois considérablement la difficulté du geste final.


« Ce jeté est complètement fou et donne vraiment l’impression que toute la voie se joue sur un mouvement. »


Cette configuration représentait autant une source de motivation qu’une crainte. Avant de réellement s’investir dans le projet, le Français redoutait de se retrouver enfermé dans une succession de journées identiques, à tomber encore et encore au même endroit.


« Comme ça se joue principalement sur un mouvement, j’avais peur que toutes mes journées se ressemblent, en tombant tout le temps au même endroit. C’est quelque chose qui m’arrive assez souvent et je n’avais pas envie de retomber dans cette boucle. »


Sa progression rapide lui a permis d’éviter ce scénario. Le format très court de la voie impliquait également moins de mouvements et de détails techniques à mémoriser que dans une ligne plus longue.


Jules Marchaland estime avoir assimilé ces éléments plus rapidement que prévu, jusqu’à réussir le mouvement décisif avant que l’échec répété ne commence à peser mentalement.


Pourquoi proposer 9b+ ?

Après la première ascension, Jules Marchaland a proposé la cotation de 9b+. Un niveau qu’il a d’abord hésité à annoncer, notamment en raison de la faible longueur de la voie et du caractère très spécifique de son crux.


« Je ne me sentais pas totalement légitime à proposer 9b+. Mais après en avoir discuté avec Adam, cette cotation nous a semblé cohérente. L’effort est très court, mais même une légère préfatigue fait une énorme différence avant un jeté aussi difficile. »


La cotation devra désormais être confirmée ou ajustée par de futurs répétiteurs. Elle repose pour le moment sur les sensations de Jules et sur les échanges menés avec Adam Ondra, qui connaissait particulièrement bien le mouvement et les exigences de la ligne.


King Kang rejoint ainsi la liste très restreinte des voies proposées à 9b+ dans le monde. Elle devient également l’une des lignes les plus difficiles de Flatanger, aux côtés de Change (9b+), B.I.G et Silence, toutes deux cotées 9c.


La libération d’un ancien projet de Flatanger

Au-delà de la cotation, cette ascension possède une dimension particulière pour Jules Marchaland. King Kang était l’un des projets historiques encore non libérés de la grotte norvégienne et avait été imaginé par l’un des grimpeurs ayant le plus contribué au développement de Flatanger.


« C’était génial à essayer et je suis hyper content d’avoir pu libérer un vieux projet de cette grotte mythique. C’était une voie incroyable, qui m’a fait rêver avec ses mouvements dynamiques. C’est vraiment quelque chose que j’adore. »


Marchaland a également tenu à remercier Adam Ondra pour lui avoir présenté le projet et lui avoir donné l’occasion de tenter cette ligne.


« Merci à Adam de m’avoir parlé de ce projet et de m’avoir donné l’opportunité de le grimper. C’est un véritable honneur. »


Avec King Kang, Jules Marchaland réalise une première ascension majeure dans l’un des sites les plus emblématiques de l’escalade mondiale. Reste désormais à attendre les prochaines répétitions pour savoir si la proposition de 9b+ sera confirmée.


Jules Marchaland King Kang 9b+
©️Johan Nilsson


✍️ Théo de GrimpActu


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