Lara Neumeier réalise la première ascension féminine de Rhapsody 8c+ trad

Le 7 octobre 2026, Lara Neumeier a enchaîné Rhapsody, à Dumbarton Rock, en Écosse. L’Allemande réalise la première ascension féminine de cette voie de trad cotée E11 7a (8c+ trad), vingt ans après son ouverture par Dave MacLeod. Une réussite construite sur deux séjours, avec toutes les protections posées au cours de l’ascension.
Dans la fissure du bas, Lara Neumeier manque pourtant de glisser. Une portion du rocher, encore humide, menace de compromettre son essai avant même les principales difficultés. Elle parvient à rester en place, poursuit sa progression et rejoint finalement le sommet. Dans le récit transmis à la presse, elle décrit la suite comme un enchaînement où tout finit par s’accorder, après des mois à penser à cette ligne.
« Attraper la prise de sortie et me rétablir au-dessus du rebord a été une sensation incroyable. Au sommet de Rhapsody, je me sentais immensément heureuse et fière. »

Rhapsody, une difficulté qui se concentre en hauteur
Libérée en 2006 par Dave MacLeod, Rhapsody est devenue la première voie cotée E11 (8c+ trad). Cette ligne de 35 mètres a ensuite été répétée notamment par Sonnie Trotter, Steve McClure, James Pearson et Jacopo Larcher.
Sa cotation britannique, E11 7a, associe une appréciation globale de la difficulté et de l’engagement à une cotation technique du mouvement le plus difficile. Le « 7a » britannique ne correspond donc pas à un 7a français. Le communiqué situe la difficulté physique de l’ensemble autour de 8c+, avec un passage de bloc annoncé à 8A dans la partie supérieure.
C’est précisément là que l’effort se complique : les mouvements les plus exigeants arrivent après une longue section de grimpe, au-dessus des dernières protections. Selon les informations communiquées, environ huit mètres séparent le dernier placement du sommet.
« C’est très difficile physiquement, mais aussi mentalement, parce que la partie la plus dure se trouve tout en haut. Il faut pratiquement toujours repartir du sol pour arriver à cet endroit et pouvoir vraiment essayer. »
À cette configuration s’ajoutent les conditions écossaises. Pour travailler les mouvements puis tenter l’enchaînement, il faut aussi composer avec la pluie, l’humidité et les fenêtres de rocher sec.
Deux séjours pour construire ses méthodes et sa confiance
Le projet prend forme après son ascension de Psychogramm, 8b+ trad, à Bürser Platte, en Autriche, au printemps 2025. Lara Neumeier y découvre un attrait particulier pour la préparation propre au trad difficile : apprendre les mouvements en moulinette, étudier les placements de protections, puis réunir les conditions nécessaires à un essai en tête.
Rhapsody lui reste en mémoire depuis l’ascension de Jacopo Larcher, en 2016. Elle se rend pour la première fois à Dumbarton Rock en avril 2026 avec Nemuel Fuerle. L’objectif initial est d’évaluer si la voie lui convient, notamment en raison de certains mouvements de grande amplitude.
La pluie perturbe les premiers jours. Les deux grimpeurs utilisent des serviettes pour sécher les sections humides et parvenir à travailler la ligne. Après cinq journées en moulinette, Neumeier a identifié les mouvements et les emplacements de protections. Quelques essais en tête, en fin de séjour, lui donnent envie de revenir.
À son retour, fin septembre, elle alterne les liaisons en moulinette et les tentatives depuis le sol, à raison d’un à quatre essais en tête par jour. Elle ajuste ses séquences et cherche à économiser de l’énergie dans chaque section.
Les progrès sont réguliers, parfois minimes. Dans le crux, les petits appuis entretiennent une sensation d’incertitude, même une fois la méthode trouvée. Elle considère alors Rhapsody comme la voie la plus difficile qu’elle ait essayée.
Deux jours de repos avant le déclic
Les tentatives finissent par peser, tout comme les longues journées dans le froid et le vent. Neumeier et son compagnon de cordée prennent deux jours de repos.
À la reprise, elle réussit en tête toute la partie supérieure, depuis le repos jusqu’au sommet. Cette liaison lui apporte un gain de confiance décisif. Le lendemain, le 7 octobre, elle s’échauffe en moulinette avant de repartir du sol pour l’essai victorieux.
Les seize journées consacrées au projet, sept au printemps puis neuf à l’automne, aboutissent à une ascension réalisée en plaçant elle-même l’ensemble de ses protections en tête.
« J’avais consacré à Rhapsody plus d’énergie, de travail et de détermination qu’à n’importe quelle autre voie auparavant. »
Cette réussite s’inscrit aussi dans une expérience collective. Buster Martin enchaîne Rhapsody quelques jours avant elle ; Nemuel Fuerle y parvient quelques heures après son ascension. Neumeier souligne le plaisir d’avoir partagé le travail de la voie et l’accueil des grimpeurs locaux.
Première femme à rejoindre la liste des répétiteurs, elle souhaite que cette ascension encourage d’autres pratiquantes à envisager des projets ambitieux :
« Il est vraiment important que nous, les femmes, ayons suffisamment confiance en nous pour essayer des choses très difficiles. »
Article rédigé à partir du communiqué de presse transmis le 19 octobre 2026. Citations traduites de l’anglais.
✍️ Théo — GrimpActu

Lara Neumeier makes the first female ascent of Rhapsody, 8c+ trad
On 7 October 2026, Lara Neumeier climbed Rhapsody at Dumbarton Rock, Scotland. The German climber made the first female ascent of the E11 7a (8c+ trad) route, twenty years after its first ascent by Dave MacLeod. Her success followed two trips, with all protection placed on lead during the ascent.
In the lower crack, Lara Neumeier almost slips. An unexpectedly wet section threatens to end her attempt before she even reaches the main difficulties. She manages to hold on, continues upwards and eventually reaches the top. In the account shared with the press, she describes the rest of the climb as a moment when everything finally came together, after months of thinking about the line.
“Grabbing the top hold and mantling over the lip was a crazy feeling. Standing on top of Rhapsody I felt incredibly happy and proud.”
Rhapsody: the hardest climbing comes high on the wall
First climbed by Dave MacLeod in 2006, Rhapsody became the first route graded E11. The 35-metre line has since been repeated by climbers including Sonnie Trotter, Steve McClure, James Pearson and Jacopo Larcher.
Its British grade, E11 7a, combines an overall assessment of difficulty and seriousness with a technical grade for the hardest move. The British “7a” therefore does not correspond to a French 7a. The press release puts the route’s overall physical difficulty at around 8c+, with an upper crux described as an 8A boulder problem.
This is where the challenge intensifies: the hardest moves come after a sustained stretch of climbing, above the final protection placements. According to the information provided, approximately eight metres separate the last piece of protection from the top.
“It's physically really hard, but it's also mentally extremely hard because the hardest part is at the very top. You basically always have to climb all the way from the ground to get to that point and to try hard.”
Scottish conditions add another layer of uncertainty. Working the moves and attempting the full route also means dealing with rain, humidity and limited windows of dry rock.
Two trips to build sequences and confidence
The project took shape after Neumeier climbed Psychogramm, 8b+ trad, at Bürser Platte, Austria, in spring 2025. There, she developed a particular enthusiasm for the preparation involved in hard trad climbing: learning the moves on top rope, studying protection placements and gradually building towards a lead attempt.
Rhapsody had been on her mind since Jacopo Larcher’s ascent in 2016. She first travelled to Dumbarton Rock in April 2026 with Nemuel Fuerle. Her initial aim was to establish whether the route was realistic for her, particularly given its reputation for some very reachy moves.
Rain disrupted the first few days. The two climbers used towels to dry wet sections so they could work the line. After five days on top rope, Neumeier had figured out all the moves and protection placements. A few lead attempts towards the end of the trip left her eager to return.
Back in late September, she alternated top-rope links with attempts from the ground, making between one and four lead attempts a day. She refined her sequences to become more efficient through the different sections.
Progress was steady, although sometimes small. In the crux, tiny footholds kept the climbing feeling insecure, even after she had found a sequence that worked. She considered Rhapsody the hardest route she had ever tried.
Two rest days before the breakthrough
The attempts began to take their toll, as did the long days in cold and windy conditions. Neumeier and her climbing partner took two rest days.
On her return, she linked the entire upper wall on lead, from the resting position on the route to the top. That link gave her a decisive confidence boost. The following day, 7 October, she warmed up on top rope before setting off from the ground for the successful attempt.
Sixteen days devoted to the project, seven in spring and nine in autumn, culminated in an ascent with every piece of protection placed by Neumeier herself on lead.
“I had put more energy, work and determination into Rhapsody than into any route before.”
Her success was also part of a shared experience. Buster Martin climbed Rhapsody a few days before her; Nemuel Fuerle succeeded just hours after her ascent. Neumeier highlighted the enjoyment of working the route together and the welcome they received from local climbers.
As the first woman to join the route’s list of repeat ascensionists, she hopes her ascent will encourage other women to consider ambitious projects:
“It's really important that we as women have the confidence and trust in ourselves to try really hard things.”
Article based on the press release shared on 19 October 2026. Quotes reproduced in their original English.















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