top of page

Pietro Vidi : interview après Drifter’s Escape et confirmation du 9a+ trad

Photo du rédacteur: GrimpActu
GrimpActu
il y a 22 heures
16 min de lecture

Le 13 octobre 2026, Pietro Vidi a réalisé la première répétition de Drifter’s Escape, sur le Stawamus Chief, à Squamish. Pour GrimpActu, l’Italien confirme le 9a+ proposé par Connor Herson et raconte une escalade où le placement de chaque doigt peut décider de la réussite d’un mouvement. Il revient aussi sur ses choix de protections et sur ce qui l’attire dans le trad, des projets extrêmes aux fissures découvertes à vue.


Une photo montrée par Connor Herson a suffi à faire entrer Drifter’s Escape dans les projets de Pietro Vidi. Deux fissures parallèles, un panneau de granite légèrement déversant au-dessus de Squamish : avant de devenir un objectif de difficulté, la voie l’a attiré par sa ligne. L’Italien a ensuite consacré une grande partie de son été à s’entraîner à Arco pour préparer le voyage.


Grimpée à l’origine en artificiel en 1975, Drifter’s Escape a été libérée par Connor Herson le 14 juillet 2025, avec une proposition de cotation à 9a+. Pietro Vidi en signe la première répétition après environ quinze séances et dix essais en tête. Son expérience de Tribe et son ascension récente de Dreamcatcher lui donnent aujourd’hui des points de comparaison pour évaluer cette difficulté. Après environ quinze séances et dix essais en tête, Pietro Vidi confirme cette cotation. Il décrit une voie nettement plus difficile que Tribe et s’appuie également sur son expérience récente de Dreamcatcher pour la situer.


Entretien recueilli par GrimpActu. Réponses traduites de l’anglais et légèrement éditées pour la clarté.


Pietro Vidi Drifter’s Escape
© Quinn Mason - Pietro Vidi

Une ligne devenue un objectif de saison

GrimpActu : Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’investir dans Drifter’s Escape ? Au-delà de sa difficulté annoncée, qu’avait cette ligne pour devenir un projet aussi important pour toi ?


Pietro Vidi : J’ai rencontré Connor dans le Yosemite. Il avait déjà enchaîné Drifter’s Escape et m’a montré quelques photos. À partir de ce jour-là, j’étais vraiment motivé. C’est une ligne tellement belle, tellement incroyable. Pour moi, elle était trop belle pour ne pas aller l’essayer.


Je crois que Camilla et moi avons commencé à organiser le voyage alors que nous étions encore dans le Yosemite. C’était l’un de mes grands objectifs de la saison.

J’ai commencé à m’y préparer à mon retour de mon séjour suivant dans le Yosemite, en mai. J’ai passé pratiquement tout l’été à m’entraîner à Arco avec les gars de l’équipe nationale, pour préparer ce voyage.


Apprendre à saisir une prise, doigt par doigt

GrimpActu : Tu décris une escalade d’une complexité technique inhabituelle. Peux-tu nous raconter un passage précis qui résume ce projet, et ce que tu as dû apprendre pour le réussir ?


Pietro Vidi : La paroi déverse d’environ dix degrés, et même moins par endroits. L’escalade est donc extrêmement technique.


Il y a deux crochetages de pointe vraiment mauvais qui m’ont posé problème. Je ne suis pas très habitué aux fissures fines, surtout pour les pieds, et c’est quelque chose que j’ai vraiment dû apprendre.


Les prises de pied sur la face sont aussi incroyablement petites et offrent très peu d’adhérence. Ensuite, il y a les deux fissures : une pince dans la première et une drôle de cavité pour un verrou de doigts dans la dernière.


Ce sont des prises très inhabituelles, mais aussi extraordinaires. Il faut être extrêmement précis dans la manière de placer chaque doigt. Sinon, les mouvements semblent impossibles.


J’ai consacré environ cinq séances au dernier passage bloc. Je n’arrivais pas à faire les mouvements comme Connor, probablement à cause de différences de taille de doigts ou de style de grimpe.


J’ai passé cinq séances à apprendre comment saisir une prise dans laquelle je n’arrivais pas vraiment à rentrer les doigts. Il a fallu que j’apprenne à les coincer de façons assez étranges et intéressantes, en calant les articulations au fond de la fissure et en utilisant un effet de levier.


C’est assez difficile à expliquer. Mais c’est inhabituel de devoir consacrer autant d’attention à la manière exacte de saisir une prise et de déplacer ses doigts à l’intérieur, plutôt qu’au mouvement lui-même. C’était vraiment intéressant.


GrimpActu : Tu as découvert un repos sans les mains et une autre méthode pour le haut. Comment ces solutions ont-elles émergé, et qu’ont-elles changé dans ta perception de la voie ?


Pietro Vidi : Il y a un repos sans les mains au milieu de la voie. Connor récupère lui aussi sans les mains, mais avec un crochetage de pointe gauche. Moi, je pivote autour de ce même pied et je finis assis, face au vide.


Dans les deux cas, le repos permet de lâcher complètement les mains. Je ne pense donc pas que cela change la cotation. Les mouvements pour s’y installer sont assez difficiles et impressionnants dans les deux méthodes.


Je trouvais simplement ça sympa : si on peut s’asseoir sur une vire, pourquoi pas ? Mais Connor avait déjà envisagé cette solution et décidé qu’elle n’en valait pas la peine. Pour moi, cela ne change donc absolument pas la cotation.


Le dernier passage bloc correspond vraiment au style de Connor, avec beaucoup de coincements de pointes et de doigts. Il a fallu que je trouve une autre solution.

J’ai utilisé pratiquement les mêmes prises, mais je suis passé de l’une à l’autre différemment. Cela m’a demandé beaucoup de temps pour apprendre cette séquence, mais peut-être que Connor aurait trouvé ma méthode plus difficile.


Ces mouvements ne lui posaient pas particulièrement problème. Je pense donc que c’est simplement une différence de style.


Choisir ses protections, puis réussir à s’engager

Adapter les méthodes ne concernait pas seulement les mouvements. Pietro Vidi a également cherché à réduire l’énergie consacrée à la pose du matériel. Ses réponses décrivent la manière dont il a évalué les chutes et construit sa confiance dans les protections.


GrimpActu : Tu as choisi de poser moins de protections que Connor pour économiser de l’énergie. Comment as-tu construit cette stratégie, et comment as-tu évalué le risque que tu étais prêt à accepter ?


Pietro Vidi : J’ai posé moins de protections que Connor, mais je pense que la voie restait très sûre.


Si l’une des protections avait cédé, j’aurais peut-être fait une chute de vingt mètres, mais je pense que cela se serait bien passé. La paroi est suffisamment déversante pour qu’il n’y ait rien à heurter. C’est impressionnant, mais en réalité très sûr.


Le début était un peu délicat, parce qu’on est seulement protégé par un micro-coinceur en laiton numéro quatre. L’escalade n’était pas si difficile, mais je tremblais quand même beaucoup lors de mes premiers essais, ce qui est inhabituel pour moi.


Il y a beaucoup de gaz et les protections sont toutes petites. C’était vraiment effrayant, même si le risque réel était très faible selon moi. Comme je le disais, il n’y a rien à heurter : même une chute de vingt mètres se serait probablement bien passée.

J’ai essayé de poser le moins de matériel possible tout en gardant la voie relativement sûre, afin de ne pas gaspiller d’énergie dans des placements inutiles.


GrimpActu : Dans les passages difficiles, comment parviens-tu à te concentrer pleinement sur les mouvements tout en restant conscient des protections et des conséquences d’une chute ?


Pietro Vidi : Je tremblais beaucoup lors de mes premières tentatives. Mais après une ou deux chutes sur le matériel, les choses ont commencé à changer. J’ai chuté sur des protections dans chacune des deux fissures : j’avais donc testé ces chutes.

Une fois que tu te mets dans l’état d’esprit d’essayer d’enchaîner, tu ne penses plus vraiment aux protections.


Même dans le Peak District, où une chute peut entraîner une blessure grave, je pense être assez bon pour mettre cette partie de mon cerveau de côté lorsque je décide de m’engager.


Je me concentre simplement sur le fait de tout donner, sans penser aux chutes.


©Christian Adam - Connor Herson
©Christian Adam - Connor Herson

Trois chutes à la sortie avant le bon essai

GrimpActu : Après plusieurs chutes tout près de la sortie, qu’est-ce qui a fait la différence lors de l’essai réussi ? Que s’est-il passé dans ta tête lorsque tu as réalisé les derniers mouvements ?


Pietro Vidi : Je suis tombé trois fois tout à la fin de la voie. La première fois, j’ai simplement essayé de passer en me battant. Les deux autres fois, j’étais extrêmement daubé.


Je ne pense pas que ces chutes aient eu des causes mentales. Elles étaient davantage liées à la performance physique et aux conditions.


Peut-être que je n’avais pas tout exécuté parfaitement sur certains essais, mais je pense avoir plutôt bien réussi à rester solide mentalement.


Le dernier jour du voyage, nous avons enfin eu des conditions correctes pour la première fois. J’ai saisi l’occasion et j’ai enchaîné dès mon premier essai de la journée.

La voie commençait vraiment à me travailler, mais je pense avoir finalement assez bien réussi à garder le cap.


« Je pense vraiment que c’est 9a+ »

GrimpActu : Après cette première répétition, quel est ton avis sur le 9a+ proposé par Connor ?


Pietro Vidi : Je pense vraiment que c’est 9a+.


Cela m’a demandé plus de trois fois plus de séances que Dreamcatcher, que j’avais grimpée juste avant, et c’est clairement beaucoup plus difficile que Tribe.

Je n’ai pas enchaîné Bon Voyage. J’en étais très proche, mais je pense que Drifter’s Escape est plus difficile.


Je n’ai pas fait énormément d’escalade sportive ces derniers temps, mais je suis assez certain que 9a+ est la bonne cotation.


GrimpActu : En trad, le choix des protections et l’effort nécessaire pour les poser peuvent varier d’un grimpeur à l’autre. Pour toi, que doit exprimer la cotation, et quelles informations faut-il partager pour bien comprendre une ascension ?


Pietro Vidi : Je pense que la cotation devrait probablement correspondre à la manière la plus efficace de grimper la voie, en posant le minimum de protections nécessaire pour qu’elle reste sûre. Mais cela reste aussi un choix personnel.


Si je veux rendre la voie physiquement plus proche de 9a en sautant toutes les protections, cela ne va pas forcément me demander moins de temps ni être plus facile. Il faudrait que je travaille beaucoup plus pour pouvoir raisonnablement envisager de ne pas tomber dans certaines sections.


Au bout du compte, je ne pense donc pas que le nombre de protections posées change énormément les choses. J’en ai peut-être posé trois de moins que Connor. Mais, en contrepartie, mes chutes étaient vraiment risquées et la peur m’a peut-être fait davantage dauber.


La cotation devrait refléter la manière la plus efficace de grimper la voie. Mais si tu choisis de poser beaucoup moins de protections et de rendre la voie très effrayante, cela ne va probablement pas t’aider. Tu ne mettras pas forcément moins de temps à l’enchaîner.


La rareté des lignes, et le goût de l’aventure

Au-delà de l’évaluation de la difficulté, Pietro Vidi revient à ce qui l’avait attiré sur les photos de Connor : une ligne naturelle. Cette recherche esthétique nourrit son intérêt pour le trad, mais il situe aussi une partie de son plaisir loin des projets longuement répétés.


GrimpActu : Tu pratiques le bloc, le trad et les grandes voies à très haut niveau. Qu’est-ce que tu trouves dans le trad qui te touche particulièrement, et que les autres disciplines ne t’apportent pas de la même manière ?


Pietro Vidi : Je pense que le trad m’attire vraiment par sa pureté. Tu grimpes simplement un morceau de rocher sans spits, exactement comme la nature te l’a offert.

Mais c’est aussi la rareté des lignes qui donne envie d’aller parcourir toutes les plus difficiles. Elles sont tellement rares.


Je trouve ça vraiment chouette de devoir faire un long voyage pour essayer une seule voie, parce qu’il est incroyablement difficile de trouver une belle ligne qui soit à la fois dure et protégeable sur coinceurs.


Je pense que c’est cette rareté qui m’attire autant.


En bloc, notamment, il existe tellement de possibilités que peu de lignes se distinguent de la même manière.


En trad, nous avons la chance que pratiquement toutes les voies les plus difficiles soient aussi des lignes extraordinaires. Elles sont tellement pures, belles et uniques.


GrimpActu : À travers une performance comme celle-ci, beaucoup de grimpeurs découvrent le trad par son niveau extrême. Qu’aimerais-tu leur transmettre de cette pratique, au-delà de la cotation et des images spectaculaires ?


Pietro Vidi : Je pense même que le trad peut être une discipline encore plus intéressante pour les grimpeurs qui ne sont pas nécessairement très forts ou qui ne travaillent pas des projets à un niveau aussi élevé.


Quand tu travailles une voie de trad vraiment difficile, cela finit presque par devenir de l’escalade sportive. Tu connais parfaitement tous les placements de protections et tu finis par dépasser la peur. À un moment, cela commence à ressembler à une voie sportive.


Mais dans des niveaux plus accessibles, tu peux simplement partir à l’aventure. Tu peux avoir un peu peur, ce qui est assez agréable parce que cela apporte de l’adrénaline, tout en gardant une expérience très sûre et plaisante.


Tu peux grimper ces lignes extraordinaires que la nature offre.

Je pense que beaucoup plus de personnes devraient essayer le trad et en profiter, même dans des niveaux plus faciles.



✍️ Théo de GrimpActu


Pietro Vidi Drifter’s Escape
© Quinn Mason - Pietro Vidi


Pietro Vidi: an interview after Drifter’s Escape and the confirmation of 9a+ trad


On October 13, 2026, Pietro Vidi made the first repeat of Drifter’s Escape on the Stawamus Chief in Squamish. Speaking to GrimpActu, the Italian confirms Connor Herson’s proposed 9a+ grade and describes climbing where the placement of each finger can determine whether a move works. He also discusses his protection choices and what draws him to trad, from extreme projects to onsight crack climbing.


Photos shown to him by Connor Herson were enough to put Drifter’s Escape on Pietro Vidi’s list of projects. Two parallel cracks on a gently overhanging granite face above Squamish: before it became a challenge of difficulty, it was the line itself that attracted him. The Italian then spent much of his summer training in Arco to prepare for the trip.

Originally climbed on aid in 1975, Drifter’s Escape was first freed by Herson on July 14, 2025, with a proposed grade of 9a+. Pietro Vidi made its first repeat after approximately fifteen sessions and ten lead attempts. His experience on Tribe and his recent ascent of Dreamcatcher now give him points of comparison for assessing its difficulty.


Interview by GrimpActu. Answers in the original English, lightly edited for clarity.


A line that became a goal for the season

GrimpActu: What drew you to Drifter’s Escape? Beyond its proposed difficulty, what made this particular line become such an important project for you?

Pietro Vidi: I met Connor in the Valley. He had already sent Drifter’s Escape and showed me some photos. From that day, I was really hooked. It’s such a beautiful, amazing line. For me, the line was just too good not to go and try it.

I think Camilla and I started planning the trip when we were still in the Valley. It was one of my big goals for the season.


I’ve been training for it since I came back from my next trip to the Valley in May. I spent pretty much the whole summer training in Arco with the guys from the national team, just preparing for this trip.


Learning to grip a hold, finger by finger

GrimpActu: You describe climbing of unusual technical complexity. Could you walk us through a specific section that captures the challenge of this project, and explain what you had to learn to climb it?


Pietro Vidi: The wall is about ten degrees overhanging, even less in some places, so the climbing is extremely technical.


There are two really bad toe hooks that I struggled with. I’m not that used to thin cracks, especially for the feet, so that was something I really had to learn.

The footholds on the face are also incredibly small and low-friction. Then there are the two cracks: a pinch in the first crack and this weird finger-lock pod in the last one.

They’re such unusual holds, but also amazing. You have to be super intentional about how you place every single finger. Otherwise, the moves feel impossible.


I spent about five sessions working on the final boulder problem. I couldn’t do the moves the way Connor did them, probably because of differences in finger size or climbing style.


I spent five sessions learning how to grab one particular hold where I couldn’t really fit my fingers. I had to learn to jam in some very weird and interesting ways, wedging my knuckles into the back of the crack and using leverage.


It’s pretty hard to explain, but it’s unusual to have to focus so much attention not on the movement itself, but on exactly how you grab a hold and how you move your fingers inside it. That was really interesting.


GrimpActu: You found a no-hands rest and different beta for the upper section. How did you discover those solutions, and how did they change your perception of the route?


Pietro Vidi: There’s a no-hands rest in the middle of the route. Connor also rests without his hands, but he uses a left toe hook, whereas I pivot around on the same foot and end up sitting, facing outwards.


The rest is completely hands-free either way, so I don’t think it changes the grade. Both ways of getting into the rest involve moves that are pretty hard and scary.

I just thought it was cool, and if you can sit on a ledge, why not? But Connor had already thought of that and decided it wasn’t worth it. So for me, it definitely doesn’t change the grade.


The final boulder problem is very much Connor’s style, with lots of toe jams and finger jams. I had to find a different solution.


I basically used the same holds but moved between them in a different way. It took me a long time to learn that sequence, but perhaps Connor would have found my beta harder.


He wasn’t really struggling with those moves, so I guess it’s just a difference in climbing styles.

Choosing the protection, then committing to the climbing

Adapting the beta was not only about the moves. Pietro Vidi also looked for ways to reduce the energy spent placing gear. His answers describe how he assessed the falls and built confidence in the protection.


GrimpActu: You chose to place less gear than Connor to save energy. How did you develop that strategy, and how did you assess the level of risk you were willing to accept?


Pietro Vidi: I placed less gear than Connor, but I think the route was still very safe.

If one of the pieces had ripped, I might have taken a twenty-metre fall, but I think it would have been alright. The wall is so steep that there’s nothing to hit. It’s scary, but actually very safe.


The beginning was a little sketchy because you’re only protected by a number four brass micro-nut. The climbing itself wasn’t that hard, but I was still very shaky on my first couple of tries, which is unusual for me.


There’s so much exposure, and the gear is so small. It was really scary, even though I felt the actual risk was very low. As I said, there’s nothing to hit, so even a twenty-metre fall would probably have been okay.


I tried to place as little gear as possible while keeping the route relatively safe, so I wasn’t wasting energy on unnecessary placements.


GrimpActu: In the hardest sections, how do you focus fully on the movement while remaining aware of your protection and the consequences of a fall?


Pietro Vidi: I was very shaky on my first attempts, but after taking one or two falls on the gear, things started to feel different. I actually fell onto protection in both cracks, so I’d tested those falls.


Once you get into the mindset of trying to send, you don’t really think about protection anymore.


Even in the Peak District, where falling can mean getting seriously injured, I think I’m pretty good at switching off that side of my brain when I decide to go for it.

I just focus on trying really hard and don’t think about the falls at all.


Three falls at the finish before the successful attempt

GrimpActu: After several falls so close to the finish, what made the difference on the successful attempt? What was going through your mind as you completed those final moves?


Pietro Vidi: I fell three times right at the very end of the route. The first time, I just tried to fight through, and the other two times I was extremely pumped.

I don’t think those falls happened for mental reasons. They were more about physical performance and conditions.


Maybe I didn’t execute everything perfectly on some attempts, but I think I did a pretty good job of keeping my mind together.


On the last day of the trip, we finally had decent conditions for the first time. I took the opportunity and sent it on my first try of the day.


The route was really starting to get into my head, but I think I managed to hold everything together quite nicely in the end.


“I definitely think it’s 9a+”

GrimpActu: Having made the first repeat, what is your assessment of Connor’s proposed 9a+ grade?


Pietro Vidi: I definitely think it’s 9a+.


It took me more than three times as many sessions as Dreamcatcher, which I climbed just before, and it’s definitely much harder than Tribe.


I haven’t climbed Bon Voyage. I was very close, but I think this route is harder than that.

I haven’t done that much sport climbing lately, but I’m pretty sure 9a+ is the right grade.


GrimpActu: In trad climbing, the choice of protection and the effort required to place it can vary from one climber to another. What do you think the grade should reflect, and what information should climbers share to help others understand an ascent?


Pietro Vidi: I think the grade should probably reflect the most efficient way to climb the route, placing as little protection as necessary to keep it safe. But at the same time, it’s a personal choice.


If I want to make the route feel physically closer to 9a by skipping all the protection, it’s not necessarily going to take less time or be easier. I would have to practise so much more to make it realistic not to fall in certain sections.


So in the end, I don’t think the number of pieces you place really changes that much. I placed maybe three pieces less than Connor. But the trade-off was that my falls were really risky, and I maybe got a bit more pumped because I was scared.


The grade should reflect the most efficient way to climb the route. But if you choose to use much less protection and make the route very scary, that’s probably not going to help you. It’s not necessarily going to take you less time to send it.


Rare lines and a taste for adventure

Beyond assessing the difficulty, Pietro Vidi returns to what first attracted him in Connor’s photos: a natural line. That appreciation of the rock’s beauty fuels his interest in trad, but he also finds part of its appeal far from extensively rehearsed projects.


GrimpActu: You climb at a very high level across bouldering, trad and big walls. What do you find in trad climbing that resonates with you personally, and that the other disciplines don’t offer in quite the same way?


Pietro Vidi: I think I’m really drawn to trad climbing because of the purity of it. You’re just climbing a piece of rock with no bolts, exactly as nature offered it to you.

But it’s also the rarity of the lines that makes you want to collect all the hard ones. They’re so rare.


It’s really cool that you have to make a long trip just to try one route, because it’s incredibly difficult to find a beautiful line that’s both hard and can be climbed on gear.

I think it’s the rarity of those routes that really draws me to them.

With bouldering especially, there’s just so much out there that not many lines really stand out in the same way.


But in trad climbing, we’re lucky that pretty much all the hardest routes are also incredible lines. They’re so pure, beautiful and unique.


GrimpActu: Through an ascent like this, many climbers discover trad at its most extreme. What would you like them to understand about the discipline beyond the grade and the spectacular images?


Pietro Vidi: I actually think trad climbing is an even better discipline for climbers who aren’t necessarily that strong or aren’t projecting at such a high level.

When you’re projecting a really hard trad route, it almost turns into sport climbing in a way. You learn all the gear placements so well, and eventually you overcome the fear. At some point, it starts to feel like a sport climb.


But at easier grades, you can just go on an adventure. You can be a little bit scared, which is actually really nice because it gives you some adrenaline, while still keeping everything very safe and fun.


You get to climb these incredible lines that nature has to offer.

I think a lot more people should try trad climbing and enjoy it, even at lower grades.


✍️ Théo, GrimpActu


© Quinn Mason - Pietro Vidi
© Quinn Mason - Pietro Vidi

Commentaires


Nos derniers articles :

GrimpActu : La voix des grimpeur·euse·s passionné·es

GrimpActu est le média dédié à l’univers de l’escalade sous toutes ses facettes. Plus qu’un simple relais d’actualités de performance, il propose des articles pour progresser,  s’inspirer d’histoires marquantes et explorer les dernières innovations en matière de matériel. GrimpActu, c’est aussi des conseils bien-être et santé pour grimper durablement et sans blessure. Un média fait par et pour les passionné·es, au service d’une communauté qui partage le goût de la verticalité et de l’aventure.

  • Instagram
  • Facebook
Logo GrimpActu

Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter !

Recevez chaque dernier samedi du mois un e-mail gratuit avec les meilleures actus, conseils et inspirations pour progresser en escalade.

Merci pour votre envoi !

bottom of page