DEJEPS Escalade en milieux naturels : comment entrer en formation ?

Dernière mise à jour : 3 sept.
Devenir moniteur d’escalade en milieu naturel ne commence pas le premier jour de formation. Bien avant de franchir les portes du centre de formation, les candidats doivent construire une expérience solide en escalade et en encadrement, atteindre les exigences techniques demandées et se préparer aux différents tests d’entrée.
Pour Marie Gamen, ce parcours s’est construit sur près de deux ans. Après avoir découvert l’escalade à Chamonix, la grimpeuse de 30 ans a progressivement multiplié les grandes voies, travaillé son niveau physique, technique et mental avec un coach, puis rejoint une préparation spécifique au DE. Une longue phase de préparation qui l’a finalement menée jusqu’aux épreuves de sélection.
Alors qu’elle s’apprête désormais à débuter sa formation, nous allons suivre Marie pendant une année pour découvrir de l’intérieur le parcours qui mène à l'obtention du DEJEPS escalade en milieux naturels, des premiers jours en formation jusqu’aux différentes étapes qui jalonneront cette année.

Une préparation qui commence bien avant les tests
Pour Marie, l’entrée en formation ne s’est donc pas décidée en quelques semaines. Lorsqu’elle commence à préparer sérieusement son projet, elle sait qu’il lui reste encore du chemin à parcourir avant de pouvoir se présenter aux tests.
La première étape consiste à construire une expérience suffisamment solide en grandes voies. Avant d’attaquer sa liste de courses, Marie avait déjà réalisé plusieurs itinéraires dans des niveaux inférieurs à ceux demandés. Une manière de se familiariser progressivement avec ce terrain de pratique avant de s’attaquer aux exigences du diplôme.
« Il faut bien commencer quelque part », résume-t-elle.
Elle commence alors sa liste de courses environ deux ans avant de présenter les tests. Pendant cette période, les grandes voies deviennent une véritable ligne directrice de sa progression.
Mais pour elle, préparer les tests ne signifie pas simplement enchaîner les voies demandées. Il faut également être capable de développer un niveau physique et technique suffisant pour arriver le jour des épreuves avec de la marge.
Se faire accompagner pour progresser
Pour structurer cette progression, Marie décide de faire appel à un coach spécialisé dans l’escalade.
Pendant deux ans, le travail porte sur plusieurs dimensions de sa pratique : physique, technique, mais aussi mentale. L’objectif n’est pas de progresser le plus vite possible, mais de construire un niveau suffisamment solide tout en évitant les blessures et le surentraînement.
« Les entraînements étaient progressifs et adaptés à mon niveau », explique-t-elle.
Cet accompagnement lui permet également d’identifier plus précisément ses points forts et ses points faibles. Un travail qui prend toute son importance à l’approche des tests, puisque les épreuves demandent de mobiliser des compétences différentes.
Pour Marie, le coaching aura finalement été bien plus qu’un simple programme d’entraînement : « Ça a été un véritable pilier et un tremplin dans ma progression pour atteindre le niveau demandé. »
Une préparation spécifique aux tests d’entrée
Après avoir travaillé sa progression pendant plusieurs mois, Marie rejoint également la préparation aux DE d’escalade proposée par l’AFRAT à Autrans.
Cette formation de sept semaines est spécifiquement destinée aux candidats qui souhaitent préparer les tests d’entrée et leur future entrée en formation. Elle lui permet de continuer à travailler sa liste de courses tout en évoluant dans un groupe composé de personnes confrontées aux mêmes objectifs.
Cette dynamique collective joue un rôle important dans son parcours.
« Toutes les personnes inscrites étaient dans la même dynamique : évoluer, faire la liste de courses, s’encourager et se tirer vers le haut ! »
Pour Marie, cette préparation devient à son tour un véritable point d’appui. Elle lui permet de confronter sa pratique à celle d’autres candidats, de mieux comprendre les attentes des tests et de cibler les aspects qu’elle doit encore améliorer.
Avec son coach et la préparation de l’AFRAT, elle dispose progressivement de deux cadres pour accompagner sa progression jusqu’aux épreuves.
Identifier ses points faibles avant le jour J
À mesure que les tests approchent, une autre question devient essentielle : sur quoi faut-il encore travailler ?
Marie identifie plusieurs points faibles, mais aussi des qualités sur lesquelles elle peut s’appuyer. Ce travail lui permet de mieux comprendre son propre fonctionnement en escalade et d’adapter sa préparation. « Ça m’a permis de prendre confiance en moi, de m’appuyer sur mes points forts, de réellement les utiliser, et aussi de progresser sur mes points faibles. »
Cette connaissance de soi va notamment lui servir lors de l’épreuve de bloc. Avec plusieurs styles proposés, savoir rapidement dans quel type de mouvements elle est la plus à l’aise devient un véritable avantage. Mais avant d’en arriver aux tests, Marie doit également apprendre à gérer les périodes de doute qui accompagnent nécessairement une préparation aussi longue.
Quand le doute s’installe
Deux années de préparation ne sont pas deux années de progression linéaire.
Marie connaît elle aussi des périodes de stagnation, voire l’impression de régresser. Des moments où le niveau semble ne plus avancer et où la question de sa légitimité à envisager le métier de moniteur peut commencer à se poser. « Parfois, j’ai eu de gros coups de moins bien, à me dire que je n’étais pas légitime à faire ce métier vis-à-vis de mon niveau », raconte-t-elle.
Plutôt que de considérer ces périodes comme un échec, elle apprend progressivement à les accepter comme une partie normale du processus.
Pour elle, la préparation mentale devient alors aussi importante que le travail physique. Elle utilise notamment des exercices de visualisation, en se projetant dans les situations auxquelles elle sera confrontée : grimper concentrée, atteindre le sommet d’une voie et surtout se voir capable de réussir. Une manière de se rappeler, le jour des tests, tout le travail accompli en amont.
Deux jours pour franchir la dernière étape
Après deux années de préparation, les tests arrivent enfin.
Les épreuves se déroulent sur deux jours et vont permettre d’évaluer différentes facettes de la pratique de Marie. Voie, expérience en grandes voies et bloc : trois exercices qui demandent chacun une approche différente.
La première épreuve se déroule en salle. Trois voies sont proposées et le candidat doit en valider deux pour réussir cette partie du test. Les cotations ne sont pas communiquées aux candidats, mais Marie estime que les voies de sa session se situaient entre 6b et 7a. « Nous avons eu, dans l’ordre, une 6b+, une 7a et une 6c+ », se souvient-elle. Une fois cette première étape passée, place à un exercice très différent : l’oral autour de la liste de grandes voies.
Une liste de courses passée au crible
Face à deux personnes, Marie doit revenir sur les grandes voies qu’elle a réalisées au cours de sa préparation.
L’objectif n’est pas simplement de présenter une liste de noms et de cotations. Les examinateurs peuvent connaître les itinéraires évoqués et questionner le candidat sur différents aspects de son expérience : l’approche, l’équipement ou encore certaines longueurs clés.
Pour Marie, cet oral ne ressemble pourtant pas au moment de pression qu’elle pouvait imaginer avant de le passer. « J’ai vraiment apprécié l’oral parce que c’était plus un vrai échange qu’un examen avec des passionnés. Je n’ai ressenti aucune pression ! »
Une expérience qui illustre aussi l’importance de ne pas seulement chercher à « faire » les voies demandées, mais de réellement construire une expérience de la grande voie et d’être capable d’en parler.

Le bloc, l’épreuve qui peut surprendre
Dernière étape : le bloc. Et c’est probablement celle que Marie conseille de ne surtout pas négliger lors de la préparation.
Quatre blocs sont proposés, avec des styles différents : force à doigts, force à bras, dalle et coordination. Le candidat dispose de deux heures pour valider un bloc.
Sur le papier, les cotations annoncées peuvent sembler accessibles. Mais pour Marie, c’est justement ce qui peut conduire certains candidats à sous-estimer l’épreuve. « Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui se font surprendre en se disant que, sur le papier, ils annoncent une cotation en 6a, 6b, alors qu’en réalité, c’est plus dur que ça ! »
La préparation doit donc intégrer aussi bien la voie que le bloc. Et dans cette épreuve, la capacité à identifier rapidement son style de prédilection peut faire gagner un temps précieux. Marie sait justement où elle se sent le plus à l’aise. Plutôt que de disperser ses essais, elle choisit de s’investir dans le style qui correspond le mieux à ses qualités.
Résultat : elle valide son bloc en 45 minutes.
« Je savais exactement le style qui me correspondait et celui dans lequel j’avais le plus de chance de réussir. »
Une réussite construite bien avant les tests
Derrière cette réussite se trouvent surtout deux années de travail : une progression en grandes voies, un entraînement structuré, une préparation spécifique et un travail important sur la confiance en soi.
Marie avait également adopté une approche particulière face à l’éventualité d’un échec. Si elle réussissait, ce serait l’aboutissement de son travail. Si elle échouait, cela aurait simplement signifié qu’elle avait encore besoin de temps pour progresser avant d’entreprendre la formation. Une manière de relativiser l’enjeu et de ne pas transformer les tests en jugement définitif sur son niveau.
Aujourd’hui, les épreuves sont derrière elle. Marie a réussi sa sélection et s’apprête désormais à découvrir une nouvelle étape : celle de la formation elle-même.
La préparation est terminée. L’année de DEJEPS escalade en milieux naturels peut commencer.
Et ce n’est que le début de l’aventure : dans les prochains épisodes de cette série, nous retrouverons Marie tout au long de son année de formation pour découvrir, étape après étape, les coulisses du DEJEPS escalade en milieux naturels, de ses premiers jours en formation jusqu’aux différentes épreuves et mises en situation qui rythmeront son parcours.
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✍️ : Théo de GrimpActu














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